‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 43 sur 64 · SUR LE VENT CIRCIUS · texte numérisé non relu

SUR LE VENT CIRCIUS

!• Circius (Cercius) , Cers, serait, d'après Freund, dérivé de circus à cause de son mouvement tournant; mais il est plus probable que c'est le vieux mot celtique cers, qui est encore un usage dans le pays, pour désigner le vent violent du Nord et Nord-Ouest, analogue au mistral de la Provence. Ce vent de Cers souffle quelquefois avec une telle violence sur les étangs de Sigean, de Bages et de Gruissan qu'il est arrivé, à plusieurs reprises, que les voitures des trains du railway de Narbonne à Perpignan ont été brusquement renversées et jetées hors de la voie dans les étangs.

2» « O, me disait un petit enflé, qui pourrait avoir » une vessie de ce bon vent de Languegoth que l'on » nomme Cierce! Le noble Scurron, médicin, pas- » sant ung jour par ce pays, nous comptait qu'il est » si fort qu'il renverse les charettes chargées. » (Rabelais. Pantagruel, liv. IV, ch. xliii.)

3® Sénèque, sans parler de la direction du Circius, se contente de remarquer « qu'il souffle dans la » Gaule Narbonnaise avec tant de violence, qu'il y » ébranle les maisons ; mais cependant que les gens » du pays, loin de s'en plaindre, croient lui devoir la » salubrité de leur climat. » Après quoi il assure que « l'empereur Auguste, lorsqu'il était dans les » Gaules , voua et bâtit un temple à ce vent. Infestât » Galliam Circius, cui cedificia quassanti tamen » incolœ gratiam agunt, tanquam salubritatem cœli » sui debeant ei. Divus certe Augustus templum » illi, cum in Gallia moraretur, et vovit et fecit, » {AsTRuc, Mém. pour Vhist, nat, de Languedoc Des vents particuliers,^

SUR LE VOLCAN ET l'iLE d'aGDE.

lo Tout ce rocher, sur lequel ce fort (Brescou ou Blascon) est bâti, est de pierre noire, dense, fine par rapport au grain et ferrugineuse à la superficie. La suite de nos observations vous conduira bien à convenir que cette pierre est de lave refroidie, tout comme celle sur laquelle mon moulin est construit, et pareille à celle dont nous avons remarqué des amas considérables dans des terrains qui jadis étaient creux. Cette remarque, et la conséquence nécessaire qui l'attribue au volcan , d'autant qu'on remarque encore aujourd'hui une pente qui conduirait tout fluide de la bouche du volcan à ce dépôt, m'a engagé à chercher dans l'hébreu, dialecte du phénicien, si je n'y trouverais pas quelque trace du nom de Blascon, qui est l'ancien nom de ce rocher, soit dans Ptolémée, Strabon, etc.... J'y trouve le mot balag qui signifie absorbere, vorare, déglutir e-, je trouve ensuite que la racine balag fournit le substantif dérivé balagon, qui signifie glutitor, vorator, absorptor. Vous conviendrez que le changement du kametz ou patach en schewa est fort ordinaire dans cette langue, surtout au participe des verbes. J'aurais donc aisément belangori; mais, si vous voulez entrevoir ensuite le changement qu'un mot essuie nécessairement en passant d'un dialecte dans un autre, il me semble aussi que j'aurais fort aisément belasgon, et par corruption du phénicien par les Grecs blascon, c'est-à-dire engloutisseur , avaleur de la lave, ou pour parler dans notre style, dépôt de la lave, absprbant de la lave... (Extrait de la Correspondance inédite de Charles- François -Siméon Vermandois db

Saint-Simon Rouvroy Sandricourt, dernier évêque d'Agde. Lettre du 23 mars 1769 à M. J.-Fr. Séguier, de racadémie des Inscriptions et Belles-Lettres. Manuscrit de la bibliothèque de Nimes, n*> i38i6.) 2» Dans l'ouvrage de Ptolémée, il y a : Nîjaot «è

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Des îles sont subjàcentes à la Narbonnaise Agde le long de la ville de ce nom ; sur lequel passage Dom Boucquet, dans le premier volume de son Recueil des historiens de la France , a noté : ' Cum nul la insula urbi Agathœ adjaceat, prœter Blasconem, Valesius suspîcatur Ptolemœum duàs de. una insula fecisse, nominibus duobus deceptum, Cel tico altero quod Blasco sit, et altero Agathœ imposito a Massiliensibus, Tum Blasco vulgo Brescon, ut idem Valesius tradit, continenti adjuncta est, injecta mari mole, et Agathensibus est pro portu.

L'auteur a ignoré, ainsi que MM. de Valois, Astruc et autres, qu'autrefois un bras de la rivière d'Eraut passait au-dessus de la ville d'Agde et par le Bagnas, *d'où il allait se jeter dans la mer. On voit, dans les archives de Tévêché d'Agde, que l'évêque Thedesius, au commencement du treizième siècle, le fit couper, lorsqu'il construisit son fameux moulin sur l'Eraut. On voit encore les vestiges de l'ancien lit et de l'ancien rivage sur les lieux. Ils sont tels qu'on ne peut s'y méprendre. Si donc on veut concevoir que les deux bras de la rivière aboutissaient chacun à la mer jusqu'au treizième siècle, on reconnaîtra sans peine qu'il y avait une île appelée l'île d'Agde, dans laquelle la ville d'Agde était bâtie. Mal à propos veut-on croire que Ptolémée se soit trompé, ou bien que l'île dont il parle est Brescon. Astruc croit que c'est Montpellier. (Note manuscrite extraite des papiers de J.-Fr. Séguier. Biblioth. de Nimes, non catalogués.)

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