TROIS
de.rhisloire, et, — témoignage, plus certain encore, — les restes d'eux-mêmes, qu*eux-méme^ ont laissés» et qjue vient d*exhumer M. Schliemann.
. Ppur accepter d'une façon générale les découvertes de M. Schliemann comme capitales et défiAilives, même ou point de vue de l'histoire de Troie ^ nous n allons pas jusqu'à suivre dans tous ses détails la thèse qifà sou^ tenue cet enthousiaste archéologue.
Homère à la main, il est allé dans celle plaine, pour lui toute frémissante encore des exploits de Y Iliade. Avec une sorte de fièvre, il a fouillé, il a scruté les moindres détails, relevant ce qui pouvait servir à expliquer et à commenter son poète. 11 a cherché et il a trouvé. Il a trouvé môme autre chose que ce qu'il cherchait. En effet, /au lieu de Vlliade d'Homère il a rencontré les vrais Troyens bien antérieurs au poète qui les avait chantés.
Qui le croirait? cette découverte capitale qu'il aiTachait à la terre n'a pas sufû à M. Schliemann. Il cherchait Homère et, ne le trouvant pas, il a voulu l'introduire de force dans les découvertes qu'il avait faites. Ainsi il les a gâtées; et aux yeux de certaines gens, il a complètement discrédité les conclusions, excellentes en somme, qu'il avait obtenues à force de travail et de peine.
Lui qui, en présence de ces décombres importants par leur obscurité même, a écrit ces phrases capitales : « Pendant mes trois ans de fouilles dans les profondeurs de Troie, j'ai eu occasion d'acquérir tous les jours de plus en plus la conviction qu'il nous est impossible de fonder sur notre propre manière de vivre, ou sur celle des Grecs anciens^ une idée approximative de la manière d'être des quatre peuples qui ont successivement occupé cette hauteur avant qu'elle ait été habitée par les Grecs ; l'état social doit y avoir été épouvantable, car on ne saurait autrement expliquer comment on y trouve, en succession toujours irrégulière, les murs d'une maison
ïli LES VILLES REfROUVÉElS
construite sur les ruines de Tautre; n M. Schliemann, dis^e, u*a pas eu la forée, même après avoir fait de tels aveux, de rejeter décidément ce poème décevant qui Tavait conduit là; il a voulu continuer à voir dans ces civilisations extraordinaires la vie des anciens Grecs que nous avait peints Homère, et ainsi il a tout couqiromis.
S'il trouve quelque grand plateau en cuivre, aussitôt il y voit un bojciier, il Taffuble d'un nom homérique : c*est Yà^m; ou^aXost^ij; : il y reconnaît ïoufoàôz (le nombril) et la rainure (âuXaH);... et, en déflnitive, il se trouve que Tobjet en question n*est rien qu'un plat de bronze ^ Si c'est une coupe, quelle fatigue ne se donne pas M. Schliemann pour y retrouver la dsTra; aufi^ùTtùl^j du poète. Il y revient a chaque instant, il la voit dans tel objet, puis, reconnaissant son erreur, va, vient à la recherche de cette dina^,,.. et il finit par avouée qu'il n'a pu la voir. Pauvre iM- Schliemann !
S'agit-ii des instruments en pierre et en silex qu'il trouve par milliers, voilà M. Schliemann lout embarrassé par celle belle trouvaille. Homère ne parle pas une seule ibis d'outils ou d'armes en pierre, et les Uanchées de M. Schliemann en regorgent. Comment expliquer rein? l/fluteur fait mille efforts de raisonnement et n'aboutit qu'à prêter le flanc à la critique.
Ainsi de suite pour chacun des résultats importants de SOS recherches; à chaque instant ce sont les récils d'Homère appliqués à des faits, à des usages, à des lieux dont Homère certainement n'avait eu nulle connaissance. Si l'on trouve des portes ce sont les portes Scèes; si Ton rencontre des fondations, ce sont celles du palais des rois; si l'on trouve un trésor c'est celui de Priam; si on déterre un autel, c'est le temple de Minerve. Et, t\ chaque pas, les faits les plus formels viennent contrediiH) ces assertions pleines d'enthousiasme. On est enfin obligé de reconnaître que le temple de Minerve n'exis-