‹ Les vipères de France, morsures, traitementChapitre 23 sur 35 · ANIMAUX RÉFRACTAIRES AU VENIN · texte numérisé non relu

ANIMAUX RÉFRACTAIRES AU VENIN

2° Sur uDe vipère de taille moyenne mordue par deux autres de taille plus grande ;

3° Sur trois vipères mordues par sept autres dans ses parties dépourvues de peau;

i"" Sur cinq vipères mordues par plusieurs autres à différentes reprises ;

5*" Sur trois vipères inoculées au cou , au dos et à la queue dans les parties dépourvues de peau, avec le venin d'autres vipères;

6° Sur une vipère inoculée avec son propre venin sur des plaies de la bouche produites par du verre cassé ;

T Enfin sur une vipère qui après avoir été mordue par d'autres s'inocula son propre venin en se mordant la queue.

Les résultats des expériences de Fontana sont confirmés par un grand nombre de faits bien observés. En 1850, Alfred Dugès a vu une vipère commune s'implanter ses crocs dans sa mâchoire inférieure sans qu'il en résultât rien de fâcheuxpour l'animal. J'ai vu moi-même, nombre de fois, des vipères se mordre sur le dos, la queue ou d'autres parties, au moment où on les saisissait, sans qu'il fût possible de constater consécutivement la moindre altération de leur santé.

Dans les cas précédents, la morsure directe a été généralement utilisée; on peut objecter que le venin n'est pas déposé dans les tissus vifs, mais reste

à la surface de la peau. Pour répondre à une supposition ae cette nature, j'ai fait des expériences dans lesquelles j'ai injecté le venin dans la profondeur des tissus à l'aide de la seringue Pravaz. Voici le résumé de quelques unes de ces expériences :

Expérience I. — Une ()etite vipère aspic reçoit en injection hypodermique avec la seringue Pravaz, sur la région du dos, une dose de venin capable de tuer au moins quatre cobayes. Au moment de l'injection du poison, on observe de l'agitation, signe d'une douleur assez vive.

Après l'avoir abandonnée à elle-même, la vipère se roule en cercle et n'offre rien d'anormal pendant la journée. Les jours suivants elle se r.omporte comme avant l'injection.

Expérience II. — Le 31 juillet 1890, ayant capturé dans la matinée deux belles vipères aspic, j'ai recueilli sur elles la valeur d'une grosse goutte de venin. Ce venin dilué dans une petite quantité d'eau distillée a été injecté sous la peau de l'une des deux vipères, à l'aide de la seringue Pravaz. Il ne s'est manifesté qu'un peu d'excitation au moment de l'injection. La vipère, observée pendant plusieurs jours, n'a rien présenté d'anormal ni au point d'injection, ni dans son état général.

Expérience III. — Le 17 avril 1890, j'injecte sous la peau du dos d'une grosse vipère rouge la valeur de quatre gouttes de venin conservé à l'état sec depuis huit jours. Légère agitation au moment de l'injection ; puis la vipère s'enroule et se met en position de défense, elle fait entendre un vigoureux sifflement toutes les fois qu'on l'approche.

Elle ne présente rien d'anormal ni dans la journée de l'inoculation, ni les jours suivants.

Ces expériences comme celles de Fontana démon-

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