‹ Les vipères de France, morsures, traitementChapitre 7 sur 35 · HABITAT ET MŒURS. H · texte numérisé non relu

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elle est enroulée ea spirale, la lête étant placée au centre et légèrement relevée. Elle est là, immobile, presque engourdie et peu disposée à prendre la fuite.

Quand on la menace dans sa tranquillité elle ne se sauve qu'avec lenteur et en faisant entendre le plus souvent un sifflement prolongé.

Fréquemment la vipère se laisse approcher de très près et ne cherche à s'enfuir que lorsqu'elle se trouve réellement en danger. Quand l'homme, en arrivant à son voisinage, ne s'arrête pas dans sa marche, soit parce qu'il ne la voit pas, soit parce qu'il fait semblant de ne pas l'apercevoir, elle conserve son immobilité la plus absolue ; et ne s'enfuit que si l'homme est sur le point de l'écraser ou lorsqu'on l'apercevant il s'arrête. Les chasseurs de vipères connaissent parfaitement cette particularité des mœurs de ces dangereux reptiles et ils la mettent à profit pour les découvrir et les capturer plus facilement. Tantôt ils s'arrêtent, explorent le terrain pour provoquer leur fuite et les découvrir ainsi plus facilement. Tantôt, au contraire, ils poursuivent lentement leur marche pour pouvoir les approcher et les saisir plus sûrement.

Pendant les temps chauds et secs, quand le ciel est clair, les vipères sont très vives et le moindre bruit suffit le plus souvent pour les déterminer à la

fuite. Ces temps ne conviennent pas pour opérer leur destruction.

Les vipères se tiennent toujours directement sur le sol, jamais elles ne montent sur les buissons et sur les arbres. Tout au plus pourrait-on les voir sur une grosse touffe d'herbe ou sur des fagots et branches sèches entassées sur le sol.

Elles ne se nourrissent que de proies vivantes. J*ai trouvé généralement dans l'estomac des vipères adultes, des souris, des campagnols, des mulols, des rats, des petits oiseaux ou des débris de ces animaux, et dans le ventre des vipereaux des débris d'insectes : jamais je n'ai rencontré ni grenouilles ni crapauds dans leur estomac.

J'ai recherché l'occasion pour faire des observations personnelles sur la manière dont les vipères s'emparent de leur proie. Mais malgré une^grande patience il m'a été impossible de les surprendre au moment exact où elles prenaient leur nourriture. J'ai passé des heures entières à les observer, soit dans les endroits où elles se tiennent naturellement, soit après les avoir enfermées dans des caisses avec des souris. Ni dans l'un, ni dans l'autre cas je n'ai pu assister à leur repas. En captivité elles refusent le plus souvent de manger et vivent ordinairement en bonne harmonie avec les souris qu'on enferme avec elles; quelquefois cependant elles tuent ces rongeurs,

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mais sans les dévorer. Exceptionnellement quelquesunes se nourrissent en captivité. Parmi celles que j'ai eues à ma disposition, et elles étaient en grand nombre, une seule a un jour avalé une souris. Malheureusement elle a fait son repas au moment où je n'ai pu l'observer. N'ayant rien pu recueillir sur ce sujet par moi-même, je me garderai bien de discuter les opinions émises par différents auteurs sur la façon dont ces reptiles s'emparent de leur proie.

• Je dirai cependant que des personnes dignes de foi m'ont affirmé avoir vu des vipères fasciner des souris avant de s'en emparer. Ces mêmes personnes prétendent que la vipère ne mord pas la proie au moment où elle la saisit ; et qu'elle ne fait usage de ses crochets que pour se défendre lorsqu'elle est attaquée.

La vipère fait ses petits à la fin du mois de septembre. Les jeunes femelles font de deux à cinq vipereaux et les vieilles en ont parfois jusqu'à quinze. La vipère femelle ne devient apte à la reproduction que vers l'âge de cinq ans et elle reste féconde jusqu'à l'extrême vieillesse. La durée de la vie naturelle de la vipère n'est pas fixée d'une façon absolue, mais d'après l'opinion des preneurs de serpents, ce reptile pourrait vivre presque un siècle. En venant au monde les petits vipereaux ont une longueur de 0°*,15 à 0™,20, et ils sont aussitôt disposés à mordre. Leurs morsures sont dangereuses car leurs crochets déposent du ve-

nin dès leur oaissaûce, fait dont je me suis rendu compte un grand nombre de fois. Si Ton fait mordre des grenouilles ou des souris, ou des poussins par ces petites vipères âgées d'un jour seulement, les animaux atteints ne tardent pas à succomber. En faisant mordre les vipereaux sur une lanière de cuir, on peut s'assurer que chaque crochet dépose une petite gouttelette de venin très actif.

Dès leur naissance, les vipereaux doivent pourvoir à leur propre existence, car la mère ne leur est plus d'aucun secours. Us se nourrissent d'abord d'insectes comme le démontrent des débris qu'on retrouve dans leur estomac.

Vers l'âge de quinze ans la vipère est arrivée à la grosseur qu'elle conservera ensuite pendant toute sa vie.

Au commencement du mois d'octobre, lorsque la température se refroidit, les vipères deviennent plus rares; elles se retirent dans les abris qui leur servent de refuge et se préparent à y passer la période de l'engourdissement hibernal.

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