UNE ( ROME JUIVE
Mukaëevo — qui devait laisser de forts mauvais souvenirs dans la mémoire de nombreux détenus politiques — vit passer 8.396 prisonniers. Du moins cette institution ne nuit pas à l’accroissement de la population de Mukatevo qui s’élèvera de 8.602 habitants en 1869, à 9.644 en 1880, 10.531 en 1890, 13.640 en 1900, 16.518 en 1910, 20.794 en 1920 et 26.102 en 1930.
Il n’est donc pas exagéré de dire, avec le Dr Saë, que «le passé de cette ville témoigne d’une étonnante volonté de vivre. »!. Cette volonté de vivre, Mukaëevo l’a, en effet, témoignée jusqu’à la guerre : le front n’en était pas éloigné de plus de 30 kilomètres, et la ville a réussi pourtant à héberger et à entretenir un nombre considérable de troupes. Au lendemain de l’effondrement de la Double Monarchie et malgré des misères et des ruines inévitables, la municipalité, d’ailleurs vigoureusement épaulée par l’État tchécoslovaque, a su faire face aux difficultés de toute sorte et jeter les fondements d’une nouvelle politique urbaine. Elle a compris que la richesse de Mukaëevo, à l’avenir comme dans le passé, résidait dans son commerce, surtout dans ses commerçants les plus expérimentés et les plus audacieux de la République. Afin que la jeunesse puisse conserver les vieilles traditions commerciales et profiter des leçons du présent, elle a, en 1925, créé l’Académie commerciale la plus moderne peut-être qui ait été réalisée de-
puis la fondation de la République. Même effort dans l’urbanisme :
aux 44 rues d’autrefois sont venues s’ajouter 28 nouvelles artères.