VI
Ces petits poèmes, simples et francs, allant droit an hiit, étaient facilement retenus par les auditeurs, petits et grands, qui les répétaient sans cesse. Comme la langue était la même à la ville qu'à la campagne et les sujets à la portée de tous, ces compositions se trouvaient aussi bien dans la houclie du vilain et de la bergère, que dans celle du bourgeois et de la châtelaine.
Dans ce petit ouvrage, nous avons eu pour but de faire rendre — trop rapidement peutêtre — aux preiniers monuments de notre langue tout ce qu'ils peuvent donner sur l'existence des villageois au temps des trouvères. Li- 7nité par le cadre que nous nous étions imposé à l'avance, nous avons dû viser tout d'abord à la concision, tout en évitant la sécheresse.
Si les lecteurs trouvent ce travail à leur goût et l'accueillent avec quelque intérêt, nous développerons plus tard cet attachant sujet qui nous tient tant à cœur,
Alcius LEDIEU.
Bibliothèque d'Abbeville, le 2;^ mai i8go.