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Berose

NIMYE: et BABYLONE 1U5

arrivé du temps du roi Xisauthros. Celui-ci, comme Noé dans le récit biblique, fut averti par Dieu, construisit une arche, flotta sur les eaux déchaînées. Après avoir, comme le patriarche dont il est le type, lâché la colombe et le corbeau, il aborda enfin aux monts d'Arménie, et fut la source de la nouvelle race des hommes.

Cette race, race de géants, construisit Babel. C*est la Bible qui nous apprend ensuite Thistoire de ses anciens rois : « Au nord, régna Nimrod qui commença à être puissant sur la terre, il fut un puissant chasseur devant 1 Éternel; c*est pourquoi Ton dit jusqu'à ce jour : Comme Nimrod le puissant chasseur devant TËternel. Et le commencement de son règne fut Bubel, Erekh- Accad, et Calnéh au pays de Sennaar. »

Ce que l'on a pu démêler de plus clair parmi tant de renseignements incomplets ou contradictoires, en s'aidant des plus anciens documents fournis par les monuments archéologiques et ethnographiques nT)uvellement rassemblés, c est que des peuples descendus du nord de la Chaldée et de race Touranienne, se mêlèrent eu Mésopotamie avec des peuples venant du sud, où ils étaient depuis longtemps établis, et nommés Koushites.

Entre les deux fleuves, le Tigie et TEuphrate qui, par le sud et par le nord avaient servi de chemin à ces deux occupations diverses, une contrée basse, fertile, humide, facile à arroser, facile à cultiver, facile à défendi*e; une terre portant naturellement le froment et les arbres fruitiers, en particulier l'utile palmier ; une situation avantageuse, centrale, non loin de la mer et non loin de la montagne, arrêta de bonne heure l'humeur vagabonde de nos antiques aïeux.

Autour d'un premier noyau établi au point même où les deux fleuves rapprochent le plus leurs eaux dans leur cours moyen, se rangèrent successivement, alliés ou soumis, des peuples de races diverses. Au milieu de toutes ces hordes, incessamment menacées par les atta-

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ques des peuples étrangers qui voulaient ou le passage ou la place elle-même; au-dessus de tribus d*origines diverses et toujours portées à la révolte et aux luttes intestines, les nécessités de l'existence, non moins que la nature d*esprit particulière aux peuples de TÂsie, établirent vite le pouvoir monarchique.

Le monarque fut comme la clef de voûte de tout le système, le grand défenseur, le grand protecteur, le représentant de la Divinité, une sorte de Dieu lui-même. H se trouva, par la nature même de son pouvoir, forcé de couvrir de mystère et d*envelopper dans un secret hautain et redoutable, une puissance que, dans rintérêt du salut public, il fallait immense. Tout le troupeau des peuples, pouvait vivre en paix, s'appliquer à la culture, aux arts, sous la protection sombre du roi enfermé dans son palais, au milieu de ses eunuques guerriers, de ses prêtres magiciens et de ses astronomes, qui, veillant sans cesse au sommet des obsei*vatoires septicolores, lisaient dans les astres la volonté des dieux.

Si quelque bruit d'armes se faisait entendre aux frontières ou dans les provinces, le roi sortait de son repaire. Il se mettait lui-même à la tête de ses soldats. 11 marchait avec eux, soit à pied, soit à cheval, au milieu des contrées les plus âpres et des dangers les plus redoutables ; il commandait la bataille, sa vaillance décidait souvent de la victoire, et sa cruauté présidait au massacre. Puis ayant assuré le salut de l'empire, il revenait, précédé et suivi de longues (lies de prisonniers : captifs que l'on emploiera dans les grandes constructions d'irrigation* ou de canalisation, femmes en pleurs traînant leurs enfants après elles, animaux domestiques et animaux sauvages, jusqu'aux dieux du peuple vaincu, que le dieu vainqueur, le Nabucliodonosor,

1. Y. les détails donnés par M. Layard sur le barrage du Tigre a cascade haute de vingt-six pieds » , et que sa tradition attribue^ Ncmrod.

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emportait dans sa victoire et étalait dans son triomphe.

 de tels empires, il fallait des capitales taillées sur leur modèle. Ce n'étaient pas ces villes pharaoniques, ouvertes à tout venant, couvertes de temples et d'obélisques entourées de tombeaux, habitées par des prêtres et des cultivateurs» villes de paix, de travail et de prière. Il fallait des villes militaires.

Il fallait qu'entourées d'un bon mur, ceintes d'un fossé large et profond, baignées par les eaux du fleuve, elles pussent quand les hasainls de la guerre amenaient l'ennemi devant elles, recevoir dans leur sein une popu* lation immenses ^^ protéger, la nourrir, et attendre que la longue résistance lassât l'ennemi, ou que la for* tune des combats délivrât de son étreinte.

Il fallait autre chose encore. Car si le roi faisait beaucoup pour le peuple, il convenait que le peuple fit pour le roi plus encore. Du milieu des maisons construites en terre séchée au soleil, et couvertes de paillassons, bonnes assez pour la populace, s'élevaient de place en place, formant de véritables quartiers, et comme des villes dans la ville, les palais des rois.

Le plus souvent même, comme si le monarque eût eu quelque déflance de ses sujets et qu'il eût voulu conserver une porte ouverte sur la campagne, le monument était à cheval sur la muraille extérieure, un côté pénétrant dans la ville, l'autre s'étendant sur la plaine. Le tout était surélevé surmne énorme colline artilicielle faite de main d'homme et dont la seule construction avait coûté bien des sueurs. On ne pouvait parvenir à la plate-forme supérieure que par un chemin construit en pente, où chars et cavaliers pouvaient marcher de

1 . N inivCt selon Clésias , était entoarée d'un mur en forme de quadrilatère allongé comprenant 480 stades de long, c est-à-dire environ 60 milles. Jonas(lII,3) indique qa*il fallait troi^ journées de marche pour la parcourir. Sur Timmensilé de ces villes, et sur les champs cultivables qu'elles contenaient, voir encore Diod. Sic. II, m; Slrab,, t. XVI, p. 757 et suivantes.

lis us VlUX> RETKOCfEE:»

front, mais qu'il était facile de fermer ea un clin d*œil et de rendre inaccessible. Sor le pialeaa s*élendait le palais du Roi, salles du trône, sérails, harem, écuries et dépendances de toutes sortes. Lue seule et même entrée donnait accès dans ce dédale de cours et de chambres au fond duquel se cachait la majesté royale.

Chaque prince puissant ou victorieux construisait ainsi sur un plan uniforme le palais qui devait conserver son nom et sa mémoire, et dont les murs couverts de bas-reliefs racontaient ses exploits. Tout dans Tédifice, depuis la moindre brique jusqu'aux statues colossales des taureaux à létes d*hoinme, veillant aux portes, tout élait consacré à la seule louange du constructeur et à ses sanglants travaui. Guerres et chasses étaient toute sa vie et faisaient toule son histoire. Les dieux eux-mêmes, négligés ici, ne formaient en quelque sorte que Taccessoire, et leur présence ne servait qu*à ajouter un nouveau relief à la gloire de celui qui les représentait sur la terre.

Dans ces villes si avantageusement situées, tout Teffort des intelligences et des bras s*appliquant à satisfaii*e les moindres dcsii^s, les fantaisies et les caprices du despote» des progrès importants se manifestèrent rapidement par tout le domaine des arts et du luxe. Les artistes indigènes s'attachèrent en particulier à représenter fidèlement les diverses actions et les exploits des armées royales. Dans cet elTort, ils parvinrent à se dépouiller rapidement de la naïveté primitive, et surtout de la convention archaïque, qui — par une loi des plus curieuses de rinlelligence humaine — se trouve toujours au début du développement artistique d*une nation.

Les bras ne manquaient pas : le peuple en fournissait un grand nombre, que les captifs faits dans chaque campagne augmentait régulièrement. Ces caplits euxmêmes instruisaient rAssyrie dans les arts et lespra* tiques inventés par eux; et ce pays profilait ainsi du labeur des conlrées voisines.

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Ces diverses causes expliquent la rapidité, la variété et la perfection relative des résultats obtenus par les peuples de la Chaldée.

Ils furent bientôt à leur tour les agents de la civilisation et les instructeurs du monde. Dans leurs conquêtes ils répandaient ces arts que leurs conquêtes avaient rassemblés chez eux. Les riverains de la mer Occidentale (Méditerranée), comme les peuples de TEst et du Nord (Hèdes et Perses), s'instruisirent à leur école. Jusqu'en Syrie, jusqu'en Asie Mineure, jusqu'en Europe pénétrèrent leur influence et leurs modèles. Si nous en croyons M. Layard, c'est aux ornements assyriens que les anciens Grecs empruntèrent les types de leurs plus charmants motifs d'architecture. L'influence de la magie chaldéenne sur la mythologie des Hellènes est aujourd'hui hors de doute. Il sufût de voir, au musée du Louvre, rilercule dompteur de lions et écrascur de serpents, le Jupiter à ailes d'aigle, pour être persuadé de l'analogie.

Dans une autre région et chez un autre peuple, l'influence assyrienne ne fut pas moins considérable. Dix fois les puissants monarques de l'Asie Centrale mirent le pied en passant sur la nation toujours rebelle des Juifs du Jourdain ; dix fois ils prirent leur ville, la rasèrent. Ils les entraînèrent captifs sur les rives de l'Euphrate. Ils les écrasèrent d'énormes travaux et de charges onéreuses. Toujours le peuple tenace survécut à de si nombreuses mines.

Mais l'influence du vainqueur se grava bien profon dément dans les mœurs et les œuvres du vaincu. N'estce pas sur l'arbre mystique des Ninivites que fut calqué le chandelier à sept branches ? Le trône de Salomon, ce « grand trône d'ivoire, orné d'or, dont les bras étaient deux lions », u'a-t-il pas bien du rapport avec ces beaux trônes retrouvés par M. Layard dans les fouilles de Ninive? Les veaux d'or tant adorés par le peuple, tant haïs des prophètes hébreux, qu'était-ce autre chose que les taureaux chaldéens symboles de la force divine par

10» LiJs VILLfiSy BKTHOUVfifiS

excellcsice; et le temple refatt.de ^ruBsû^ ms 4en~i4l p» se ressentir de l êtade qœ le» arciûtectÉ» hrife avaient pu taire, sur les^keux, de* somptœax poIai^S bordaient les nvvs du Tigre et de l'Ei^hr^ie**^^^

Aussi, les lilteratures .gract{ue et hèfaraimi^ témoins lie ces mcuntestabies ressemblanees,. » iniiéiérwif d bonne heure de l'histoire anciemue et fies -airmii • sentes de cet liné de tous les peuples. fler,Hio«e écES «ne histoire de l Assyne. mailuHimseaieBft newû^ ^„

jauni huL La Bible est en ^pielqne mte bo«inêe d'aHu aoim à ces redoutabies toîsîii» des Bébmx Cl ' " qui habita à bi cour des roîs perses^ êcrÎTit sur tan*' prédécesseurs ou livre dont il ne boib rc^e qoe d^ Iragmeits. Bérose. Abidéne. Mégasthènp Alœmd Polyhistor, Diodore de Sicile, Straboo, Iravillèroii s^ le même sujet. '^

Halheureasement, les renseigneonirs qw devaient contenir tant d'ouvrages importants u avakm pas sur ¥écu à ce grand naufrage du moyeu âge, dans leaueî ont sombré tant de précieux restes de r«iUquité C'est à peine « quelques fragments vagues et décolorés pouvaient faire apprécier 1 étendue de la perte. Dês^tre plus déplorable encore l Depuis koogtemps les moindres traces matérielles de Texistence de ces anciens onpires avaient compiétement disparu.

Des capitales les plus considérables et les pins renommées, U ne restait même pas des mines. Les paUents érudits qui rassemblaient péniblement ee que les écrivains grecs et latins nous disaient de la Chaldée dissertaient stérilement sur le site de Babvlone, de Ninive" sur rétendue de la ville, sur rhistoure légendaire de leur empire.

Devait-on rester toujours dans une telle ignorance?

En 1856, un résident anglais, II. Rich,'' après avoir étudié avec soin la contrée, crut pouvoir sicrnaler au ' monde savant l'existence de ruines assyriennes dans deux monticules ou collines arlificielles, élevée aux

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environs de Hossoul, sous les villages de Koyundjick et de Nebbi-Younos (tombeau de Jonas)^ Pour lui, ces ruines n'étaient autres que celles de Ninîve. Des cylindres couverts d'inscriptions, des briques gravées, qu'il réunit en grand nombre dans celte région, quelques coups de bêche qu'il donna en cet endroit le confirmaient dans cette opinion.

Cinq ou six ans plus tard, M. Dotta était nommé résident français à Hossoul. Il partit avec le projet de s'occuper de l'ancienne histoire des pays où il allait séjourner. Un savant, membre de ^Inî^titut, M. Bfohl, appela son attention sur les détails donnés par M. Rich, et, du fond de son cabinet, il put, à l'aide de l'étude attentive des documents anciens, indiquer l'endroit où, selon lui, devaient se trouver les restes de l'ancienne capitale.

A peine arrivé dans le pays, M. Botta, à ses risqut's personnels, et malgré les difficultés que souleva immédiatement l'administration turque, ouvrit des tranchées dans les monticules qui, sur la rive gauche du Tigre, semblaient, d'après les récits populaires, renfermer des ruines antiques. Son attente fut trompée tout d'abord. Il s'était attaqué au monticule de Koyundjick qui, nous le savons maintenant, pouvait lui fournir une ample moisson ; mais l'inexpérience où il était des recherches de cette nature fil que les travaux furent mal dirigés. Il ne trouva que des débris insignifiants, et il était sur le point d'abandonnner Tentreprise.

Cependant le bruit de ses recherches se répandit rapidement dans le voisinage. Un teinturier chrétien lui apporta quelques briques cou^ortes d'inscriptions cunéiformes, et lui offrit de lui en procurer un nombre plus grand encore, « tant qu'il voudrait )). M. Botta, d'abord incrédule, envoya vers la demeure de ce brave homme quel-

I. Narrative ofa Résidence in Koordistan and on tlicsiteot' amonl Nineveh. ioiidon, 1836, 2 vol. in-S».

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qnes ouvriers intelligents ; ils firent des fouilles et découvrirent des pans de mur, des bas-i'eiiefs.

A leur retour, M. Botta était à peine convaincu de la véracité de leurs récits et craignait encore une désillusion. Cependant, il se transporta en toute hâte sur les lieux, c'était près du village turc de Khorsabad. 11 se trouva en présence des premières ruines de Ninive,

Plein de joie celte fois, et plein d*espoir, il poussa activement ses recherches et délaissa presque absolument les fouilles de Koyundjick. Peu à peu, des pans de mur couverts de bas-reliefs, les fondations importantes, les formes de palais apparurent à ses yeux ravis. Sans retard, il annonça à l'Europe la bonne nouvelle dans des lettres adressées à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Sur un rapport de cette illustre compagnie, le gouvernement français s'émut ; on envoya des secours au vaillant explorateur. Les vœux des savants et du public s'attachèrent à ses travaux et les encouragèrent. Un peintre habile, M. Flandin, lui fut adjoint, pour dessiner les monuments que l'on découvrait de jour en jour.

Ainsi apparut peu à peu l'un des palais les plus importants des rois de Ninive, la demeure du roi Sargon, l'édifice connu dans la science sous le nom de Khorsu" had.

Cependant, de loin, un Anglais. H. Layard, suivait avec attention les travaux de M. Botta. Lui-même avait parcouru cette plaine couverte de monticules d'apparence singulière ; lui-même avait songé à en interroger les profondeurs ; il avait encouragé M. Botta dans ses travaux, et ne désespérait pas de devenir bientôt son heureux rival. La découverte de Khorsabad, confrontée avec les récits des anciens, le confirma de plus en plus dans l'idée qu'il avait conçue déjà que Ninive s'étendait sur toute la région et que les autres tertres environnants valaient la peine d'être fouillés à leur tour.

NISIÏF, ET BAnïl.ONE

Il demandait depuis longtemps au gouvernement an- , glais de l'aider à entreprendre | ces recherches. \

k ce moment même arrivait \

à Paris et était déposée au \

Louvre la première série des y'

antiquilës assyriennes envoyées i

par H. Botia, entre autres ces deui magnifiques taureaux à télé d'homme, que l'on avait | *

transport^ par les mêmes { ' ' moyens dont s'étaienl servis 'i|f;^- !

autrefois les Assyriens, et que lr~^~ l'un trouva reproduits sur les A bas-reliefs. { '

L'orgiieil national anglais se | , réveilla celte fois, et le gou- '■ vernement britannique consen- I tit à se charger des frais de toutes les fouilles que M. Layard proposait d'entreprendre.

En arrivant à Hossoul, M. Layard n'hésita pas sur l'endroit où il devait commencer ses travaux. 11 avait été frappé déjà de ta configuration de la colline Nimroud, située à vingt et quelques kilomètres au sud de la ville arabe. Ce fut là qu'il se dirigea aussitôt.

Profitant de l'expérience acquise par les premières recherches de H. Botta, il put immédiatement attaquer la colhne sur un point favorable, et

1 12 LF.S TILLES RETROnTÉES

bientôt il renconlra à son tour des chambres, des palais* des murs, enfin tout une ville assyriewie.

Nais ici, il ne s'agissait pas de NiiiiTC, comme on Tavaitcru tout d*abord, et conune on le crut quelque temps encore. C'était plutôt Calacfa, ville ancienne dont parle la Bible. D'autres savants ont identifié ces ruines avec celles de Larissa, que Xénopfaon décrit en ces termes : « Là fut une grande ville, qui s'appelait Larissa; autrefois les Mèdes l'habitaient. La largeur du mur était de 20 pieds, la hauteur de iOO, le pourtour était de 2 parasanges ; il était bâti de briques cuites ; il avait au-dessous, un soubassement de «pierre de 25 pieds.

a I<e roi des Perses, quand les Perses enlevèrent l'empire aux Médes, l'assiégea et ne pouvait s'en rendre maître. Un nuage obscurcit et fit disparaître le soleil jusqu'à ce que les hommes eussent abandonné la ville, qui fut prise alors. Auprès de cette ville est une pyramide en pierre d'un plètbre de largeur et de deux pléthres de hauteur. Sur cette pyramide beaucoup des barbares s'étaient réfugiés des villages environnants. »

Ce qui appuie surtout l'identification des ruines de Nimroud avec Larissa, c'est précisément la présence d'une pyramide analogue à celle dont parle Xénoplion.

Sans entrer dans la discussion soulevée à ce sujet, nous nous contenterons d'ajouter que les découvertes faites à Nimroud fournirent à la science les plus utiles renseignementssur l'histoire d'Assyrie antérieure au roi Saison, fondateur de Khorsabad; à l'archéologie un complément utile et souvent nécessaire des études faites sur d'aufres points. Enfin celte première découverte, riche on résultats de premier ordre, encouragea M. Layard et ouvrit à la science un champ bien vaste, puisqu'elle faisait espérer que de pareilles trouvailles seraient faites dans tous les monticules artificiels dont la rive gauche du Tigre était parsemée.

H. Layard fut le premier qui mit à profit ces heureux

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pronostics. Comme les fortes chaleurs de Tété le forçaient à suspendre le fouilles de Nimroud, et qu*il se trouvait à Mossoul, il résolut de reprendre les travaux de Koyundjick que M. Botta avaità cette époque presque entièrement abandonnés.

Le consul français, nous Tavons dit, avait débuté, dans la série de ses recherches, par cette colline située en face de Mossoul, sur Tautre rive du Tigre. Hais il avait obtenu peu de résultats, car il ne savait point encore que les édifices assyriens étaient tous élevés sur un monticule construit de main d'hommes et que c'était à une certaine hauteur qu'il fallait chercher. N. Layard ne se laissa pas décourager par cet insuccès, et tandis que M. Botta abandonnait décidément Koyundjick pour s'appliquer uniquement à l'entreprise de Khorsabad, le consul anglais persévéra. 11 trouva bientôt quelques débris, mais non pas assez pour le satisfaire. Les travaux de Nimroud qu'il reprit à cette époque arrêtèrent alors ceux de Koyundjick.

Quand il y revint l'été suivant, son expérience s'était accrue ; ses réflexions avaient mûri sa conviction ; son plan était mieux arrêté. Les recherches cette fois furent couronnées de succès, et une nouvelle série d'édifices qui, comme Khorsabad, portaient des traces de la ruine par le feu, fut exhumée peu à peu. Le palais découvert par H. Layard était celui de Sennachérib, fils de Sargon. 11 était situé à l'extrémité sud du tumulus de Koyundjick. Les formes de son architecture étaient semblables à celles des palais de Khorsabad et de Nimroud. Les inscriptions, il est vrai, y étaient rares; mais elles acquéraient un grand prix, aux yeux de la science, par la mention qu'elles faisaient des campagnes du monarque contre les Juifs et les autres peuples de la Syrien C'est aussi dans une des salies de ce palais que l'on rencontra les mémorables archives du roi Sardanapalo V

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