Francis Decrüe, Anne de Montmorency , 1885, p
Le grand maître au cardinal du Bellay, 26 juillet. (Du Puy 265, 236 or. fr. 19,577 cop.).
Anne se distingua à la bataille de Marignan et à la défense de Mézières. Ses premiers succès diplomatiques et militaires lui valurent, après la mort de son beau frère, Gaspard de Coligny, l’office de maréchal et le collier de Saint- Michel.
Guillaume perdit successivement son fils aîné, Jean, seigneur d’Écouen, et son quatrième fils Philippe, évêque de Limoges. Voulant assurer au maréchal de Montmorency le patrimoine de sa race, il émancipa ses deux fils, Anne et François, en vue d’une transaction qui assura au premier les trois quarts de la baronnie de Montmorency et de la seigneurie d’Écouen, avec la totalité des seigneuries de Chantilly, de Damville et autres, au second toutes les terres situées en Bourgogne.
Le dernier quart de la baronnie de Montmorency et de la seigneurie d’Écouen avait été adjugé, par un arrêt du Parlement de Paris, au seigneur de Nivelle. Le petit-fils de Jean de Nivelle, Joseph, beau-frère du comte d’Egmont, vendit à son cousin Anne de Montmorency les terres qui lui avaient été attribuées en France, avec les seigneuries de Saint-Leules-Taverny et du Plessis-Bouchard.
Anne jouissait dès cette époque d’une grande autorité dans le conseil du roi. Tous les officiers de la couronne depuis M. de la Trémoille jusqu’au chevalier Bayard sollicitaient son appui.
Après la défection du connétable de Bourbon, il suivit François Ier en Italie; malgré sa bravoure il fut fait prisonnier à Pavie et accompagna le roi de France en Espagne.
Après la délivrance de François Ier, il fut nommé grand
maître et gouverneur du Languedoc. Son influence s’étendit désormais à toutes les affaires de l'État, dont l’administration fut entre ses mains pendant quinze années, de 1526 à 1541.
Ses nouvelles fonctions lui donnaient, avec la direction de la maison du roi, la surintendance des bâtiments de la couronne. 11 fut donc bientôt en relation avec les artistes français les plus illustres et sa protection ne leur fit jamais défaut.
Le goût des arts était d’ailleurs de tradition dans sa famille. Le portrait de son père , Guillaume de Montmorency, conservé au Louvre1, est l’une des meilleures œuvres de l’école française du xvie siècle.
C’est en 1525 que Guillaume ordonna la reconstruction du chœur de l’église Saint-Martin de Montmorency, affecté par lui à la sépulture des membres de sa famille, et le marché qu’il passa d’abord avec Martin Cloistre, sculpteur à Blois, puis avec Benoist Bouberault, sculpteur à Orléans, pour l’exécution du tombeau où il devait reposer, auprès d’Anne Pot son épouse, témoigne d’idées très arrêtées sur la composition de l’œuvre et le choix des matériaux. Le monument devait être exécuté en marbre et albâtre du Dauphiné « telz ou semblables que le dict Cloistre avoit auparavant baillez pour la tumbe de feu Monsr le mareschal de Chastillon ». Mais, d’après la remarque de M. de Guilhermy, ce Martin Cloistre était probablement le Martin Claustre qui exécuta pour M. de la Trémoille, suivant marchés passés en 1519 et en 1521, plusieurs tombeaux destinés à la sainte chapelle de Thouars et à l’église de la Mothe-Feuilly.
Le choix du même artiste s’explique aisément par les