DU CHEVALIER A LA ROBE VERMEILLE
Un riche vavasseur du comté de Dammartin était marié à une femme rusée, qui s'amouracha d'un chevalier des environs. Pendant que son mari était allé aux plaids à Senlis, la dame fît venir son aman<-. qui passa la nuit chez elle.
Le vavasseur rentra le lendemain matin beaucoup plus tôt qu'on ne l'attendait, parce que les plaids avaient été ajournés. A son arrivée dans la cour, il aperçoit un palefroi, un épervier et des chiens, qui appartenaient au chevalier. Celui-ci eut à peine le temps de se cacher, mais non sa robe vermeille, qu'aperçut le mari; il demanda à sa femme ce que tout cela signifiait ; elle répondit que c'était un don que lui faisait son frère.
Le vavass2ur se coucha et s'endormit. En s'éveillant, il voulut voiries présents que lui avait faits son beau-frère, mais tout avait disparu. Sa femme lui fit croire qu'il n'avait plus la tête solide et l'engagea à faire un pèlerinage.
Cïs fahliaus ausmaris promet
Que de folie s'entremet.
Qui croit ce que de ses iex voie ;
Mes cil qui vait la droite voie, Doit bien croire sans contredit Tout ce que safame li dit.
(Barbazan, /// 272),