PATHOGÈNES
Les genres qui, jusqu'à présent, intéressent le plus le médecin sont les microcoques, les bactéries, les bacilles, les vibrions, les spirilles, les spirochètes, les sarcines.
Leurs caractères morphologiques sont brièvement mais suffisamment indiqués dans le tableau dressé par M. Guignard. Il est inutile de les reproduire tous; mais il ne sera pas mauvais de dire en quelques mots les caractères qui permettent de distinguer le genre Bacterium du genre Bacillus.
Le genre Bacterium occupait autrefois une large place dans les descriptions. Aujourd'hui ses représentants semblent devenir de plus en plus rares au profit du genre Bacillus. Dans les travaux de bactériologie médicale, il est de moins en moins question des bactéries; elles disparaissent sous le flot montant des microcoques et des bacilles.
Ce fait résulte d'une confusion facile entre les deux genres. Lorsque le bacille est adulte, il forme un filament long, grêle, multi-articulé, que l'on distingue aisément d'une bactérie isolée et courte. Mais on dislingue difficilement une bactérie adulte
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d'un bacille jeune. De part et d*autre, on constate un filament grêle et homogène.
On dut examiner cette question de très près, et voici les points sur lesquels on a cru pouvoir établir des différences.
A rétat de mycélium, le bacille est plus long, plus fin que la bactérie ; de plus, il est multi-articulé, tandis que la bactérie serait monocellulaire.
A la fin de la végétation, le bacille préparerait sa reproduction par la formation de spores, tandis que la sporulation ferait toujours défaut dans les bactéries.
Cette diagnose mérite d'être discutée. D*abord, le mycélium articulé n'appartient pas exclusivement au genre Bacillus. La fragmentation transversale se présente chez les bactéries ; mais elle se présente rarement plus d'une fois. Quant à la reproduction par spores, on la trouve dans le genre Bacterium aussi bien que dans le genre Bacillus. M. Van Tieghem et M. Zopf admettent que la sporulation peut appartenir à toutes les formes, voire même aux micrococci, où elle serait toutefois moins fréquente que dans les formes allongées. Le premier de ces botanistes a décrit la sporulation du Bacterium viride, le second, celle du Bacterium tumescens. On a figuré des spores dans le Bacterium lucens et le Bacterium cyanogenum, etc.
Par conséquent, en dehors du cas où Ton aura sous les yeux des filaments multi-articulés et endosporés, on ne pourra distinguer sûrement un bacille d'une bactérie qu'en observant les différentes phases de leur évolution. Si un organisme ne forme jamais plus d'un ou deux articles, s'il présente à son plus grand état de développement une ou deux spores, on aura affaire à un individu du genre Bacterium. Si un organisme s'allonge beaucoup et forme un plus grand nombre d'articles ; si, à défaut de montrer bien visiblement ses articulations, il montre dans son protoplasme une série de spores, on aura sous les yeux un représentant du genre Bacillus.