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L’INDUSTRIE EXTRACTIVE

L'industrie extractive, très ancienne dans ce pays, a prospéré longtemps. Il ne semble pourtant pas que l’avenir lui ménage les mêmes possibilités d'extension qu’à l’industrie du bois. D’abord les réserves sont, sauf pour le sel, fort près d’être épuisées complètement. Bien des exploitations de mines de fer ont dû être peu à peu abandonnées. Leur souvenir ne se révèle plus aujourd’hui que dans la toponymie, ou survit, plus modestement encore dans certains villages où quelques artisans spécialisés s’occupent de chaudronnerie, de serrurerie ou de ferronnerie.

Par ordre d’importance, on peut classer les industries extractives de la Russie subcarpatique en plusieurs catégories :

a) les exploitations des gisements de sel de Slatinské Doly ;

b) l’industrie du fer ;

c) les exploitations de carrières.

1 Exportation d’allumettes dites suédoises et de boîtes d’allumettes.

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a) Gisements de sel de Slatinské Doly.— Ce sont les plus anciens de toute l’industrie extractive. Les mines Joseph, Adalbert et Nikolaus datent de 1789. La mine Kristinen date de 1778. La mise en exploitation de la mine Kunhuta date de 1789. Elle s’était poursuivie depuis sans interruption avec la méthode employée dans tous les gisements de sel de la région. Au début, on ne travaillait que dans une vaste fosse circulaire très basse creusée dans le sel même et soutenue par des étais de bois. Puis, l'extraction se poursuivant, et les diverses couches salines constituant le sol étant enlevées au fur et à mesure, la fosse s’enfonçait de plus en plus profondément, en même temps que s’étendait son diamètre. En 1795 elle atteignait 30 mètres 4. La fosse Kunhuta fut alors réunie à la fosse Nikolaus, et toutes deux ne formèrent plus qu’une immense voûte creusée dans des parois de sel. Le 22 février 1908, alors qu’elle atteignait la hauteur de 170 mètres, cette voûte, insuffisamment étayée ! et sans doute minée par les infiltrations de l’eau, s’écroulait. Aujourd’hui, il ne reste plus de l’ancienne mine Kunhuta qu’un gouffre gigantesque d’un diamètre de 70 mètres et d’une profondeur d’environ 40 mètres.

Deux mines sont toujours en exploitation ; la mine Franz et la mine Ludwig. La mine Franz est la moins ancienne et date de l’année 1808. L’extraction du sel s’est d’abord faite de la façon la plus primitive en se servant de la force motrice animale. Actuellement un moteur permet la remontée des blocs de sel. L'intérieur de la mine se compose d’une longue pièce centrale orientée du nord au sud, d’où se détachent une foule de petites galeries vers l’est et vers l’ouest. D’après des évaluations déjà anciennes, la mine pourrait être creusée, dans le sel, jusqu’à une profondeur de 114 mètres, les réserves permettant une production annuelle de 90.000 quintaux de sel pendant 100 ans. L’exploitation dure depuis déjà près de 115 années, la cadence de la production augmentant d’ailleurs remarquablement dans les dernières décades sans que le gisement paraisse à la veille d’être épuisé. A la mine Franz sont intégrés un moulin pour le sel, une scierie et une centrale électrique équipée de 3 moteurs Diesel de 60, 80 et 100 HP qui fournissent le courant nécessaire aux mines et à l’éclairage d’Akna Slatina.

La mine Ludwig... — L'ancienne mine Ludwig appelée maintenant « la vieille mine Ludwig » date de 1804 et mesure 69,3 mètres de profondeur. Sur ces 69,3 mètres, les couches de sel pur comptent 32,2 mètres. Ce n’est que très récemment que ces couches de sel

1 Dans les exploitations actuelles on ne se sert d’aucun étai, mais on donne aux parois de sel qui soutiennent la voûte une base évasée de plus en plus large au fur et à mesure que l’on creuse plus profondément.

ont commencé à être exploitées. Tant que les mines Nikolaus, Kunhuta et Franz étaient en activité, le gisement Alt Ludwig était gardé en réserve. En 1886, une mine nouvelle fut creusée, fournissant un sel à peu près pur, alors que le sel ancien était mélangé de terre. La profondeur de cette mine est de 86 mètres. Malheureusement, elle est très mal située. Un Decauville transporte les blocs de sel jusqu’à la case de l’élévateur. Le revêtement est en bois de chêne. L'équipement de la mine (extraction mécanique du sel à l’aide de foreuses électriques, élévateur, éclairage de la mine) a été rendu possible, grâce à une machine à vapeur (avec transformatrice) d’une puissance de 40 HP.

Transformation du sel. — Sous le régime hongrois et pendant la brève occupation de la Russie subcarpatique orientale par les Roumains, le sel brut était dirigé sur Camara La Sighet qui se chargeait de concentrer les chargements en provenance des diverses exploitations. À Camara La Sighet arrivaient également, sur une voie étroite, les wagons de sel de Rosnaszek et Akna Slatina. Les premiers « moulins à sel » destinés à préparer un sel pulvérisé ou concassé pour la réexportation datent de l’année 1905. Aujourd’hui les trains chargés de sel d’Akna Slatina se dirigent sur Olomouc où des usines modernes effectuent, en territoire tchécoslovaque, toutes les opérations nécessitées par la transformation du sel.

b) Industrie du fer. — De la plupart des innombrables petites forges jadis disséminées dans toute la plaine subcarpatique, il ne reste plus que des souvenirs. Quelques-unes, grâce à des ressources plus abondantes en minerai, ont pu résister à cette décadence :

1) À Fridesovo (Friedrichsdorf) il existe une usine métallurgique, la plus importante de toutes, qui occupe près de 100 ouvriers et fabrique des outils, et des machines agricoles ;

2) À Kobylecka Poljana, l’usine Bratman fabrique également des machines agricoles et occupe 80 ouvriers ;

3) À Dolhe une usine de 60 ouvriers est spécialisée dans la fabrication des outils mais ne travaille qu’irrégulièrement.

4) Enfin, dans la ville d'UZhorod, l’usine Kozäk, avec 40 ouvriers, produit du fer demi-ouvré, en barres et en billettes.

La caractéristique essentielle de toute cette catégorie d’industries est d’être en plein déclin, en raison des conditions naturelles (manque de minerai) ou économiques (coût élevé du transport du charbon) au moment même où la réorganisation politique et économique du pays et son outillage nécessitent l’acquisition de machines et d'instruments agricoles de toute nature. C’est précisément parce que l’industrie locale du fer ne peut suffire à une demande accrue (d’ailleurs artificielle, puisqu'elle ne provient pas d’une élévation

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du niveau de vie des habitants, mais de la « colonisation » et de la « reconstruction » tchécoslovaques) qu’elle est dépassée par toutes les industries métallurgiques des provinces occidentales, qui expédient toutes construites leurs machines vers la « Podkarpatska Rus ». En face des 1.988 ouvriers employés dans les industries du bois ne peuvent s’aligner que 290 ouvriers métallurgistes. L'avenir dira si cette décadence ira en se poursuivant ou si, grâce à un abaissement des barrières douanières, il pourra se constituer en Russie subcarpatique une industrie métallurgique à même de fournir le marché régional en l’affranchissant des hauts tarifs des chemins de fer tchécoslovaques. ;

c) Carrières. — Argile. Les fabriques de briques pour construction sont relativement peu atteintes par la crise actuelle. L’abondance des gisements argileux et surtout une demande sans cesse accrue donnent un nouvel essor à une industrie déjà vieille et profondément enracinée dans le pays. La plus grosse briqueterie de la Russie subcarpatique se trouve à Berehovo : elle emploie près de 300 ouvriers (briqueterie Kont). Aussitôt après vient, avec ses 224 ouvriers, la « Société de briqueterie de Berehovo », qui fabrique des briques et des tuiles. Enfin, dans la même ville, la briqueterie Winkler, de fondation plus récente, occupe en temps normal 75 ouvriers ; Berehovo est donc un grand centre de briqueterie, puisqu’elle possède les quatre cinquièmes des ouvriers briquetiers de toute la Russie subcarpatique. Cette supériorité s’explique par la situation de la ville à proximité d’abondants gisements argileux. L’essor des exploitations d’argile n’est d’ailleurs pas dû seulement au grand mouvement de construction qui a suivi la guerre. Le nom de briqueterie (cihelna) donné à ces exploitations doit être pris dans son sens le plus général ; l'argile y est travaillé non seulement pour la fabrication des briquettes mais pour la production d’argiles à modeler, de glaises permettant la confection d’ustensiles domestiques (assiettes, vases, etc...). C’est donc la demande d’une industrie rurale très prospère et très caractéristique des villages hongrois septentrionaux qui a longtemps favorisé l’extension et le développement des briqueteries. Celles-ci, situées généralement dans les villes, approvisionnaient en matière première toute une classe de potiers paysans. Il y a pourtant des briqueteries ailleurs qu’à Berehovo. La plus grande est celle d’'UZhorod (Uïhorodské cihelna) avec ses 100 ouvriers, spécialisée dans la production des tuiles. La briqueterie Sajovié, à Mukaëevo, avec une vingtaine d’ouvriers, est spécialisée dans les briques de construction.

Andésite et trachyte. — Dans le seul district d'UZhorod l’exploitation des carrières donne 600 à 900 mÿ de trachyte par an (entre-

Les villes de Russie. Je

prise Vojaëek à UZ%horod). Quatre carrières d’andésite rapportent par an près de 850 mÿ de matériaux pour le pavage et la construction (carrières de Nevicke, de Jarok, 500 mÿ ; de Ciganovce, 120 m° ; de Domanince, 150 m°).

Dans le district de Seredné les exploitations Lom s’occupent spécialement de l'extraction du trachyte à Chludovo, à Vys-Slatina (800 m° par an), à Seredné (500 m°), à Chlumec et à Antalovee. Des carrières d’andésite sont ouvertes à Kobiläry (150 m° par an), Velky Gajdoë (120 mÿ), Lince (Unggesztenyes) et Andrasovce (400 m°).

Granit. — De belles carrières de granit noir sont exploitées près d'Uÿhorod. La pierre est taillée dans l’usine et transformée en matériaux de construction, puis exportée par une voie ferrée spéciale. Des ateliers détachés s’occupent du polissage. Les blocs qui sortent de l’usine sont destinés à plusieurs utilisations : construction de maisons, pavage des routes (3/5 de la production), établissement de ces digues latérales en pierre pittoresquement surnommées « chemins de l’eau », le long des deux rives des cours d’eau les plus irréguliers (Tisa supérieure) dans les secteurs les plus dangereux (1/5 de la production).

La production annuelle de la Granit, Stein und Bauindustrie À. G., d’après les chiffres récents, est évaluée à 400 m° de pierre taillée et polie, à 50.000 m° de pierraille et de cailloutis et à 30.000 m° de pierre dite de construction. Tous les ateliers réunis employaient en 1922, 200 ouvriers, en 1928, 250 ouvriers.

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