La NOUVELLE VILLE : GALAGO
Il faut avoir connu l'aspect morne et désolé de Galago au lendemain de la guerre : une lande déserte et malsaine, inondée périodiquement par un fleuve irrégulier. Onze années ont été nécessaires pour construire ce nouveau quartier.
1 Cf. Tomaëex (Josef), Lidové uméni a domaci prümysl na Podkarpatské Rusi, Sbornik Zemské musejni spoleënosti v Uthorode, UXhorod, 1928, p. 28.
58 UZHOROD
L'ensemble de Male Galago a été construit d’après les plans de Ad. Liebscher. On voulait réunir dans un même centre tous les organes de la vie administrative provinciale. C’est ainsi que s’élevèrent côte à côte les bâtiments des Fravaux Publics, de la Direction de la Police, du Tribunal de district, de la Direction des Finances, de l’école communale Masaryk, du Centre d'hygiène sociale (Düm lidového zdravi). Une poste moderne a également été construite, toutefois en dehors du quartier de Galago (ulice Pof$tovskä). Dans le domaine de l'habitation, un très grand effort a permis la construction de nombreux logements pour fonctionnaires de toutes classes, ce qui a mis fin à la crise du logement qui a sévi à UZhorod, après la guerre, plus cruellement que dans aucune autre ville de Russie subcarpatique : 35 immeubles ont été construits d’une contenance totale de 289 appartements. Ce sont surtout les fonctionnaires de l'administration des finances qui ont profité des nouvelles constructions, 17 immeubles leur ayant été réservés. La Municipalité, de son côté, a élevé sept maisons avec 108 logements. L’initiative des habitations à bon marché a été prise par la ville. L'ensemble des investissements d’UZhorod dans la construction d'immeubles s’est élevé à 5 millions, soit 16,6 % de la totalité de ses investissements.
La physionomie du quartier de Male Galago a été bouleversée
par ces travaux. C’est à peine si,en comparant l’état actuel du quai Tyré avec l’état dans lequel il se trouvait en 1920, il est encore possible de retrouver une vieille maison qui rappelle le passé. Après la guerre, il n’y avait là qu’une morne avenue, bordée de rares habitations basses et vétustes, et finissant du côté de la rivière par des berges marécageuses et malsaines. Des peupliers mélancoliques ajoutaient à la tristesse d’un paysage que venaient enlaidir des cheminées d'usine. En dix ans, ce faubourg abandonné de petite ville de province est devenu un centre spacieux et animé. De charmantes villas à pignons, lumineuses et pittoresques, ont remplacé les architectures ostentatoires et incommodes chères aux villes magyares. Et les rives que l’on fuyait jadis pour leur pestilence, désormais assainies, constituent un des lieux de promenade les plus recherchés.
Les travaux de régularisation de l’'Uh à Uzhorod, auront exigé près de 10 millions de couronnes. Ils ont porté surtout sur la rive droite de l’Uh. À une berge irrégulière tantôt submergée, tantôt baignée par des cloaques nauséabonds s’est substituée, après dix ans d'effort (1924-1934), une rive en ligne droite protégée par tout un système d’endiguement. Au reste, l’approfondissement du lit, l'aménagement de vastes remblais, la fixation de terrains trop
mouvants ont permis de garantir la ville contre les inondations. C’est ainsi que, grâce au terrain récupéré sur les eaux, UZhorod a pu être doté d’un Corso modèle, sans doute un des plus longs de la République...
Ce ne furent pas les seuls travaux entrepris : pour améliorer ses communications, la ville d'UZhorod dépensa la somme de deux millions. L'établissement d’un aqueduc de 40 kilomètres, qui devait approvisionner en eau la population d’'UZhorod, exigea un premier. investissement de 6 millions de couronnes (l’État fournit en plus 3 millions). Le nouveau pont en construction depuis 1935 doit coûter 1 million 1 /2.
Plus importantes encore furent les dépenses exigées pour la construction d’abattoirs modernes, qui ne coûtèrent pas moins de 8 millions. UZhorod a tenu également à créer, à grands frais, un véritable « foyer culturel » dans le passage Baté avec une Bibliothèque, une salle de lecture et... un cinéma municipal.