‹ Les villes retrouveés:Chapitre 6 sur 39 · Blaspero, Histoire ancienne ^ p · texte numérisé non relu

Blaspero, Histoire ancienne ^ p

46 LNTRODUCTION

de longues pérégrinatioDS s'installer sur les bords de la Méditerranée.

C*est le pays que les modernes appellent Syrie, pays étroit, resserré entre les sables de l'Arabie et la mer, sillonné par des chaînes de montagnes hautes et épaisses; plutôt une côte qu'une province, plutôt le grand chemin entre l'Asie et l'Afrique qu'un lieu de séjour pour des peuples stables et puissants. Ce pays toujours travei'sé et jamais conquis, par sa forme naturelle a dû subir toytes les dominations, et aussi éviter d'être le siège d'aucune ; en somme la région est riche et bien située. C'est par là que se fait naturellement le transit des produits de l'Orient et de ceux de l'Occident.

Le pays étant fait pour le commerce, les peuples qui l'habitaient étaient des commerçants. Combien citeronsnous ici de villes que leur situation rend en quelque sorte immortelle; qui apparaissent dès la plus haute antiquité et qui ont survécu jusqu'à nos jours, en vertu de cette loi historique qui fait que des groupes d'hom mes subsistent là ou aboutissent les grands chemins de l'humanité? C'était en remontant le cours del'Ëuphrate, au gué le plus méridional, Thapsaque; au gué central, Karkémish; au gué du nord, dans les montagnes, Saraosate.

Des trois villes, toutes grandes et riches, la plus importante était Karkémish. Les fêtes religieuses connues de toute l'antiquité étaient l'occasion de foires célèbres où se rencontraient toutes les jaunes figures des commerçants orientaux.

Plus au sud on trouvait Batna, Halep aux champs altérés, puis Damas; Damas, ville fertile, à l'entrée du désert, ville ombreuse, ville pleine de verdure, de gaieté et de vie, aux confms des sables arides et étouffants de la pierreuse Arabie.

Aujourd'hui encore sa vue arrache au voyageur qui débouche de l'Anti-Liban un cri de joie et d'admiration : « L'impression de ces ampagnes richement cultivées^

dé ces vergers délicieux, séparés les uns des autres par des rigoles et chargés des plus beaux fruits, est celle du calme et du bonheur. Vous vous croyez à peine en Orient dans ces environs de Damas, et surtout au sortir des âpres et brûlantes régions de la Gaulonitide et de riturée. Ce qui remplit Tâme, c'est la joie de retrouver les travaux de l'homme et les {bénédictions du ciel. Depuis Tantiquilé la plus reculée jusqu'à nos jours toute cette zone qui entoure Damas de fraîcheur et de bienêtre n*a eu qu'un nom, n'a inspiré qu'un rêve : celui de « paradis de Dieu* ».

Aux avantages d'un climat si favorable, Damas en joignait un autre : protégée par TAnli-Liban, séparée par lui du grand chemin de la côte, elle reposait tranquillement dans ses vergers, laissant passer devant elle les fureurs belliqueuses des puissants despotes, ses voisins de l'Orient.

Sur les bords de la mer s'étageaient les villes des Phéniciens, plus puissantes, plus célèbres, mais aussi plus exposées, et que leur retraite au sein des eaux ne suffisait pas toujours à protéger. 11 passait quelquefois des Alexandres qui jetaient des digues pour arriver jusqu'à elles.

C'était Gebel ou Byblos qui se vantait d'être la ville la plus vieille du monde et d'avoir été construite par les dieux. C'était Bérouth, c'était Sidon « la fleurie » avec son beau port, elle aussi s'appelait orgueilleusement « le premier-né de Canaan ». Au milieu des eaux on avait bâti Arad; et Tyr, la reine de la mer. Faut-il citer plus au sud les noms d'Acca, de Mageddo, de Joppé, d'Ascalon, de Gaza, dont la gloire pâlit à côté de celle de leur brillante sœur.

Si nous rentrons dans l'intérieur des terres, nous trouvons bien d'autres cités encore. Elles étaient déjà puissantes en ces temps anciens et opposaient aux rois

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