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LA VIRULENCE ET LE PARASITISME SIMPLE

En 1849, les magnaneries du midi de la France sont tout à coup ravagées par une maladie mystérieuse. Elle est caractérisée, sur les vers avancés dans leur développement, par des taches noirâtres que M. de Quatrefages a comparées à un semis de grains de poivre ; de là le nom de pébrine qu'il proposa pour la désigner et qui fut accepté.

M. de Quatrefages a pensé que ces taches étaient dues à une altération spéciale des tissus. Guérin-Menneville, Filipi, ont signalé dans ces taches la présence de corpuscules brillants. Leydig a regardé ces corpuscules comme des psorospermies, c'est-à-dire comme des parasites végétaux. Enfin, pendant que Cornalia, Lebert, Frey, signalaient ces organites dans le sang et dans tous les tissus des vers et des papillons malades, Osimo démontrait leur présence dans les œufs.

Les observations de plusieurs naturalistes avaient donc établi que les vers pébrinés sont infestés de corpuscules.

Mais que sont ces corpuscules et quel rôle jouent-ils dans le développement de la pébrine ?

Les corpuscules de la pébrine sont ovoïdes, brillants et mesurent 0'"",003 à 0""",004 de longueur sur 0*^,002 de largeur. Ils sont isolés, ou rap- c/ o — «

proches par deux, ou en amas. • ^

Cornalia et M. Pasteur ne se sont pas c>^»^^<p Kg prononcés sur leur nature. Leydig et Bal- o ^ ^ç\ ^ biani en ont fait une psorospermie (Nosema ^ ^

bombycis). Metschnikoff s'est rangé à leur Fig. l. — Nosema opinion. C'est donc à tort qu'on a décrit quel- bombycis, parasite quefois ce parasite sous le nom de Micro- ^"^ ^* p^?,""® **"

^ ^ ver a soie. — a,

COCCUS OVatUS. ceWuXeàe Nosema;

Les travaux de M. Pasteur ont mis hors de les grains plus pedoute : !• que la pébrine est la maladie des ^»*s sont des urates corpuscules; 2o que les papillons corpus- P^,"at'ion.'''5()0 culeux pondent des œufs corpusculeux ; diamètres. 3° que les vers qui naissent d'œufs corpusculeux sont eux-mêmes corpusculeux; 4* que les vers corpusculeux donnent des chrysalides et des papillons corpusculeux ; 5** que les vers pébrinés rejettent avec les excréments des corpuscules qui peuvent transmettre la maladie à d'autres vers par ingestion ou inoculation directe.

La pébrine manifeste sa présence par la stérilité de certains œufsy par l'athrepsie ou la mort d'un plus ou moins grand nombre de vers entre la première et la quatrième mue, ou par l'incapacité où se trouvent quelques-uns de filer leur cocon. Nous voyons donc que parmi les vers pébrinés, les uns meurent

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à un âge plus ou moins avancé, tandis que d'autres franchissent toutes les mues, Tétai de chrysalide et se livrent même à la ponte. Or ces derniers sont ceux qui ne renferment qu'un petit nombre de corpuscules, tandis que les premiers sont farcis de micrococci.

En résumé, dans la pébrine comme dans la trichinose, les désordres sont directement en rapport avec l'encombrement de l'économie animale par le parasite. Le sujet qui renferme peu de corpuscules ressemble à un sujet sain ; seulement, par les œufs qu'il fournira, il transmettra héréditairement la maladie. Le micro-organisme de la flacherie agit d'une autre manière. La flacherie est une maladie dont les symptômes apparaissent toujours lorsque le ver a pris tout son développement, entre la dernière mue et la montée à la bruyère, parfois même pendant la montée. Tout à coup le ver devient paresseux, languissant, les battements du vaisseau dorsal se ralentissent, des régurgiations alimentaires, des excréments liquides lui salissent les orifices naturels ; la mort le surprend dans un état d'immobilité complète. Le cadavre ne tarde pas à être mou, flasque, noirâtre et à exhaler une odeur repoussante.

Cette affection n'est pas héréditaire, puisqu'on ne la voit jamais s'attaquer aux jeunes vers. M. Pasteur l'attribue à la consommation de feuilles de mûrier altérées par la fermentation. Efl'ectivement, le tube digestif des mao lades est distendu par des gaz associés à une

\ bouillie dans laquelle fourmille un ferment en

4^*'*' ^ chapelets de grains, le Micrococcus bombycis

j\,\^ ^ de Cohn ou Sireptococcus bombycis, assez ana-

• 8 ^ logue au ferment du vinaigre.

of»"^ Le Micrococcus bombycis n'existe pas dans

**« le tube digestif des vers sains. Si on le puise

dans une bouillie de feuille de mûrier en fer- Fig. 2. — Micro- mentation ou dans l'intestin d'un malade, pour coccuso\iStrep- \q répandre sur les aliments d'un lot de vers, TciT^micTobl ^^ flacherie se montre bientôt dans ce lot. de^Ta flacherie ^^ ferment en chapelet envahit les parois de du ver à soie, l'estomac et de l'intestin et se dépose à leur 600 diamètres, face interne. Son action nocive est assez lente. Mais, comme il est associé aux ferments de la putréfaction, ceux-ci profitent des modifications des parois intestinales pour se répandre dans le sang et dans tous les tissus du ver dont ils déterminent la fermentation putride. La maladie sévit alors avec une grande intensité.

Ces notions, que nous devons surtout aux travaux de M. Pas-

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