RÉCOLTE. — QUANTITÉ
sécher ou bien on les trempe dans un peu d'eau distillée qui dissout le venin. La solution aqueuse s'altérant assez vite par le développement des microbes de la putréfaction, il vaut mieux laisser sécher le venin sur le coton et ne le dissoudre qu'au moment de s'en servir.
On obtient le maximum de venin quand on fait mordre la vipère sur un bâton entouré de cuir ou de caoutchouc au moment même où on la capture.
Comme ce procédé ne compromet pas la santé du reptile, celui-ci peut ensuite être placé dans une cage et servir de temps en temps pour faire de nouvelles récoltes de liqueur venimeuse.
2** Quantité de venin. — La quantité de venin fournie par un serpent dépend de la taille et de l'espèce, mais elle n'est jamais considérable. Moquin- Tandon estime à 15 centigrammes la quantité de venin de la vipère aspic, à 7 centigrammes celle de la vipère péliade. M. Weir-Milchel a évalué à 80 centigrammes environ le poids du venin du serpent à sonnettes. D'après Nicholsen un Naja en possède 1^'20 et d'après M. Winter-Blyth un Cobra en donne par pression de la glande environ 0^'30.
A la suite de quelques morsures faites à peu d'intervalle, la provision de venin s'épuise et les reptiles cessent d'être dangereux pendant quelques jours. Si, après avoir épuisé les vésicules à venin, on fait
mordre la vipère, on constate que les crochets ne déposeat plus de liquide et que les animaux mordus n'éprouvent aucune altération de la santé.
C'est avec des vipères ainsi préparées que certains jongleurs et charmeurs de serpents peuvent se faire mordre sans éprouver aucun accident.
3*" Conservation^ altération du venin. — Pour conserver le venin on le recueille avec des précautions aseptiques dans des tubes capillaires (tubes à vaccin) qu'on ferme aux deux bouts à la lampe ou avec de la cire à cacheter. Mis ainsi à l'abri de l'air et des germes de la putréfaction, il se conserve avec ses caractères et ses propriétés normales pendant plusieurs mois. Souvent on constate qu'au bout d'un certain temps il perd sa coloration jaune et devient incolore. On observe aussi qu'avec le temps il perd une partie de son activité.
Quand le venin n'est pas récolté proprement, on le voit se décomposer par le développement dans sa masse des microbes de la putréfaction. L'altération est surtout fort rapide quand il est dilué dans l'eau. Alors après peu de temps, il' perd sa toxicité à peu près totalement.
A l'état sec le venin conserve fort longtemps ses propriétés toxiques, surtout quand il s'est desséché dans la dent de la vipère. Un crochet venimeux isolé peut donner la mort après plusieurs années. Ainsi