CHAPITRE I
Olivier.
Histoire. — L'olivier d Europe {Olea europœa, Lin. (%. 295) est un arbre qui appartient à la famille des Oléacées. Il croît spontanément en Orient, dans les parties les plus méridionales de l'Europe et dans le nord de l'Afrique. L'origine de sa culture se perd dans la nuit des temps, comme celle de la vigne et des céréales. C'est à la colonie de Phocéens qui fonda Marseille , 600 ans avant l'ère vulgaire, qu'on doit son introduction en Pro-* vence.
Deiseriptioii. — Les principaux caractères botaniques de cette espèce sont les suivants : L'olivier est un
arbre de troisième grandeur qui dépasse rarement 14 mètres de hauteur. Son tronc a au plus 3 mètres à 3"50 d'élévation ; au-dessus, il se divise en plusieurs branches,
Fig. 297. — Fleur grossie Fig. 298. — Coope de l'olivier. d'une olive.
Fig. 295. — Rameau et fruit de Tolivier.
Fig. 296. — Grappe de fleurs de Tolivier.
portant de nombreux rameaux fort irréguliers, opposés et de couleur cendrée. L'écorce est crevassée, grise sur les vieux pieds, grisâtre, assez unie sur les jeunes, et presque entièrement chargée d'une poussière écailleuse très-adhérente. La souche surmonte les véritables racines et est souvent à fleur de terre où elle forme au pied de Tarbre une base ou empâtement qui lui donne les moyens de résister aux plus grands vents. Les feuilles de Tolivier commun sont très-entières, opposées, persistantes, coriaces, lancéolées-aiguës, d'un vert foncé en dessus, blanches en dessous, avec quelques points écailleux dans
leur premier âge. Du sein de leur aisselle sort une grappe rameuse {fîg, 296) qui se couvre de petites fleurs blanches, odorantes, pédonculées, que Ton voit épanouies à la fin de mai dans les environs de Marseille [fîg, 297). Il leur succède des drupes ovoïdes, plus ou moins allbngées, dont le diamètre varie beaucoup ; un grand nombre avortent, il n'en reste d'ordinaire que deux, et rarement trois sur chaque grappe : ce fruit est appelé olive {iig, 295 et 298); il est couvert d'une pellicule verte d'abord, noirâtre plus tard, lisse, brillante, sous laquelle sont une pulpe molle et un noyau très-dur, raboteux, ovale oblong, aigu à ses deux extrémités, à deux loges (dont une avorte habituellement) remplies par une amande oléagineuse. L'olive met près de six mois pour amver à sa maturité complète. Nous avons indiqué plus haut les dimensions ordinaires de l'olivier en Provence. Mais il dépasse parfois ce développement. Ainsi on cite les trois arbres suivants dans les environs de Marseille, de Maussane et de Tarascon (Bouches-du-Rhône) : le premier, situé à Ceyreste, est d'une taille gigantesque ; son tronc peut donner asile à vingt personnes ; on estime son âge? de neuf à dix siècles. Le second est également remarquable par son amplitude ; mais on ne lui fixe point d'âge, l'on se contente de l'appeler le doyen du pays. Le troisième occupe le sommet d'une colline au centre d'une petite plaine, o\x le froid se fait vivement sentir ; ses rameau:^ s'étendent jusqu'à 16™50 du tronc et projettent au loin une ombre légère.
Sur le littoral même de la Méditerranée, la nature est plus prodigue de gros et antiques oliviers. Entre Villefranche et Nice, au quartier de Beaulieu, l'on voit un individu déjà renommé en 1515 par son grand âge; son tronc a 12"*50 de circonférence à la base et6'"25 à un mètre au-dessus du sol. 11 est le seul, dans la contrée, qui résista au terrible ouragan de 1516. Depuis dix ans seulement,
435 AUBRES A FRUITS OLÉAGINEUX.
son produit annuel, en huile, n*est plus que de 100 kilogrammes : auparavant, il s'élevait, dans les médiocres années, à 150 kilogrammes, et dépassait, d'une manière remarquable, cette quantité dans les bonnes années.
Nous ne connaissons pas d'arbre dont le tronc se tourmente, se crevasse, se divise autant que celui de l'olivier.
Importanee de l*oliirier.~ L'importance que les peuples du midi ont attachée de tout temps à la culture de l'olivier est pleinement justifiée par l'utilité de son fruit. L'huile qu'on en obtient est la plus recherchée pour l'usage de la table, et elle forme l'objet d'un commerce étendu avec les populations du nord. On en employait également une grande quantité pour la fabrication des savons durs. Enfin les olives servent directement à l'alimentation.
Disons toutefois que, depuis quelques années, les produits de l'olivier ont perdu beaucoup de leur importance, au moins pour les usages industriels. Le gaz et le pétrole pour l'éclairage, les graisses pour la fabrication des savons, l'emploi des huiles de graines, œillettes, sésame, arachide, colza, pour une foule d'usages et même pour la falsification des huiles d'olive ; enfin, les huiles étrangères contre lesquelles nous ne sommes pas protégés par un droit compensateur suffisant : telles sont les concurrences redoutables dont souffrent nos huiles d'olive et qui font réduire de plus en plus la culture de l'olivier, qui n'existe aujourd'hui, sauf quelque exceptions, que sur les terrains arides où l'obtention d'autres récoltes serait impossible.
La statistique officielle de 1860 accuse un produit de 300,000 hectolitres d'huile qui, à 160 francs l'hectolitre, ont donné en argent 48,000,000 dé francs. En 1869, nous avons exporté 2,530,582 kilogrammes d'huile d'olive valant 3,416,556 francs ; mais nous eu avons importé
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29,558,068 kilogrammes valant 32,183,874 francs, d'où il suit que la balance est au détriment de la France qui a acheté cette année-là pour 28,767,318 francs d'huile d'olive. Il est évident que si les huiles étrangères étaient frappées, à leur entrée, d*un droit compensateur qui ramenât leur prix de vente au niveau de celui auquel nous pouvons produire les nôtres, la culture de Tolivier reprendrait chez nous le rang qu'elle y occupait autrefois.
Climat et sol. — Climat, — L'olivier est essentiellement propre aux parties les plus chaudes du midi de l'Europe; il s'y développe et mûrit ses fruits dans toutes les positions ; mais, à mesure qu'on se rapproche du nord ou de l'ouest, il exige une position moins élevée au-dessus du niveau de la mer et abritée coirtre les vents froids. C'est seulement dans les départements des Alpes- Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, des Basses- Alpes, de Vaucluse, du Gard, de TArdéche, des Pyrénées- Orientales, et jusque 400 mètres au-dessus du niveau de la mer, qu'on rencontre l'olivier. Au delà du 45« degré, sa culture n'est plus possible. La planche 111 ci-contre montre quels sont les points de notre territoire oi^i l'olivier est cultivé.
Si l'arbre qui nous occupe redoute une température trop basse, un climat très-chaud ne lui est pas moins préjudiciable ; on l'a vu, en effet, acquérir de grandes dimensions à Gayenne, à Saint-Domingue, où on l'avait transporté ; mais jamais il n'y a fructifié.
Sol. — L'olivier se développe dans tous les terrains ; c'est l'arbre le plus rustique et qui supporte le mieux les mauvais ti*aitements. On le voit également prospérer dans les sols calcaires, dans les terrains volcaniques de la Romagne, dans les schistes des Gévennes et de l'Apennin, dans les sols granitiques qu'on rencontre d'Antibes à Hyères, dans les argiles perméables exposées à la chaleur. 11 ne redoute enfin que les terrains marécageux ou
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qui retiennent une trop forte dose d'humidité pendant l'hiver. Toutefois la quahté et l'abondance de ses produits sont en raison du degré de fertilité du terrain. Ainsi, dans les sols arides, rocailleux, sans fond, où on le place le plus souvent aujourd'hui, ses produits sont de bonne qualité, mais très-peu abondants. C'est dans les sols de consistance moyenne, profonds, quelle que soit leur nature, et exposés au levant ou au midi, qu'il donne les pliis^ belles récoltes.
Variétés. — L'olivier sauvage, soumis à la culture depuis un temps immémorial, et multiplié par ses semences, a donné lieu à un grand nombre de variétés. Toutes celles qui existent en Italie, en Espagne, en Portugal, en Corse et en Algérie, n'étant que très-imparfaitement connues, nous nous contenterons d'indiquer ici les meilleures parmi celles qu'on cultive dans le midi de la France.
Nous partageons ces diverses variétés en trois séries : celles qui sont spécialement cultivées pour Textraclion de l'huile ; celles que Ton est dans l'usage de confire ; enfin, celles qui peuvent servir à ces deux usages.
1«"e SÉRIE. — Vaiuétbs les plis convenables pour l'extraction de l*iii:ile.
De Grasse, Cayonne (à Grasse); Cayaue (à Coiignac); Rapugnier (à Marseille) ; Caillel (à Draguignan). S'élève beaucoup ; rameaux pendants, confus; demande une taille sévère; feuilles larges, d'un vert foncé^; olive de grosseur moyenne, longue, noire; concave d'un côté; huile exceUeute récoltes abondantes tous les deux ans.
Caillouney Calloune (\ence). Hameaux nombreux; feuilles courtes; olive ronde, petite, noire ; huile fine; récolte tous les deux ans.
Piganière, caillet rouge (Draguignan). Rameaux longs, inclinés ; arbre pei^ élevé. Dlives grosses, longues, charnues, souvent colorées de rouge d'uo côté seulement, pourrissent promptement après la maturité ; huile agréable et abondante. Produit tous les ans ; craint le froid. Se plaît dans les ter* rains bas.
Caillel blanc (Draguignan). Arbre peu élevé ; rameaux nombreux et confus ; feuilles grandes, blanchâtres; développe de nombreux gourmands; olives grosses, charnues, faiblement colorées, riches en huile. Produit tous les ans. Supprimer chaque année les rameaux à fruit qui se dessèchent.
itaym^t (Draguignan). Rameaux allongés, inclinés; feuilles larges, blanchâtres. Olives de grosseur moyenne, un peu allongées, rouges, riches eo huile fine ; produit tous les deux ans. Réussit mieux dans les terrains b'is.
Pruneau de Cotiguac. Arbre moyen; rameaux inclinés,, olives très-grosses, un peu allongées. Demande un sol riche.
oLiviEft. m
Pardipuiére de Coifgnae. ArhvemoYtiï', branches et rameaux horizontaux; feuilles étroites, d'un vert foncé ; grappes courtes ; olive moyenne, obtuse à chaque extrémité; huile très-fine; arbre très-ferti]e.
Plant étranger y Entrecasteàux (Lorgues) ; Rouget te 'Beaucaire) ; Bécu à bec, Cayon, Arbre moyen ; rameaux allongés, droits; feuilles étroites; grappes longues; olive petite, arrondie, peu colorée, à chair ferme; huile très-fine. Arbre très-fertile et précoce ; produit tous les deux ans. Il s'accommode bien des terrains secs et élevés ; peu sensible au froid.
De Salon, Salonenque (Marseille); Salounen, Corniaau (Montpellier). Rameaux droits ; feuillage blanchâtre; olives précoces, un peu allongées, de grosseur moyenne, blanchissant avant de se colorer ; huile de bonne qualité; produit tous les deux ans.
Cayone de Marseille. Aglandaou (Aix); Plant ffAii'. Arbre peu élevé; feuilles courtes, étroites, serrées contre les rameaux, blanchâtres. Olives précoces, assez grosses, presque rondes, blanchis.«ant avant de se colorer ; huile très-fine. Produit bisannuel.
Rouget de Mars^illey Marveilleto (Manosque). Rameaux droits, longs ; feuilles grandes, d'un vert foncé; olives d'une grosseur moyenne un peu allongées ; huile très-fine, mais peu abondante ; craint le froid.
Mtchellenque (Valros); Mouraou (Montpellier); Nègroune^ Hourelto (Aix); lli*i^(Lorgues). Feuilles de médiocre grandeur, d'un vert foncé. Olive trèsprécoce, oblongue, terminée en pointe recourbée, de couleur noire ; trèsfertile.
Oliviére (Hérault). Arbre de grande dimension; branches et rameaux pendants; feuilles longues et larges, peu nombreuses; olives grosses, noires, oblongues, pointues; huile de qualité ordinaire, mais très-abondante. Arbre très-fertile ; craint le froid.
Sayerne (Nîmes); Sagerne, Salierne (Montpellier). Arbre moyen; feuilles petites, obovales; olives ovoïdes, d'un violet noir, couvertes d'une poussière farineuse ; huile très-fine ; craint le froid et aime les terrains rocailleux.
Palma (Roussillon). Feuilles très-blanches en dessous ; fruit obloug, légèrement recourbé et pointu, noirâtre; huile douce, pas très-abondante ; supporte le plus facilement lés hivers rigoureux.
2® SÉRIE. — Variétés a confire.
A fruit noir et doux. Feuilles longues et larges, très-rapprockées ; olive arrondie, assez grosse, riche en huile, à chair douce et très-délicate.
Ariiellenque (Béziers); Amandier (Nîmes); Amellaou (Narbonpe). Arbre assez grand ; rameaux nombreux ; feuilles très-larges, d'un vert foncé, très-r approchées. Olive très-grosse, oblongue, pointue, tiquetée ; confites, elles se conservent très- bien. Sol léger; craint le froid.
Yerdale (Béziers); Verdaou (Montpellier); Avanturier (Fréjus, ; Calassen (Lorgnes). Arbre peu élevé; feuilles étroites, courtes, bleuâtres ; olive ovoïde, obtuse à la base, pointue au sommet, d'un vert brun; elle est surtout confite; huile peu estimée;. produit peu abondant; très-robuste au froid.
3c SÉRIE. — Variétés pour l'extraction de l'uuile et poii\ confire.
Sauria, Sauriae (Nîmes); Saurenque (Aix); Picholine (Béziers); Plant d'!strest (Isircs). Arbre de très-grande dimension; feuilles grandes et pointues; olive grosse, très-allongée, d'un noir rougeâtre; huile très-bonne. Ce fruit est le meilleur parmi ceux que Ton confit, mais il se conserve mal ; Tarbre est très-fertile ; mais il exige le voisinage de la mer et un
436 AKBUES A FHIITS OLÉAGINEUX.
sot riche et frais ; il s'accommode de toutes les expositions et résiste aux plus grands froids.
Redonna» (Gotignac); hedoulale (Béziers); Cereirau (Nîmes); Pumeiral ; Pont-Saint-Esprit) ; Poumaou (Vaison). Arbre petit, arrondi ; feuilles longues et larges, très-rapprochées; grappes placées vers Textrémité des rameaux. Olive très-grosse, arrondie, noirâtre; Tune des meilleures pour confire ; elle donne aussi une huile fine ; aime les terrains gras et humides ; résiste bien aux grands froids.
De Lucques{h'\gïiQ)\ Oliveraie (Béziers). Arhre moins élevé que le préc?dent, de forme pyramidale; feuilles courtes, d'un vert bleuâtre. Olive odorante, assez grosse, allongée en pointe recourbée, rouge tiquetée; huile très-douce. C'est le meilleur fruit pour confire, mais ne se conserve pas très-bien. Sol riche ; ne craint pas le froid.
Le choix à faire entre les diverses variétés de ces Irois séries ne peut pas être déterminé seulement par rabondance et la qualité des produits ; il faut en outre tenir compte de la nature du sol à planter et du climat sous lequel on opère. La liste précédente fournit des indications suffisantes à cet égard.
Culture. — multiplication. — Aucun arbre ne se prête mieux que l'olivier aux divers modes de multiplication ; semis, gi'effes, marcottes, boutures, tous ces procédés lui conviennent également. Examinons successivement la manière de les lui appliquer, et le choix qu'il convient de faire entre eux.
Et d'abord, faisons observer que c'est exclusivement en pépinière que doivent être pratiqués ces divers modes de multiplication et non à demeure, comme on le fait •trop souvent encore aujourd'hui. Car c'est là seulement qu'on peut donner aux jeunes plants tous les soins qu'ils réclament et en obtenir le prompt développement qu'ils doivent avoir pour être bons à planter à demeure.
Les oliviers devront être plantés le plus souvent sur des terrains secs ; il conviendra de choisir, pour établir la pépinière, un terrain de même nature, mais profond. Les jeunes plants seront défendus de la sécheresse seulement au moyen de binages pratiqués pendant l'été. Les plants qui sortiront de ces sortes de pépinières s'accommoderont beaucoup mieux des sols brillants où on les
plantera que s'ils avaient été soumis aux irrigations pendant leur jeune âge.
i« Boutures. — On les pratique toujours à la fin de l'hiver. Plusieurs sortes de boutures peuvent être employées. D'abord, les boutures par rameaux, ou branches. Les branches vigoureuses qui présentent un diamètre de O"^! à 0"04 sont coupées sur une longueur de 0*"30 et débarrassées de leurs ramifications. On tâchera de conserver le talon ou point d'attache de la branche. On les plante debout en les enterrant à 0""20 de profondeur et à 0"*30 les unes des autres en tous sens. Le sol de la pépinière, défoncé à 0""80 de profondeur et richement fumé, est maintenu frais, au moyen d'arrosements, pendant les chaleurs de Tété, mais seulement la première année. On laisse se développer tous les bourgeons qui apparaissent sur ces boutures. L'année suivante, au printemps, ou la troisième année, on choisit le jet le plus vigoureux et le plus rapproché du sol. On le dresse en l'attachant contre le sommet de la tige sur laquelle on supprime toutes les autres ramifications. Au printemps suivant on coupe le sommet de la bouture immédiatement au-dessus du point d'attache du rameau conservé, puis on mastique la plaie. Au printemps de la cinquième année, ces jeunes sujets sont transplantés dans la pépinière à i"*601es uns des autres. On continue alors la formation de leur tige, en favorisant constamment l'allongement du bourgeon terminal. Pour cela, on ne coupe pas tous les bourgeons latéraux, comme on le fait quelquefois à tort (p. 324), on se contente de pincer l'extrémité des plus vigoureux. Ce n'est qu'à la sixième ou septième année qu'on supprime d'abord tous ceux situés sur le tiers inférieur de la tige ; tous les autres, jusqu'au point où Ton forme la tête de Tarbre, sont enlevés en deux fois, dans l'espace de quatre ans.
Vers l'âge de 12 ou 14 ans, époque à laquelle ils com-
43S ARBRES A FRUITS OLÉAGINELX.
mencent à fructiner, ces jeunes arbres sont plantés à demeure. Toutefois, lorsque la plantation sera faite dans uri terrain abrité et non exposé au parcours des bestiaux, on pourra les planter à demeure dès Tâge de 7 ans. Alors il suffira de les transplanter dans la pépinière à la distance de 0"*80 seulement.
Dans les localités les plus chaudes et dans les sols frais, substaatiels et très-fertiles, où l'olivier acquiert de grandes dimensions, on peut donner à leur tronc une hauteur de 1™50 à 2 mètres ; mais, dans les terrains secs, arides, les oliviers qu'on élève à haute tige développent à leur base un grand nombre de rejetons qui les épuisent. Il est donc préférable de ne donner à leur tronc qu'une hauteur d'environ 0"»80. Il en est de même pour les arbres qui doivent être plantés dans des locahtés exposées aux vents froids, ou situées au nord de la région des oliviers.
On a successivement donné à la tête des oliviers la forme d'une pyramide, d'un éventail, d'une sphère, d'une sorte de coupe ou gobelet évidé à l'intérieur. C'est cette dernière disposition qu'on doit préférer, parce qu'elle présente le plus de surface à l'action du soleil. Pour soumettre les jeunes arbres à cette forme dans la pépinière, on opère ainsi : dès que le sommet des jeunes tiges est pourvu d'une série de rameaux superposés et opposés en croix {ûg. 299), on coupe la tige au printemps, en A, immédiatement au-dessus de quatre de ces rameaux situés à la hauteur voulue et placés presque horizontalement. Pendant l'été, ces rameaux développent un certain nombre de bourgeons également opposés en croix, de sorte qu'au printemps suivant chacun de ces rameaux est constitué comme l'indique la figure 300. A cette époque, on coupe le sommet de ces jeunes branches en A, et Ton se sert du rameau B pour les prolonger dans une direction moins inclinée. On supprime entièrement le rameau opposé G, et les autres D sont un peu raccourcis pour
Fig. 299.— Jeune olivier avant \à formation de la tête.
Kig. 300. — Branche principale de la tête do l'olivier, âgée de deux ans.
Fig. 301. Même branche, âgée de trois ans.
Kig. 302. — Même branche, âgée de q.uatre ans.
lUininuer leur vigueur au profit du rameau B. Au troisième printemps qui suit la section de la tige, ces quatre jeunes branches offrent l'aspect de la figure 301. A ce moment, c'est-à-dire vers Tàge de 7 ans, ces jeunes arbres peuvent être plantés à demeure, sauf à compléter, après leur reprise, le nombre des branches principales qui doivent former leur tête. Si Ton préfère ne les planter à demeure que vers l'âge de 12 à 14 ans, ce qui nous paraît généralement préférable, on complète de la manière suivante la série de leurs branches principales. Au troisième printemps, chacune des branches est coupée en A (fig, 302), au-dessus des deux rameaux latéraux B destin nés à former deux nouvelles branches. Au quatrième printemps, cette opération a donné le résultat que montre la figure 302. Comme les deux nouvelles ramifications A sont dans une situation trop horizontale, on les coupe en B, et l'on se sert du rameau C pour les prolonger; le rameau opposé D est supprimé. On obtient ainsi huit branches principales qui rayonnent autour de la lige et qui suffisent, le plus souvent, pour compléter la charpente de la tête. 11 n'y a plus qu'à les allonger chaque année au moyen du rameau terminal, qu'on laisse entier. On doit veiller à raccourcir les rameaux latéraux, (jui, par leur trop grande vigueur, nuiraient à cet allongement. Ces arbres atteignent ainsi l'âge de 12 ou 14 ans, où ils sont plantés à demeure.
Boutures par ramées [Fig, 303). — Ces boutures se composent de branches vigoureuses de troisième ou de (|uatrième ordre, garnies d'un grand nombre de rameaux et présentant une lonj^ueur de 2 à 3 mètres. On couche ces branches horizontalement dans une fosse de 0"*30 de profondeur, dont on a bien ameubli et fumé le fond, puis on les recouvre de terre également fumée. Les plus grosses ramifications sont recouvertes de 0"*20 de terre, les plus petites branches sont enterrées à 0"10, et les
rameaux à 0"05. L'extrémité de tous les rameaux est redressée au-dessus du sol et raccourcie de façon à ce qu'ils ne dépassent la terre que d'environ O^'Oe. Le tout est
Fig. 303 ~ Boutures par ramée.
soumis à de fréquents arrosages pendant les chaleurs du premier été. Chacun de ces rameaux s'enracine bientôt. Au printemps suivant on les sépare les uns des autres, on les repique en pépinière et on leur applique les mêmes soins qu'aux boutures précédentes.
Boutures à talon, — D'autres fois on choisit de jeunes rameaux longs de 0°»25 à 0"40 et qui naissent sur les bourrelets, sur les bords des plaies, sur les excroissances du tronc. On les détache en conservant à leur base 0"02 ou O^OS carrés de Técorce de la tige. On les plante en pépinière et on les traite comme les précédents.
Boutures par racines ou par souchets. — On peut encore multiplier Tolivier au moyen des racines (tfgr. 304). On procède de la manière suivante : toutes les racines extraites du sol d'une façon ou d'une autre sont divisées par tronçons de 0™iO à 0"12 de longueur. On les plante en plaçant leur sommet au ni- *'»«• ^o*- - Boutures par
j 1 L 1 A • i • » racines ou par souchets.
veau du sol, et le terram est mamtenu frais pendant l'été. Le plus souvent, ces boutures développent des bourgeons pendant, la première année; quel-
quefois.ce n'est que lors du second été. Après deux ans de végétation, on les repique et on les soigne comme les précédentes.
Boutures par protubérances. — L'olivier, arrivé à un certain âge, donne souvent lieu, à la base du tronc, à des protubérances ou exostoses, couvertes d'yeux latents. On enlève celles qui présentent une grosseur variant entre celle d'une noix et celle d'une orange. On les enveloppe de bouse de vache ou d'un engrais analogue, et on tes plante en pépinière, les boutons en dessus, à 0"K)2 de profondeur et à la distance indiquée pour les autres boutures. Ces protubérances développent des rameaux et s'enracinent. On conserve le plus beau de ces rameaux pour former la tige et on supprime . les autres. On les traite ensuite comme les autres boutures.
2* Le marcottage réussit aussi très-bien. On peut foire usage du marcottage en archet décrit dans le volume des arbres à fruits de table. Mais le marcottage par racines ou par ivjetons est plus fréquemment employé. Il consiste à utiliser les nombreux rejetons qui appai*aissent sur le collet de la racine ou sur les grosses racines peu éloignées de la surface du sol et qui ont été blessées. On n'en laisse au pied de chaque arbre qu'un petit nombre, afin qu'ils deviennent plus beaux ; on recouvre leur base d'un peu de terre, s'ils ne naissaient pas assez profondément dans le sol pour s'y enraciner; puis on les laisse s'élever en procédant à la formation de leur tige. Enfin, lorsqu'ils ont atteint une grosseur de 0"*03 environ, on les détache du pied mère avec le plus de racines possible, et on les repique en pépinière à la distance de 0"80 s'ils doivent être plantés à demeure au bout de deux ans, ou à celle de 1"60 si l'on veut attendre qu'ils soient en rapport*
Ces divers modes de multiplication sont ceux qu'on emploie presque exclusivement; et pourtant l'on n'en obtient que des siyetspeu vigoureux, à racines traçantes.
et, partant, Beaucoup plus exposés à la sécheresse de Tété et aux froids rigoureux de l'hiver. Aussi pensonsnous qu'on devra donner la préférence au mode de n*ultiplication dont il nous reste à parler.
S^ Semis. — Les sujets que donnent les semis, sont plus sains, plus vigoureux ; ils sont surtout pourvus de racines pivotantes,, qui, en s' enfonçant, puisent* dans le» couches inférieures du sol Thumiditç dont elles manquent à la surface pendant Tété.
Plants semés en pépinière. — Les olives destinées à foiurnir des graines doivent, autant que possible, être prises sur des oliviers sauvages. On obtient ainsi des sujets plus rustiques. Les fruits sont irécoltés bien mûrs, c'est-^à-dii'e lorsqu'ils ont pris une couleur noi« râtre^ On les triture fortement avec de l'eau pour séparer eomplétement la pulpe des noyaux qui se réunissent au fond du vase. Comme la matière huileuse qui imprègne ces noyaux, en s'opposant à l'accès de Thtimidité du sol jusqu'à l'amande, retardait de beaucoup la germination, M. de Gasquet a imaginé de faire macérer, pendant deuîi ou trois jours, les noyaux dans Une lessive très-alcaline. L'évolution des germes se fait alors pendant Tannée même de l'ensemencement, M. de Gasparin obtint, en 1822, le nième résultat en débarrassant entièrement Famande de son enveloppe ligneuse. Quand les amandes, sont dépouillées de leur, noyau, on les trempe dans une bouillie composée de fiente de vache et de terre argileuse ;. on les roule de manière à obtenir une sorte de pralinage. Quel que soit le moyen choisi pour préparer ces noyaux,. en les stratifié comme nous l'indiquons à la page 316, puis on les sème l'année suivante, en octobre, sur des plates-ï bandes bien préparées et richement fumées, en lignes, distantes de 0"'25, en laissant un espace de 0'"08 euMron entre chaque graine. Les sillons où on les place étant pirofon4s>de 0~Q5 seulement, on les remplikavec du ter*
44i ARBRES A FRUIJS OLÉAGINEUX.
reau et on recouvre le tout avec une petite couche de litière ou de feuilles sèclies pour abriter des froids de rhiver. La plate-bande étant maintenue bien fraîche à partir du printemps, les jeunes plants commencent à se montrer vers le milieu de mars; à Tautomne, ils ont atteint une hauleur de 0"46. Si la localité est exposée à des gelées un peu fortes, il est bon de couvrir le sol de feuilles sèches, et de piquer, entre chaque rang de jeunes plants, une ligne de branches d'arbres à feuilles persistantes pour servir d'abri. Les labours et les binages étant continués pendant l'été suivant, on poitpra repiquer les jeunes plants au printemps de la troisième année, à O^'SO de distance les uns des autres, dans une terre bien préparée et bien fumée. Là on procède à la formation de leur tige comme pour les boutures. A la septième année, on enlève la moitié de ces plants, de manière que ceux qui restent sont placés à i"60 de distance. Les autres sont plantés à demeure ou repiqués dans la pépinière, d'oij on les enlève tous à Tâge de 14 ans, pour les mettre en place, après avoir formé leur tige comme nous l'avonsexpliqué.
Plants sauvages. — Dans les locahtés oii un grand nonxbre d'oliviers sauvages naissent dans les bois et les montagnes, on peut tirer parti de ceux qui n'ont pas été endommagés par les bestiaux, pour en former des pépinières. On choisit de préférence les jeunes plants d'un an, et on les repique àO^SO.
4** Greffe, — Lçs boutures ou les marcottes prises sur des arbres francs de pied appartenant à de bonnes variétés n'ont pas besoin d'être greffées. Mais cette opération est indispensable pour celles fournies par des arbres greffés, lorsqu'on les prend au-dessous du point où la greffe a été posée. Il en est de même pour les sujets obtenus au moyen des semis. L'olivier peut recevoir presque toutes les sortes de greffes; mais les plus usitées
sont les greffes en écussony en mai et juin, en ilûtc el en sifflet à la même époque. Ces diverses greffes sont décrites au chapitre des greffes, dans le volume relatif aux arbres à fruits de tathy et dans celui-ci au chapitre du nofer. Ces greffes sont placées sur les jeunes arbres en pépinière, alors que les premières ramifications du sommet sont âgées de deux ans environ ; on en place une sur chacune de ces ramifications destinées à former la tête de Tarbre. On peut aussi greffer les jeunes sujets en pied lorsqu'ils présentent, vers leur base, 0"02 de diamètre ; mais il ne faut grefier ainsi que des variétés vigoureuses, autrement on formerait difficilement une belle tige avec la greffe. Dans ce cas^ on emploie de préférence la greffe en couronne perfectionnée y pratiquée aussi en mai et juin. { Voir le volume des arbres à fruits de table.)
On greffe aussi les arbres déjà âgés, et dont on veut changer la qualité des fruits. On se sert alors de la greffe en couronne Théophraste. {Voir le wolnme des arbres à fruits de table.)
Il est bien entendu que pendant tout le temps où les jeunes oliviers occupe la pépinière, le sol reçoit chaque année les travaux de culture indiqués à la page 348.
Plantation à denienre. — Les oliviers sont cultivés en massif dans les terres sèches, caillouteuses, impropres à la culture des plantes herbacées. On donne à ces plantations le nom d'olivettes. Dans les sols plus fertiles, on les plante en bordures autour des champs, ou Ton en forme, au milieu de ces champs, des lignes en oulières assez espacées pour permettre de cultiver entre elles des plantes herbacées ou de la vigne.
Dans ce dernier cas, il faudra isoler ces lignes au milieu d'une bande de terre assez large et dépourvue d autres récoltes. Les céréales, la vigne, la luzerne et le sainfoin sont funestes aux olivier^ en empêchant de donner en temps utile les façons que réclame le sol qui
le nourrit, puis en lui disputant les éléments nutritifs indispensables à ses racines.
La distance à laisser entre les oliviers plantés en massif doit égaler la hauteur future des arbres; pour ceux plantés en oulières, on laisse un espace d'environ 10 mètres entre chaque ligne, et un intervalle égal à leur élévation entre les arbres dans la ligne. C'est, autant que possible, au printemps que ces plantations doivent être faites. Pour défendre ces jeunes plantations de l'attaque des bestiaux ou du choc des instruments aratoires, nous renvoyons aux pages 380 et suivantes.
Quant a la préparation du sol, on suivra les indications données aux pages 358 et suivantes. La déplantation, l'habillage, la mise en terre, les soins à prendre contre la sécheresse, sont expliqués aux pages 366 et suivantes.
Si les oliviers sont plantés dans des terrains rocheux, ce qui a lieu le plus souvent^ on pourra faciliter l'ouverture des trous et rendre ces terrains plus pénétrables aux racines en usant du procédé suivant: À chacun des points où les trous doivent être ouverts, placer une cartouche de dynamite un peu au-dessous du degré de profondeur auquel le trou doit arriver, puis faire éclater cette cartouche. La force d'expansion produite par l'explosion de la dynamite agit beaucoup plus de haut en bas que de bas en haut. Il en résultera que les parties rocheuses environnantes seront fendillées de toute part. Dès lors, on les extraira facilement pour ouvrir le trou, et les racines pourront se -frayer un passage dans les parties fendillées sur tout le périmètre.
Taille, — Les rameaux de l'olivier naissent opposés en croix sur les branches {ûff. 300) : les. plus vigoureux ne portent que des boutons à bois ; ceux de vigueur moyenne, ainsi que les plus faibles, offrent sur toute leur étendue des boutons à fleur qui s'épanouissent, au printemps de la seconde année, sous forme de grappes d^ ,^eurs
(ûg. 296) ; chacun de ces rameaux à fruits s'allonge et se ramifie au moyen d'un bouton à bois terminal, et deux autres latéraux placés aussi près de l'extrémité. Ces nouvelles productions fructifient également au printemps suivant, et ainsi de suite chaque année. La plus grande partie des fleurs de chaque grappe reste stérile ; beaucoup de fruits tombent aussi avant leur complet développement, de sorte que, le plus souvent, chaque grappe ne porte qu'un ou deux fruits. Comme les fruits des oliviers non soumis à la taille sont souvent très-nombreux, et persistent sur l'arbre jusqu'à l'hiver, il en résulte que, dans les années, fertiles, toute la sève a été employée à leur développement, et qu'il ne se forme pas de nouveaux rameaux à fruits pour l'année suivante. Aussi la fructifia cation des oliviers non taillés est-elle presque toujours bisannuelle, si même les intempéries ne viennent mettre un intervalle plus long entre chaque production. Ceci posé, voyons quels sont les avantages qu'offre la taille pour l'olivier.
La tailljB de l'olivier doit avoir surtout pour but de diminuer la hauteur de sa tête pour la rendre plus accès* sible aux opérations de la récolte ; de donner à cette tête une forme telle, que la lumière puisse en éclairer également toutes les parties ; de supprimer, chaque année, un certain noïnbre de rameaux à fruits, de telle façon que la iséve nourrisse mieux les finiits conservés, et que, par le développement de nouveaux rameaux, elle assure, tous les ans^ une récolte à peu près égale. On laisse les oliviers à eux-mêmes pendant les deux premières années qui suivant leur plantation ; tout au plus pince-t-on l'extrémité Ae quelques gourmands trop développés, et dont on^n'a pas besoin pour former la lête, etce n'est qu'à la troisième année qu'on leur apphqué là première taille. ' A ce moment, la tête des jeunes arbres se compose de quatre ou huit branches principales, selon qu'on le» «
448 ARBRRS A FRUITS OLÉAGINEUX.
enlevés de la pépinière à Tâge de six ou sept ans, ou à rage de douze ou quatorze ans. Dans le premier cas, on double le nombre de ces branches, comme nous l'avons expliqué pour ceux qu'on laisse plus longtemps en pépinière. Ces huit branches sont destinées à former la tête de Tarbre, qui doit présenter la forme d'un gobelet assez évasé. L'année suivante, le nouveau prolongement de ces branches est raccourci, afm de faire développer de petits rameaux à fruits vers sa partie inférieure, et que chacune de ces branches soit garnie de ces rameaux dans toute son étendue. Cette suppression est faite immédiatement au-dessus d'un bouton ou d'un bourgeon placé en dehors, afin que le nouveau prolongement de ces branches continue de les allonger dans une direction oblique ascendante. Le bouton ou le bourgeon opposé à celui qui est choisi pour cette destination est supprimé, parce qu'il donnerait lieu a un gourmand inutile. On continue ainsi d'allonger annuellement ces branches principales, en pinçant, pendant Tété, le sommet de celles qui sont plus vigoureuses que les autres, et en les taillant plus court au printemps. La hauteur à laquelle on arrête l'allongement de ces branches est déterminée par le degré de vigueur des arbres, par le climat et la fertilité du sol; car il faut toujoui*s que l'étendue de la tige soit en rapport avec l'abondance de la sève; si cette étendue est trop restreinte, l'arbre se couvre de gourmands au collet de la racine, sur la tête et même sur le tronc, et la production des fruits est presque nulle ; si, au contraire, on donne trop d'extension à ces branches, elles se dégarnissent de productions fruitières vers leur base, et les fruits qu'on obtient sur les autres parties sont peu abondants et mal nourris. Huit branches mères suffisent pour des arbres destinés à une hauteur de 6 à 7 mètres; mais, si l'on voulait dépasser cette limite, il faudrait en augmenter le nombre et en bifurquer quelques-unes à 2 ou 3 mètres de
leur naissant e sur le tronc. Lorsque ces branches ont atteint la longueur voulue, on coupe tous les ans le rameau terminal tout près de sa base.
On supprime, chaque année, les bourgeons gourmands qui naissent en dessus et vers la moitié inférieure des branches principales, à Texception toutefois de ceux dont on aurait besoin pour remplacer celles de ces mêmes branches qui se seraient desséchées. On coupe aussi ceux qui apparaissent sur le tronc, et surtout ceux qui naissent en grand nombre vers le collet de la racine. Quelques cultivateurs conservent ces derniers bourgeons pour former de nouveaux sujets, qu'ils enlèvent lorsqu'ils ont pris un certain développement. Mais l'accroissement de ces rejetons se faisant toujours aux dépens du pied mère, il est préférable d'avoir recours à un autre mode de reproduction, à moins que les arbres ne soient arrivés à leur dernier état de décrépitude et que Ton ne songe à les receper entièrement .
La taille de l'olivier a encore pour but de raccourcir ou de supprimer les anciens rameaux fructifères, de supprimer toutes les ramifications desséchées oli languissantes et d'enlever tous les chicots de bois mort. Toutes ces coupes doivent être faites tout près des branches, et les plaies soigneusement mastiquées. C'est en mars, lorsque l'on n'a plus à craindre les gelées tardives,' que la taille doit être exécutée.
Dans beaucoup de localités, on ne pratique encore la taille que tous les deux ou trois ans ; mais alors c'est bien plutôt un élagage qu'une taille, car il faut couper les branches gourmandes et raccourcir lès ramifications* principales démesurément allongées, pour les forcer à se regarnir de rameaux à fruits vers les parties inférieures, et il en résulte un épuisement tel, que l'arbre reste improductif pendant deux ans. De plus, les plaies que produisent ces amputations périodiques fatiguent beau-
45U AKBRES A FRUITS OLÉAGINEUX.
coup les arbres, diminuent leur vigueur et abrègent leur durée.
Les opérations de taille et d'élagage doivent toujours être pratiquées avec un instrument tranchant et non avec la scie à main, comme on le fait trop souvent : ce dernier instrument produit une plaie contuse et déchirée, lente à se cicatriser et qui détermine fréquemment la carie.
Ii»li««rs et »«tres tmfwkm. — Dans nos provinces méridionales, il est indispensable de stimuler la végétation des oliviers pai* une culture soignée. On leur applique en novembre ou décembre, après la récolte, un premier labour de 0"'20 à 30 de profondeur, suivant l'âge des arbres et la nature du terrain.
A rentrée de Thiver, on butte le plus haut possible le pied des oliviers, afin de le garantir des froids ; puis, au printemps, on fait disparaître le buttage, et Ton donne un léger labour de O^IS de profondeur environ.
Dans les terrains très-exposés à la sécheresse, ou disposés en pente, on forme, au pied de chaque olivier, une sorte de bassin d'autant plus large que Tarbre est plus âgé, et qui reste ouvert du côté le plus élevé de la pente. Les eaux qui s'écoulent des parties supérieures s'y réunissent, au profit de chaque arbre. Ces bassins, formés après le labour exécuté au printemps, sont détruits au moment du labour d'hiver.
Dans quelques localités, ces terrains en pente rapide sont disposés en terrasses au moyen de petits murs en pierres sèches (voir la page 28). C'est au centre de ces terrasses que les oliviers sont plantés. ' - Au mois de juin, après une forte pluie, on donne un premier binage aux oliviers, afin de maintenir l'humidité du sol, et l'on répète cette opération au mois d'août.
Ces diverses cultures sont exécutées à la charrue et à la houe à cheval, partout oii la disposition du sol ne s'oppose pas 4 l'emploi de ces instruments.
Iriigalions, — Dan^ les terrains légers et perméables, et lorsque cela est possible, il est avantageux d'user de rirrigation, mais modérément. G*est ainsi que, dans les Bouches-du-Rhône, on arrose trois fois : d'abord à la floraison, et deux fois pendant les moments les plus secs de Tété.
En Espagne on diminue très-notablement les frais de culture de l'olivier en remplaçant les labours, binages et irrigations par un tas de pierres accumulées au pied de l'arbre et qui s*étendent sur le sol qu'on suppose occupé par les racines. Ces pierres maintiennent parfaitement la fraîcheur du sol.
Engrais. — Les oliviers sont peu difficiles sur la nature des engrais ; ceux dli règne animal, tels que les animaux morts, les matières fécales, les fumiers proprement dits, la colombine, les cornes, les chiffons de laine, les os concassés, les urines étendues d'eau, paraissent tou-^ tefois agir avec le plus d'efllcacité. A défaut de ces matières, on emploie les engrais végétaux, comme les jeunes tiges de buis, de myrte, de lentisque, de sumac, de roseaux, convenablement hachés, les marcs d'olives et de raisin, les algues de mer, le lupin, la vesce d'hiver, la féverole, semés autour des oliviers et enterrés dès qu'ils sont en fleur. On a aussi constaté les bons effets des engrais minéraux suivants dans les sols argileux : les cendres, le plâtre, la suie, les vases des ports de mer et des rivières, les coquilles marines à demi calcinées et broyées. Mais lorsqu'on pouiTa choisir, il faudra préférer les engrais à décomposition lente, tels que les chiffons de laine, les déchets de corne et de cuir, les os concassés. Leur effet sera plus durable. Quant au moyen d'application de ces engrais, nous renvoyons à la page 391.
Rajeunliseiiieiit des •liwiers, — Placé dans des conditions favorables, l'olivier présente les exemples les plus remarquables de longévité. Mais, en France, la
45i ARBRES A FRUITS OLÉAGINEUX.
rigu.ur de nos hivers et les amputations nombreuses que nécessite la taille abrègent singulièrement sa durée.
Après quinze ou vingt ans de formation complète, les arbres qui sont soumis à une taille apnuelle et régulière deviennent moins productifs; il faut alors les rajeunir ; à cet effet, on coupe environ un liers de la longueur des branches principales; la sève se concentre sur un plus petit espace, et fait développer de nouveaux rameaux à fruits là où ils avaient disparu. Cette année-là, on fume les oliviers plus abondamment que de coutume. On veille aussi à la suppression des gourmands qui apparaissent au pied des arbres, sur le tronc, ou même sur les branches principales. Lors de la taille suivante, on enlève un grand nombre de rameaux à fruits qui, sous Tinfluence de Topera! ion précédente, . se sont beaucoup trop multipliés. Enfin on rend aux branches principales leur première dimension en les allongeant d'année en année.
Après plusieurs renouvellements de leur tête, les vieux oliviers finissent par être attaqués de la carie; cette maladie gagne le cœur dç l'arbre, qui finit par devenir entièremeat creux. Avec des soins convenables, ces arbres peuvent encore donner des récoltes passables; mais le moment vient où l^urs produits sont presque nuls. Au lieu de les arracher pour faire une nouvelle plantation, il sera préférable de remplacer leur tronc par une nouvelle tige formée d'un rejeton qu'on laissera dévelojïper au collet de la racine. Voici comment on procède :
Quelques années avant que les oliviers soient arrivés au dernier état de décrépitude, on réserve au pied, et le plus près possible du sol, trois ou quatre rejetons ; l'année suivante, on ne conserve que le plus beau et le plus rapproché de terre, et lorsqu'il a atteint une hauteur convenable, on arrête son allongement, et Ton procède à la formation de sa tige et de sa tête, jusqu'à ce que, le vieux tronc étant devenu presque improductif, on le supprime.
Le nouvel arbre est ensuite traité comme les jeunes plantations.
]II»l»dfte«. — Insectes nuisibles. — Il est ).e:i
cVarbresdont les produits soient exposés à plus dé chances défavorables que Tolivier, surtout en France. I^es intempéries, les insectes nuisibles déterminent chez lui de fréquentes maladies qui lé ruinent ou anéantissent ses récoltes.
Maladies. — Le plus cruel ennemi des oliviers est le froid rigoureux de certains hivers. Depuis de longues années, on a constaté que nos oliviers ont gelé en moyenne tous les neufans. Ainsi les hivers de 1476, 1507, 1608, 1709, 1770, 1789, 1795, 1811, 1820, 1830, 1837, ont été des plus funestes pour les oliviers. Ces arbres supportent assez bien les gelées sèches, surtout lorsqu'ils ne sont pas en sève ; mais lorsqu'un froid subit succède à la pluie ou au dégel, que leurs feuilles sont couvertes de neige, et surtout lorsque, par l'influence d'une douce température, la sève s'est déjà mise en mouvement, un degré de froid assez faible suffit pour leur faire éprouver de grands dommages.
La gelée n'agissant pas toujours avec la même intensité, les moyens réparateurs varient selon l'étendue des dommages.
C*est vers le mois d'avril, alors que les arbres commencent à bourgeonner, qu'il est possible d'apprécier ces dommages, et c'est aussi à cette époque qu'il convient d'opérer les suppressions qu'ils ont rendues nécessaires.
Lorsque les arbres ont seulement perdu leurs feuilles, il convient d*éclaircir beaucoup leurs jeunes rameaux. Cette année-là, la fructification est presque nulle; mais de nombreux bourgeons se développent pendant l'été, et la récolte est très -abondante l'année suivante.
Si les rameaux d'un an ont été atteints, on les enlève ; puis on supprime un tiers de la longueur des branches
454 ARBKES A FRUITS OLÉAGINElX.
principales, afin de les faire se regarnir de nouYeaux bourgeons sur toute leur étendue.
Les branches principales ont-elles été attaquées sur une partie de leur longueur, on les coupe à quelques centimètres au-dessous du point où le mal s'est arrêté. Si elles sont gelées jusqu'auprè.^ du tronc, on les supprime entièrement. On reforme la tête de Tarbre au moyen des bourgeons les plus vigoureux, choisis parmi ceux qui se développent en grand nombre au sommet de la tige, et Ton supprime tous les autres à mesure qu'ils paraissent.
Lorsqu'une partie du tronc a été attaquée, on fait l'amputation au-dessous du point malade. On l'allonge de nouveau au moyen d'un bourgeon latéral, ou bien on établit la tête immédiatement au-dessus de celte section, si elle ne se trouve pas ainsi trop près de terre.
Pendant les premières années qui suivent ces diverses opérations, et surtout pendant le premier été, on enlève avec le plus grand soin les bourgeons gourmands qui naissent au collet de la racine : quant a ceux qu'on voit apparaître sur le tronc ou sur les branches conservées, et dont on n'a pas besoin pour reformer l'arbre, on se contente de diminuer leur vigiieur en les pinçant. On ne les coupe entièrement qu'à mesure que les nouvelles parties de l'arbre prennent de la force.
Il arrive quelquefois aussi que lé tronc est gelé jusqu^au collet de la racine. Si l'arbre n'est âgé que de 30 ans au plus, il n'y a d'autre remède que de le couper rez terre, et de former une nouvelle tige au moyen d*un des bourgeons qui naissent de la souche. Lorsque ces bourgeons apparaissent dans le courant de l'été, ils sont très-nombreux. On doit les laisser croître en toute liberté; ils se prêtent un mutuel secours et garantissent la souche contre les rayons du soleil. L'année suivante, on n'en conserve que trois ou quatre, les plus beaux, les plus rapprochés '^e terre, et suffisamment éloignés les uns des autres. On
OLIVIËH. 455
applique alors, à la formation de leur tige et de leur tête, les soins indiqués pour les jeunes oliviers élevés en pépinière. Au mois de mars de la cinquième année, on ne conserve qu'ua seul de ces rejetons, et il sert à remplacer l'arbre ; les autres, enlevés avec le plus de racines possible, sont plantés en pépinièrie où ils achèvent leur formation.
Lorsque la souche aura plus de 30 ans et qu'elle présentera un grand développement, il sera préférable de faire naître la nouvelle tige directement sur Tune des racines; car cette souche, venant à pourrir en partie, pourrait communiquer là carie au nouvel arbre. On arrachera alors cette souche, comme nous l'indiquons ci-après pour celles qui ont été gelées.
Enfin, la souche elle-même peut être frappée par la gelée, et ne plus développer de rejetons. Dans ce cas, on l'arrache et on laisse en terre les principales racines, en ayant soin de les couper bien net. La fosse reste ouverte, et, comme les racines n'ont pas été atteintes par le froid, elles développent, pendant Tété même, un certain nombre de bourgeons. I^orsque ceux-ci sont âgés de deux ans, on ne laisse que le plus beau sjLir chaque racine , on n'encon^ serve en tout que six ou huit. On comble progressivement la fosse avec de la terre bien amendée ; et, vers la cinquième année, on enlève ces rejetons pour les mettre en pépinère, à l'exception du plus vigoureux, qu'on laisse en place.
Pendant ces opérations, il faut donner des engrais plus abondants que de coutume et multiplier les façons.
Sécheresse. — Si la sécheresse ne fait pas périr les oliviers, elle détermine quelquefois la chute complète de leurs feuilles, suspend leur végétation et ruine la récolte. Les seuls moyens de prévenir cet accident sont les binages fréquents pendant l'élé, et surtout les irrigations. j
• Carie. — Les amputations, les branches rompues, les contusions, produisent des plaies qui, si elles ne sont pas garanties du contact de l'air, exposent le corps ligneux à
i:s ABBRES A FRUITS OLEAGINEUX.
Fig. 303.
Fig. 306.
Fig. 307. Fig. 308. Fig. 309.
Instruments pour enlever la carie de l'olivier.
Fig. 310.
l'action deslructive des agents extérieurs. La carie se manifeste bientôt, gagne de proche en proche, et le tronc devient entièrement creux. Lorsque cette altération s'est manifestée sur quelques points de la tige, on enlève les parties malades jusqu'au vif, et l'on isole les plaies du contact de l'air au moyen d'une couche de résine ; si les excavations présentent une grande étendue, on les remplit avec un mortier de chaux et de sable (page 399). Nous donnons ici la figure d'instruments à l'aide desquels on peut atteindre la carie jusque dans les plus profondes anfractuosités de la tige (%. 305 à 310).
Moufle. — Cette maladie est une sorte de chancre qui apparaît sur les racines, surtout dans les terrains riches et humides. L'arbre languit, les feuilles jaunissent et tombent, les branches se dessèchent successivement, et l'arbre périt. Il convient de retrancher les petites racines malades,d' enlever les chancres jusqu'au vif sur les grosses racines, et surtout d'assainir le sol. 11 faudra également faire quelques suppressions sur la tête de l'arbre.
Noir, — Une autre maladie, attribuée mal à propos aux excréments d'une espèce de kermès, est le noir ; il apparaît sous forme d'une poussière noire qui couvre les branches, les rameaux et les feuilles. Cette maladie est due à la présence d'un petit champignon parasite trèsvoisin du dematbium moDophyllum signalé par Risso sur les orangers. On n'y connaissait pas encore de remède efficace. Toutefois, comme cette sorte de petit champignon apparaît toujours sur les arbres attaqués par le kermès, nous avons conseillé de détruire cet insecte par le chaula ge, ainsi que nous l'expliquons plus bas ; ce moyen a parfaitement réussi, le noir a disparu en même temps que l'insecte.
Lichens. — Il faut enlever et brûler les lichens qui s'attachent à la tige des oliviers, car ils servent de refuge à de nombreux insectes nuisibles {voir la page 411).
Le blanquet est dû à la présence d'un petit champignon blanc filamenteux et qui attaque les racines. Il est fréquent
Fig. 3<l. — Kermès de l'olivier.
sur les autres espèces d'arbres, et est plus connu sous le nom de blanc des racines. Il appartient au genre rhizoctone. On pourrait tenter, pour détruire ce champignon,
l'emploi du soufre, essayé avec succès pour d'autres espèces d'arbres aussi attaqués par des champignons analogues. On met à nu les racines, on y répand le sou- n fre, puis on replace la terre.
Insectes nuisibles, — De nombreux insectes vivent aux dépens de l'olivier; nous citerons seulement les suivants comme les plus nuisibles.
Kermès rouge ou cochenille adonide {coccus adoniduniy coccus oleœ Fabr.).
— Celte espèce diffère peu de celles que nous avons signalées sur la vigne, l'oranger et le figuier, dans le volume consacré aux ai'bres à fruits de table; il se multiplie parfois en si grande abondance sur l'olivier, qu'il devient pour cet arbre un véritable fléau.
Dans leur jeune âge, les kermès se répandent sur les jeunes bourgeons et les feuilles. Ils piquent les tissus pour vivre des fluides qui y circulent,et épuisent ainsi les arbres. A la fin de l'année, les individus femelles restent attachés sous forme de petites coquilles brunes, sur les rameaux et sur la face inférieure des feuilles (%. 3H). Ces coquilles donnent lieu, au printemps suivant, à une nouvelle génération, qui recommence ses ravages. Ces kermès sont toujours accompagnés d'une poussièrenoire,
Fig. 312. — Pompe à jet continu.
dont nous avons parlé plus haut, et qui couvre toute retendue de l'arbre.
Un chaulage énergique que nous a%'ons fait pratiquer
Kig. 313. — PsylVe de l'olivier Kig. 3ii —Coton de r«ilivier
très- grossie. " produit par la psylle.
sur des oliviers, aux environs de Marseille, a fait disparaître les insectes et le noir. On devra procéder de la manière suivante : Faire un lait de chaux assez épais et
Fig. ?r.i. — Laivo grossie de la Fit?. 316.
psyllo do l'olivier. Teigne do l'olivier, grossie.
en couvrir toute l'étendue de l'arbre, rameaux et feuilles, en lançant ce liquide à l'aide d'une petite pompe à jet continu (%. 312). On procédera à cette opération, au printemps, dès le réveil de la végétation.
Psyllede Polivier (psylIaoIeseyFonscolombe) (ûg. 313). — Ce petit hémiptère vit aux aisselles des feuilles et à la base des grappes de l'olivier. C'est surtout lorsqu'il est à l'état de larve {%315) qu'il exerce ses ravages. Il se couvre alors d'une matière cotonneuse, blanche, remplie
de goutelettes gommeuses et sucrées ; puis il suce la sève au point de faire avorter toutes les fleurs. Celles qui résistent à cet épuisement sont d'ailleurs rendues stériles, car l'abondance de la matière cotonneuse qui les enveloppe s'oppose à la fécondation (% 314).
On n'a pas encore trouvé le moyen efficace de soustraire les oliviers à cet insecte.
Teigne de Polivier (%. 316), chenille mineuse {tinea oleellay Fabr.).— On avait pensé d'abord que la chenille qui attaque le noyau de l'olive n'était pas la même que celle qui vit dans le parenchyme des feuilles, dans les jeunes pouces, et parmi les boutons à fleur de l'olivier. Mais M. Guérin-Méneville a reconnu qu'elles produisent toutes un papiflon semblable et qu'elles sont également la larve de la teigne de l'olivier.
Cet insecte paraît donner lieu, chaque année, à trois générations. Les papillons éclos en automne des chenilles nourries dans les noyaux des oUves pondent sur les
Fig. 31 7.— chenille trè?-grossie de la teigne de Tolivier.
Kig. 318.
Cocon grossi de la teigne de l'olivier.
feuilles les plus tendres de l'olivier. Ces œufs éclosent avant l'hiver: les petites chenilles (%. 317) s'introduisent
dans le parenchyme de ces feuilles, et y restent engourdies jusqu'au printemps. Alors elles mangent et agran* dissent leur prison ; puis elles en sortent bientôt pour s'introduire dans le sommet des jeunes bourgeons. Elles s'y développent et se changent rapidement d'abord en chrysalides, en s'attachant au-dessous d'une feuille (ûg 318), puis en papillons, qui pondent sur d'autres jeunes bourgeons et entre les grappes de boutons à fleur.
Ce sont les papillons naissant de cette deuxième ponte qui déposent leurs œufs sur les jeunes olives ou sur les feuilles qui les environnent, et qui donnent naissance aux chenilles qui s'introduisent dans le fruit, y croissent en même temps que lui, et rongent le
Fig.31 9. —Chenille de la leigne sortant de Tolive pour se métamorphoser.
Fîg. 320. — Excroissance de l'olirier.
noyau, dans lequel elles pénètrent. En sortant de ce fruit, pour aller se métamorphoser aq dehors (%, 3i9), elles
attaquent le pédoncule et le font ainsi tomber longtemps avant sa maturité.
Enfln, on attribue également aux attaques de la larve de cet insecte les excroissances que Ton voit quelquefois apparaître en très-grand nombre sur les jeunes rameaux de l'olivier {6g. 320). D'autres naturalistes pensent que ces gibbosités sont dues à la piqûre d'un autre insecte appartenant au genre Tipula. Quoi qu'il en soit, ces excroissances augmentent de volume d'année en année, diminuent la vigueur des rameaux, et font même périr tout ce qui est situé au-dessus d'elles lorsqu'elles embrassent toute la circonférence des branches. Aussi convient-il de les enlever lorsque les branches sont un peu grosses, et de mastiquer les plaies.
Mouche de rolivSj ver de F olive (musca olese^ dacus oleœ, Latr. {%. 321). — Cette petite mouche est, avec le kermès, l'insecte le plus redoutable pour l'olivier. La femelle pique de son dard les jeunes olives et y introduit un œuf (%. 323). Bientôt cet œuf donne lieu à une petite larve de couleur blanche (%. 322), qui pénètre dans la pulpe du finiit et s'en nourrit. Cette larve se transforme en cocon (%. 824) dans le fruit même, et donne lieu à
Fig.