Louvre, A. 16. Voir dans Rosellini la série des Rois
Hol égyptien (S«Yekhatep 111)-
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de la tête, Texpression de sérénité douce et majestueuse qui se dégage des moindres détails de la pose et de la figure royale; le fini de Texécution, en particulier dans les jointures des genoux, font de cette statue un des plus beaux modèles de Tart égyptien. Ce sont là des qualités qui ajoutent un prix inestimable à une œuvre que sa haute antiquité suffirait seule à illustrer.
Dans toutes les parties de Tarchitecture une ère d*apogée se manifeste. C*est le moment où les premières colonnes remplacent les lourds massifs des âges précédents[; elles sont fortes, cannelées et couronnées d'un simple dé. La sculpture adopte des formes plus allongées et plus grêles. Les bas-reliefs fouillés avec beaucoup de soin et de finesse atteignent parfois, par un heureux rendu des détails, une expression naturelle et vraie, quoique la perspective soit tout à fait négligée. Ils sont toujours soigneusement peints. Les statues de pierre calcaire sont peintes des pieds à la tête ; quant aux statues de granit, les yeux et les cheveux seuls sont coloriés*.
Malheureusement pour Thébes, les dynasties suivantes Tabandonnèrent presque complètement et reportèrent leurs efforts vers les villes du Délia. D*ailleurs une ère de misère allait peser sur TËgypte tout entière. Les gens du désert, les pasteurs (peut-être les Arabes et les Hébreux), envahirent le pays, détruisirent les temples, renversèrent les statues sacrées, interdirent le culte des dieux indigènes.
Il semble bien, à la vérité, que Thébes ne fut pas touchée par eux*. C'est là que se réfugièrent les restes de l'indépendance nationale ; c'est de là que partit le mouvement de résistance, qui, peu à peu, après une lutte bien des fois reprise et bien des fois abandonnée, finit par chasser les étrangers; mais pendant plus de
i. De Rougé dans Brucsgb, Hist. (T Egypte ^ p. 69. 2. Mariette, Karnak,
ôfin sjt-rit^, if^ emlifliwsflTTicnt*' Of* Tille? et les grandes
Lf iiremier oiîs^ ruif coDqufTanls, Aiimès I", reprit \b tmojtJOE aiicitmiH*^ Tflitar* les tfsmj'les des Dieux et rou^riî s(ijt»iiiifi:jf>nit*iil ifs« carrières. Ses successeurs siijvireiji ftt**- trtK'ses €L tandi<« que les bataillons êgypîjeii> *- fJiraniun: linirofiineifl wninDencaient la période des roDcruvit* f^ a.iaitîul jiorîer la leireiir jusqu*aux tr^dnDfîTes àt Ib Syne aune pari, jusqu'à celles de la Xi.l»jf Qir 1 autrf, !I'ljel»tîS, eriLn, sfoj* les rois de la dixbii.LK»ritf- ei Of la Cii-iMuvjeiDf d}Tia>lie, atteignait le j»:us bî-uî dfvCTt 0* sa si')ej)àf*ur, ll*es4 Ik frande époque ces ATrieDf»:»î.i>. des Lainses le Stsct?tris des Grecs) et des St'U- ûf sctnl ces j»r:DC«s qm fiirent les Tèfitables cf»iifi!'Uf*.lfiirs àt Tljèl»e«.. C est a leur ept^ue qu'il faut se i»if»rfT j»i»4;r û.mDti df cetle ville un tableau qui rejiTiOuira, en qutlcfje Si»rî.e, la CTande in:! pression que dut itiiH^ SUT les ^is:lt»urs eîranirersw Tasfvect de la puis-
l^aiit d'entrer di.n> ceîte description, donnons en racc^miy-i le rerit dt»> onqurtes des princes de la dixhuitjème et de la dix-neuvieme dynastie, La puissance de leur d>n::nsî<v»n sers en queîque sorte la mesure de la splendtur de Kur ca; il^îe.
Les pren::ers r«>is dt- ia dix huitième dynastie, Thout* mes 1*^, T!ii»uîmt's H et sa femme et sa sœur Hatasou, qui diriçea les affaires sous son rèsne, avaient ouvert à la do»maiaîio»n èr>rîii-nne les frvntit^res de la Svrie et de l'Arabie. Sans ttsblir une domination durable leurs ineursioas avaient jeté au loin la terreur du nom égyptien et préparé les trioirphes de leurs successeurs. Le oremier en date et l'un des plus reiioutables par son habiletê politique et sa vailLince fut Thoutniès 111. C est lui qui i-êprima dans une rapide campagne la révolte des nouveaux sujets de l'ÊiTYpte.
Nous avons le récit de la bataille dans laquelle, par une babile manœuvre déconseillée par ses officiers, il
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mit en fuite sans effusion de sang la formidable armée des Syriens révoltés; c*est de lui dont il est dit dans les stèles de Thèbes : a Je suis venu, lui dit le dieu" Ammon; je t^accorde d'écraser les princes de Frahi; je les jette sous tes pieds ^ à travers leurs contrées; je leur fais voir ta majesté telle qu'un seigneur de lumière, lorsque tu brilles sur leur tète comme mon image. — Je suis venu, je t'accorde d'écraser les barbares d'Asie, d'emmener en captivité les chefs des tribus des Rou* tennou ; je leur fais voir ta majesté couverte de ta pa* rure de guerre, quand tu saisis tes armes, sur le char. — Je suis venu, je t'accorde d'écraser la terre d'Orient. Kewa et Asi sont sous la terreur; je leur fais voir la majestér comme un taureau jeune, ferme de cœur, muni de ses cornes, auquel on n'a pu résister. — Je suis venu, je t'accorde d'écraser les peuples qui résident dans les îles; ceux qui vivent au sein de la mer sont sous ton rugissement; je leur fais voir ta majesté comme l'hippopotame seigneur de Tépouvante sur les eaux, et qu*on
n'a pu approcher (et après une longue énumération
qui se poursuit ainsi ; le poète termine son ode en ces termes flatteurs pour la famille royale tout entière : ) « Je suis venu; je t'accorde d'écraser les barbares do Nubie; jusqu'au peuple de Pat, tout est dans ta main; je leur fais voir ta Usajestè semblable à tes deux frères dont j'ai réuni les bras pour assurer ta puissance*. »
Après la mort de ce grand roi qui ne régna pas moins de cinquante-quatre ans, ses quatre successeurs immédiats maintinrent l'Egypte au degré de gloire où il l'avait élevée. Us poussèrent même leurs conquêtes
1. U y a une allusion fréquente à cette formule de victoire dans les statues représentant les rois d'Egypte. Les peuples qu'ils ont iraincus sont décrits et représentés généralement sur le socle de la statue qui les supporte. V. entre autres les pieds colossaux du roi Âménophis III, au musée du Louvre. A. 18. C'est exactement l'expression de la Bible : « Que tes ennemis soient Tèscabeau de tes pieds ».