‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 44 sur 64 · ÉDIT DE LOUIS XIII ORDONNANT LA DÉMOLITION DU FORT BRESCOÛ · texte numérisé non relu

ÉDIT DE LOUIS XIII ORDONNANT LA DÉMOLITION DU FORT BRESCOÛ

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à nos chers et bien-aimés les sieurs abbé de Beauveau et Dubruil, capitaine d'une compagnie au régiment de Navarre , salut :

Le ifort de Brescon, qui estoit n'a guères occupé par aulcungs de nos subjects rebelles, ayant esté remis soultz nostre obéissance, nous avons résolu de le faire raser et desmolir, afin que y après les factieux ne se puissent prévaloir de cette place au préjudice de nostre service, du repos et tranquillité de nos subjects, et estant nécessaire de commettre le soing de la dicte desmolition à quelques personnes dont la fidélité et affection nous soict cognue, nous avons estimé ne pouvoir faire meilheur choix que de vous. Acestes causes, vous avons commis et ordonné, commettons et ordonnons par ces présentes signées de nostre main, pour faire procéder incessamment et sans intermission au rasement et desmolition entière dudict fort de Brescon, sans y rien réserver; voulant à ceste fin que la dicte desmolition soict bailhée à prix faict et aux moingdisans, et que la somme qu'il y conviendra employer soict fournie par les habitans de la ville d'Agde, à quoi faire ils seroient constraints par toutes voyes deubves et raisonnables, comme pour nos propres affaires; laquelle somme néanmoings nous voulons être rejectée et regallée sur tous nos subjects contribuables du dict diocèse, et employée au remboursement des dicts habitans

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qui ea aoroat fait Fsvance. Et pour le regard des pierres provenant de la dicte desmolîtioa^ vous les ferez jeter dans la mer, affin qu'on ne s'en paisse servir cy-après pour le rétablissement du dîct fort. De ce aire vous donnons pouvoir, commisson et mandement espécial par ces présentes. Mandcms à tous nos ofHders et subjects qu'à tous ce Êûsant soict obéy, car tel est notre bon plaisir.

Donné à Montpellier, ce premier jour d'octobre. Tan de grâce mil six cent trente-deux, et de nostre règne le ving-troisième.

Signé : LOUIS

Et plus bas :

Par le Roy, Phelippeaux.

Et scellé du grand sceau en dre jaune.

DE l'hospitalité A MAGUELONE.

Le lecteur, désireux de connaître tous les détails de la vie du monastère, consultera avec intérêt les documents originaux, jusqu'alors inédits, que M. A Germain a recueillis dans sa savante étude historique et archéologique : Maguelone sous ses évêques et ses chanoines. Nous ne pouvons cependant résister au plaisir de citer quelques-unes de ces dispositions vraiment patriarcales. Il est impossible, en les lisant, de méconnaître Tesprit de charité qui animait les chanoines de Maguelone, et de ne pas déclarer que, malgré leurs erreurs et leurs fautes, ils ont pendant plusieurs siècles, bien mérité de l'humanité :

« Le prévôt donnera le pain et le vin aux lépreux » qui viendront dans l'île. Ils recevront, de deux en » deux, un des grands pains de la communauté et » une mesure de vin. Le lépreux qui se présentera » sans compagnon aura droit à la moitié de cet ordi- » naire. Les lépreux ainsi traités ne doivent pas, » toutefois, revenir pour une nouvelle aumône » avant l'expiration d'un intervalle de huit jours. Le >• prévôt aura soin d'avoir à Maguelone un bon ser- » viteur frère, donat, clerc ou autre, pour le service » de quiconque y jouira de l'hospitalité. Il sera dis- » cret, doux, accueillant et modeste. Sachant discer- » ner les personnes , et s'accommoder à leur condi- » tion ou à leurs exigences, s'attachant à paraître » affectueux et dévoué, affable de visage et de paro- » les, de manière à séduire doublement les hôtes par > sa politesse et sa charité, pour que nos visiteurs

» n'aient qu'à se louer de la réception que leur » auront faite les serviteurs de Dieu, et puissent »• rendre de nous un témoignage dont notre répu- » tation n'ait qu'à s'applaudir. Car nous devons nous » efforcer de mériter, selon le mot de l'Apôtre, les >» suffrage de ceux, du dehors. Ayons plus de dou- » ceur et de prévoyance à l'égard des pèlerins , que » pour nos propres parents mêmes et nos amis. Ce » sont eux, en effet, particulièrement qui représen- » tent pour nous Jésus-Christ. C'est en vue d'eux » qu'il a été dit : « J'ai été étranger et vous m'avez » donné l'hospitalité. » Le serviteur mis à leur dis- » position sera de bonne renommée et d'irrépro- » chable compagnie. Il tiendra les clefs de la salle » des hôtes et les introduira convenablement, d'où » qu'ils viennent, en vertu de sa charge, ainsi que » tous ceux que lui recommanderont, soit le cellerier, » soit les chanoines.

» Il aura toujours suffisante quantité de pain et de » vin, la nuit surtout, afin que les chanoines ou » leurs parents et amis et autres bonnes gens arri- » vant la nuit, puissent trouver à l'hôtellerie le « nécessaire. L'hôtelier tiendra constamment à leur » service du beau sel blanc et des chandeliers conve- » nables; et il aura aussi une réserve de pain et de » vin, à l'usage des domestiques de la maison; il » couchera à l'hôtellerie même, avec un employé de » la cuisine, pour que les arrivants soient toujours >» sûrs de pouvoir être introduits. Il aura provision » de nappes, d'essuie-mains, d'assiettes, de verres, >» de bouteilles, etc. Il fera la lessive du linge de ») table et des draps ou couvertures de lit, excepté )» toutefois de ce qui appartient à l'aumônerie. Il )' entretiendra aussi le lavoir aux frais du prévôt. A » l'heure du dîner et du souper, il sortira jusqu'à la » porte et s'il rencontre quelqu'un, l'invitera à venir

» se mettre à table. Le prévôt pourvoira à toutes ses » dépenses.

» Le prévôt se fera également représenter par un » clerc camérier, honnête et discret, pour garnir » les lits, et les tenir à la disposition des arrivants. » Ce camérier veillera aussi à l'arrangement et à la » propreté des chambres, afin qu'on s'y trouve bien » hébergé. Il donnera aux pauvres clercs le pain et » le vin, et les assistera pendant leurs repas. Il leur » distribuera assez de pain et de vin, pour qu'il leur » en reste à leur sortie de table. » (Extrait des statuts de 1 33 1 . — De preposito.)

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