DE LA DENT
Comme les maréchaux-ferrants de nos jours, ceux du moyen âge pansaient les chevaux ; ils faisaient même davantage, ils soignaient les hommes.
L'un de ces praticiens, habitant Neufbourg en Normandie, employait un moyen original pour arracher les dents de ses clients. Le trouvère Archevêque nous fait connaître ce procédé, mais après s'être apitoyé sur la rareté des bonnes gens et sur la perte de ceux qui l'avaient protégé de leur vivant.
Voici comment opérait le maréchal de Neufbourg. Après avoir lié la dent malade, il attachait l'autre extrémité du fil à son enclume, de façon qu'entre la joue du patient et l'enclume il n'y eiit pas de quoi passer un œuf d'alouette. Puis, sans avoir l'air de s'occuper de son client, le maréchal faisait chauffer un morceau de fer, et, quand il était à point, il le saisissait avec ses tenailles, et, le plaçant sur son enclume, il frappait à grands coups avec son marteau ; des étincelles jaillissaient de toutes parts. Le patient, pour éviter d'être atteint, opérait un vif mouvement de recul et
Si demeure la dent en gage.
[Barba zaïi, I, 159.)
rOURQUOI ON DOIT AIMER LE GRAND CHEMIN:
Des marchands se rendaient à la foire de Sens ; ils demandèrent leur chemin à un paysan^ qui leur dit : « Ce sentier est plus court, mais il faut passer la rivière à gué, tandis qu'en suivant la route, qui est plus longue, vous trouverez un pont. »
Les marchands suivirent le sentier, malgré les représentations du paysan, qui leur disait que le gué était dangereux. Plusieurs d'entre eux se noyèrent, d'autres perdirent leurs marchandises et furent mouillés.
Le vilain avait suivi la route ; lorsqu'il arriva au gué, il eut un triste spectacle devant les yeux et ne put s'empêcher de reprocher à ceux qui faisaient sécher leur linge et leurs habits de ne l'avoir point écouté. (Bar bas an, II, I2^.J