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Lejnormanl, p

TROIB 175

peut croire exacte, des coslumes et des armes Agurôs dans les gravures de Medinet-Habou, n'a suciid rapport avec les récits d'Homère.

Voici un premier résultat capital qui confirme parfaitement nos observations.

En nous tenant dans celte donnée strictCr de n'accepter que des faits nets et précis, lâchons d'en trouver un second. A quelle époque Troie a-t-elle existé? A quelle

Vaisseaa des Teucriens i Hédinet-Babou.

époque a-t-elle été détruite? Les documents ëgryptien;! nous fournissent deui dates pour l'existence de l'empire Troyen (de 1500 à 1200 av. J.-C.) Mais, pour l'époque de sa ruine nous ne savons rien de précis que ce fait, qui ressort des passages d'Homère que nous avons cités plus haut : i\ savoir, que la ruine de Troie eut lieu assez longtemps avant l'existence d'Homêrc pour que les alluvions des fleuves eussent détruit le mur des Grecs, et pour que les descendants d'Énée, qui régnaient alors à Troie, pussent être alors qualifiés par lui de fils de ses ;î/ï. Tout cela est bien vague. Car, en somme, que les

m LES VILIES RETROUVEES

Troyens existassent encore vers le treizième siècle avant Jésus-Christ (d'après les gravures de Mt dinet-Habou), cela ne prouve en rien que la guerre de Troie n'ait pas eu lieu auparavant; Homère en effet atteste que de son temps une nouvelle Troie existait; et ce sont peut^tre ces nouveaux Troyens qui combattirent le Sésostris. La ruine de l'empire d'ïlion n'a peut-être pas été aussi complète que l'ont rapporté les poèmes homériques. La ville seule peut-être a été ruinée de fond en comble et a pu facilement renaître de ses cendres.

Quant à nous servir de l'époque où vivait Homère, comme point de comparaison, cela non plus ne nous avance guère; car cette époque est en somme aussi inconnue que celle de la prise de Troie.

La chronologie d'Eratoslhène avec la correction do Callimaque, place, il est vrai, cet événement vers le milieu du douzième siècle avant Jésus-Christ. Mais c'est encore là une conclusion prise à la hâte, a priori, tirée probablement des récits mêmes des poètes, sans base certaine à nous connue, et il faut douter encore de sa parfaite exactitude.

Que faire donc pour espérer d'arriver enfin à un résultat quelconque, ne fût-il qu'approximatif? Quelque chose de très simple et à quoi on eut dû songer dès l'abord. Puisque Troie incontestablement a vécu; puisque l'histoire des Égyptiens et les récits d'Homère se confirment l'un l'autre sur ce point; puisque, d'après toutes les traditions de l'antiquité, Troie existait en Asie Mineure près du promontoire Sigée, dans un lieu tel que les Grecs débarqués sur les rives de i'Hellespont purent facilement, de leur camp môme, tenir la ville assiégée et livrer aux Troyens de nombreux et fréquents combats, il faut se transporter dans cette région, examiner le terrain nmi point seulement dessus, mais surtout dedans; fouiller, faire des recherches. Un empire aussi considérable n a pu passer sans laisser aucune trace; ne scraient-co que ces fragments do

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tuiles ou de poteries, restes indestructibles et peu précieux, mais qui pailout, sur Tancien comme sur le nouveau continent, révèlent immanquablement la présence de rhomme; il faut interroger avec soin les débris que Ton ne peut manquer de réunir. De Tétat de ruines il faut les faire passer au rang de documents, en faire de nombreuses collections, s'il est possible ; tirer de leur examen et de leur rapprochement des conclusions, — appuyées cette fois sur les faits, — et dire enQn, preuves en main : « Voici ce qui nous reste de Thistoire des anciens Troyens. i

G*est là ce qu*a fait M. Schliemann. Nous allons d'abord raconter ses recherches et nous verrons ensuite si elles ont été couronnées de succès.

De l'aveu commun de tous les savants et de tous les voyageurs, la question de remplacement de Troie ne pouvait donner lieu qu'à deux hypothèses sérieuses :

L'une, mise en avant par Le Chevalier au dix-huitième siècle, plaçait Troie près du village actuel de Bounarbachi; l'autre, défendue déjà par les anciens, mais attaquée par un géographe de la plus respectable autorité, Strabon, la fixait auprès du village moderne d'Hissarlik, là précisément où l'antiquité postérieure à Homère avait construit la ville d'Ilium ISovum.

On comprend, en effet, qu'étant données les nécessités de la subsistance et de la défense, étant donné ce fait indéniable, — à moins de révoquer en doute toute la tradition relative à Troie, — qu'llion n'était pas située loin de la mer, ni loin de THellespont, et qu'elle était dans la vallée d'un des fleuves descendant du mont Ida, le doute sur l'emplacement devait naturellement se borner à un nombre assez restreint de lieux propices à remplir ces diverses conditions. M. Schliemann, par suite de certains raisonnements qu'il serait trop long d'exposer ici, et qui avaient seulement pour base la comparaison des lieux actuels avec ï Iliade,

i:s L£s nuis im«:»rTÉ£s

M. Sdilieroaim en Tint â se prononcer fomr W placemoit d'Hissarlik. Cette opinion était contraire à celle qui arait cours génèratement.

Cest pour appuyer sou hypothèse qoe M. Schlîemana entra résolument dans la toîx excellente des fouilles et des recherches souterraines. Pour suifre cette Toie il fallait une persévérance à toute épreuTe, une fm indestructible, et par-dessus le mardiè, une fortune personnelle qui permit de supporter les firais qu'allaient occasionner de pareils travaux. Heureusement M. Schliemann satisfaisait absoloment à toutes ces conditions.

Dés le début de l'année 1870, M. Schliemann s'appliqua à l'entreprise importante qu'il méditait. Il fit plusieurs voyages préparatoires dans la Troade, se rendit lui-même aux lieux que Ton considérait comme ayant quelque raison de prétendre à être celui c où fut Troie ». 11 vit Bounarbachi et là vérifia les fouilles déjà faites en ce lieu par le consul J. G. Hahn, en 1864.

On y trouvait bien les restes d'une ville et même quelques débris d'une antique enceinte. Mais ces restes semblaient tous helléniques. Les tombeaux des environs, fouillés en^i872 par sir John Lubbock, n'ont rien donné non plus que des tessons helléniques peints et remontant au plus au sixième siècle. Sur l'emplacement même de la ville, on trouvait le sol vierge à moins d'un demimétré, c'est à dire une proximité peu en accord avec ridée d'un antique empire. Après cet examen. M. Schliemann put à bon droit considérer comme démontrée la première partie de sa théorie, à savoir que Troie n'avait jamais existé au lieu dit Bounarbachi.

Pour nous, jusqu'à preuve du contraire, nous acceptons entièrement ces conclusions. Nous ne pensons pas que les raisonnements incertains tirés des récits homériques ou l'examen rapide fait par quelque voyageur plus ou moins attentif, puissent prévaloir contre un fait capital, affirmé par un homme dont tout le monde s'entend à constater la parfaite honorabilité, et qui, somme

toute, après avoir passé trois années sur le terrain, a une compétence spéciale, qui lui pernaet de traiter avec quelque dédain lès affirmations, souvent légères, de ses adversaires et de ses critiques.

Quelques coups de bêche donnés sur les sommets de Cbifolak- et d*Âkschikoï, — autres lieux indiqués par eertains savants, suffirent pour convaincre M. Schlieitiann de 1* inutilité des recherches en ces divers endroits. Il tourna définitivement toute son attention vers le lieu que lui-même considérait comme a TuM Troja fuit », c*est-à<-dire remplacement de VIlium novum des -anciens, près du village moderne dllissarlik.

Ce ne fut pas sans peine que M. Schliemann obtint des propriétaires récalcitrants, et du gouvernement turc, plus avide encore, Tautorisation d'entreprendre des fouilles. Si nous en croyons notre auteur, les ministres de la Sublime-Porte lui jouèrent plus d'un vilain tour, et Savfet-Pacha, le futur négociateur du traité de Berlin, montra dès cette époque ce dont il était capable en fait d'habileté diplomatique.

Enfin, après avoir triomphé de tant d'ennuis par une persévérance à toute épreuve, M. Schliemann put, le iO octobre 1871, donner le premier coup de bêche dans le voisinage d'Hissarlik.

Dès celte époque les travaux d'excavation furent poussés avec une activité que rien ne put arrêter, ni la surveillance permanente d'un inspecteur ottoman, ni le mauvais vouloir des paysans d'alentour, ni la difficulté de se procurer des travailleurs, surtout à l'époque de la moisson, ni enfin le mauvais résultat de certaines recherches et les désillusions qui ne manquèrent pas d'assaillir en foule le chercheur qui, dit-il lui-même, « croyait à Homère comme à un Évangile ».

Heureusement les résultats magnifiques qui furent atteints furent pour M. Schliemann une large compensation de tant de peines et de tant de déboires.

Nous ne pouvons suivre ici le récit que M. Schlie-

m LES YILLES RETROUVÉES

mann lui-même a fait au jour le jour de ses travaux et de ses déceu^ertes. Constatons-en seulement les principaux résultats.

Pour se rendre un compte exact du développement en quelque sorte dramatique de ces recherches, il est bon de ne pas oublier que M. Schliemann était porté à les entreprendre par le désir de vérifier une hypothèse conçue à l'avance : c'est là le plus souvent un mobile puissant pour les travailleurs, et, sans lequel bien des découvertes importantes n'eussent jamais été faites. Donc H. Schliemann croyait à sa thèse, et il croyait à Homère.

Tout plein de ses idées, il pensait devoir rencontrer cette ville énorme que Ton peut s'imaginer, d'après les récits du poète, dépassant infiniment l'enceinte de la ville grecque qui lui avait succédé et capable de contenir au moins iOO 000 habitants.

Aussi, persuadé d'ailleurs que la forteresse dont parle Homère, la Pergame antique était située à l'extrémité même de la colline sur laquelle Troie avait été construite, il songea à embrasser immédiatement dans un cercle de fouilles, l'ensemble des ruines qui devait correspondre à Tancienne cité. Il résolut de partir des extrémités et de marcher peu à peu vers le centre.

M. Schliemann commença donc par creuser, avec beaucoup de précaution, un certain nombre de puits aux confins même de rilium grec. Mais, à son grand élonneraent, il ne trouva rien, ou du moins rien qui ne fût purement grec. Au-dessous del'///îum de Lysimaque on ne trouvait nulle trace de la Troie antique. M. Schliemann continua ses fouilles en se rapprochant de la prétendue Pergame : rien encore. Il se rapprocha de nouveau : rien encore ; et ainsi de suite. Jusqu'à sept puils furent creusés par lui au pied de la montagne et ne mirent au jour que des murs et des tessons grecs.

En présence de pareils résultats M. Schliemann était bien obligé de s'avouer à lui-même qu'Homère l'avait

trompé sur l'importance de la ville ; que s'il y avait une Troie, elle était restreinte à la superficie de la colline; que c*était là qu'il fallait porter toutes les recherches si Ton voulait arriver à quelque résultat positif.

Ce nouveau plan une fois adopté, les cent cinquante travailleurs de M. Schliemann furent répartis sur la colline. Il convenait tout d*abord de creuser des puits allant jusqu'au sol vierge, afin de se fixer sur la nature des travaux futurs.

Un nouvel étonnement et une nouvelle surprise attendaient M. Schliemann. Les puits, en effet, durent être poussés juiiqu' à une profondeur de quatorze mètres avant d'atteindre le gravier vierge de débris humains, et, au lieu d'une ville ou de deux villes dont on espérait rencontrer les débris, ce furent quatre ou cinq villes successives dont on retrouva les restes superposés. Cette surprise était, certes, plus agréable que la première.

Quelle perspective lointaine s'était ouverte tout à coup pour l'histoire de la Troade! Jusqu'où la chronologie ne devait-elle pas remonter pour trouver l'origine de ces restes prodigieux? En effet, la ville grecque, moderne relativement, ville active, ville considérable, et qui avait vécu pendant plus de mille ans (Jusque vers Constance 11, 361 après J,-C.), cette ville, dis-je. avait laissé une couche de ruines qui n'avait guère plus de deux mètres de profondeur. C'était entre d'autres peuples antiques qu'il convenait de distribuer les ruines antérieures. On voit jusqu'à quelle haute antiquité la proportion mathématique faisait remonter leur ensevelissement.

Spectacle plus étrange encore! Ces ruines ne se suivaient pas dans l'ordre lent, régulier et pacifique en quelque sorte, que doit amener la vie habituelle d'un peuple dans un endroit donné. L'aspect seul des premières fouilles donnait l'expression des crises violentes, de révolutions implacables, et de destruction sans merci.

i8i LES VILLES RETROUVÉES

Des lits épais de cendres de bois rouges ou jaunes' se succédaient, traces frappantes d'incendies qui avaient, d'un seul coup, ruiné la ville. Les murs des maisons construits les uns sur les autres sans préoccupation d*utiliser les anciens fondements attestaient des périodes d'abandon complet, comme après une ruine définitive;* enfin, les preuves évidentes de décadence et de pei*te de connaissances acquises, relevées régulièrement dans les objets d'art appartenant aux différentes couches at^ testaient la rupture nette, à certaines époques du déve-» loppement général de la masse de civilisation accumulée déjà par les prédécesseurs.

Donc, dans la première couche de ces débris, M. Schlie* mann retrouva d'abord des objets d'origine grecque. Cette couche n'avait guère que deux mètres de profondeur, mais les heureuses découvertes qu'y fit la bêche des travailleurs eussent suffi pour satisfaire le plus ambitieux des archéologues.

C'est là en effet, que M. Schliemann mit au jour un grand nombre de médailles prouvant l'existence de la ville dllium Novum jusqu'au règne de Constance II; des restes immenses de l'enceinte construite par Lysimaque, un des généraux et des successeurs d'Alexandre; de nombreuses inscriptions grecques pleines de renseignements pour l'histoire générale des mœurs de l'Asie Mineure à l'époque de la conquête romaine ; des ruines de temples, de monuments publics, d'édifices de toutes sortes qui prouvaient la prospérité dont avait joui la moderne Ilion. On put juger, d'après ces ruines nouvelles, que la ville maintenant absolument détruite avait pu avoir près de 100000 habitants; qu'elle avait été ornée de tout ce que les arts de la Grèce et de l'Asie pouvaient tout ensemble produire de plus noble et de plus gracieux; qu'elle avait été digne, en un mot, des grands souvenirs d'Alexandre et des Romains qui y étaient attachés, et surtout de la mystérieuse ancêtre que lui donnaient les récits homériques.

En effet, quelle magnifique situation pour une grande vilie, — à répoque où TAsie Mineure et TArchipel étaient en quelque sorte le centre du monde, — et eemme Ton comprend que les grands conquérants de cette région niaient point voulu abandonner un lieu que tant de gloire et tant de merveilles recommandaient à Tattention des hommes!

Laissons parler H. Schliemann lui-même : « La vue, du haut du mont Hissarlik, est de toute beauté. Devant moi s*étend la magnifique plaine de Troie. Depuis les pluies des derniers orages, elle est de nouveau couverte de gazon vert et de boutons d'or; THellespont bleu la borde à une heure de distance vers le nordouest. La presqu'île de Gallipoli s*y avance en une pointe qui porte le phare. A gauche . s'étend Tile d'Imbros au-dessus de laquelle on aperçoit le mont Ida de Saraothrace, maintenant couvert de neiges ; un peu plus à Touest on découvre sur la presqu^ile macédonienne le fameux mont Athos ou la Montagne sacrée, portant ses nombreux monastères; et à son extrémité, au nordoUest, se trouvent encore les traces de ce grand canal, qu'au dire d'Hérodote, Xerxès y fit creuser pour éviter à sa flotte la navigation orageuse du Cap.

<( En reportant de nouveautés regards sur la plaine .troyenne, on y voit sur un éperon du promontoire de Rhoetie, le tombeau d'Ajax; au pied du promontoire opposé de Sigée, le tombeau de Patrocle ; sur l'extrémité de ce cap, le monument d'Achille et, à gauche de celui-ci, au haut du cap lui-même, le village de Jenischaîr.

(( D'ici la plaine s'étend sur deux heures de largeur. Elle est bordée à l'ouest par la côte de la mer Egée, qui a en moyenne une hauteur de 40 mètres. On y découvre d'abord le tombeau de Festus, le confident de Caracalla que celui-ci fit empoisonner, d'après Hérodien, lorsqu'il visita la ville d'Uium, afin d'imiter les magnifiques funérailles qu'Achille fit célébrer, selon Homère, en

Thonneur de son ami Patrocle. On voit ensuite sur la môme c6te un tumulus nommé Ddjek-Tépéy haut de 24 mètres, et que la plupart des antiquaires prennent pour celui du vieux yEsyétès, et du haut duquel Polytès, confiant en la légèreté de ses pieds (Iliade, 11, 791-794), espionnait la flotte grecque pour voir quand les troupes sortiraient des trirèmes.... Entre ces deux tombeaux, on voit sortir de la mer Egée l'île de Ténédos.

« Vers le sud, la plaine de Troie s*étendà deux heures au delà jusqu'aux hauteurs de Bounarbachi, que domine majestueusement le Gargare, sommet du mont Ida, couvert de neiges éternelles, d*où Jupiter assistait aux combats des Troyens et des Grecs ^ »

Si nous* ajoutons enfui que celte plaine est baignée de plusieurs fleuves torrentueux, le Kalifatli-Armak, rinté< pélé-Armak, et, au loin, la rivière du Chalil-Owai que Pon identifie plus ou moins facilement avec le Scamandre et le Simoïs, on pourra se rendre compté de rexcellencc de remplacement de Tllium Novum bâtie probablement sur les ruines de Tantique Troie.

Parmi les plus précieux de tous les débris qui furent retrouvés dans cette couche, en quelque sorte superficielle, il ne faut pas oublier de mentionner le très remarquable triglyphd que Ton a rapproché — non sans, quoique raison — des célèbres frises du Parlhénon.

U> bas-relief, qui est d'une des meilleures époques do Part fsrivc, ivpi*ésente Phébus-Apollon, le dieu du Soleil, en)(Hirtè dans l'espace par quatre chevaux fouguoux« de la plus superbe allure; le dieu est vêtu d'une longue robe flottante ; sa tête est couronnée de l'aurèole aux mille r«iyons, sa main, d'un geste magnifique, aban-

I . Y. ii{in$ SchH«>iiuinii, Atit»*> Tsit. Ii7« la partie nord de la plaine de Tii>i^ avxv U^ tuiuuli dWchille» de Palrocleel d'J^Tétës, le lit primitif du Si\inKtiuirv. rUelkspout et les lies dlmlmis et de Samo-

donne toute liberté aux chevaux qui remportent et semble leur ouvrir Tespace. Aucune trace de char n'apparaît comme si Tartiste eût craint d*alourdir par cette image leur course impétueuse, et, par une dernière liberté, la tète d*Apollon, s*élevant au-dessus du plan général du relief^ perce en quelque sorte la bande supérieure du triglyphe, et donne ainsi l'idée de la superbe entrée du dieu du jour dans le ciel *.

Nous pourrions citer encore bien des trouvailles précieuses^ bien des fragments de la plus grande beauté, trouvés par M. Schliemann dans les ruines de Tllium grecque; mais, comme lui, nous avons hâte d'arriver aux villes plus anciennes et de passer en revue des débris moins précieux pour Tari, mais plus intéressants pour la solution directe du problème qui s*est posé devant nous.

Dès qu'il eut passé la profondeur de 2 mètres. M. Schliemann se trouva dans un inonde tout nouveau et absolument inattendu. De 2 mètres à 7 mètres environ régnait une couche de décombres qui semblait appartenir à des peuples de race aryenne; oi^ les objets d*art et même les ruines de constructions importantes manquaient d'une façon à peu près générale; mais où Tabondance des poteries de formes étranges, la présence de plus en plus fréquente, à mesure que l'on descendait, d'instruments de pierre (haches, . couteaux, lames en diorite et en silex), le manque absolu d'outils de fer, et la rareté de plus en plus grande d'objets en cuivre révélaient l'existence de peuples anciens et absolument inconnus à l'histoire.

Ce n'était point là, il faut l'avouer, ce que cherchait M. Schliemann. Ce n'était point là une découverte qui répondit à l'idée qu'on pouvait se faire de la superbe Troie d'Homère. Aucune trace de ces palais en marbre

1. Métope dorique du temple d'Apollon découvert à Isoré par H. Schliemann. AtlaSf fol. 31.

LES TILLES RETItOCTEES

et en pierre de prii dont la pioche devait retrouver au moins les fondations. Au contraire, des amas considérables de cendre rouge attestaient que les villes occupées jadis par tes peuples qui habitaient là, devaient êlre consIniitcE en bois. La poterie, seule trace réelle-

ment curieuse et ahoiraanle que 1 on retrouvât dans ces rumes, indiquait un art grossier et se faisait remarquer par une décadence continue. Enfin si l'on ne devait point s'étonner outre mesure de ne trouver là que des instruments de cuivre, — puisque Homère semble encore ignorer l'emploi du fer, — si l'on devait également expli-

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quer assez aisément l'abondance des outils de silex. — puisque, dans les civilisations les plus avancées, l'âge de pierre s'est prolongé incontestablement beaucoup plus tard qu'on ne le pense généralement, — du moins pouvait-on s'étonner de ne relever ici aucun indice d'une

puissance, d'une r cbessc mater elle d une splendeur de ruines qui jusl Tât en quelque so te la renon mèe qu l'empire de Tro e a la ssée dans la men o e des homme A ces difficultés générales, s ajoutaient de» incerti tudes particulières, qui n'étaient pas sans embrouiller

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encore on problème déjà si obscur. Dès les premiers pas, on trouvait, en quantités énormes, certains inslm* ments en terre cuite ayant une forme de toupie, ou plutôt de fusaîole et dont l'usage ancien semblait abso*lument inexplicable. Ces objets étaient le plus souvent couverts d*inscrip(ions ou de signes en caractères absolument incomius. On y voyait fréquemment une sorte de croix, munie de quatre points, qui indiquait une ori* gine aryenne, etque M. E. Bumoufsemble avoir assez catégoriquement expliquée par Temblème du feu ^cré, Agnù Mais par contre les inscriptions semblaient en caractéi*es absolument indéchiffrables , — à moins d'accepter la singulière hypothèse du même E. Burnouf » qui dans Tune d'entre elles voulait absolument reconnaître du chinois I

Autre difficulté : la plupart des vases entiers que l'on retrouvait avaient une forme assez remarquable quoique grossière. On y reconnaissait évidemment des yeux, une sorte de nez, des seins, un nombril, et quelquefois même, sur les côtés, des bras, ou quelque chose d'approchant. Fallait-il voir ici une imitation grossière du ^ corps de la femme, ou bien, comme le prétendait M. Schliemann, une déesse à tête de chouetle, la Minerve d*Homère, y^avxumc? Toutes ces questions s'embrouillaient encore dans Tesprit du courageux archéologue par rembarras où il se mettait lui-même en voulant faire cadrer toutes ces trouvailles avec les récils de l'ancien poète. Il est tel couvert de pot qu'il prenait pour la coupe homérique, tel instrument qu'il appelait la hache ou le bouclier troyen, et où il s'efforçait de voir ce qui n'y était nullement.

Heureusement le fait seul d'être sur les lieux suffisait '

pour encourager, aider et éclairer ce vaillant chercheur. Sans trop s'arrêter à tant de difficiles problèmes, sans faire autre chose que de se les poser à lui-même, et d'essayer de les résoudre avec la plus entière bonne foi, il poursuivait ses recherches et descendait plus bas, toujours plus bas.

TROIE in

Bien lui en prit, car il put bientôt, dans ses nouvelles fouilles, mettre la main sur des objets de la même nature que les précédents» mais dont Tabondance, laqua* lité et la bonne exécution pouvaient faire croire que Ton avait affaire à un peuple plus avancé dans la civilisation et plus puissant. Quand, à ces premières trouvailles, vinrent s adjoindre de nombreux instruments en métal, des objets de cuivre et même d'airain, une véritable collection, un trésor de bijoux en matières précieuses et habilement travaillées ; quand surtout on eut rencontré desmurs d*enceinte, des constructions solidement fondées, des restes d*autels, de temples et de pavages de rues ; tout cela d'ailleurs portant les marques frappantes d'une destruction violente par un incendie général, cette fois M. Scbliemann put crier son Eurêka et. affirmer au monde savant qu'il avait trouvé les véritables ruines de l'ancienne Troie.

Somme toute, les recherches menées avec la plus grandeacti vite et la plus remarquable intelligence pendant plusieurs mois des années 1871-1872 eti873, amenèrent sur l'état de l'ancienne ville les découvertes suivantes :

La cité — bien moins importante qu'on eût pu se l'imaginer d'après sa merveilleuse histoire, — était construite sur le plateau couronnant la colline actuelle d'Hissarlik; elle s'avançait à pic sur la plaine qui s'étendait vers le nord jusqu'à la mer. Là, était construit le chàteaufort, la Pergamc, qui commandait la plaine, et qui, bâtie de moellons et de poutres enchevêtrées, était protégée par un revêtement en bois.

Un mur d'enceinte régnait tout autour de la ville. Il semble qu'en certaines parties ce mur servait également au soutènement des terrains en pente qui portaient les principaux édifices. Il avait eu une hauteur de 5 à 6 mètres.

Il était d'une architecture grossière, le plus souvent composé de grosses pierres blanches non taillées, posées l'une sur l'autre sans être réunies par le ciment. Le système de fortification était complété par des tours dont

M. Schlieinann semble avoir découvert la plus importante. Haute de 6 à 8 mètres seulement, elle occupait la partie occidentale extrême de la cité. De là elle dominait la plaine et la mer. Il n'y avait pas sur tout le plateau de point plus élevé, et M. Schliemann dans son désir d'appliquer ses découvertes à l'explication d'Homère, n'a pas manqué d'y voir la grande tour d'Ilium, où Andromaque monta « lorsqu'elle eut entendu que les Troyens étaient opprimés et que la force des Achéens l'emportait ». (Iliade, VI, 386-587).

De rintérieur de la ville un chemin, ou plutôt une rue parfaitement aménagée, conduisait aux portes par lesquelles on descendait dans la plaine. Cette rue, trouvée à une profondeur de 9 mètres, était large de

5 mètres 20 centimètres. Elle était pavée de dalles épaisses de pierre, longues de 1 mètre ï 8 centimètres à 1 mètre 50 centimètres et larges de 89 à 1 34 centimètres. La direction exacte de la rue était vers le sûd-ouest et descendait avec une forte pèiite vers la plaine. L'état d'émiettement dans lequel se trouva la superficie des dalles dès qu'elles furent exposées à l'air fut pour M. Schliemann une preuve convaincante de la violence de l'incendie dans lequel avait péri la ville.

A l'extrémité de cette belle rue, M. Schliemann, dirigé parx un heureux instinct, rencontra bientôt deux portes qui ouvraient sur la campagne, et dont l'emplacement restreignait singulièrement les proportions qu'on eût été tenté de donner à la cité. L'absence totale de débris troyens au delà de ces portes prouvait d'ailleurs qu'elles avaient bien été construites à l'endroit où s'arrêtaient les constructions. Ces deux portes étaient séparées l'une de l'autre par une distance d'environ

6 mètres. On retrouva jusqu'aux chevilles ou grandes clefs en cuivre qui avaient servi à les fermer; l'une de ces deux portes avait une largeur de 5 mètres 76 centimètres et èjtait formée par deux saillies du mur. C'est là que s'arrêtait le chemin pavé de dalles. Plus loin

il devenait raboteux. La seconde porte était également fonnée de saillies avançant sur le mur et s*ouvrait sur le dehors.

Ici encore M. Schliemann ne pouvait manquer d'appli* querles renseignements que lui fournissait ï Iliade. Il faiit avouer d*ailleurs que l'occasion était belle d'identifier cette double-porte avec les Portes Scées, dont le nom, au pluriel, semblait indiquer une constructicm analogue à celle dont on retrouvait les débris. Il est vrai que le texte même du poète donnait un démenti catégorique à cette identification.

En effet, dans le chaut VI, Hector, quittant la Pergame pour se rendre aux Portes Scées^ traverse la ville tout entière d'après Homère. Cette mention ne se rapport o nullement à la position réciproque des ruines. Mais M. Schliemann acceptant ici l'hypothèse très raisonnable que le poète grec n'avait pas eu une connaissance exacte des lieux, n'en continue pas moins de voir ici ces fameuses Portes-Scèes sans s'apercevoir en quelque sorte de la contradiction qu'il élève ici lui-même contre la plus grosse part de ses affirmations.

Les voilà donc ces portes d'où les vieillards assemblés promenaient leur regard sur la plaine et consultaient anxieusement le sort des combats; c'est ici que s'est passée cette scène où la beauté d'Hélène faillit l'emporter sur leur froide prudence et sur leurs sinistres prévisions : « Et Hélène, s'élant couverte aussitôt de voiles blancs, sortit de la chambre nuptiale eu pleu< rant; et deux femmes la suivaient, Âithrè fille de Piltheus et Klyménéaux yeux de bœuf. Et voici qu'elles arrivèrent aux portes Skaies. Priamos, Panthoos, Thymoitès, Lampos, Klytios, Hykêtaôn, nourrisson d'Ares, Oukalégôn et Anténôr, très sages tous deux, siégeaient, vénérables vieillards, au-dessus des portes Skaies. Et la vieillesse les écartait de la guerre; mais c'étaient d'excellents Agorètes, et ils étaient pareils à des cigales qui dans les bois, posées sur un arbre, élèvent leurs

voix mélodieuses. Tels étaient les princes des Troyens assis sur la tour. Et quand ils virent Hélène qui montait vers eux, ils se dirent les uns aux autres et à voix basse ces paroles rapides : « Certes il est juste que les Troyens et les Grecs aux belles knémides subissent tant de maux, et depuis si longtemps pour une telle femme, car elle ressemble aux immortelles par sa beauté. Mais malgré cela, qu'elle s*en retourne sur ses nefs, et qu'elle ne nous laisse point, à nous et à nos enfants^ un souvenir misérable. »

C'est ainsi que Tardente imagination de M. Schliemann retrouve dans ces ruines un souvenir et comme un parfum de la légende antique. Qui eût résisté à la tentation, et qui songera à blâmer le hardi chercheur que sa conviction soutient dans ses recherches, et qui, sans elle, n'eût certes jamais songé à les entreprendre ni à -les poursuivre?

Au point de vue des monuments religieux, les fouilles de M. Schliemann furent moins heureuses peut-être qu'on eût pu le penser tout d'abord. Homère, il est vrai, parle peu des sanctuaires d'Ilion. Cependant il cite un temple de Minerve et un petit temple d'Apollon. M. Schliemann crut d'abord avoir découvert le premier — de beaucoup le plus important — dans le voisinage de la Pergame. Mais, tout cojnpte fait, ce temple se trouva réduit à une sorte d'autel en forme de croissant que M. Schliemann veut bien dédier « à la Minerve à tête de chouette ». La seule raison qui puisse motiver cette attribution, c'est la situation de cet autel placi'; juste au-dessous du temple de la Minerve Grecque d'Ilium Noviim, Il y a là un motif assez fort, il faut l'avouer, de reconnaître dans ce précieux monument l'endroit où se faisaient les sacrifices et où l'on entretenait le culte du dieu national et héréditaire des premiers Troyens*.

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