ACTION DU VENIN SUR LA PEAU ET LES MUQUEUSES
très superficiellement avec la pointe d'une lancette, et il n'a vu survenir qu'une eschare locale, suivie d'une plaie suppurante qui s'est cicatrisée rapidement. Le venin, déposé sur la peau légèrement excoriée d'un animal ou de l'homme, n'est donc pas mortel ; il se produit simplement une eschare, puis une plaie qui ne tarde pas à se cicatriser.
Les expériences dans lesquelles Ç'ontana a placé le venin sur les yeux chez des chiens et des chats, lui ont démontré que ce liquide ne produisait ni douleur, ni inflammation, ni aucun accident» général.
Le venin n'a pas plus d'effet lorsqu'il est déposé sur la muqueuse de la bouche, sur la langue et même lorsqu'il est avalé. Le témoignage de plusieurs expérimentateurs illustres en est une preuve suffisante.
Le savant Redi, qui a découvert le venin chez la vipère, dit l'avoir goûté et en avoir avalé sans éprouver le moindre malaise. Il a vu aussi un chercheur de vipères en prendre une cuillerée entière sans en être incommodé. Le célèbre Fontana dit que son dômestique en a pris en plusieurs fois et en différents temps et en plus ou moins grande quantité, tantôt pur et tantôt étendu d'eau, et qu'il ne s'est senti enfler ni brûler la langue ou la bouche et qu'il n'a éprouvé aucun malaise.
Le même savant fit aussi de nombreuses expériences sur le chien. Cet animal prit avec plaisir le
venin qu'on lui présenta, il le lécha même avec délices et l'avala en grande quantité soit pur, soit mélangé à de la mie de pain. Jamais on n'a constaté le moindre accident consécutif.
Plus récemment, le professeur Viaud-Grand-Marais a eu le courage de répéter ces expériences sur luimême. Ayant à plusieurs reprises goûté et avalé le venin, il ne lui a reconnu aucune saveur et n'a jamais été incommodé à la suite de cette ingestion. Une fois même il a expérimenté par mégarde lorsqu'il était atteint d'une gingivite scorbutique, et malgré cela n'a rien constaté d'anormal.
Ainsi, le venin de la -vipère ne produit aucun effet quand il est mis en contact avec la peau intacte ; il ne produit qu'une petite plaie locale lorsqu'il est appliqué sur la peau excoriée, et enfin, il est inofifensif quand il est mis dans les yeux, dans la bouche et même quand il est avalé.
2° Le venin est toxique quand il est introduit dans la profondeur des tissus vifs ; il ne F est généralement pas quand il est simplement déposé sur une plaie largement ouverte.
Quand la vipère mord, ses crochets pointus pénètrent dans les tissus et y déposent le venin à une certaine profondeur. La dent venimeuse une fois retirée, il ne reste qu'une ouverture insignifiante à l'extérieur, dont la place est généralement indiquée par une