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«76 LES TUES REIROntES
aroir été brûlées par le f<ni, fellemtat qa*il y a lieu de conjectorer que, dans Tantiquité, cette montagne fat un Tolcan qui s'at éttîml faute d^alimenis. •
Strabon ne se doutait guère, et les habitants dn pays pensaient moins encore que ce Tolcan se rallumerait un jour et que ces laTcs refroidies auxquelles ils attribuaient la fertilité de leurs champs, n'étaient que les précurseurs de celles qui devaient les enseTelir bientôt sous leur épouvantable déluge.
Bien des symptômes menaçants eussent dû cependant tenir leurs esprits dans une anxieuse et perpétuelle attente. A lui seul, Tancien nom du pays eût suffi. En effet, si la proTioce entière s*appelait Theureuse Gampanie, la partie qui avoisioait les bords de la mer avait été autrefois désignée sous le nom de champs de flamme: campi phlœgrœij et Diodorede Sicile nous apprend que ce nom avait été donné en souvenir des feux que le Vésuve lançait autrefois comme TEtna et dont les traces subsistaient dans tout le voisinage.
C'était là encore que la légende plaçait le lieu de la lutte des Titans contre les dieux; ils avaient voulu, disait-on, escalader TOlympe, et l'Etna lui-même n'était rien autre que le tombeau sous lequel l'un d'entre eux vomissait sa rage et son haleine enflammée contre le ciel; quelle autre allégorie que celle des volcans en éruption se cachait sous cette ancienne légende?
C'était là encore que vivait autrefois ce monstrueux Cacus dont la massue d'Hercule avait pu seule débarrasser la contrée. La longue troupe de bœufs emmenée par le héros hors de la caverne du monstre, qu'était-ce autre ciiose que la fertilité et les gras pâturages rendus à la région* après le dessèchement de quelque horrible maremme?
Non loin de là on rencontrait le cap Hisène, que la moridePalinure avait rendu célèbre; et en faceCaprëe, où le sombre tvran Tibère avait cherché la solitude; Puteoli, au nom sinistre ; Baia, réputée par ses eaux ther-
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maies a également propres, dit Strabon» au pur délassement de ceux qui s*y baignent et à la guérison des malades », mais, à coup sûr, indices significatifs de la nature volcanique du terrain ; plus haut enfin, nous Tavous dit déjà, s*ouvrait horriblement une des bouches de Tenfer : c'était le lac Averne, au-dessus duquel les oiseaux ne volaient pas impunément « quem non impune volantes »... Sur ses bords, d*après la tradition, avait eu Heu révocation des mânes par Ulysse, et là avait parlé Toracle des morts : « Âujourd*hui, ajoute encore Strabon, que la forêt qui obombrait les contours du lac Aornus a été abattue par les ordres de Harcus Agrippa, que les arbres ont été remplacés par un grand nombre d édifices et que Ton a vu percer la route souterraine qui conduit de l'Aornus à Cyme, le mythe est dévoilé. »
Certes, le scepticisme de siècles plus avancés pouvait se railler élégammment des anciennes légendes; mais l'attention des hommes ne devait pas se détourner de l'observation des phénomènes dangereux que le mythe — dévoilé maintenant — avait signalés autrefois. ,
Ce n'était pas assez des anciens récits et des vieux noms, traces confuses de souvenirs à peu près effacés ; la terre elle-même, dans les derniers temps, plusieurs fois avait parlé. Des secousses plus ou moins violentes avaient remué le sol de la Campanie. On commençait même à s'y habituer, et Pline le Jeune lobserve.
Le 5 février de l'an 63, un avertissement plus terrible encore avait été donné. Sénéque dit : « Pompéi, ville considérable de la Campanie, qu'avoisinent d'un côté le cap de Sorrente et Stables et, de l'autre, le rivage d'Herculanum, entre lesquels la mer s'est creusé un rivage riant, fut abimée par un tremblement de terre dont souffrirent tous les alentours, et cela en hiver, saison privilégiée contre ces sortes de périls, au dire habituel de nos pères. Cette catastrophe eut lieu le jour des nones de lévrier, sous le consulat de Régulus et de Virginius. La Campanie qui n'avait jamais été sans alarme,
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Cécti 5. ts^ Le ir-ij^ie f il:î î i^n nwlleîcenl ouTcrt. Sans ^"^4? je v:'j:,tr t'i* *:iir^'r« re&ia bêimte aucune de ses Ka»:îie5 r«»i«: lui .f«* «fa atrirs* on devait soitîr que ciHi'ri»* 'icîse ■i'f 5*: cire «t de terrible se pn^iarait ii:s5 5ej iizcsw in»* ii:2s5e fécuntê n'en régna pas moins ^:fc::< iizs tjfjLt > T:.j5irir*- Le? Kaisons ruinées se rîlnîverecit nr •ifciec:; ie^ sur^es des dieux abattues rfcr-r*îi: Vf'-ir rlice et rrcôlrect, s'il en fut besoin, de r>:cTeuaï cric.rîs; les téz:r"es avaient été démolis: on 5e rr:î i les relf t^t str ôe n.-uTeaox plans et aTec un h:\* p>^ inr-'i ^z ,-:re : le f:rani de Porapei, qui axait si mverj^fnî sc-:T-rt, fil ret^ris et leconstniit sur de ncu^\fllet> bjtses* Le? e^iiles s^ji^eux profitèrent du désa>;re pvur i-i-îurer un aîî^r:eicent plus régulier; on 5e K.t à l\>a»rice a^ec ardeur, et bientôt il n'y parut plu$*
i^:x-s<rt ar.< n'éîi:er.î ras écoules, et le souvenir de ce jmii>l milheur nViisîJiît pîus guère que dans la mémvùre de qî;t'qu€s vieillards, porteurs de mauvais présages, qiund tout à coup, sur la fin du mois d août alors qu'une ch^Knir torriJe accablait hommes et animaux» au nùlieu dune de ces journées brûlantes, africaines> qui à cette è(s>que de l'année ne sont pas rares daus le sud de l'iLiIie, tout à coup im hideux nuage
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rougeâtre s'éleva sur rhorizon, et comme un immense pin, arbre de mort, couvrit les campagnes et les villes de son ombre. Les feux souterrains avaient enfin fait voler en éclat le couvercle qui les cachait depuis tant de siècles. Le volcan était rallumé pour ne plus s'éteindre.
Laissons maintenant parler un témoin oculaire de la catastrophe ; c'est Pline le Jeune : « Vous me priez, écrit-il à Tacite, de vous apprendre au vrai comment mon oncle estmortS aOn que vous puissiez en instruire la postérité. Je vous en remercie, car je conçois que sa mort sera suivie d'une gloire immortelle si vous lui donnez place dans vos écrits. Quoiqu'il ait péri par une fatalité qui a désolé de très beaux pays, et que sa perte causée par un accident mémorable, et qui lui a été commun avec des villes et des peuples entiers, doive éterniser sa mémoire ; quoiqu'il ait fait bien des ouvrages qui dureront toujours, je compte pourtant que l'immorialité des vôtres contribuera beaucoup à celle qu'il doit attendre. Pour moi, j'estime heureux ceux à qui les dieux ont accordé le don ou de faire des choses dignes d'être écrites, ou d'en écrire de dignes d'être lues, et plus heureux encore, ceux qu'ils ont favorisés de ce double avantage. Mon oncle tiendra son rang entre ces derniers et par vos écrits et par les siens, et c'est ce qui m'engage à exécuter plus volontiers des ordres que je vous aurais demandés.
(( U était à Misène, où il commandait la flotte. Le 25^ d'août, environ une heure après midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaires. Après avoir été quelque temps couché au soleil, selon sa coutume, et avoir pris un bain d*eau froide, il s'était jeté sur un lit où il étudiait. 11 se lève et monte en un lieu d'où il pouvait aisément observer ce prodige. 11 était difficile d obser-
1 . C'est Pline TAncien, ce célèbre auteur de YHistoire naturelle^ mort digne de lui, homme digne de mourir ainsi.
ÎZ5 TIZIS' imrCTEE?
^fT ûf j;ur o* r^'f-j* E>:ciir!>e sortait ce nuage;
r i'^^ruanif ic a àf'r./^n-fft- ifcas- q^ae c'était du mont ^^ftsr^f; Si Mr'îi»*' *TTr5«n:.i-* d'u:: iri>re et de celle £ UL 7«-r T. 2* ri»* ûf ::«i: i::r:^ ; c^r, a;: nés s'être élevé iir: liiu: :hî: :«/r3j* ô* :r:or, li c<rndiii une espèce de il— iL^f- jif n jn^hf^itt çi'ïL^ T«:t souterrain violent ji T«ni5R<;f^; ifij»:ri iif»i :Tr»rCi:«fi:e et le soutenait; Tfii.:*^ ^'1.: nu . -r::ii.<rf:^ i.zii-i'iiit peu à peu, soit que rsf i»iifei«f r^: if!i-is>^ i;ir s:c r<":v re E»:«;ds. on le TOTait * i'-.i.'T-r fc 3*f rtiii'U^ : il piriisiait tèiit«>t blanc, laoî.c mc^k r* fC ur.ic ôf i^T^fTsés c^xiseurs, selon qu'il <aL : 71 lii- r-jâirr^ :*l j* «îiir* :a de terre. Ce prodige iSL'7r\: 3»;ix /ii'r.hf, <:l: tQii\ très siTint, et il le crut c.i^it* £ ;?cr? «.JTi-Zïr ûf !-«> rc^fîS- 11 C4>nmiande que À <'a: XTcci*:; si in'^LZi l-t-ç^r^ -ei ry» liîs<e la liberté de if SOL *Tif. >* 1*^ rfÇ»;<L»i-> ^-f J'iimiis mieux étudier, «• r^ar tJîSLri. ii ni^-iii ô::ii:e lui-même quelque
t .« a'CTii..: ôf' ri>':'s I-:. «es îK^^^tttïS à la main. lorsque iir> ir,'«.TOî> je *i f»x;f rî: mi-mi à Ikèliaa. eflfraTées y««r ii fTKïïitf*-::* i- iir*r£r cjj <* Kvjrs est prêcisè- E:»f'2(: ^j: ii'.^f ie ^ jstjtf ii x: r» s'ea fouvait sauver que r»ir .êi 2:>fr . Tirr^f^t ie c:c'^r£r d* Touloir bien les «rir.*:r <*a sa ii^rvcx r*^ru- li De chin^rea pas de »*rsî^,î es >:c:r!«^.Tt:: iTS'«' :i3 crcrt^e héroïque ce qu'il X â«i;î ec:r:vcv< i iJrcci c"-^ wr sinirle curiosité. D ù:: ^«ii.r i^ pL.fcvsw Kr«.c::» I-Lr-ni-cnie dessus, et part ^&x::< je «ifssif.* ô»^ ^v:t ç:^1s s^^.cr? i-n pouvait donner r>.'a ^*^;*If•^-^:r■r.: i r»^:.r>i, rr.iîs à tjos tes autres bourgs li* <v:;;r c-JC;?» c-i >oc: ec mri nccib-re à cause de sa Ki'a*;;r. II 5*f rr^fîî?*^ i Arr.Ttr lu Lieu d\>ù ttMit le monde et ce liT i'kc\. rari:>5si;: r lus înn-i, mais avec une
tv',> !,"< r»;r d escr*.; »;u à zi-zts^r^ c.i'ii ar«enfevait queli^;>e u:c;*er-:«^r,: *'a %jjptl:--' f^-r>» ex*jrK>nimaire dans ce fr*A:,ce. u :*i;>vt:î m?s c::><r«iu.^:::s et les dictait.
4 lV;i sur ses vi.:>js<aui ^.li:: ii cenire. plus épaisse et p,*> c^a^.ie à cieî>anf »;u ils apf-nx'iidûent; déjà tom-
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baient autour d'eux des pierres calcinées et des cailloux tout noirs, tout brûlés, tout pulvérisés par la violence du feu ; déjà la mer semblait refluer et le village deve* nir inaccesible par des morceaux entiers de montagne dont il était couvert, lorsque, après s*être aiTêté quelques moments, incertain s'il retournerait, il dit à son pilote, qui lui conseillait de gagner la pleine mer : La fortune favorise le courage. Tournez du côté de Pompanianus. Pomponianus était à Stable, en un endroit séparé par un petit golfe que forme insensiblement la mer sur ces rivages qui se , courbent. Là, à la vue du péril, qui était encore éloigné, mais qui semblait s'approcher toujours, il avait retiré tous ses meubles dans ses vaisseaux, et n'attendait pour s'éloigner qu'un vent moins contraire.
(( Mon oncle, à qui ce vent avait été très favorable, Taborde, le trouve tout tremblant, Tembrasse, le rassure, l'encourage, et pour dissiper par sa sécurité la crainte de son ami, se fait porter au bain. Après s'être* baigné, il se met à table et soupe avec toute sa gaieté ou (ce qui n*est pas moins grand) avec toutes les apparences de sa gaieté ordinaire.
(( Cependant on voyait luire, de plusieurs endroits du mont Vésuve, de grandes flammes et ,des embrasements dont les ténèbres augmentaient l'éclat. Mon oncle, pour rassurer ceux qui l'accompagnaient, leur dit que ce qu'ils voyaient brûler c'étaient des villages que les paysans alarmés avaient abandonnés et qui étaient restés sans secours. Ensuite, il se coucha et dormit d'un profond sommeil; car, comme il était puissant, on l'entendait ronfler de l'antichambre. Mais enfin la cour par où on entrait dans son appartement commençait à se remplir si fort de cendres que, pour peu qu'il fût resté plus longtemps, il ne lui aurait plus été libre de sorl^ir. On l'éveille ; il sort et va rejoindre Pomponianus et les autres, qui avaient veillé.
(( Us tiennent conseil et délibèrent s'ils se renfermeront
:î»'^ ^- VT.-f.r liîZit im±^
ca:* li mai*»!»! ot itenconc u rarniJame: car '"^
(jjrfii r.tia 0£ sfc «;l.:*- m* crL-r;* scr::i:»i:ia l'autre; tlj-j -il: ift rLir^aii m :• Bî .«♦ne ltinij»f«rtâ snr la plus li-^.j*-- lii^ frwien! o mt « s* r.:»^rrf!nl Is lêle d'oreillers 4-iUi'*litîi 2T{^ o<« iij(»DCl»oj>- c^ lut loule is p>rêcauiioQ Çu Iii pr*renl c^Ltre «■ çiii Ic^mikii! d't^ hàuL Le jour rt^'-in.'.iDeD'/Lit ii Jfur^: iLiis dsiîs ie lien où ils èUienl <x»i.1^'i.£l;: lai l'm-î, U fli:* sc»i:^bi^ et la plus aflineuse de tout** \e< EL.l*, ^ ÇLii iiVtziit un pto dissif^èe que par h lueur d'an rrsojd D:»iiil>re de Cambeaux et d*aotres liiULit-res-
( «m irouTà lH>n de s'approcher du rirage et d*examiner •de pr«^ ce que la mer perroe llidl de tenter; mais on la trouva enc>ore fort grosse et fort agitée d'an vent contraire. Là, mon onde. a\ânt demande de Teau et bu deui (ois, se coucha sur un drap qu'il fit étendre. Ensuite des fiammc*s qui parurent plus grandes et one odeur de soufre qui annonçait leur approche mit tout le monde en fuite. H se lè^e, appuyé sur deux valets, et dans le moment tombe mort. Je m*imagine qu*une fumée trop épaisse le suiToqua, d^autant plus aisément qu'il avait la poitrine faible et souvent la respiration embarrassée.
« Lorsque Ton commença à revoir la lumière (ce qui n'arriva que trois jours après), on retrouva au même endroit son corps entier couvert de la même robe qu'il avait quand il mourut, et dans la posture plutôt d'un homme qui repose que d'un homme qui est mort. Pendant ce temps, ma mère et moi nous étions à Misène, Mais cela ne regarde plus votre histoire ; vous ne voulez être informé que de la moil de mon oncle. Je finis
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dane, et je ii*ajoute qu*un mot : c'est que je ne vous ai rien dit que je n*aie ou vu ou appris dans ces moments où la vérité de Faction qui vient de se passer n*a pu être altérée. C'est à vous de choisir ce qui vous paraîtra plus important. 11 y a bien de la différence entre écrire une lettre ou une histoire, écrire pour un ami ou pour la postérité. Adieu. )>
Pour compléter ces détails sur l'étendue et la nature du désastre, il nous suffira d'ajouter ici quelques-unes des observations que la science moderne a faites sur les plus modernes éruptions du Vésuve. Michelet les a résumées dans les premières pages de son Histoire romaine : « Herculanum, dit-il, est ensevelie sous une masse épaisse de quatre-vingt-douze pieds. Il fallut presque, pour produire un pareil entassement, que le Vésuve se lançât lui-même dans les airs.
(( Nous avons des détails précis sur plusieurs éruptions, entre autres sur celle de 1794. Le 12 juin, de dix heures du soir à quatre heures du matin, la lave descendit à la mer sur une longueur de 12 000 pieds et une largeur de 1500 ; elle y poussa jusqu'à la distance de 60 toises.
« Le volcan vomit des matières équivalant à un cube de 2804400 toises. La ville de Torre del GrecO, habitée de 15000 personnes, fut renversée. A dix ou douze milles du Vésuve, on ne marchait, à midi, qu'à la lueur des flambeaux. La cendre tomba à la hauteur de quatorze pouces et demi, à trois niilles autour de la montagne. La flamme et la fumée montaient trois fois plus haut que le volcan. Puis vinrent quinze jours de pluies impétueuses, qui emportaient tout, maisons, arbres, ponts, chemins. Des mofettes tuaient les hommes, les animaux, les plantes jusqu'à leurs racines, excepté les poiriers et oliviers, qui restèrent verts et vigoureux.
« Ces désastres ne sont rien encore en comparaison de l'épouvantable tremblement de terre de 1783, dans lequel la Calabre crut être abîmée. Les villes et les vil-
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POMPÉI ET HERGULÂNUH 285
postérieures du Vésuve, que celle dans laquelle périt Pompéi ait pu avoir un caractère aussi brusque; d*ailleurs, le petit nombre de morts trouvés dans les fouilles, et surtout Tabsence complète de cadavres dans Tamphithéâtre, mis absolument à jour, suffit pour infirmer le récit de Thistorien grec.
11 n'en est pas moins vrai que tous les habitants de la contrée furent saisis au milieu de leurs occupations habituelles et journalières; que, s'ils eurent le temps de se sauver, — au moins en partie, — ils durent laisser dans leurs demeures ce qu'ils avaient de plus précieux: argent, bijoux, statues des dieux, meubles de luxe, tout ce qu'on emporte dans les catastrophes de ce genre. On a remarqué seulement que, plus tard, des fouilles furent pratiquées pour rechercher quelques-uns des objets les plus sérieux. Probablement, plusieurs des malheureux fugitifs revinrent creuser quelque trou et percer quelques murailles, espérant rencontrer des débris de leur ancienne fortune; mais ces recherches n'eurent rien de général. Le gouvernement de l'empire, — Titus régnait en ce temps-là, — sembla d'abord s'intéresser au sort de ces malheureuses populations; on parla même de rebâtir les villes détruites. Mais la mort de Titus et peut-être la crainte de nouveaux désastres empêchèrent que ces projets fussent jamais mis à exécution.
Peu à peu l'oubli s'étendit sur la mémoire de ces villes qUe la cendre ensevelissait si profondément; c'est à peine si quelques curieux, dans l'antiquité, y firent faire des fouilles. A la longue, d'autres malheurs plus actuels et plus sensibles, l'appauvrissement de l'Italie, la ruine de l'Empire lui-même, enfin l'invasion des barbares, achevèrent ce que le temps seul eût sufG à accomplir: on n'y pensa plus.
A peine si le nom transmis traditionnellement dans la bouche des hommes du pays, quelque mention succincte reposant au fond des bibliothèques monacales,
2W L£S ^ILLL> Ëffnr.CTïîS
•)ii !a r?n«**mr7? tuis^rieiise d':ssL marbre, d'iiH bronze, dme pit^rre mi. ;iie Ur.e p«ir ici p^Tsan remuant la t'^rr^- p«Mivi.r-it ^af;>n? içcr^min» 3^1 mood^ que là,
1 ri^i rii*s Di»fî:s i.)«ià Le 5«>i, jisi>it to*jt entières des ¥:..»*:» I u i'.iiiîit rîf.^ rncii-» -t i.jfi-saates, et que quel- •ritsi <:;jiip'5 je b^:a«* su "ririi^nt à tirer de leur long
£»fS a>^!les i":ît!oiiIèr»*ïLt.
La l-V^'l, > £ îc^-^rTi'iiceîit nazolluin fît creuser un dxil p« «ir if*-i#-îr le Samo; il 5^ tn:»UTa qu'il traTerii.t ^ p^irt *?i pa-*t i'*i niln»*s de Pompeî- Pour l'civ c.i:ir. ix li..i:: à clLi*:'i-? insUnl percer des pans de niïri.^'». e*:artfr l«?* p'>ïT*»s de l'ancienne Tille. Qui eri^n^ q^e d-f p.irii.i-e< ren^roctres passèrent en queltj-ie 5.:rte ;r-j;*rr!'i-rs. et ip à une époque où Ton s'occamit 51 i^itiTemenî d'exh^ir^er les restes de la cifilisat:oii H ie;* ari5 an\«T jes. on ne soozea pas à reconnaître l-?s r-l~es «^-ie l'on Teciit de hearter par hasard?
Un sir^riri î js tird, ou pr?ul s'en faut, un boulanger d^ P:-rtid creu:5«iit un puii>. U tomba juste au milieu dj théine d Hercaljnum: l'enTie de se procurer des o':,-ts d'irt anciens eT.?i.la l'attention du prince d'Elbeuf, qui <e trouvait al-:*rs dins le pays à la tète d'une armée ir.;periile. Il acheta le terrain, lit continuer les fouilles et trouva plus qu'il ne pensait : il cherchait quelques niifbres et rencontra une ville.
Celte lois. H-^rcuianum était découverte.
On er.trait slors dans le dix-huitième siècle, siècle de fécondes recherches et d'inquiète curiosité. Quoique le couvernenient de Naples eût fait d*abord suspendre les fouilles, sous la pression de l'opinion publique on dut bientét les reprendre. Avec un esprit d^avidité plutôt que de science, on débhya une partie de la ville, recueillant les œuvres d'art et les objets précieux, fouillant à la hàle les maisons, les temples, les théâtres qui apparaissaient successivement. Le butin ramassé, on se hâtait de recouvrir de nouveau les précieux restes qui
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un instant avaient revu le jour. Les objets d*arts que l'on avait trouvés étaient eux-mêmes traités avec une négligence impardonnable; on ne les sauvait de Toubli que pour les livrer, en partie, à une définitive destruction.
Cependant, ces résultats, si imparfaits qu*ils fussent, avaient déjà levé une rumeur considérable dans le monde des savants. Des travaux nombreux paraissaient de jour en jour, des opinions diverses étaient soutenues à l'occasion de ces précieux restes 'de l'antiquité. Une découverte nouvelle vint donner aux recherches et aux études une décisive impulsion.
Un cultivateur, labourant au lieu dit la Gività, heurta un bronze ancien. On chercha tout autour. C'était plus facile qu'à Herculanum; là-bas, il fallait à coup de pioche briser la lave durcie par le feu ; ici, la pelle suffisait pour écarter les cendres et les petites pierres. Les travaux allèrent vite; ce qu'on trouvait d'ailleurs était fait pour les activer. On avait découvert Pompéi.
Dés lors les travaux d'Herculanum furent presque totalement abandonnés; tous les efforts furent dirigés vers la ville nouvellement apparue. Les gouvernements successifs s'appliquèrent avec plus ou moins de zèle à fournir les fonds nécessaires pour que le travail ne fût jamais totalement interrompu. Il faut mentionner en particulier la direction donnée par le général Championnet en 1799, lors de l'occupation française; le soin que mit J. Murât à suivre cette impulsion, et enfin l'aitention qui porte le gouvernement actuel à ne pas l'interrompre.
Dès 1824, la belle publication du Mvseo Borbonico pouvait donner une connaissance générale de l'ensemble des recherches et faire pénétrer intimement dans de nombreux détails ; depuis lors, le courant de publications importantes n'a pas tari. Italiens, Français, Anglais, Allemands ont rivalisé de zèle; et de nos jours, M. Fiorelli, mis par le gouvernement italien à la tête des
"T'-i.. •..•:-:-•-- : ^: . ".tr ^ -u^iir ir!ii:.a»it*r ::> : U-. :- -^ *. > ^itr -:^ -f:::»-r a t lu-i -Hiili i». i." .r— *-r.-r -x- r= -..^: -^ ? -iiiL'i ■:. «it :Mii:k-r4. Ca iiii^ir
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M;»^ le q:e *i'it la valeur de cette piquante observation, il e^t h.rireui pour nous que Télat actuel soit â.^s^i avm«!é et q'je les fouilles aient porté sur des p«>i.iU assez importants pour que nous puissions nous hire une idée absolument complète de Tapparence de
1. Aa moment même où celte seconde édition s'imprime les fètôs du o*ntenaire de la découverte se célèbrent à Pompei. Les jouniaux iila>tré3 renferment de nombreuses gravures représentant les restaurations diverses de monuments et la reproduction des soènes de la vie romaine qui ont formé le principal attrait de cet anniversaire.
'HHÉ'
POMPËI ET HERGULANUM 291
la ville ancienne, des mœurs et des usages de ses habitants.
Une idée capitale et qu'il ne faut point perdre de vue dans Tétude des ruines de Pompéi, c*est que nous n*avons affaire qu'à une ville de troisième ordre. Auprès des colossales cités que nous avons étudiées jusqu*ici, auprès des pylônes de Thèbes, des murailles de Ninive, de la légendaire antiquité de Troie, de Tliistoire dramatique de Carthage, certes, cette nouvelle cité paraîtra bien modeste. Son désastre seul l'a rendue célèbre. Sans Téruption de l'an 79 qui parlerait de Pompéi et d'Herculanum?
Peut-être cependant, à le bien prendre, que leur importance, plus minime, n'est pas sans contribuer ^u charme qui nous attire vei's elles. Il faut remarquer en effet que la soudaineté même de la catastrophe qui les a fait disparaître, a produit ce résultat heureux que la nature des restes est en quelque sorte proportionnée au peu de renom de ces cités italiennes.
C'est justement la vie intime, journalière, les petits faits de la civilisation, tout ce qui échappe au souvenir et ce qui se perd absolument, parce que l'histoire trouve indigne d'elle de s'en occuper, c'est là surtout ce qui a survécu au naufrage général des générations anciennes par le subit ensevelissement de ces centres peu importants et par leur récente découverte. S'il se fût agi de quelque Rome, ou le désastre eût été réparé, — une grande ville ne meurt pas facilement; ou, au milieu de l'énorme entassement de faits qu'une découverte moderne eût présenté à l'étude, .on se fût attaché de préférence aux traits dominants, aux monuments importants, aux grandes traces historiques que les recherches n'eussent pas manqué de rencontrer à chaque pas.
Ici rien de tout cela. Chaque fait si minime qu'il soit attire l'étude, et la mérite. Il est relativement heureux qu'à côté des grandes ruines et des grands souvenirs laissés ailleurs, ceux qui se trouvent ici réunis con*
M LES mus lEtEOtTÉES
tiennent des renseignements plus intimes et porlois plus directement émooTsnts.
C*est aussi une sorte de bonheur, ponni cet immense malheur, — que, dans une contrée lieureuse et fertile, S0U9 le beau ciel de Naples, an milieu même de la Grande-Grèce, la richesse des habitants, Tél^ance de la nature, l'état avancé de la civilisation aient toujours entretenu le goût des arts, Tamour du beau, de sorte que, comme a pu le dire Bulwer, t Pompei ait offert le tableau en miniature de la civilisation du siècle. Elle renfermait dans Tétroite enceinte de ses murs un échantillon de chaque objet de luxe que la richesse et la puissance pouvaient se procurer. Dans ses boutiques petites, mais brillantes, ses palais resserrés, ses bains, son forum, son cirque, dans Ténergie au sein de la corruption, et la civilisation au sein du vice qui distinguaient ses habitants, on voyait un modèle de tout l'empire. »
C'est donc le tableau d*une ville de province que nous allons donner ici; mais d'une ville pleine de luxe, de confortable et d'élégance. N'oublions pas que c'est le lieu que Cicéron avait choisi pour sa retraite, et dont Sénèque parlait avec attendrissement au souvenir des belles années de sa jeunesse qui s y étaient écoulées.
Pompéi était une ville fortifiée d'une assez médiocre étendue. Le mur qui l'entourait lui donnait une forme assez sensiblement ovale, le plus grand axe se dirigeant de rOuest à TËst, et le plus petit du Sud au Nord.
Au dehors de l'enceinte fortifiée, dans la direction dllerculanum, s'étendait un faubourg de création relativement moderne, qui portait le nom de Pagus Augustofelix. Ce fut là que Sylla d*abord, Auguste plus tard cantonnèrent des colonies de vétérans chargés de surveiller la ville qui, comme le reste de la Campanie, avait pris part à la guerre sociale.
Ce faubourg est lui-même prolongé par la célèbre voie dite des Tombeaux. C'était là, comme sur les côlés
de la Toie Appia à Rome, que les riches Pompéiens élevaient à leurs morts de somptueux monuments funéraires : c*est par là que les touristes pénètrent habituellement dans }a ville. Nous ne pouvons malheureusement, dans ce trop court examen, suivre l'itinéraire du voyageur plus intéressant peut-être et plus varié, mais à coup sûr moins clair et moins fait pour donner au lecteur une idée nette de la nature des découvertes et de Tensemble des résultais auxquels on est parvenu jusqu'ici.
Nous allons tout simplement énumérer les monuments principaux sur lesquels s'est portée jusqu'ici l'attention des archéologues.
Plaçons-nous d'abord au point central de la cité : au forum. C'est là que se passaient les actes les plus importants de la vie publique qui, chez les anciens, tenait bien plus de place que chez nous. Là se discutaient les intérêts de la république ou du municipe, là se traitaient les affaires entre particuliers. Sous ses bruyants portiques se réunissaient les gens à nouvelles, tant ceux qui les cherchaient que ceux qui faisaient profession de les conter aux survenants; là se rencontraient les plaideurs : le tribunal était à deux pas. Sans qu'il y eût besoin d'huissier, les parties en faisaient elles-mêmes l'office, et traînaient s'il le fallait devant le juge leur adversaire récalcitrant.
Temples, bourses, maisons d'école, cercles de fabricants et de marchands étaient établis dans le voisinage. Tous les intérêts publics se coudoyaient.
Les statues des dieux, des ancêtres, des magistrats et dt*s bienfaiteurs de la cité s'élevaient silencieuses au milieu de cette agitation perpétuelle, inspiraient par leur présence les bons conseils, et rappelaient de nobles exemples.
Le forum à Pompéi n'était pas situé au milieu de la ville. On l'avait mis, comme il était d'usage dans toute ville maritime^, du côté le plus voisin de la mer.
C'était une grande place de forme rectangulaire, me-
LES VILLES RETROUTÊES
mirant i57 mètres de longnenr sur 53 mètres de lai^. Elle était dallée en travertin, pierre dure et grisâtre trè» en usage en Italie. Tout autour elle était entourée d*iuie colonuade formant portique, sauf sur le côté septentrional ou s*êlevait la façade du temple de Jupiter. On pénétrait dans le forum par plusieurs entrées débouchant de préférence aux angles de la place. La plus importante de toutes, la seule par laquelle les Toiture pus«.'nt pénétrer se trouvait à rextrèmitè septentriotmle et aboutissait prés du temple de Jupiter. Elle terminait la rue du Forum; et était fermée par un arc de triomphe ornée de colonnes et de statues.
Du milieu du forum, ayant devant nous le temple de Jupiler> nous tournons le dos à la campain^e, nous regardons la ville.. De tous côtés prés de nous, nous voyons les mines des monuments publics les plus importants, à di*oite :
I** La maison itécole avec le renfoncement où se tenait le protVs^^ur, et les niches praticpiées dans la muraille ou les élèves mettaient livres et provisions.
j*> lu édilice de forme singulière, de destination problématique, auquel on a donné, du nom de la femme qui l'a élevé» l'appellation dVi/i/tce tTEumackia.
Des inseripiioiis que Ton a trouvées sur les murs de ce bdtimetit nous apprennent quHl a été construit aux fixais de cette dame, elleHuéme prétresse publique. On a découveK à riatérieur de rédiûee une statue de femme eu marbi^^» qui est précisément le portrait d*Eumachia et dont le piédestal porte Tinscription suivante : i A Eumachia tille de Lucius, prétresse publique, les foulons ». Cette inscription et les dispositions générales de la construction out fait penser que Ton avait affaire ici à une sorte de bourse, où les foulons» nombreux à |N>n)pei, se réunissaient pour traiter de leurs affaires; à un édiiîce où s^asserublait, selon un usage très répandu dans rantiquitê, la corporation, qui» dans sa reconnaissance^ éleva à sa bienfaitrice la statue dont nous venons
POMPÉI ET HERCULANUM 2î»7
de parler. Lorsqu'on découvrit ce monument vers i820, on trouva dans ses ruines deux squelettes, Tun coiffé d'un casque, l'autre écrasé sous la chute d'une colonne. Peut-être est-ce le premier de ces squelettes, — sûrement celui d'un militaire, — qui a fourni à Bulwer l'épisode intéressant de ce soldat mourant à son poste sans bouger, pour ne pas enfreindre la consigne qui lui a été donnée, tandis que tout le monde fuit autour de lui.
Z"" Après l'édifice d'Eumachia vient le temple de QuirinuSf ou de Mercure (car on ne sait au juste à quel dieu il était dédié). On y a trouvé un très curieux autel en marbre blanc sur lequel se trouvent sculptées les principales scènes d'un sacrifice.
4® Puis vient un autre édifice qu'on suppose être l'endroit où les magistrats de la ville se réunissaient, la Curie; mais il est dans un état de ruine presque absolue.
5^ Nous nous trouvons maintenant dans la région des grands temples : le Panthéon^ le temple de Jupiter et le temple de Vénus, qui par leur importance et leurs formes variées nous arrêteront plus longtemps.
Avant d'entrer dans le détail, il convient de dire en deux mots ce qu'était un peuple antique et ce que se proposait de faire un architecte à qui on commandait un de ces édifices.
La religion des anciens était surtout une religion domestique et particulière. Les cérémonies communes et publiques étaient rares. Elles se rattachaient à quelque idée spéciale, à l'existence de corporations ayant un but particulier, plutôt qu'elles n'étaient l'occasion d'une réunion de fidèles rendant un même culte à une même divinité. Il suit de là qu^e la construction des monuments religieux ne devait avoir en rien le caractère qu'affectent généralement les édifices du même genre qu'a motivés l'introduction de la religion chrétienne.
Ici en effet la base de tout le culte est Talliance, la commvnion des fidèles dans une même Église qui em-
tBS flLltt UnOTflES
«n orbe le cid et la terre. Il Cdlot donc dMfcher, dès que celte nouvelle ooDceptioa religieuse remporta, des tjpes appropriés aux noureaux dogmes el a«x DOUTeaax besoins. Nous Terrons toat à rheore qoeb forent ceox des édifices construits antérieurement qui a^adaptèrent le plus lacilement au nouveau enite. 11 siiilt d observer ici que ce ne furent point les temples dm anciens qui purent devenir le lieu de réunion des ckréliens. Sauf des cas exceptionnels, leurs dimenmona relativement restreintes ne le permettaient
Le earact»e originaire du temple dans Fantiquité lit de représenter un endroit où un simulacre de la divinité fût à Tabri et protégé d*une manière sûre. Tout d^ibord on se contenta d*une simple clôture {sepbun). Bieotét on couvrit cette clôture d'un toit et on eut un temple (mek* asdis). L*idée dominante qui préside à la eoostruction d'un temple est celle du secret, du mystère el de rinaccessibilité. C'est ce qui fait que le temple n*a pas de fenêtres. 11 est probable que des idées du même genre contribuèrent à répandre remploi des vi- Iraux dans les catbédrales du moyen âge. C'était mettre aussi lobscurité et le mystère dans ces asiles de la foi, que la grande quantité des fidèles rendait si vastes et que les nécessités de la construction faisaient percer de si nombreuses et si lai^;es ouvertures.
Aans les temples antiques, la porte seule, qui était très grande, permettait à la lumière du jour de pénétrer à rintèrieur. Au-devant de cette porte on s'habitua de bonne heure à construire nue partie extérieure ouverte et libre. Là on trouvait de l'abri et de l'ombre, choses si précieuses dans cette vie extérieure habituelle aux populations de l'Europe méridionale. On en vint ainsi à diviser les temples selon la forme de ces portiques et de ces colonnades, selon leurs dispositions autour de la nef : on eut des lempto à antet ou à pilastres dont le prmuiost c est-è-dire la partie élevée en avant de la
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nei, repose sur deux pilaslres dans le prolongement des murs latéraux, et sur deux colonnes élevées au milieu de la façade antérieure; on eut le temple proslyle^ dont le portique antérieur ne repose que sur des colonnes ; le iemplepériptère avec des colonnades régnanttout autour ; le pseudopériptère avec des demi-colonnes, dans lequel la colonnade qui règne autour de rédifice est remplacée sur trois côtés par une demi-colonnade appliquée aux murs latéraux. Le temple diptère avec une double colonnade, et pseudodiptère avec une simple colonnade de largeur double sur les côtés, tandis que la façade conserve la double rangée de colonnes. Ainsi, avec d*autres combinaisons qui se rattachent au nombre de colonnes et à Yordre architectural employé dans les proportions et dans Tornementation de la colonne, les architectes anciens obtinrent les effets les plus variés dans la disposition d'édifices dont la forme partait du principe le plus simple et semblait peu susceptible de modifications.
Revenons maintenant à Pompéi et aux temples dont la façade donnait sur le forum.
« Ab Jove principium. » Le plus important de ces temples, tant par son élégance que par sa situation, était le temple de Jupiter. Il occupait toute la face septentrionale du forum. Sur un degré élevé de treize marches était une plate-forme qui servait de soubassement au pronaos ou vestibule. Cette plate-forme était décorée à chacune de ses extrémités de deux statues, dont on a retrouvé les pieds chaussés de cothurnes. Elle formait elle-même un enfoncement de 12 mètres de large sur près de 15 mètres de long. Cet enfoncement était surmonté d'un toit en prolongement du toit de la cella.
Ainsi la façade présentait au visiteur un pronaos soutenu par six colonnes corinthiennes en avant et trois autres colonnes en retour de chaque côté. Des anies on pilastres amorçaient le mur de la cella ou du sanctuaire. Le sanctuaire se trouvait donc réduit à une longueur de 1 S^'ySO
'^rt l£< TOUS ItETROrrÉfS
k>r^ 'paTiv. Pénétrons dans rinténear par la grande pcr^e. (pi tooTExait sur des gonds de fer encore scellés iL\zs 11 sîsraiile. L'aspecI devait être Traîment imposant. Aa f'i-Z'i se dressait nne statue colossale de Jupiter, avec les ch^T'^ux et la barbe peints en rouge. Des statues, d-is groupes en brome décoraient les parois, et les entrî-coîocnem'?nts du rez-de-chaussée. Ce rez-de -chaussée et î:t dirisé en trois neC«. dont une seule, celle du milieu, était lir^e et haute ; les bas côtes étaient surmontés d*un étaee accessoire formant tribune. Les murs étaient cou- Terts de peintures d'oniement, du plus éclatant effet; les cannelures des colonnes, les sculptures des chapiteaux et des frises ajoutaient à cette décoration si riche des jeux d* ombre et de lumière que l'éclat des couleurs, le Tert, le rouge, le bleu, l'amarante, que le marbre et la mosaïque étendus sur le sol ne faisaient qu'accroître et affirmer encore. Derrière le sanctuaire se cachaient d'étroites chambres Toùtées dans lesquelles reposaient probablement le trésor et les archives du temple*. Un escalier dont la cage se trouvait près de ces chambres conduisait aux tribunes de l'étage supérieur.
Pour compléter l'idée d'un temple antique telle que Pompei nous permet de la concevoir si clairement, sortons du temple de Jupiter et pénétrons dans les deux édifices qui forment les angles du forum, l'un à droite l'autre à gauche de celui que nous venons de visiter.
A gauche, c'est le Panthéon, ou le temple d'Auguste^ que nous n'avons fait qu'indiquer tout à l'heure.
La façade de cet édifice, dont la destination n'est pas encore parfaitement connue, s'ouvrait sur le portique du forum. Aussi, comme l'emplacement était précieux pour le commerce, on avait fait pour cet édifice ce que nous voyons faire pour quelques-uns de nos monuments publics : on avait établi des boutiques prenant jour sous la colonnade. Ces boutiques, placées de chaque côté de la porte d'entrée, semblaient servir de préférence aux changeurs ou banquiers qui aimaient à se trouver à proxi*
iPOWtl ET HERGULANUN 505
mité du fonuii» centre des affaires. Dans Tune d'elles on a reoeostré un grand nombre de pièces de monnaie de diverses espèces. La porte à double vantail conduisait dans une cour rectangulaire assez vaste, ornée tout autour d'un portique, qu'on était en train de réparer lors du désastre. Les parois de ces portiques étaient décorées de riches peintures, représentant des chasses^ des courses^ des fabriques et quelques sujets tirés de la mythologie, Ulysse et Pénélope, Psyché, les combats de Thésée.
De chaque côté de cette cour, étaient construites des chambres de dimensions à peu près analogues entre elles. Mais les unes s'ouvraient à l'intérieur et étaient, à ce qu'il semble, les pièces réservées au collège de prêtres qui desservaient le temple; les autres» au contraire, donnaient sur une petite rue avoisinante et formaient encore des boutiques. Là étaient installés des marchands de fruits, un boulanger, un pharmacien, des orfèvres. C'était évidemment le quartier important, comme le Palais-Royal de Pompéi.
Au centre de la grande cour rectangulaire ainsi entourée de toutes parts, on a retrouvé douze piédestaux dont la forme et la disposition en cercle ont vivement excité la curiosité des antiquaires, et ont été l'origine de toutes les controverses sur la destination de l'édifice. Les uns y ont reconnu des bases de colonnes sur lesquelles i^'^levait un édicule circulaire a|a*itanf, la statue du dieu unique adoré dans le temple; ce dieu, dans ce cas, serait Auguste divinisé. On sait, en effet, par les inscriptions, qu'il existait un temple d'Auguste à Pompéi. Les chambres que nous avons indiquées plus haut seraient, dans ce cas, le logement du collège des augustak.
Pour d'autres, au contraire, ce sont là des piédestaux sur lesquels se dressaient les douze statues des grands dieux rangées en cercle. L'édifice serait un Panthéon,
Z^ LES TILUS RETBOCTLES
Ls s»cr!Sces se Caisaient dans une sorte de cha- (•:'.:« pliCr^e aa foad de la cour. Une statue en ocgol-iA le f:cd; quilre autres statues étaient disposées Ckzs des ïil:hes; or. a retrauTé deux d'entre elles, mais oa r-ruî à %-. I.:nlè t rec*>nnailre des dieux ou des mem- L!v< df la fiLi VmC iŒp-ériale. Des chambres Tastes s*ou- Tn^rnl â droite et à gauche de la chapelle; daus Tune c-n a cru rec-. QCiilre un orchestre, dans l'autre on a lrc*j«ê un tre<*>r eoremié dans une caisse garnie de s^rrjres. PiJs de onze cents pièces de monnaie, tant en b:o. le qu'en ar^rrnl. le composaient. On a aussi, par^I: :î, ivirvuvê en cet endroit des morceaux de verre à T;tr'?s; ce*te dêcouTerte semble moins intéressante. E.Ie l'est djv întà^e peut-être, si Ton considère que la q:jest;>n a été lon^emps débattue, de savoir si les anciens, si hjl Iles dans le maniement du verre, s'en serrait nt pour f^nner les édiiîces publics ou privés. Cette di>r:-u verte et quelques autres faites à Pompéi, ont décida n:£r.t tranché la question en Dsiveur de i'affinnative. Tv»utcs les parois de ces salles étaient, comme celles de la c^ur, ornées de peintures.
On voit que cet ediàce, quelque nom qu'on veuille lui donner, était, par ses dispositions générales, très éloigne de la ligure ordinaire d'un temple antique. Âu^si d'autres auteurs n'ont voulu y reconnaître qu*un lieu public où se réunissaient les magistrats de la cité. Mais cette hxpothêse semble répondre encore moins à la niUuiv de rédiiice, 11 est donc mieux, jusqu'à plus ain[ le informé, de s'en tenir à l'une ou l'autre des deux premières, ea faisant d'ailleurs celte remarque qu'on trouve ici les éléments premiers et originaires d'un tempU\ c'est-à-dire un enclos abritant un ou plusieurs simuiacres des divinités, avec un lieu spécial où pouvaient se faire les sacrifices.
Eu sortant du temple d'Auguste ou Panthéon par la porle qui donnait sur le Fonun, on voyait se dérouler en fvice de soi la colonnade latérale du plus grand
POMPÉI ET HERGULANUM 307
temple de Pompéi, le temple de Vénus. C'est à cette déesse que la ville entière était consacrée. Il était na« turel que ce bel édifice lui fût dédié par ses habitants.
Il n'avait pas sa porte d'entrée sur le forums mais sur une petite rue adjacente qui le séparait de l'édifice Toisin, la basilique. Quoique les proportions de l'enceinte sacrée fussent considérables, la part réservée au tabernacle était relativement restreinte. La cella n'avait que 20 mètres de long sur 1 1 mètres de large, tandis que le mur qui l'entourait et le partageait (disposition assez fréquente et que nous trouverons une fois encore à Pompéi), mur dit du piriholey enfermait un espace de 64 mètres sur 52 mètres à l'intérieur. La cour ou area comprise entre le mur du péribole et le sanctuaire était occupée par un splendide portique élevé sur quarante-huit colonnes d'ordre dorique et surmonté d*un élégant chéneau où les tètes de lions alternaient avec les palmettes. Des peintures donnaient encore à cette architecture polychrome une gaieté et un charme duquel la vue de nos monuments noirâtres nous a tout à fait désaccoutumes. Des statues en forme de Termes s*appuyaient à quelques-unes de ces colonnes. Au pied du perron par lequel on montait au temple, se trouvait un vaste autel où se déposaient les offrandes.
On montait les treize marches du perron; on se trouvait alors dans le pronaos d'un temple périptère;lesol était décoré d'une mosaïque de marbre bordée (f un méandre. Une porte s'ouvrait sur la cella; au fond, se dressait la statue de la déesse, dont les débris informes gisent encore sur le sol. L'intérieur était aussi couvert de peintures; mais là, point d'étages, point de triple nef; du moins l'état des ruines ne permet point de croire, que ces divisions aient jamais existé. Enfin, derrière la cellay quelques chambres, dans l'une desquelles a été trouvée l'une des plus belles peintures de Pompéi {BaC" chu$ et Silène)^ communiquaient avec Je forum et avec une ruelle adjacente»
Zm lis ILLES •'.ErSOPTES
"munnipnîï^ *'iiiD»*t iVîiit Diise Hiur orote**îhce. Il le *Hit as •r'ir'» i ii.-inr? lue es -«iiv»^irs iritaur le /. moiir • U' <it«nie -e Titjenas5t»at -t*«i!s lux vît-T^întmies -t lax -atTTUfrt '\ii i voient Âr^n ^»a "uniiieur i»^ -iiiilt» itt^st*-. .Vi •oni!L»oî:jns mviliwiiuziaut::*. oiicieaines. !OfnDiLjii**t»a -t .'per.et'tauiea s at'Miiuuaient lux mvheîi ♦TOI jrpiiait^ni lour aret ^a lét^sse mère de Tllalie. T tr.ii-^e '-as *îld mi ivaii x)nauit iri la civilîaaliou » *• »nenl *fl iroltfireant .ea len^^p^ nations de soa liis ^ee? V-tait-wle )aa a :nerR«Heâ ôiies. d'où était liiisxrjia .e piua .iliiiire les [\omaiii&. César? yetait-<!e OM 4le fue .ea ;îiiis àa^ea lea puetea itali im» avaient •iftanti'*e/
MuB raoniam tpttiiii latnram -^ta ziib^maa^ N»r^ -ibe e micoiiam lias :n .iiiiiini& •ira» iiuîntur. j^Hiiie Ai .£iuiiL. aeqiie unauiie '{nicqoanr..
I 'Lir 'l'-ist toi. •) létisse, c>st toi seule qui goa^wTKs la nature» et -^ana îoi, rien» rien ne nait aou» la dÎTÎae lumien». rien «ie ce qui tait la j<)ie, rien de ce «pi^on aune. >
Pour les ttaiiens du temps de la catastrophe cVtaîent là les vifflix cuites, les cultes rer^pec tables. Tant de nou- ▼enntés (pii venaient de l'Orient pénétraient la religion d'in esprit œtaçeré, ridimile ou terrible, que les sages eniqnaient, comme T annonce d*an crépuscule! C'était peut-être l'aurore d'une grande révolution.
Auprès du temple de Vénus, en traTersant une me étroite (la me de la Marine), oo pénétrait dans un éditée important à cette époque, important surtout à nos yeux par les destinées qae TaTcnir réservait au type
I. Ottnal Voiler dit, dans on très bean langage, en parlant de lénos : c La mer, surtout la mer tranquille et calme réfléchissant leciei dans an miroir nni de ses ondes semblait, aux yeux des Grecs, me expression de sa difine nature, i
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sur lequel on Tavait bâti, c*é(ait la Basilique. Qu'était*» ce que la Basilique? Le nom, d'origine grecque, ne nous apprend pas grand chose : Maison du roi; qu'est-ce qu'un tel nom dans un pays où depuis des siècles on n'avait pas connu de souverains?
Qui était le roi en Italie? — C'était le peuple. Il se trouva donc que cet édifice d'origine royale devint la maison du peuple, en changeant de quelques degrés en latitude. Mais le nom était resté. Il n'y avait rien de trop bcap pour lui d'ailleurs. Yitruve dit en propres termes : « Les basiliques peuvent réunir tout ce qu'il y a de magnifique et de majestueux dans l'architec* ture. »
Entrons dans quelques détails. Les peuples anciens, nous l'avons dit, vivaient beaucoup hors de chez eux. Le ciel, la tournure des esprits, la chaleur d'un sang méridional emplissaient continuellement les rues et les places publiques. Le forum était le lieu de réunion habituel tant pour les affaires politiques que pour le commerce et le loisir. Hais, malgré la douceur du climat, il y avait des jours, où la réunion au dehors, même sous les portiques du forum, était impossible. La pluie, le froid, le vent chassaient parfois badauds et gens d'affaires. C'est en prévision de ces cas que l'on construisait les basiliques.
La basilique était donc par excellence un vaste édifice où la réunion des groupes et la circulation des individus devait être facile, et où l'on trouvait un abri contre les intempéries des saisons, pour traiter à l'aise les affaires qui se faisaient ordinairement sur le forum.
Yitruve nous a laiesé de curieux détails sur les basiliques, en particulier sur celle de Fano, qu'il a construite lui-même. Celle de Pompéi semble s'éloigner quelque peu du plan généralement adopté. Cependant son étude donnera des notions assez suffisantes sur un genre d'édifices destiné à un avenir si considérable.
Selon les régies elle donnait sur le forum. Cinq entrées
. -T^3 ■ 1— .^sj i::* M.it salle 7— .-^ — -T?i— lia si— ■.jafeeleTê ~:-r?iï T 11-^ti le ^ siLie et sar
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timuilt: ■iciinain. Ouaot aux ac-
POMPÉI ET HERGULÂNUH 5i 1
dusés, il n'était pas nécessaire d'aller les chercher très loin. Sous la tribune même, on a retrouvé un véritable cachot voûté. On y pénétrait par une porte pratiquée dans l'épaisseur de la muraille. L'air et la lumière n'y parvenaient que par d'étroits soupiraux qui s'ouvraient ^u dehors, mais qui, comme on le voit encore aujourd'hui, étaient scellés de gros barreaux de fer.
Tel était Faspect général de la basilique. Les peintures qui décoraient les murailles étaient simples. Elles étaient toutes barbouillées par les plaisanteries et les caricatures qu'y inscrivaient les plaisants de Pompéi. On a pu déchiffrer quelques-unes de ces inscriptions, qui, par leur parfum d'actualité locale, transportent si vivement l'esprit du visiteur moderne à l'époque même du désastre et de la vie interrompue.
Pour terminer ce qui nous reste à dire de la basilique, il suffit d'indiquer l'importance que ce genre d'édifices prit dans les siècles postérieurs. Dans ces grands et commodes monuments, les chrétiens trouvaient une place naturellement indiquée et des constructions toutes faites pour leurs nombreuses réunions. On pouvait facilement circuler entre ces colonnes. Hommes et femmes s'y séparaient naturellement en deux troupes. Sous le portique ou les chalcidiques, les néophytes et ceux qui n'étaient pas de l'église pouvaient attendre et prendre leur part aux cérémonies du culte. La tribune du magistrat était un endroit tout indiqué pour être le siège de l'évèque. Les fidèles qui l'assistaient dans les offices, le chœur, pouvaient s'asseoir près de lui aux places jadis destinées aux assesseurs. Tout s'adaptait pour le mieux aux besoins encore modestes d'un culte naissant. Aussi, dès que le christianisme^ après avoir traversé victorieusement l'ère des persécutions, fut monté sur le trône avec Constantin, il s'empara rapidement des basiliques déjà construites. Les nouveaux édifices que l'on fit bâtir se modelèrent tout naturellement sur un plan si simple et si commode. Telle fut
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POMPÉI ET IIERCULANUM 513
muniquait en descendant un escalier, la présence du temple le plus ancien qu*on ait retrouvé dans les ruines^ tout confirme cette hypothèse.
On entrait dans ce forum par un élégant propylée de huit colonnes. 11 était lui-même presque entouré d*un portique* sur lequel les citoyens de Pompéi prétendaient avoir seuls la deambulatio ^ ou droit de promenade. Le plus grand côté du triangle qui formait la place s*appuyait à i^arnphithéâtre; aussi une magniGquc colonnade nommée les cent colonnes (hecatonstylon) se déroulait de ce côté et offrait un refuge aux spectateurs dans les mauvais temps.
A Tun des angles du forum triangulaire on a trouvé une sorte de petite enceinte sacrée nommée bidental et qui était protégée par un édicule circulaire.
Enûn le milieu même de la place est occupé, nous Tavons dit, par le temple grec, que Ton considère comme le plus ancien monument de la ville et qui probablement était déjà en ruines lors de Tensevelissement. Les restes que Ton a retrouvés sont tout à fait insuffisants pour qu*on puisse supposer qu'il élait encore 'complet, et pour que Ton puisse reconstituer facilement son ancienne physionomie.
Prés de ce forum, derrière le grand théâtre, et voisin de Tenceinte, se trouvait un grand édifice de forme régulière où Ton a reconnu après quelques hésitations la caserne des mililaires. Cette caserne se composait d*une grande cour faisant portique, autour de laquelle étaient disposés en rectangle les bâtiments où logeaient soldats et officiers. Dans Tune des chambres on a trouvé de nombreuses et très riches armes de gladiateurs, qui font penser qu'une troupe de ces gens habitait la caserne. La proximité des théâtres suffit d'ailleurs pour assurer cette conjecture.
Les théâtres : Les représentations scéniques jouaient un rôle très important dans la vie des anciens. Grecs et Romains mettaient ces plaisirs au plus haut rang. C était
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POMPÉI ET UERCULANUM 315
clusivement aux représentations scéniques. Il se partageait essentiellement en deux parties : la scène^ et Tendroit où s'asseyaient les spectateurs, la cavea, ou hémicycle. En principe, le théâtre antique n'avait pas de toit. Cependant il y avait une forme de théâtre, généralement plus petite, qui était couverte. C'était ce qu'on appelait un odéon. L'amphithéâtre était réservé aux courses, aux jeux violents, aux combats de gladiateurs. Quelquefois on fermait hermétiquement toutes les issues, ou emplissait d'eau la partie inférieure, jusqu'à une certaine hauteur, et, sur ce lac improvisé, on représentait des naumachieSy c'est-à-dire des simulacres de combats navals. Le luxe des jeux, comme on le voit, n'avait pas de bornes.
Pompei possédait un type de chacun des édifices que nous venons de décrire rapidement. Les deux théâtres étaient établis près du forum triangulaire, et n'étaient séparés l'un de l'autre que par une galerie ou passage couvert.
L'amphithéâtre était tout à fait à l'extrémité de la ville, dans la même direction que les théâtres, mais beaucoup plus loin, dans l'angle formé par l'enceinte entre îa porte de Stabie et la porte du Samo.
Donnons quelques détails sur chacun de ces édifices. Le grand théâtre se composait : 1® de la scène, de forme rectangulaire, qui elle-même comprenait le proscenium ou avant-scène : c'était là que les acteurs jouaient, la figure couverte d'un masque et le corps élevé sur de hautes chaussures. La scène preprement dite, qui était une sorte de décoration architecturale fixe très richement ornée, avec des effets de perspec* tive et des dispositions acoustiques parfaitement amé-* nagées; la scène formait en quelque sorte le fond du théâtre. Le postscenitim^ ou derrière de la scène^ formait comme les coulisses. Il communiquait avec le proscenium par trois portes percées dans la scena. Un rideau, que l'on ne levait pas, mais qu'on baissait
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mêmes magistrats protégées par des grilles de fer.
Les descriptions^ la vue des ruines, môme de la partie actuellement restaurée de Tamphithéàtre, ne peuvent donner qu'une idée vague de tout ce qu'il y avait de luxe et d'éclat dans la décoration de cet édifice. Des cylindres en ivoire mobiles et des réseaux en or s'élendaient autour du podium; le portique du haut était couvert de dorures; au-dessus des spectateurs flottaient les immenses tentures teintes des plus riches couleurs; des tapis ornaient les gradins réservés aux magistrats. Qu'on imagine, en outre, le murmure confus d'une salle pleine de .20 000 spectateurs, l'éclat et le bruit des armes des combattants, le rugissement des bêtes féroces et le cri des victimes» le sang coulant sur l'arène, et, au-dessus de tout, le chaud éclat et la grande lumière du soleil d'Italie, tel était le spectacle que ces anciens peuples aimaient avec passion, à l'occasion duquel s'élevaient parfois des cabales qui divisaient l'empire.
Au moment de la catastrophe, Tamphithéâtre de Pompéi était abandonné depuis plusieurs années. Une querelle qui s'était élevée dans cet édifice même entre les Pompéiens et leurs voisins les Nucériens, venus pour assister aux jeux, s'était terminée par une rixe sanglante. Les Pompéiens, plus nombreux, avaient eu l'avantage. Mais le Sénat de Rome les avait punis en interdisant les jeux pendant dix ans. Ainsi s'explique l'abandon de l'édiflce, qui avait souffert des tremblements de terre antérieurs à la, catastrophe. Ainsi se trouve démenti le récit du romancier, qui, d'après un historien mal renseigné, fait coïncider le moment soudain de la catastrophe avec une représentation donnée à l'amphithéâtre.
Nous venons de passer en revue les principaux types d'édifices publics que les fouilles ont mis à -la lumière. Nous avons pu relever, à chaque instant, la trace de ces
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POMPÉI ET HERCDLANUM 327
C'est là que s*est passé le drame le plus émouvant que nous, aient révélé les fouilles faites dans la ville ensevelie. Cette maison était une des plus voisines du Vésuve. Peut-être a-t-elle été enfouie la première, peutêtre ses habitants ont-ils cru trouver dans la solidité de sa construction un plus sûr abri. Quoi qu*il en soit, dans un des souterrains sur lesquels elle était bâtie, on a trouvé, en 1763, dix-sept corps de femmes et d*enfants. Autour des squelettes, encere voilés des vêtements dont ils s'étaient couvert le visage, on a retrouvé les bijoux, les objets précieux qu'ils avaient emportés dans leur fuite. Ils avaient réuni des provisions que la rapidité du désastre ne leur laissa pas le temps d'entamer, et qu'on a retrouvées aussi. La nature de leur mort fut si singulière et si prompte qu'on a pu relever jusqu'aux empreintes que leurs cadavres avaient laissées dans la cendre durcie autour d'eux; et on raconte qu'on put ainsi reconnaître le corps d'une jeune fille d'une admirable beauté; la forme de son corps, le pli et le tissu de ses vêtements apparaissaient encore dans les empreintes que la cendre avait moulées si finement et si exactement il y avait dix-sept siècles. Ses bijoux étaient restés autour de son squelette, et on a pu, de leur richesse, conclure que l'on était en présence du cadavre de la fille même du propriétaire de cette riche maison. Non loin de là, dans un jardin, on a reconnu le squelette du maître lui-même. Accompagné d'un esclave qu'il avait chargé d'argent et d*objets précieux, il essayait de gagner la campagne, lorsqu'un dernier effort du volcan le surprit. Il tomba là, tenant entre ses mains les clefs incrustées d'argent de sa demeure. Plus loin encore dans la campagne, on trouva neuf autres cadavres.
Heureusement toutes les maisons de Pompéi n'ont pas été le lieu de si lamentables découvertes. On peut dire que, lors du désastre, la ville était relativement déserte. Quelques retardataires malheureux ou avides, des ma-
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A r^xféhéur, la maison ancienne présentait en général un aspect sombre et triste. Peu d'ouvertures sur le d^hof^, de grands murs blancs percés d*unebaieétroite, et couverts d*an toit en tuiles rouges. Tout au plus
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comme ornementation deux colonnes ou deux pilastres appliques s* appuyant aux deux cotés de la porte d'entrée.
Si nous entrons, un chien de garde montre les dents et grogne; Tesclave-concierge (os/iarÎMs), traînant sa chaîne, examine le nouvel arrivant. Quelquefois à vrai dire le concierge manquait, et le chien était simplement représenté en figure, comme le Suisse point du château de Scudéry; c'est le cas dans une des plus jolies maisons de Pompéi, où une mosaïque élégante représentait un chien aboyant, avec l'inscription : « cave canem » . Prends garde au chien.
Allons plus loin encore. Toute maison bien conçue se divise en trois parties ; Tune encore publique en