SOMMAIRE MER
a) Notions générales sur l’évolution des moyens de paiement.
b) Précurseurs des virements dans l'Antiquité : Babylone ; la Grèce et l'Egypte ; Rome.
c) Précurseurs au Moyen Age : Juifs, Lombards et Cahorsiens ; les Templiers ; les banques italiennes, hollandaises et allemandes ; les foires de Champagne, de Lyon, de Lombardie et d'Espagne.
d) Evolution et extension des virements dans les temps modernes : le chèque et les clearing-house en Angleterre et aux Etats-Unis ; efforts accomplis en France et en Allemagne pour développer les règle-
ments par compensation.
a) NOTIONS GÉNÉRALES SUR L'ÉVOLUTION DES VIREMENTS EN BANQUE.
Certains auteurs ont cru devoir consacrer une place prépondérante à l'historique des virements au détriment de leur étude technique et juridique.
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Nous avons pensé, pour nofre part, que, dans un pareil sujet, nous ne devions demander à l’histoire que l'explication et la description des faits ayant concouru à la création et à l’évolution des virements, et c’est pourquoi nous avons glissé sur tout ce qui n’est qu’érudition pure, pour insister, au contraire, sur tous les points qui peuvent faire comprendre et les formes prises par les virements dans les temps modernes, et leur extension de plus en plus grande.
Et comme le virement est au nombre des procédés les plus récents de règlement, pour préciser le chemin parcouru, nous avons jugé bon de donner quelques notions, d’ailleurs courantes, sur les différents stades des procédés de paiement.
D’après Aristote (1), l’homme, qui était sous la dépendance de son mode d’alimentation, chercha à échanger les produits qu’il possédait en trop grande quantité contre ceux qui lui manquaïent : d’où le premier procédé de règlement, qu’on désigne sous le nom de troc. Mais, comme le même Aristote l’explique dans son « Etude sur les monnaies », ce moyen. de règlement était défectueux, car, par exemple, si étant cordonnier, on désirait acheter un bœuf, l’échange était difficile à réaliser, car le vendeur du bœtt n'avait besoin que d’une paire de chaussures, et non pas d’une grande quantité de ces dernières.
Pour remédier en partie à cet inconvénient, l’homme inventa les marchandises monnaie : marchandises différentes suivant les pays, mais qui étaient faci-
lement échangées contre d’autres produits, car ceiui (1) Traité de la politique, Livre I,
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qui les acceptait savait qu’il pourrait en faire, à son tour, l’objet d’une transaction ultérieure.
Cependant ce procédé présentait, lui aussi, plusieurs inconvénients graves, car dans les pays, où, comme à Rome, on utilisait les troupeaux (pecus) comme marchandise monnaie, celui qui recevait des moutons en échange, devait les nourrir.
D’autre part si une personne désirait acheter un objet, qui ne valait qu’une partie du mouton, il fallait débiter ce dernier ; et, par suite, pour éviter de perdre la viande, on devait attendre le moment où on avait assez d'échanges à réaliser pour l'utiliser eu entier comme moyen de règlement et d'alimentation.
La monnaie, qui succéda à ce dernier système, réalisait un gros progrès, car le métal choisi: or ou argent, était inaltérable ; on pouvait le diviser en fragments suffisamment faibles pour pouvoir satisfaire à des échanges même minimes, enfin, les lingots, puis ensuite les pièces frappées, ne tenaient que peu de place.
Mais l’argent pouvait être facilement volé ; et, pour le mettre à l’abri, les particuliers le confièrent aux temples, où il était placé sous la garde du dieu moyennant une légère rétribution correspondant au droit de garde actuel.
Cependant les gardiens des temples babyloniens, égyptiens ou grecs devaient au début rendre aux déposants les espèces mêmes, qui leur avaient été con-
(2) D’où pour désigner la monnaie ultérieure le terme de pecunia Dans les Indes on se servait de pièces d’étoffe appelées guinées, qui ont donné leur nom à la monnaie, qui les a remplacées.