CHAPITRE II
MANIÈRE DE LE RECUEILLIR. — QUANTITÉ. — CONSERVATION. — CARACTÈRES PHYSIQUES ET MICROSCOPIQUES. — RÉACTIONS CHI- MIQUES. — COMPOSITION CHIMIQUE.
1° Moyens pour recueillir le venin, — Le venin destiné aux recherches chimiques ou aux expériences physiologiques s'obtient en comprimant les glandes et les vésicules à venin sur la vipère morte ou vivante, ou en faisant mordre le reptile sur un corps approprié.
La compression des vésicules fait sourdre le venin à l'extrémité des crochets où on le recueille, soit en déposant les gouttes sur une lame de verre, soit en les aspirant directement dans des tubes capillaires qu'on ferme ensuite à la lampe ou simplement avec de la cire à cacheter. Le procédé de la morsure donne de meilleurs résultats. 11 suffit de faire mordre par la vipère un corps dur et lisse ne se laissant pas pénétrer par les crochets pour obtenir le dépôt de deux belles gouttes de venin qu'il est ensuite facile
i6 DU VENIN.
de récolter. Je me sers ordioairement d'une canne aplatie dont l'extrémité est entourée d'une lanière de cuir épais ou de caoutchouc. Le reptile en mordant ne risque pas de se casser les dents sur ces corps un peu mous et cependant assez résistants; il dépose toujours à leur surface deux gouttes de venin dont la cueillette est des plus faciles.
J'ai également essayé de faire mordre par le reptile des lames de verre ou des cuillères en métal, mais j'ai remarqué que sur ces corps durs, il se casse fréquemment les crochets dès la première morsure ou bien qu'il refuse de mordre ultérieurement.
Un bon moyen aussi consiste à faire mordre de petites éponges, du colon ou du papier buvard ou tout autre corps spongieux absorbant; mais dans ces cas, pour obtenir je venin, il faut laver ensuite ces corps avec de l'eau distillée ; ce n'est donc pas du venin pur qu'on obtient ainsi, mais une solution aqueuse plus ou moins concentrée. Voici la manière d'opérer de M. de Lacerda, médecin brésilien : L'extrémité d'une canne est garnie de coton qu'on fixe avec du fil. Tout en excitant le serpent à mordre on lui présente le tampon de coton dans lequel il enfonce ses crochets et y dépose le venin. Le coton est ensuite détaché de la baguette et l'on cherche entre ses fibres les gouttes de venin. Les parties imbibées du liquide toxique sont séparées avec soin. On les fait