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A EMPLOYER CONTRE LES MALADIES TRANSMISSIRLES OU ÉPIDÉMIQUES

Instruction adoptée par le Conseil d*hygiène publique et de salubrité du département du Rhône.

I. Précautions à prendre par V entourage des malades, — Les personnes qui soignent les malades auront des vêtements spéciaux qu'elles quitteront : 1<» au moment de sortir dans la rue; 2<> pendant la durée des repas; 3<» lorsqu'elles devront se trouver en contact avec les personnes bien portantes de la maison.

Elles se laveront les mams fréquemment, surtout avant le repas, avec du savon et une grande quantité d'eau renouvelée plusieurs fois.

II. Désinfection des ustensiles qui servent aux malades. — Les

tasses, bols, assiettes, cuillers, etc., dont les malades se sont servis, seront rigoureusement nettoyés à Teau bouillante, et Ton veillera à ce qu*Us ne soient pas utilisés par d'autres personnes.

Les restes d'aliments laissés par les malades ne doivent jamais ôtre consommés par les personnes en bonne santé.

IIL Désinfection des matières rendues par les malades, — Les vcrmissements et les selles seront immédiatement mélangés à un verre d'une solution acidulée de sulfate de cuivre (eau, 100 grammes; sulfate de cuivre, 2 grammes ; acide sulfurique ordinaire, 4 grammes), puis jetés dans les cabinets. Les vases où ces matières ont été reçues seront, en outre, rincés aussitôt : d'abord avec un second verre de solution acidulée de sulfate de cuivre, puis avec une grande quantité d'eau ordinaire.

A la campagne, les matières seront enfouies dans le sol, après désinfection, loin des cours ti'eau, des sources ou des puits qui servent à l'alimentation ou à des usages domestiques.

Si les matières ont été répandues sur le parquet, elles seront absorbées avec de la sciure de bois que l'on fera brûler aussitôt. La tache sera lavée avec une éponge ou un torchon imprégnés d'eau phéniquée à 2 pour 100. Ces objets seront ensuite projetés dans un baquet d'eau phéniquée, dont il sera question bientôt.

Si les matières ont souillé les draps de lit, des serviettes ou des mouchoirs, on plongera ces objets le plus tôt possible dans l'eau phéniquée et on les traitera comme les autres pièces de linge (voy. ci-après).

IV. Désinfection du linge dans le cours de la maladie. — Le linge de corps, les serviettes, les mouchoirs, les draps de lit, seront désinfectés dans la maison avant d'être soumis au blanchissage.

Pour cela, aussitôt qu'ils auront cessé de servir, qu'ils soient souillés ou non souillés, on commencera par les plonger pendant une demi-journée au moins dans un baquet ou cuveau rempli d'eau phéniquée à 2 pour 100; on les sortira de ce liquide, on les tordra légèrement, puis on les maintiendra pendant vingt minutes ou une demi-heure dans l'eau réellement bouillante; ensuite on les soumettra à la lessive sur place, ou bien on les livrera au blanchisseur.

Il est très important de savoir que les matières quelconques rendues par le malade ne doivent jamais se dessécher sur les pièces de linge qui les ont reçues.

Si la chose est possible, on remplacera avantageusement l'ébullition dans l'eau par un passage à l'étuve à désinfection.

La solution phéniquée ainsi employée sera versée dans les cabinets d'aisances, jamais dans les dégorgeoirs des cabinets de toilette ou des éviers.

Les linges et autres objets de pansement de peu de valeur seront brûlés; dans le cas contraire, ils seront désinfectés de la même manière que le linge de corps.

V. Désinfection des habits, de la literie, des tapis et des tentures à la fin de la maladie. — Les habits des malades et des gardemalades, la literie (couvertures, matelas, oreillers), et les tapis et

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les rideaux de la pièce dans laquelle la maladie a évolué, seront enveloppés dans des draps humectés d'eau simple ou phéniquée et portés dans Tétuve à désinfection, où ils subiront, pendant vingt minutes, Taction de la vapeur d*eau sous pression.

Ces objets ne seront remis en place qu'après la désinfection du logement.

On traitera de la même manière les bardes et chiffons, alors même qu'ils devraient être donnés ou vendus.

VI. Désinfection des meubles et de la chambre du malade. — Cette opération comprend plusieurs temps qui seront toujours exécutés dans Tordre suivant :

1*» Humecter uniformément le carrelage ou le parquet avec de l'eau ordinaire ;

â^ Essuyer soigneusement le plafond, les murs ou la tapisserie avec un linge légèrement humecté, aftn d'entraîner et de fixer les poussières ;

3" Imprégner fortement les meubles d'une minime valeur, tels que berceaux en bois et en fer, chaises ordinaires, etc., etc., avec une solution de sublimé à 1 pour 1000 (eau, 1000 grammes; sublimé, 1 gramme).

L'intérieur des tables de nuit devra toujours être traité ainsi ;

40 Pour les meubles plus importants, tels que les lits et les sommiers, introduire de la solution de sublimé dans les joints, comme s'il s'agissait de la destruction des punaises, et essuyer les surfaces cirées ou vernies avec un tampon imprégné d'huile;

5® Battre, puis frotter avec une brosse trempée dans la solution de sublimé, la surface des sièges garnis de tissus divers;

6<> Laver et brosser le parquet ou le carrelage de la chambre, les boiseries ou les murailles, jusqu'à la hauteur de â mètres, avec des balais et des éponges emmanchées trempés dans la solution de sublimé (1);

7<» Deux heures après, au minimum, on procédera à un lavage abondant, à l'aide d'épongés emmanchées, mouillées cette fois, avec une solution alcaline (eau, 1000 grammes ; carbonate ou cristaux de soude du commerce, 10 grammes).

En même temps, on lavera largement, avec la solution alcaline, les meubles d'une minime valeur qui ont été préalablement imprégnés avec la solution de sublimé;

8*» Absorber l'excès de liquide; ventiler fortement, afln d'amener une dessiccation assez rapide des parois et du parquet de la chambre.

Les mesures précédentes doivent donner une sécurité suffisante.

Cependant, dans les cas où les pièces à désinfecter peuvent être évacuées pendant quarante-huit heures, on fera bien de compléter la désinfection de la chambre et du mobilier qu'elle contient par une fumigation à l'acide sulfureux,

(1) Si Ton avait affaire à un appartement dont la décoration est luxueuse, on se contenterait de pulvérisations antiseptiques sur les parois et les tentures suivies d'un battage ou d'un brossage après dessiccation complète.

Pour cela, et avant la dessiccation, on dispose au milieu de la chambi*e une bassine en fer battu, dans laquelle on place de la fleur de soufre à raison de 15 à 20 grammes par mètre cube de Tespace à désinfecter. Pour éviter les dangers dMncendie, on pkice le récipient contenant le soufre au centre de bassines en fer ou de baquets contenant une couche de 5 à 6 centimètres d*eau. On bouche la cheminée et l'on colle des bandes de papier sur toutes les fissures qui permettraient aux vapeurs de s'échapper. On enduit de graisse les objets en métal qui ne peuvent pas être enlevés. On arrose le soufre d'un peu d'alcool et on l'enflamme. On ferme la porte de la pièce et l'on colle extérieurement des bandes de papier sur les joints. Le gaz acide sulfureux se dégage et on le maintient emprisonné pendant douze heures au moins. Le lendemain, la chambre est largement aérée. On peut la réhabiter dès que l'on ne perçoit plus l'acide sulfureux qui, d'ordinaire, cause des picotements aux yeux et à la gorge, c'est-à-dire environ vingt-quatre heures après le commencement de l'aération.

Enfin» quand on le pourra, on fera bien de remplacer le papier de la tapisserie ou de faire, suivant le cas, badigeonner ou peindre les murs à nouveau.

Cette instruction a été adoptée par M. Cambon, préfet du Rhône, pour servir de guide aux familles frappées par des afTections contagieuses et à l'équipe organisée par les soins du département, en vue de procéder à la désinfection des locaux et des objets mobiliers dans les appartements occupés par des malades.

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