‹ Les villes retrouveés:Chapitre 38 sur 39 · I TH C · texte numérisé non relu

I TH C

Plaa d* U Muton du f^iiM

quelque sorte, là où vont et viennent les esclaves, où les étrangers attendent, où les clients arrivent dés la pointe du Jour pour présenter leurs hommages au patron. C'est la région de ïatrium et de ses dépendances.

La seconde partie de la maison romaine se groupe autour du pérystile. C'est là l'endroit où se tient le maître, c'est là que donnent les entrées des salons, des salles à manger, des chambres à coucher.

Derrière enfin s'étendaient les jardins et les appartements d'été.

Nous allons, dans la maison du Faune, rencontrer ces trois grandes divisions et les étudier avec un peu de détail. Avant d*entrer par la porte principale qui ouvrait

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A^&r.: ài^ p:Q:-:rer j*-iï> kin d^ts rintèrieur de l'ha-

POMPÉI ET HERCULÀNUM 333

bitation, il convient de remarquer que la maison du Faune présentait une particularité qui n*est pas ordinaire aux autres maisons de Pompéi. G*est qu^eUe avait une double entrée sur la rue, et un double atrium. L*autre entrée était en C. Vatrium D, plus petit que le premier, était de forme différente. H était tétrastyle. Cette partie de la maison semble avoir été réservée plus particulièrement* à ia réception des hôtes. On a trouvé dans les chambres qui entouraient l'atrium des pieds de lit en ivoire, des cassolettes, et des boîtes à parfum. ' Ce second atrium communiquait d'ailleurs avec le premier par une sorte de vestibule. D'autre part il donnait entrée à droite de Thabitatiou sur une série de chambres et d'appartements qui formaient ce qu'on appelle aujourd'hui les communs. On a cru pouvoir y reconnaître des chambres d'esclaves, un pressoir pour les vins, une buanderie, une boulangerie, une cuisine. Toutes ces chambres donnaient sur un long corridor {fauces, F) qui longeait le péristyle et qui conduisait directement du petit atrium au jardin.

Revenons dans le premier atrium et, pour pénétrer dans la partie la plus intime de la maison, traversons le tablinum (12), espèce de galerie où se trouvaient les titres de la famille et les images des aïeux. On sait que c'était un des plus vieux et des plus respectables usages des Romains de conserver ainsi ia figure de ceux dont les exemples et les souvenirs honoraient la maison et servaient de modèle à leurs descendants.

Tota licet veteres exornent undique cerse Atria. Mobilitas sola est atque unica virtus.

(Je VÉNAL.)

« Que les images de cire des aïeux emplissent ton atrium. La noblesse, la seulenoblesse, c'est la vertu. »

A droite et à gauche du tablinum sont deux chambres (10 et li) qu'on suppose avoir été les salles à manger

35i LES VILLES RETROUVÉES

{triclinia). C^était d^ailleurs la place où ces salles se trouvaient d'habitude. Dans l'une et dans Tautre, le pavé était décoré de très belles mosaïques, les unes et les autres représentant des sujets c de salle à manger », comme nous disons aujourd'hui ; dans l'une était représenté un Bacchus à cheval sur une panthère ^ dans Tautre des. poissons, des écrevisses, etc.

En traversant le veslibule ou tablînum, nous entrons dans le péristyle (?) qui, large de 24 mètres et profond de 20 métrés, avait un portique soutenu par 28 colonnes cannelées d'ordre ionique. Au milieu de ce pérystile, se trouvait un petit bassin carré rempli d'eau, c'étaient là le point véritablement central et réservé de la maison antique, c Les conversations de l'atrium n'arrivent pas jusqu'au péristyle, » dit Térence. Quelquefois, le bassin du milieu était remplacé par une corbeille de fleura, le pérystile était toujours décoré.

Entre le péristyle et le jardin ou xyste se trouvaient plusieurs chambres de repos ou de communication (exèdres^ X) . C'est dans l'une d'elles que l'on a trouvé, le 24 octobre 1851, une magnifique mosaïque représentant un sujet de combat entre Grecs et Barbares, dans lequel on croit reconnaître une des batailles d'Alexandre contre Darius. Cette mosaïque forme un tableau de 5°>,50 sur 2«»,72. On y compte 15 chevaux et 26 guerriers au quart du naturel; elle est maintenant au musée de Naples. Le sujet principal de laction est un cavalier qui transperce de sa lance un autre cavalier richement vôtu au moment où celui-ci roule avec son cheval abattu. Prés de là un écuyer semble tenir un cheval de rechange tandis qu'un corps de Barbares, cavaliers ou montés sur des chars, prennent la fuile dans le plus grand désordre. La beauté de l'exécution, la hardiesse des raccourcis, la vie répandue sur toute la scène, font de celte mosaïque Tune des pièces d'art à la fois les plus curieuses et les plus belles que nous ait laissées l'antiquité.

Cette chambre une fois traversée on pénétre dans

PONPÉI ET HERGULANUH 537

le jardin (J) qu'entourait un superbe portique soutenu par 56 colonnes doriques. Au milieu de ce portique se trouvait une area divisée probablement en plateabandes, et sur laquelle étaient répandus des marbres et des bronzes, en particulier un sphinx accroupi qui est maintenant un des ornements du musée. Le fond du jardin, qui donnait sur la ruelle de Mercure, était occupé par des chambres d^esclaves avec sortie sur la ruelle.

Il n*est pas douteux que la plupart des constructions de la maison du Faune, dont il ne reste plus aujourd'hui que le rez-de-chaussée étaient surmontées d*un premier étage où se trouvaient les chambres à coucher : car, outre les nombreux débris que Ton en retrouve encore, on voit dans une des salles du fond du jardin, les premières marches d*un escalier.

On peut maintenant se rendre compte du luxe qui présidait à la construction et à Taménagement des maisons particulières des riches Pompéiens. Les dispositions principales de la maison du Faune, on les retrouve dans la maison de Pansa, dans la maison de Dioméde, dans la maison du poète, dans la maison de Salluste, variées seulement selon le goût de leurs propriétaires, on la disposition du terrain. La maison de Dioméde plus voisine de la campagne était remarquable par son riche jardin, par ses bains parfaitement aménagés. Elle rappelle plus que les maisons du centre de la ville, la description de la villa de Pline que cet écrivain nous a laissée dans ses Lettres.

Nous avons donné une idée générale des monuments publics et des maisons privées de Pompéi, mais que ne nous reste-t-il pas à faire pour compléter le tableau de la ville antique, telle qu*elle était autrefois, et telle qu'elle apparaît encore aux visiteurs. Nous n'avons rien dit des monuments de second ordre, comme les arcs de triomphe, les casernes» les prisons, les bains publics. Ces derniers forment ceitaineraent l'un des plus curieux restes de la civilisation, dans laquelle ils tenaient

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C est cet endroit même qui a inspiré à notre illustre C'j!.ternp-4jrjin« M. Beiian, l'une de ses pages les plus

1. Pour les dA'ails de la TÎe prÎTée des anciens Pompéiens, on ■e peut micui £iire que de renvoyer au volume si intéressant que vient <le publier de ]|. Gaston Boi^ser, Promenades archéologiques. Hacbclle.

POMPÉ [ ET IIERCUUNUH 341

charmantes: « Nous visitâmes surtout cette rue des Tombeaux, un des lieux les plus poétiques du monde; nous nous assîmes sur ces sièges hospitaliers que le mort offre aux vivants comme pour lui conseiller le repos (Oh I le bon conseil que donnent les morts I). Nous allions saluer à la porte de la ville la place où fut trouvé le soldat fidèle, victime de son devoir, quand un. de nos compagnons nous arrêle brusquement: « Tout est changé, (( nous dit-il, ce petit réduit n*est plus, comme on le (( croyait, une guérite; c*est bien à tort qu'on a voulu « voir dans le cadavre qui y fut trouvé les restes d'une (( sentinelle qui aurait péri à son poste, acceptant le dan- « ger évident de l'asphixie plutôt que de fuir. Cet homme « ne méritait pas les honneurs qu'on lui a rendus; c'était « peut-être un voleur. » Cela nous rendit pensifs. Quoi ! même après la mort, un héros du devoir peut, selon les caprices de Tarchéologie, être confondu avec un voleur; le cadavre d'un voleur peut usurper, durant des années, par suite d'une erreur des antiquaires, les honneurs dus au héros ! Combien un jugement dernier est nécessaire pour reviser tout cela ! Mais dans celui-ci encore, que d'erreurs possibles I » Et plus loin, poursuivant cette même idée du repos offert aux vivants par les morts, le même auteur fait allusion à un autre détail non moins pittoresque des tombeaux pompéiens. La présence de sorte de salles à manger, tricli" nia, près des monuments funéraires : « N'avez-vous pas (( remarqué, me dit mon guide, dans la rue des Tom- (( beaux, ces bancs en hémicycle, disposés exprès en (( forme de scholœ pour que les passants y vinssent se « reposer, causer et disputer? C'est une pensée aimable (( du mort qui offre à ses survivants une minute agréable (( et, par-dessus tout, ce bon conseil de goûter les joies « honnêtes de la vie sans s'imaginer qu'elles dureront (( toujours. Et le festin funèbre, ne croyez vous pas que « c'était un acte pieux à sa manière ? — Certainement, (( répondis-je, et chez ceux de nos ancêtres qui conser- ^

POHPÉI ET HBRCULANUM 345

regard sur la ville encore à demi ensevelie dans son triste linceul, nous gagnons la porte d*Hercu]anufn; nous dirigeons nos pas vers cette autre ville qui a été la sœur de Pompéi dans la vie et qui est resté sa sœur dans le malheur et dans la gloire.

L'importance des fouilles d*Herculanum est beaucoup moins grande que celle des fouilles faites à Pompéi. Et pourtant Herculanum a été découverte la première, et le peu que Ton connaît d*elle fait espérer que la moisson artistique peut être encore plus heureuse ici que là. En effet Herculanum était la ville des amateurs et des rentiers, tandis que Pompéi était la ville des travailleurs, des marins et de la bourgeoisie active.

Mais une raison grave a suspendu et relardé indéfiniment les travaux d*Herculanum. Tandis que Pompéi s*est trouvée, ainsi que nous l'avons dit, ensevelie sous une couche de lapilli, petits cailloux qui mêlés à la cendre sont' faciles à enlever, Herculanum au contraire, plus voisine du Vésuve, s'est trouvée enfouie et moulée, pour ainsi dire, sous un torrent de laves. La lave a durci, et si elle a conservé d une façon vraiment étonnante les objets qu'elle recouvre, par contre, le travail qu'il faut faire pour la percer et la briser, est bien plus rude que celui qui permet de déblayer Pompéi. De là la cause de la lenteur et des interruptions des recherches à Herculanum.

D'ailleurs la physionomie générale que pouvait présenter cette ville, quoique plus riche que sa voisine, ne devait pas en différer notablement. Le peu que l'on a vu des maisons et des édifices d'Herculanum concorde absolument avec ce que nous conaissons déjà. Les seuls éléments nouveaux qu'offrent les parties bien minimes d'Herculanum qui sont aujourd'hui mises au jour porte plutôt sur les détails que sur l'ensemble. Nulle part on n'a trouvé de plus beaux bronzes, de plus beaux marbres. Tout fait espérer que des recherches entreprises avec méthode amèneront la découverte d'un véritable

H'îîv*» r«L'"'rir:^ suzs r^l. Mi^eoreosenient, il faut

i* cr-*. i*« j'L>^^ lé^t* qa'el.^ «Ml élê entreprises i Il Î-» CI :lt-*'.* '-I'» ^ sa dr'riî da dix-oenTième ^. *..-»* f,TÇ jj.^ •^î^ --^:- : >i -i^^ ; \%« mine? à peine dé-

i .i'*^ iir. ±'.t T^i.jr^^'*rs, L*5 phss et les figures •iï: *' t :i.cl rr:* '"a izî! c^^nâerrés. Les pièces d'art ' .fîï-iiiir 'iti* -ît â*4 î^rr^itli-ns De n^os soal pas foutes :.t:r'-"î?i uiîî' SI i» c r' il-

iLS:*.- izc-^ iT > ÎTrilmé nT-îdemeot Texistence £ Lî>* Lc*^ ^rif^ z --^ les 2r>^>3s aixhc^Jopies ont pris T»îŒr i* iiciii é^ d ja lKtà:re iaunen5e pouTant cooy*ixJT Z'-js ô* 1 > •») sç'^T^^'turu m^is analogue dans s» i'riiA ç^zttn.i à CctIjî de ^yrr.i^ï, nous donnerons rDî-.rjiî* ^f-Ti-^ se3>!H:-st sjr la pîus înportante des ùf.T'(L^*^.i;^ ZiA-^s^ à B^rru:i33!a, la Maison da Papyrms.

Cé-^'* iiâi-s:»m zjt îiii« au j«>ur ca 1750 par un partinlj*? zzi crf^>ii: un pu':»*. Charles ID y fit poursuifre irfs :*'»L. .:t^ z^'TiU'.X ir-iTS de dix ans. <I»n découvrit ainsi ir'srD* fc^ fi û-r ;i ; .Z5 ir:i>>rtante des maisons privées r : Si.».: >' r.j* Ct^ f'Xj-.îe^ entreprises aux enrirons du V <;Lr*. M.' .:>tzT{fz<^riTiv^3i le plia qui fut levé, dit-on, i r^*:** f 7o: je, n a ;«s ê:ê pui-Jiê, et l'on en est réduit, v»LT 5* û.r* -:>£ :it« de sa disposition, à citer le pas- >î-c* ç^e W.i^r-'niaa Ijî a consacré : t Cette maison ôr rir^M-Tife. c.:-îl, rer^fermait une grande pièce d'eau V'rrT»e û* df-x CtaJ ciG«pnte-deux palmes deNapIes f'"-T.' *: Iirre ie rîr.jrl-sept palmes (7", 10), dont les <\:r-.rr.::t*s se termir aient en portion de cercle. A l'enî;»-;r i- c^c rt^.nr. il y sTait ce que nous nommons des c'i'rtirr-^ir.ts ce jsriia, et il régnait tout le long de iv.-,;^-^;^ ï;- r*r.r de colonnes de briques revêtues c Tif .vo-b;" .ie s: i-r. au nombre de vingt-deux sur le c'v ■* T .:> I.nr et cix dins la largeur. Ces colonnes

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: î:-s s.Lvtrs apruyès par un bout sur le mur *v \\.-C^'e i- urviîn. ce qui formait une feuillée ou bervvjcji a,::.-.:r ce l'eL^ng. On trouvait sous cet abri *vsci^-; :cv$ ôe fermes difîc rentes, soit pour la couver-

sation, soit pour prendre le bain ; les uns en demi-cercle» les autres carrés par leur plan; des bustes ainsi que des figures de femmes en bronze étaient placés alternativement entre les colonnes. Un canal d'une médiocre largeur circulait le long de la muraille du jardin, et une longue allée conduisait au dehors à un cabinet ou pavillon d*été de forme r^nde et percé de toutes parts, lequel s*élevait de vingt-cinq palmes de Naples (6'", 60) au-dessus du niveau de la mer. Au sortir de la longue allée, on montait quatre marches et Ton parvenait ensuite à un pavillon où Ton a trouvé un beau pavé de marbre d'Afrique et de jaune antique*. »

Cette maison est ornée de tout ce que Tart antique a produit de plus beau et déplus raffiné; les collections qui s*y trouvaient rassemblées étaient d'un si haut prix que les anciens eux-mêmes avaient essayé en fouillant la lave d'en reprendre quelques parties. Mais ils se découragèrent vite, et ce qui nous en reste dépasse probablement de beaucoup ce qu'ils ont pu emporter.

C'est par centaines que l'on compte les bronzes et les marbres aujourd'hui conservés au musée de Naples, et qui proviennent de cette maison. C'est le merrveilleux Faune ivre^ qui était dans le jardin entre deux statues représentant des coureurs; c' est ï Aristide, d'une beauté sans égale, et dont la seule présence dans les fouilles mériterait de faire donner à cette maison le nom de Maison du Philosophe; ce sont les bustes de Sapho, Platon, Épicure, Heraclite, Démocrite, d'Auguste, de Livie, d'Agrippine, deCaligula, de plusieurs Ptolémées, ce sont des satyres, des silènes, des animaux, des oiseaux en bronze et en marbre ; ce sont encore des peintures parmi lesquelles le célèbre camaïeu sur marbre représentant des femmes jouant aux osselets '•

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