‹ Les Villes de la Russie SubcarpatiqueChapitre 12 sur 65 · LES ÉMIGRATIONS · texte numérisé non relu

LES ÉMIGRATIONS

époque à 30.000 ; malgré toutes ces difficultés, le nombre des émi-

grants ruthènes à destination des pays d'outre-mer dépasse sensi-

blementcelui des émigrants à destination de pays européens. Nous

avons dressé ces deux tableaux qui montrent assez clairement les

rapports de ces deux courants d’émigration et leurs fluctuations

pendant les années qui suivirent la conclusion de la paix. | migrants ruthènes à destination d’outre-mer :

à: Nombre Soit, sur Années d'individus 10.000 individus An EU SRE RSR ER A à ES HO 18,0 RO A Ne a ne de ol &,9 OT : Born MS AN OISE SE RTS 413 6,4 HORREUR RU PL enr 591 SA) LOS ER PR DO S MP RRE ON T PE 65 8,4 RO TR PE creme ane Rae La leu Dies 1.788 26,1 OLA AP ARENT Ai eee RER 1.490 21,4

Émigrants ruthènes à destination des pays européens :

Nombre Soit, sur Années d'individus 10.000 individus LÉO er RM EE ee 86 1,% A Re A le ne tee ee 3 0,6 ET en D ame D à 173 2,4 OR émane a NE ES PONS PE SE 339 5,1 USERS SR Re LD ii DA PR ST RS PE A 753 1174 TOP RE Re CU CR I eee TO LORS 85 12 OP OMe soice nuse das ns eee 433 6,2

Pour les pays d'outre-mer le fléchissement des années 1924-1925- 1926 est la conséquence directe du vote des lois restrictives améri- - eaines. Par contre, les fluctuations dans le tableau de l’émigration à destination des pays européens sont les résultats indirects des diverses crises qui ont affecté les États européens. Pour la Russie subcarpatique comme pour la Slovaquie l’émigration transocéanique l'emporte sur l’émigration continentale, au contraire de la Bohême et des Provinces historiques.

Il n’est donc pas inutile de connaître plus précisément les pays où émigrent volontiers les Ruthènes.

a) Émigration transocéanique. — De 1922 à 1927, sur 4.780 Ruthènes s’embarquant à destination d’outre-mer, 2.391 se dirigeaient vers les États-Unis d'Amérique, 1.481 vers le Canada, 58 vers les États de l'Amérique Centrale et Cuba, 776 vers l'Argentine, 8 vers le Brésil, 66 vers les autres États de l’Amérique du Sud.

En 1928, sur 1.490 Ruthènes s’embarquant à destination d’outremer, 205 se dirigeaient vers les États-Unis d'Amérique, 792 vers le

Canada, 10 vers les États de l'Amérique Centrale et Cuba, 421 vers l'Argentine, 10 vers le Brésil, 51 vers les autres États de l'Amérique du Sud.

Ce qui ressort de la comparaison de ces deux tableaux c’est la progression de l’émigration ruthène vers l'Amérique du Sud (en particulier l'Argentine), conséquence naturelle de la demi-fermeture des États-Unis. L’émigration à destination du Canada est également en hausse.

b) Émigration continentale. — On a déterminé les pays européens “vers lesquels les Ruthènes émigraient le plus volontiers. De même que pour les pays d'outre-mer, les résultats sont donnés globalement pour la période comprise entre les années 1922 et 1927 et isolément pour l’année 1928 (statistique la plus récente) : de 1922 à 1927, sur 1.471 Ruthènes ayant obtenu un passeport d’émigration pour un pays européen, 1.220 indiquaient comme but de voyage la France, 75 la Hongrie, 69 la Roumanie, 42, l’U. R.S. S., 18 la Yougoslavie, 12 l’Allemagne, 8 l'Autriche, 8 la Pologne, 6 la Belgique, 13 divers autres pays de l’Europe.

Pour la seule année 1928, sur 433 Ruthènes, 329 indiquaient comme but de voyage la France, 82 la Belgique, 8 la Russie d’Europe, 6 la Hongrie, 4 l’Allemagne, 2 l’Autriche, 1 la Yougoslavie, 1 la Roumanie : aucun n’indiquait la Pologne.

Ces chiffres sont pleins d'enseignements : la France a été longtemps le pays le plus recherché (1924 est l’année qui a vu le courant d’émigration le plus fort ; en 1927, au contraire, il y a eu une diminution assez nette, mais qui n’est plus sensible actuellement). Des statistiques datant de 1929 montrent que la Belgique détourne de plus en plus vers elle le flot des émigrants. Par ailleurs, on peut noter une décroissance des courants d’émigration vers la Roumanie, la. Hongrie, la Yougoslavie.

c) Émigration saisonnière. — L’émigration saisonnière n’a pas disparu. Mais elle a perdu son ampleur d’avant-guerre. Surtout elle s’est en quelque sorte désaxée. Ce n’est plus vers les plaines hongroises que descendent les pauvres journaliers ruthènes : c’est en Allemagne et en Autriche qu’ils se rendent maintenant pour aider aux travaux des champs !.

Le tableau suivant indique, pour la période comprise entre les années 1922 et 1928, le nombre des journaliers et des ouvriers agricoles de Russie subcarpatique qui se sont rendus en Allemagne et en Autriche pour participer à la moisson :

! Les statistiques ne mentionnent point le courant saisonnier, assez fort pourtant, des ouvriers agricoles et bûcherons vers les pays tchèques.

Nombre d’ouvriers

: et de Soit sur 10.000

Années journaliers agricoles habitants PE out ee à == > D a uen = ee

DORE. CNRS EE Eee — =

LR 60 SR RC RENE 2e 32 0,5

Li 0 ete SÉSRPENENN PAR ELTE ERNST 36 0,5 Re se Pa Le dus se à 37 0,5

HSE ON RON RM ee PER 32 0,5

Chiffres modestes, et mouvement de faible envergure en comparaison de l’exode véritable qui, avant guerre, amenait chaque été dans l’Alfüld des milliers de Ruthènes en quête de travail.

Page 1