Daux, Emporia phéniciens
244 US TUIIS lEROCIEiS
longueur en focale deTiit prèsentisr comme un seul mur en pierre de tai[ e,, uni et p!it, êrÊdê re^lîèrement par les ouTertares d^es T«>ûties el les baies des portes
drs cales- )
En fâce de la linxue de terre iîmi I.3kûa conduisant an j^liis amiral et sur une lir-^eur de 41 mètres^ il n t arjît ni calies ni mi^asirES. miis seulement Qnmasâfde maÇ'Xiaerie, s'ele^int ]u:5^:ja'à la h^utenr du quai sapé* rieur et dms répiisseur da<:{uel était pratiqué un large escalier d^^oniat a*Mnès i la t^^oia.
Entre le quii sj^'ên^eor et h grande muraille qui délenJiit le p«:rt <e tr>^v:iie:it. entre les doubles ran<;ées de c.*les et derrière eJes, d lutres grandes salles et 'des lo'Cenier-U- A'ix anx'.^ est et ^ud-ouest se trooraient deux «tiii^es {:«ira:isa:it aif<vir été des temples, et dont l'unêuit onie d^ colociies do'it les d^ébris gisent encore sur le soi- Au sui-oest. d-erriêre les migasins, étaient des ch-icUffs et d*s jtel:«ers bi- îs sur des citernes. Des b£<:<i.r:s. ser«i:it s^iïis d^uce au radoub, se troaTaioit aussi de ce cOie.
L:re b^Ile r«:-rte nioaiiaieclale, décora de c>>lonnes, doti-JLiiî tssie de rirsccil sur li camp-ude.
Les d*is ie nuxisius qui s'êten'ijLLea.t à droite el à giuobe du i>?rt s'i;çu)^et:l, du ci:te de la mer. sur ùa tort. L u:v d^^ ces :'>rts, richeoiea! *>rnê de sculptures à r:a:erw,ir. eîiit en urèiue terups ua teflirle. Entre ce Ictv.f le et deu\ airtres forts, relises p;r une o:urtine qui ^el^xati^Kl sur ucl : c^ à :i5 ni-îr-s ce là, se trouTait reiîlree du rort. la luCle i?a;ssjL::î. à ii-^les courbes, 3tche>JtU d ctivlcre le port du côce du a-^rd-ouest.
U uvHiS reste à por-e r du ra.a:s de iiTirraL € Il se Cv^vix'sait d uu cc-tt> de lo^is iTiiiviidl Âiaquê de six tvHirs rvHvIes et de ^juxtre b.iS£:oc:s oa tVrts iiteraux.
♦ le vVîTW prux*:;aL vxsie p.»riIlclKrj:rL!îie irrêgulvci\ ^viixU ui:e tour rocxie à cài-^ie liv-*? extérieur, lo vvuîî>^ ^^A,t tttte 5oar nvtav^irli re sur la:[uelle donli^issU toutv*^^ ies bvU'^de porc^s et de tVficCrvs des diflë-
GARTHAGE 247
rentes salles de Tédifice. Tout autour de rinlérieur de cette cour régnait une galerie à piliers supportant deux étages de voûtes.
« Au nord du palais, une grande porte surmontée d*un large balcon, et protégée par deux tours engagées, pareilles à celles des angles extérieurs, s'ouvrait sur un bassin réservé à l'amiral ou au service maritime, enclavé dans le port, avec lequel il communiquait.
« A l'opposé, au sud, une avant-cour précédée d'une haute porte fortiûée et appuyée sur deux tours rondes semblables aux autres, était protégée par des murs crénelés et engagés dans la façade du palais. De cette porte on débouchait sur un embarcadère large et aboutissant à un terre-plein, langue de terre, ou taenia, qui établissait une communication entre le palais, le fond du port et la ville.
« A Test et à l'ouest du palais, deux forts bastions aux angles arrondis extérieurement comme ceux du port l'étaient intérieurement, faisaient annexe à l'édifice. Ces deux bastions se composaient d'une large courtine à trois faces, portée en dedans sur voûte et piliers. Une cour faisait le centre. Sur la courtine ou plate-forme crénelée autour, étaient sans doute les machines de guerres
([ Deux fortins carrés, têtes de môles, un peu moins élevés, précédaient les bastions du côté de la haute mer, et de leur face antérieure partait le petit môle qui isolait le bassin réservé de Famiral.
« Le pied des gros murs, tant de Tédifice principal que des dépendances, était séparé de TËuripe par un quai continu, au sud-est et à l'ouest, recouvrant des séries de citernes parallèles. »
Les salles qui se trouvaient dans les angles du palais étaient rondes et voûtées en coupole. Les autres salles étaient rectangulaires, arrondies aux angles et voûtées en berceau terminé par deux culs-de-four. Les salles étaient dallées. Des escaliers en spirale, pratiqués dans
2i8 LES TILLES RETROUVEES
les toars oa dans Tépaissenr des murs donnaient accès aux étages supérieurs.
« L'aspect d*ensemble de ce monument, dit M. Daux, derait être très sévère. C'était en réalité une forteresse plutôt qu'un palais. On voit que la préocupation dominante de ceux qui TaTaient édifié avait eu pour objet une solidité à toute épreuve alliée à tous les moyens de défense que le génie 4ies fortifications des temps antiques avait pu suggérer. Les murs extérieurs, en effet, étaient d'une grande force de résistance, surtout dans le bas au-dessus des eaux, là où un bélier d'attaque installé sur des navires ou radeaux ennemis joints ensemble, aurait pu les battre en brèche. Le vide des cages d'escaliers, si exigu déjà, est en vertu de ce principe, et par surcroit de précaution, tout à fait nul en bas, car là ils prennent issue par la cour intérieure, traversant les massifs qui séparent les salles, et ne se rapprochant des murs extérieurs que vers le haut, hors de toute atteinte des béliers. La grande élévation des murailles en rendait l'escalade dangereuse et difficile : dangereuse parce que les assaillants se trouvaient de tous côtés exposés au tir des créneaux, qui les prenait dessus, devant et en face, et du saillant des tours, qui les découvrait de flanc ; difficile, par la raison que le pied des échelles ne pouvait être que sur des navires que la mobilité de Teau rendait instables. De plus, ces murs extérieurs n'offraient pas de prise par les baies de fenêtres, les salles prenant leur jour par la cour intérieure.
« Cette vaste contruction, massive et sévère; ce rare et presque sauvage décor architectural; ces grandes salles nues, à peine éclairées par un jour parcimonieux, à l'aspect sombre et imposant, sous les voûtes desquelles la voix devait être retentissante; ce manque complet de tout marbre, de tout slucage, de toute répartition dont les détails facilitent la vie et adoucissent le travail quotidien; tout cet ensemble fait évidemment remonter la fondation de ce monument à une haute
GARTUAGE 249
antiquité, quelques siècles sans doute avant celui de Garthage, qui, lui-même, existait déjà, d*après des documents certains, il y a vingt-trois siècles.-
f Telles, ou à peu près, devaieut être ces places fortes, ces châteaux, dont il est parlé dans la Bible, au temps où le peuple élu pénétrait eu masse et le glaive en main sur la terre promise par le Seigneur, sous la conduite de son audacieux chef, Jésu ou Josué, quatorze siècles avant notre ère. »
Nous ne quitterons pas Utique sans mentionner un petit édifice que M. Daux a retrouvé et qu'il suppose avoir peut-être servi, autrefois, aux « transmissions télégraphiques ». Celte hypothèse n'est pas aussi extraordinaire qu'elle pourrait le paraître à quelques lecteurs. Si ces appareils qui, à l'aide de 1 électricité, transmettent instantanément à d'énormes distances, non seulement de courtes indications, mais jusqu'aux discours politiques qui occupent plusieurs colonnes de nos journaux, sont d'invention toute récente; en revanche, l'art de transmettre la pensée à distance au moyen de divers signaux remonte aune haute antiquité.
Polybe décrit avec détail Je système de transmission télégraphique le plus parfait à ses yeux, système inventé par Cléoxène et Démoclite, puis perfectionné par les Romains.
Les lettres de l'alphabet étaient réparties en cinq classes et inscrites sur autant de tablettes dont les quatre premières recevaient chacune cinq lettres, et la cinquième quatre seulement. Voulait-on correspondre? au-dessus d'une palissade à hauteur d'homme, et jouant le rôle d'écran, on élevait deux fanaux. Le préposé à la station suivante en élevait deux de son côté, pour montrer qu'il était prêt à correspondre. On élevait alors audessus de la palissade de la station de départ et du côté gauche, un, deux ou cinq fanaux, suivant que la première lettre du premier mot qu'on voulait transmettre se trouvait sur la première, sur la seconde ou sur la
Et tout d*abord, quel était ce système adopté par les anciens pour la fortification de leurs villes ? Un ingénieur grec, le seul dont les œuvres soient venues jusqu'à nous, Philon de Byzance, va nous permettre (le répondre a cette question.
A une assez grande distance du rempart principal, dans une zone large de plus de 160 métrés, on enibuissait des poteries vides, posées debout, et bou* cliées seulement avec des algues. Le terrain ainsi miné supportait aisément le poids des hommes, mais il s'effondrait sous celui des machines de guerre. L'ennemi se trouvait ainsi retenu à une grande distance, pendant un temps plus ou moins long.
Celte difficulté surmontée, il arrivait à un premier fossé derrière lequel s'élevait une levée de terre et une palissade. Cette première ligne prise d'assaut, le fossé comblé et le terrain nivelé pour que les machines de guerre pussent approcher, les assaillants se trouvaient en face d'une seconde ligne de fortifications exactement semblable, et tout était à recommencer.
Ce n'était pas tout encore. Un nouveau fossé s'ouvrait à 40 coudées en arrière; derrière ce fossé, une nouvelle levée de terre, mais revêtue cette fois de parements en maçonnerie, et constituant ce qu'en termes de fortification on nomme un avant-mur; à un pléthre (50 mètres environ) en arrière et dominant le tout, s'élevait le rempart proprement dit.
Telles étaient dans leurs lignes générales les fortifications de Carlhage; la comparaison avec d'autres colonies phéniciennes où ces divers ouvrages sont encore visibles, et plusieurs autres arguments le prouvent assez. Nous ne pouvons les exposer ici. On les trouvera tout au long dans le savant et intéressant mémoire de M. Graux, auquel sont empruntés tous les détails qui précèdent et ceux qui vont suivre. Remarquons seulement que le rempart, l'avant-mur et les défenses extérieures constituent bien un triple rempart.
GARTHAGË 253
Arrivons au mur proprement dit. Nous n*ayons que peu de choses à en dire. Ce mur, nous le savons déjà, était creux. Au rez-de-chaussée se trouvaient les écuries des éléphants et très probablement aussi, en dépit d'Appien, celles des chevaux. Les logements de la garnison et les magasins occupaient les deux étages supérieurs. Un parapet crénelé et un toit couronnaient Tédifice. Au-dessous on avait creusé des citernes. Ce sont ces citernes que M. Beulé déblaya et qu'il prit pour les chambres de la garnison.
L'existence de ces citernes sous les fortifications de Garthage n*a rien qui doive surprendre; on en a retrouvé de semblables sous les murs des autres villes phéniciennes de l'Afrique septentrionale. Tous les édifices puniques, monuments publics ou maisons particulières, étaient de même bâtis sur des citernes. Les rues de Garthage, nous l'avons déjà dit, étaient dallées. Ge n'était pas dans un but de propreté ou de luxe que les Phéniciens, si négligents en matière de voirie, avaient adopté pour leurs chaussées un revêtement aussi coûteux. Ges dalles empêchaient l'eau des pluies de se perdre dans le sol et la conduisaient par divers canaux dans d'immenses réservoirs publics creusés sur plusieurs points de la ville. Recueillir et conserver l'eau des pluies était en effet pour les Garthaginois une question de vie ou de mort.
Jusqu'au jour où un aqueduc fut construit, l'eau des pluies, conservée dans des citernes dut suffire à leurs besoins, et ce n'est pas un de nos moindres étonnements de voir qu'une ville de cette importance se soit développée loin de tout cours d'eau.
Ce qui nous semblerait aujourd'hui un obstacle à peu près insurmontable ne paraît pas avoir jamais arrêté les Phéniciens lorsqu'ils choisissaient l'emplacement d'une de leurs colonies; beaucoup de leurs villes se trouvaient dans la même situation que Garthage. « Les habitants, dit Strabon, en parlant de la ville d'Arad, boivent de l'eau
de pluie conservée dans des citernes ou de Teau qu'on fait venir de la côte opposée. » Une source jaillissait à peu de distance au fond de la mer. En cas de besoin, des plongeurs descendaient une cloche de plomb qu'ils appliquaient sur l'orifice de la source, et un tuyau de cuir amenait l'eau douce à la surface. Tyr n'avait même pas celte ressource. Que l'eau des citernes vînt à s'épuiser, la partie insulaire de la ville n'avait qu'un moyen de se procurer l'eau : c'était de la faire apporter dans des barques qui l'allaient chercher au contaient.
Toutes les citernes, puniques ou romaines, sont bâties d'après un même principe. Diviser la masse de l'eau de manière à pouvoir nettoyer les réservoirs sans interrompre le service, tel est le but que se proposaient les architectes qui les construisaient.
Les citernes puniques se composent invariablement de une et souvent de deux rangées de longs bassins parallèles à parois très épaisses et voûtes en berceau plein cintre, le tout en blocage. Celles de Garthage, d'Utique, d'Hadrumète et de bien d'autres villes, forment un vaste parallélogramme. Des galeries couvertes, qui s'élevaient jadis au-dessus du sol, abritaient contre les ardeurs du soleil les habitants qui venaient journellement en ce lieu puiser l'eau nécessaire à leur consommation. Elles augmentaient aussi la fraîcheur des eaux sous les voûtes inférieures.
Les citernes de Garthage offraient ceci de particulier qu'aux quatre angles du parallélogramme, ainsi qu'au milieu, se trouvaient six filtres circulaires recouverts par autant de coupoles « dont l'effet gracieux rompait à l'œil la monotone uniformité des extrados de voûtes en berceau. » Du fond de ces filtres partaient des conduits en maçonnerie qui distribuaient l'eau sur les différents points de la ville. Des robinets en métal ou, à une époque plus ancienne, en pierre de taille, permettaient d'interrompre et de rétablir à volonté le cours de l'eau.
Toutes les citernes n'étaient pas aussi vastes ni con-
GâRTHâGE 257
çues sur un plan aussi compliqué. Celles notamment que les Carthaginois établissaient dans leurs propriétés rurales, avaient une forme beaucoup plus simple bien que tout aussi caractéristique. M. Daux a eu le bonheur de retrouver une de celles-ci à peu près intacte. Elle se composait de deux bassins ronds, creusés l'un à côté de l'autre au milieu d'une plaine. Nulle voûte ne les couvrait. Le plus grand de ces deux bassins avait une profondeur de 7 à 9 mètres; le second était plus profond mais aussi plus étroit. Une fente verticale de 40 centimètres de largeur, et que l'on bouchait avec des planches ou auti'ement, mettait les deux bassins en communication l'un avec l'autre; une margelle assez élevée entourait l'orifice de l'un et l'autre bassin. L'eau qui alimentait ce réservoir était celle que les orages versaient à torrent sur la plaine voisine; elle pénétrait dans ce réservoir par des trous percés au niveau du sol, à travers la margelle. L'eau qui se précipitait ainsi dans le grand réservoir entraînait avec elle une grande quantité de sable, de feuilles et de détritus de toute nature. Toutes ces impuretés se déposaient peu à peu, et au bout de quelques jours l'eau était redevenue pure et limpide. On ouvrait alors avec précaution la communication entre les deux bassins et l'eau s'écoulait du grand bassin dans le petit, qui jouait ainsi le rôle de filtre. C'est dans ce petit bassin, qu'à l'aide de sceaux en cuir, on puisait pour abreuver le bétail.
Du côté opposé au filtre se trouvait un grand bassin carré couvert d'une voûte formant plate-forme; c'est un second filtre ajouté à l'époque romaine à la construction priniitive; la voûte gardait l'eau plus fraîche. La communication avec le réservoir était établie, non plus par une fente verticale, mais par une série de tuyaux en terre cuite traversant la paroi et disposés les uns au-dessus des autres de demi-mètre en demi -mètre. On les bouchait au moyen de tampons. On pouvait ainsi décanter l'eau d'un bassin dans l'autre sans agiter la
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«-ut loac w */«rtB .a-v-ri^ spéciale aux Libyens ■tto- ^ TBinnau^ aiea-p«^ {« Carthaginois em-
plojaîent (encore dans leurs échanges des rondelles de cuir portant l'estampille de l'Ëtât, et qui jouaient à. peu
Homiaiss carlhaglnaiscs.
près le rôle de notre papier-monnaie. Inutile de dire qu'aucim spécimen de ces antiques billets de banque ne s'est conservé jusqu'à nous.
900 LES VILLES RSTROOVÉES
Si les monnaies puniques trouvées jusqu'à ce jour sont de style grec» en revanche les ex-voto sont des monuments purement carthaginois, partant plus intéressants pour le sujet qui nous occupe, a Les stèles votives carthaginoises, dit M. BergerS se ressemblent toutes. » Ce sont des pierres de trente à cinquante centimètres, terminées en pointe. Souvent deux acrolères leur donnent à peu près la forme qu*afTectent un grand nombre de nos tombeaux modernes. L'inscription votive occupe la partie inférieure de la stèle. Le haut est réservé à diverses représentations figurées qui constituent peutêtre le principal intérêt de ces monuments.
Le symbole le plus fréquent est la main ouverte et levée vers le ciel. C'est la main du dieu qui bénit. Parfois cette main est accostée de deux oreilles. D'autres fois, le pouce de cette main offre un développement démesuré, pour signifier la puissance du dieu. Sur une des stèles rapportées par M. de Sainte-Marie, et qu'on peut voir à la Bibliothèque nationale, est représentée une bouche. Ces emblèmes rappellent tout naturellement la formule qui se lit sur un grand nombre d'exvoto, et qui est toujours sous-entendue dans les inscriptions où elle ne se trouve pas : « Parce qu'il a entendu sa voix, qu'il le bénisse, v
Quel dieu représentent ces symboles? Est-ce Tanit? Est-ce Baal-Hammon? On ne pourrait répondre avec certitude à cette question. D'autres symboles également fréquents sur les monuments puniques peuvent heureusement être expliqués à coup sûr. C'est ainsi que le bélier représente Baal; le disque de Vénus surmonté d'un croissant, Tanit.
Une autre stèle publiée en 1872 par M. Euting dans les Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, re-
1. Lei ex-voto du temple de Tanit. — MM. S. Rcinach et Babelon envoyés récemment en mission à Tunis ont fait de nouvelles fouilles sur l'emplacement de Carthage et ont notamment mis au jour un grand nombre de stèles funéraires (1884).
présente la déesse debout, vôtue d'une robe qui laisse voir les pieds, la main droite levée, la main gauche portant un enrant dans ses langes. A droite et à gauche,
sur les acrotères, on voit le croissant surmontant le disque de Vénus. Cette composition présente cela de particulier qu'elle est en relief, au lieu d'être simple-
ment gravée au trait, comme le sont généralement les monuments du même genre.
De tous les emblèmes de Tanit, le plus fréquent sans con^edit est une sorte d'hiéroglyphe représentant la
Sri us fUIES lETBOCTÉBS
iil ^lui:^. m. ils d'usé £i^>a s mdimenUîre en général, 'Ç'i'ca 1 «^^ Li r*r:n-^. dit M. Ber?*^. même en le sachant, a y T'. :r un^ :•: rme humaini?. On dirait ime figure géoîri-Hri r->?- L c>fi «t r«?n pourtant ; c'est un personnage ^4cu d '-iiié r.'h»»* et q^xii lève le$ mains Ters le eiel-
D. y a >ii!^ U chirr-ente de ce manneqnln une préocn;,iL : a synibol: yie évidente. Les bras et les jambes ne ^•rnl i:pi-* dr» arren*i:ces insignifiants. La tète même n'ést le pl'js souTent qu'un simple disque. Toute l'importJn-re de ce p^rs'kcn.*^ réside dans la forme trîanc-ili-r»? d^ s«?n con:t< ou de sa robe. L'explication nous en e>t doonet? p.ir Tirite. qui dit. en parlant de la Vénus de Pirh«>s : < La dresse n'est point représentée sous la ÉZ'^ire humiiae; c'est un blt^c circulaire qui, s'élevant «Hi c'ne, diminue graduellement de la base au sommet. La ni son de cette forme est ignorée, t
L'embl-me punique ne jetle-t-il pas à son tour quelque lumière sur cette question que Tacite ne pouvait résoudre? N'est-ce pas dans quelque antique légende déji oubliée au temps du grand historien romain, légende que nous ne connaissons pas, mais que nous connaîtrons peut-être un jour, qu'il faut chercher l'oricine du cône de Paphos et du monogramme, qu*on nous piisse l'expression, par lequel les Carthaginois représentaient Tanit?
Dans les dirers ex-voto que nous Tenons de passer en revue, nous n'avons observé que des représentations plus ou moins symboliques de la divinité. D'autres stèles se apportent au culte rendu à ces divinités. On y voit des animaux et des plantes : Téléphant, la colombe, le cygne, oiseim consacré à Vénus et le grenadier du culte d'Adonis. Malheureusement, ces monuments sont en trop petit nombre et n*ont pas été jusqu'ici, faute d'éléments de critique, suffisamment étudiés pour qu'il soit possible de les expliquer avec quelque certitude.
Tne dernière catégorie de stèles votives, celle qui
CàRTEAGE S65
offre le plus grand intérêt pour l'archéologie, nous fait pénétrer dans l'intimité de ces anciennes générations. On y voit un reflet du commerce et de l'industrie phéniciens. Ces stèles représentent soit l'offrande elle-même, soit un objet caractérisant la profession de celui qui faisait cette offrande. Les Carthaginois étaient un peuple de marins. Aussi trouvons-nous d'abord toute une série d'emblèmes maritimes qui font penser aux
stèle de H. Euling.
petits navires que nos marins suspendent dans les chapelles de la côte pour accomplir un vœu fait en un jour d'angoisse.
L'une de ces stèles, malheureusement en fort mauvais état, représente un navire entier. La poupe est arrondie et assez élevée, le mât ne porte pas de voiles; sur le côté se voit un objet assez difficile à préciser et que M, Berger suppose être un gouvernail. L'avant est cassé. Un autre monument nous montre seulement la
!M LES mLES BBTBODTfiES
proue d'un vaisseau. D'autres, en très grand nombre, portent des ancres, des gouvemails, etc. Les armes sont plus rares; citons cependant un palmier entre deux piques que l'on peut voir sur une des pierres échappées
U Bélier (Bail).
au désastre du Magenta. Encore ces piques ne sont-elles pas des armes mais des enseignes analogues à celles des armées romaines, comme le montre le double rendementqui sevoit au-dessous du fer. Mentionnons encore une panoplie remarquable surtout en ceci : que la forme
CARTnAGB M7
conique du casque qui la Bunnont& prouve que le casque célèbre trouvé sur le champ de bataille de Canues et qui a cette forme appartenait bien à un des soldats d'Annibal.
En somme toutes ces découvertes soni peu de choses et il n'est pas à croire que des fouilles nouvelles puissent ajouter des pièces importantes à celles qui ont été
réunies jusqu'ici. M. Duruy a résumé l'impression que donne le résultat si maigre des recherches faites à Carthage, en ces termes r » Que l'on compare, dit-il, ce qu'il est sorti de monuments précieux de la petite ville de Pompéi avec ce que nous livre le temple de Tanit, et quelque grande que l'on fasse la part des profanations et du pillage, on n'échappera pas à la pensée que les
iSIt LZ5 *ILLB UIHUUfîlS
'lorliaiEiiois. maiyrii fe ï'^^^?i^J^e ite la Seile. n'ool eu ni in >rr znséi>îr. >
■ r-st ;« liie .:'inr:usiim nttî. ffli ulTet. s'inrpose assez tiii-vm-"!!! i 1' -spr.L II ne faut p;is c^pewlaBl que eetle iiiee ie .' ùiïi:ii''e i' m irt satuaui soit atidsïiif decelle ■i m -ton •ii.'r^mv. l^ (ttnumpasvs àe 1 utiqnîlê tout rHiiiere t^mt '.a aoiir iffinner ^wt ta ne des frandes fa- 3ui.ea -:ar'!iu:r:iDit^i» -^'.jit VaistiïXi la plie sompbKU- «meat riiîiiwM pua pàt rè*er alors. Ilaalwrt. ea s'entourint ie tuu» les r^nseùnenieoU aotbenliqiKs. en a tnce. ûnsioar-imaa ieSoùxmittÂ'i.uatableaaqu'oaprat
ct.'csM'eri'r t.i: :l'~iî u:^e restiiriùoo sarEsaminrat exacle. U a b^-;a [ii'C.:r^ c^t'.e sçi^c-ir^or mMisInieiise. à la fois ^'s«>rr» et delL^sU. ci;::c: i^uoe de marchand, mêlée à h 3:;*t :'i# îJitîritL.a ie l'i-VienUl ; il n'a pas craint d't!îi>r U" liej.ji-Jtu-ect fOJTenl criard de U richesse nr:it;r.vKt aviju.ie, dewnî^* arec profusion, la ran::^ e<<te::ri:.'iiv tiervtte p> ruialion de marchands, de f]Vi-uli:;ur> <;ui ai'h:ti:^3i (oui. même leurs soldais, tt:^:;;e Icars artiste*, n-.-?nie leurs di*ui..., seulement <:«ux-ci n'ji>.'i.vptj;eat en piyeiuent que du sang humain.
CJIRTUAGE
Les lions crucifies qu'un artiste nous a montrés sur le chemin des mercenaires se rendant à Carthage sont un symbole de la puissance de cette ville. Elle était assez forte pour enchaîner le roi des déserts. L*or faisait plus que le courage. Mais aussi cet or qui dominait les
Charrae.
forces brutales de la nature, cet or que le va-et-vient du commerce accumulait sur ce point de TAfrique si admirablement choisi au centre de la Méditerranée, cet or était en même temps le lien pacifique des peu-
Chariot.
pies, le grand propagateur de la colonisation, de la civilisation, du progrès.
Encore une fois, cest par là surtout, par ce rôle égoïste» c'est vrai, mais aussi toujours utile, de pourvoyeurs du monde ancien que les peuples phéniciens ont
rm us
drwt à la mmiuiiM i fe de MûdMie. D dfmaHMJfr m pins m astre diose qae ce qvlis ant été. Us forent des aurdiaiids, des trafiquant», uiutiit des soldais, jaioais des héros. S Tini des grands noms qui S4Mit restés dans la mémmre des hommes, œhn d*Annibal, est wi nom carthaginois, on est lenn de reconnaître que ce général ne dot jamais ses succès à la Taleor dn peuple poor lequel il combaltiL Carth^e se défendit arec le sang des autres. Elle eut loutau plus Torgueil d'une belle défense et d'une belle morU Mais pour les peuples, comme pour les hommes, saroir mourir rachète bioi des fautes. El tant pour l'immense déreloppement de sa grandeur, que pour le sombre éclat de sa fin tragique le nom de Carthage est immortel.
Quittons maintenant TOrient, où nous sommes restés jusqu'alors, et que notre Odyssée, comme celle d'Ulysse, se poursuive jusqu'en Occident et aux rives fortunées de ritalie. Ici ce ne sont plus des civilisations antiques, douteuses en quelque sorte, et plus imposantes par leur masse qu'intéressantes par leurs détails, que nous allons rencontrer. Ce sont nos sœurs aînées, la Grèce et Rome, qui, dans les champs où nous abordons, ont vécu ensemble et se sont données la main.
Cette heureuse terre, Campania felix^ eut cette destinée de servir de trait d'union aux peuples de l'Orient et de l'Occident. Grecs, Africains et Italiens unirent là et confondirent leurs aspirations et leurs goûts. Le pays de Naples, « ce doux coin du ciel tombé sur la terre », fut toujours envié ou regretté de ceux qui l'avaient vu une fois seulement. Encore aujourd'hui, c'est un proverbe italien : « Voir Naples et mourir. »
Tout y était fait pour la vie molle, insoucieuse, épicurienne. Là une civilisation à son enfance devait mettre son Éden : c'était là, d'après Homère, que les fleuves de lait coulaient dans les prairies. Là surtout une civilisation à son déclin devait porter tout l'effort de son luxe, se bercer mollement au doux balancement
h'jrrfzs^ ZL \ r*riîs ZjIC ^'jzs. rêr* zi±ii-
Cr::*ersiài:L U f-'i^ltc de «êî:e lierre où I-es tîHi^ \^ tr>jrj* et leî t;:I>^ 5e f-ressiienî l'un rt!:'^* li-^îre» où i-is àic^teurs et Ie5 kîlrès de la cs^itiJe Trcaîeîz.1 s« Tr^ii^T de leurs falii^ies, et quebrucf : is atirn^ine li Li.rt dir.i le cil:£.e et le ref^js de la nîtur^. cette félicité, dîi-je, n'était peut-être qu'apparente. Il y aiait deux ennemià cachés qui gnettjiient cette riche proie, et ce coin de para-iis n'était pas loin d'une des bouches de lé nier.
U y avait là. disons-nous, deux périls grares : on pou- Tûit craie ire l'eau et on pouvait craindre le feu. Ce sont les d*^ox ennemis que l'Italie redoute : Feau qui enTalitt et transforme en marais puants les riches plaines couTertes de moissons; le feu qui mine, éclate, brùle, éloufîe.
L'envahissement de l'eau était peu à craindre au moment où Romains et Grecs mêlés habitaient cette côte. Nous savons qu'elle avait été colonisée par les Étrusques; habiles à dessécher et à cultiver, ils avaient par des travaux séculaires établi la sécurité dans la plaine. U n*a pas fallu moins que des milliers d*années d^abandon pour que le travail ancien fût perdu, et pour que nos yeux aient le triste spectacle qui frappe maintenant dans ces plaines :
c Aujourd'hui, Baïa, le délicieux séjour des nobles romains; Pt-estum, avec ses champs de roses, tant aimés d'Ovide, tepùUrosaria Pœsti; la riche Capoue, et Gumes, qui fut un temps la plus puissante cité de Tltalie, et
Sybaris, qui en était la plus voluptueuse, sont au milieu d*eaux stagnantes et fétides, dans la plaine fiévreuse, fehhroza, « où Ja terre pourrie mange plus d'hommes qu'elle ne peut en nourrir ». Les miasmes pestilentiels, I4 solitude et le silence ont aussi reconquis les bords du golfe de Tarente, 190 kilomètres de côtes; dans le Latium, 150 kilomètres carrés de pays furent abandonnés aux influences délétères ^ »
Mais, nous Tavons dit, ce danger qui nous apparaît maintenant dans une si triste réalité, était conjuré, aux temps anciens, rien que par le soin avec lequel étaient entretenus les premiers travaux d'assèchement.
L'autre péril que nous avons signalé, le feu, était totalement oublié. A cet égard, on vivait dans une sécurité parfaite ; les villes, les villages, les riches maisons de campagne s'entassaient, se pressaient sur les bords de la mer, au pied de la montagne. Des populations actives, industrieuses s'agitaient comme les abeilles auprès des ruches et tiraient parti de la situation exceptionnelle de la contrée: plus de 40000 âmes à Pompéi, partout, à Herculanum, à Stables, à Stola, à Veseris, à Sorrente, sans parler de Naples, une population dense de commerçants, de marins, et de villégiateurs qui vivaient sans autre souci que ceux de la vie présente et sans l'appréhension du terrible réveil qui les menaçait.
Strabon, géographe observateur, qui visita cette région quelque temps avant la catastrophe, s'écrie : (( C*est le plus heureux pays que Ton connaisse I » et il ajoute avec insouciance en parlant du volcan éteint : c Au-dessus de ces lieux est situé le mont Vésuve, entouré de toutes parts de campagnes fertiles, mais dont le sommet presque plat est entièrement stérile. Son sol, à la surface, a l'apparence de la cendre, et on y retrouve l'entrée de cavernes profondes qui s'ouvrent dans tous les sens ; les pierres paraissent, à leur couleur noire,