‹ Les Vilains dans les œuvres des trouvèresChapitre 9 sur 41 · DU VILAIX QUI AVAIT UX CHEVAL A VENDRE · texte numérisé non relu

DU VILAIX QUI AVAIT UX CHEVAL A VENDRE

Un paysan avait un cheval à vendre dont il demandait vingt sous. L'un de ses voisins, qui en était

amateur, lui en offrait un prix moindre, et finit par s'engager à le prendre pour le prix que le premier acheteur en offrirait sur le marché.

Le cheval fut exposé en vente ; arrive un borgne qui en offre dix sous. Le voisin veut s'emparer de la bête suivant les conditions convenues, mais le paysan s'y oppose.

Traduit devant le tribunal, le vilain dit aux juges :

« Celui qui a estimé ma bête n'avait qu'un œil, il n'a donc pu voir que la moitié de ce qu'elle vaut ; mon voisin, qui a deux bons yeux, doit par conséquent la payer le double de l'autre. »

Les juges rirent de la réponse du paysan et le renvoyèrent avec son roussin. (Legrand d'Aussy, IV, 42).

Page 1