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iW LES TILLES RCIBOrVEES
metf le Rbèsos, rHeptaton», le Cèrésos, le Rhodius, le Granieus, TCEsopas et le divin Scamandre et le Sinois, iU les nuKemblérent tous; d'eux tous, Apollon fit une seule embouchure, et, pendant neuf jours, il précipita leur cours sur la muraille. Pendant ce temps Jupiter faisait tomber une pluie continuelle aûn que Tenglou* tisscment fût plus rapide encore. Neptune lui-même, le trident à la main, présidait au désastre; ses eaux arrachèrent jusque dans les fondements les troncs et les pierres qu^avait implantés TefTort des Achéens; il aplanit les rivages de THellespont ; et, le mur enfin détruit, il recouvrit de nouveau le rivage de sables amoncelés. Quant tout fut fait, il détourna les fleuves, et chacun d eux roula de nouveau dans son ancien lit ses eaux transparentes ^ »
Dans une autre circonstance, Neptune parlant à son tour prophétiquement fait allusion à la race des rois qui, après la destruction d*llion, régneront sur les Troycns. « Us seront, dit-il, de la race d*Ënéc, » et indiquant une longue succession de jours : ci Ce seront, ajoute-t-il, les fils de ses fils* d.
Nous pourrions indiquer d*autres passages analogues. Ceux-ci suflisent. Que nous montrent-ils en effet? Homère visitant comme nous le faisons aujourdliui les rivages de Troie, interrogeant les traditions au sujet de la grande luUe qu*il prétendait raconter, cherchant, connue nous, A reconnaître remplacement du camp des (iives« et ce unir surtout d'où ils avaient repoussé les derniers eflV>rts d'Hector; mais pour lui comme pour nous» ra$)>ect du sol déjà s était transformé. Les inondations, les alluvions des fleuves, la lutte des eaux de la mer contiv celles des rivières avaient déjà fait disparattn^ les traces des anciens hommes. Ce sont des phènonuMies qui existent encore augourd^hui et qui mo-
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difient de jour en jour Taspect de ces mobiles rivages.
Bendons-Rous compte cependant du temps qu*ii fallut aux sables apportés par les fleuves pour détruire et recouvrir le mur des Grecs, assez fort pour résister aux attaques des Troyens; apprécions aussi cette série de générations assez longue pour que, sur une nouvelle Troie bâtie à la place de l'ancienne, les fils des fils d'Énée pussent régner au temps d'Homère : ce sont là des renseignements qui, quoique approximatifs, nous p^mettent de rejeter d'une façon générale la parfaite précision des récits homériques et la possibilité d'identifier les lieux qu'il décrit avec ceux que nous avons aujourd'hui sous les yeux.
Homère — à dire le vrai — recueillit dans les traditions grecques le souvenir de l'ancienne et mémorable guerre; peut-être la légende n'avait-elle pas trop altéré encore quelques-uns des faits capitaux, fi put sur les lieux retrouver l'emplacement de l'ancienne ville, celui des portes Scées, les fleuves, le Simoïs, le Scamandre, torrents impétueux, peut-être sortis de leur ancien lit; il put revoir les tombeaux d'Achille, de Patrocle et de Priani; il chercha en vain sur le rivage remplacement exact du camp des Grecs, déjà recouvert par les alluvions; mais par contre il put recueillir de la bouche mêmes des fils des fils d'Énée bien des renseignements utiles et précieux.
Somme toute, il vit la contrée et en parla en observateur attentif, non moins qu'en poète. C'est bien là celle plaine « battue des vents » et propre à l'élevage des chevaux; ce sont bien ces fleuves rapides et souvent mêlant leurs eaux.
Ce sont ces plantes, c'est ce ciel, ce sont ces montagnes, c'est tout ce qui ne change pas, c'est tout ce que les anciens héros avaient vu, c'est ce qu'Homère a décrit à son tour, et que, son livre à la main, nous retrouvons maintenant encore.
Bfais les détails précis, exacts sur une ville détruite
depuis longtemps; la construction des murs, l'emplacement de la citadelle, la direction des rues, la richesse des palais; et, dans un autre ordre d*idées, les mœurs des combattants, la forme des armes, la stratégie des combats, la durée de la guerre, les épisodes journaliers de la lutte, comment demander de pareils renseignements à un poète, — et à un poète des premiers temps? Il a appliqué aux héros qu'il chante ce que lui-même avait sous les yeux; ce sont les Grecs ses contemporains, les Troyens de son époque, si vous voulez, qu'il nous a dépeints; ce sont leurs armes, leurs costumes; ce sont leurs mœurs, ce sont leui*s sentiments.
La véritable guerre de Troie était déjà au temps du poète Tobjct d'une tradition trop incertaine pour que rien de précis ait pu être dit par lui. Il l'eût pu qu'il ne l'eût pas voulu. Car comment intéresser les auditeurs naïfs auxquels il s'adressait en leur servant cette poésie d'archéologue?
Ne demandons donc pas k Homère ce qu'il ne peut nous donner. Après que notre littérature et nos arts ont travesti successivement les Achille et les Hector, en courtisans Louis XIV, en Italiens de la Renaissance, en Romains de l'âge de Jules César, et en Grecs du temps de Périclès, il est inutile de leur faire faire aujourd'hui une dernière station et d'y voir les contemporains du poète.
Transportons-les hardiment dans ces âges antiques où ils ont vécu; voyons dans leur rude réalité ces guerriers à demi barbares, ces hommes de Tâge de pierre, poussés par l'esprit de migrations, de pirateries et de violences armées qui tourmenta nos grands arrière-aïeux, alors que les civilisations encore fluides, en quelque sorte, tournoyaient et s'agitaient avant de se fixer définitivement. Dépouillons-les de cet idéal raffiné, de ces mœurs déjà calmées et adoucies. Reconnaissons-les dans leur barbare et antique nudité, tels que nous les montrent les monuments les plus sérieux