‹ Les Villes de la Russie SubcarpatiqueChapitre 50 sur 65 · AVENIR DE L'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE · texte numérisé non relu

AVENIR DE L'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE

Telle est la situation de la « grande industrie » en Russie subcarpatique. Il n’apparaît point qu’elle puisse dépasser considérablement le stade auquel elle est parvenue en dix ans si elle ne trouve pas, dans l’élargissement d’un marché intérieur aujourd’hui encore infime et dans l’abaissement des tarifs douaniers et du coût des transports par voie ferrée, des motifs d’accroissement. Déjà, dans certains secteurs (bois, distillerie), la surproduction se fait sentir cruellement. Par ailleurs l’essor de la dernière décade est quelque peu artificiel. La création de nouvelles routes, la construction de quartiers entiers dans les villes, la fondation de colonies nouvelles dans les campagnes se sont effectuées grâce à des capitaux tchécoslovaques. L'équipement d’une province où presque tout est encore à faire est une charge terrible pour l’État. Les difficultés d’une telle entreprise rappellent les problèmes qui se sont posés au cours du siècle

1 Ajoutons que l’industrie alimentaire, assez peu développée, est presque entièrement localisée à Uxhorod. Signalons seulement une usine de margarine fondée en 1931 et employant, suivant la saison, de 20 à 40 ouvriers. Cette margarine, destinée à la consommation du Territoire, est aussi exportée en Slovaquie et même en Roumanie,

dernier, lors de la colonisation de certains territoires américains de l’ouest. Mais on ne trouve pas ici le bel équilibre entre l’élévation du niveau de la vie, l’accroissement de la demande et l’intensification de la production, ni les possibilités, en apparence illimitées, qui s’offrent à ces sociétés jeunes et établies sur un sol vierge. Le peuplement de la Russie subcarpatique, très ancien, très divers, peu évolutif, se prêterait mal à une « américanisation ». L'économie industrielle a toujours été un peu artificielle. Les quelques usines qui existent sont dirigées par des étrangers, des Allemands ou des Juifs. Peut-être, comme on l'espère (Fr. Kotek) la réalisation du plan d'équipement hydro-électrique, qui donnera plus de 80 millions de kw. heure par an, permettra-t-il la naissance d'industries différentes de celles qui existent déjà : industrie du sucre ou industrie textile. Cette dernière semblerait mieux adaptée aux goûts naturels de la population ruthène pour le travail des tissus.

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