LES INDUSTRIES DU BOIS
la Russie subcarpatique sont réputés pour leur lourdeur et la qualité de leurs bois. Aujourd’hui cette industrie est très affectée par la dépréciation des bois, et surtout par le manque absolu de débouchés dû à l'élévation des tarifs douaniers.
Outre cette usine, on peut mentionner la fabrique de meubles Blum à Mukaëevo, qui emploie une vingtaine d’ouvriers, et la fabrique de meubles de Chust qui en emploie 40 1
La proportion du bois ouvré et travaillé dans l’exportation est très faible. Ce sont surtout des planches et des madriers, des bois sciés qu'exporte la Russie subcarpatique. Des scieries à vapeur existent à Volovec (Scieries Grünberg, 25 ouvriers), à Paseka (40 ouvriers), à Osoj (40 ouvriers), à Tychyje (Scierie Szanto, 54 ouvriers), à Buëtino (Scierie Kraus, 80 ouvriers), à Berehovo (Scierie Kümel, 80 ouvriers), enfin dans les grandes scieries de Pereëin et d’Uïhorod (145 ouvriers).
En tout, 13 scieries utilisant la vapeur (sur 889 dans toute la République) ; 21 scieries utilisant l’énergie hydraulique (2.184 dans toute la République) ; 5 seulement sont électrifiées (sur 104 dans la République).
Du point de vue de l'installation technique, la Russie subcarpatique compte 12 machines simples, 96 circulaires, 12 machines à rubans, 12 raboteuses, 12 alternatives ; aucune productrice de la fibre de bois.
Certaines formes de l’industrie du bois sont propres à la région : fabriques d’allumettes Richard Freyer, à Ciñad’ovo (de 35 à 45 ouvriers); fabriques de cercueils très atteintes, elles aussi, depuis la guerre, par la fermeture du marché hongrois.
La grande usine Szolyoa à Svaljava possède également une scierie : on ignore le nombre exact des ouvriers qui y sont employés. Le personnel total de l’usine est de 660 ouvriers.
Industries de transformation du bois. — L'usine Szolyva, précédemment citée, s’occupe avant tout de la distillation du bois. Cette dualité des entreprises est très fréquente. L'industrie chimique s’est greffée sur les anciennes usines de travail du bois. Au début très réduite, limitée parfois comme à Ciñad’ovo, en 1892, à un simple laboratoire d’essais, elle s’est étonnamment développée au point de dépasser les anciennes industries et devenir — une année seulement, il est vrai — exportatrice. Le cas de la fabrique d’allumettes de Cinad’ovo est typique. Organisée depuis 1898, ce n’est qu'après la guerre qu’elle connaît un véritable essor. Toute l’usine
1 [1 y a 11 fabriques de meubles en Russie subcarpatique, à savoir : 5 à Uxhorod, 3 à Mukaëevo, 2 à Chust et 1 à Berehovo.
a été rééquipée avec des machines modernes. La crise actuelle a arrêté net ce progrès. Ce n’est que depuis un an qu’on a pu observer une reprise. La situation de cette industrie est d’ailleurs assez paradoxale : le marché intérieur ne pouvant absorber que 25 % de sa production et parfois moins, il arrive que les établissements Vulcan travaillent uniquement pour l’exportation !.
Les établissements Bantlin s'occupent exclusivement des dérivés du bois, acétone, alcool méthylique, charbon de bois. Ils se composent de deux usines, l’une à Pereëin, et l’autre à Turja Bistra, toutes les deux dans le joupanat d'Uzhorod. La fabrique Banitlin emploie près de 100.000 mÿ de bois de hêtre par an. Dans les années normales l’usine produit 600.000 kilogrammes d’esprit de bois (alcool méthylique pur, dérivés de l’acétone, près de 2.500.000 kilogrammes ; acétone pur 500.000 kilogrammes ; acétates 30.000 kilogrammes). 1.200 wagons emportent le charbon de bois vers l'Allemagne, l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Autriche ; le personnel s’élève à 500 ouvriers. Dans les exploitations forestières, annexées à l’usine, travaillent près de 1.000 personnes.
Si l’on ajoute finalement l’usine Klotilda à Boëkov avec ses 338 ouvriers, on peut constater que toutes les industries du bois n’employaient en 1925 que 1.988 ouvriers, dont 1.328 dans les industries dérivées du bois. L'importance de ces dernières est d'autant plus remarquable que le pays n’est qu’au début de son évolution industrielle.