LES VILLES DÉBOUCHÉS DES INDUSTRIES VILLAGEOISES
Le Ruthène, surtout celui de la Verchovina, construit lui-même sa maison, son église, taille et coud ses vêtements. Sans toucher à la question — si importante ici — des arts populaires (costumes, sculptures sur bois, etc.) 1l est nécessaire pourtant d’envisager certaines formes de l’activité villageoise en Russie subcarpatique. La République, qui possède dans ses provinces occidentales les centres industriels les plus évolués, conserve. à 800 kilomètres de Prague les derniers vestiges d’une économie paysanne primitive.
a) Caractéristiques des industries villageoises. — 1) Toutes ces industries sont absolument dispersées ; chacun fabrique lui-même ce dont il a besoin. Le débouché est très restreint. Pourtant la famille n’est pas un vase clos à l’intérieur duquel s’effectuent les échanges. Dans le dernier quart du siècle précédent, le colportage était florissant ; des tsiganes chaudronniers ou quincailliers allaient de village en village. Aujourd’hui la proportion de tsiganes nomades par rapport aux tsiganes sédentaires est très faible; la plupart d’entre eux, malgré tout, ont conservé leurs anciens métiers.
2) Les diverses industries paysannes — travail du cuir, tissage, poterie — sont mêlées les unes aux autres. Il n’y a pas lieu de parler d’une localisation de chacune d’elles : dans une même famille les femmes s’occupent des broderies et de la confection des vêtements, les hommes du travail du cuir.
3) La technique, héritage d’une longue tradition, est arrivée à