Id ., fig. 25. Le maître au Dé, B
3. L'Œuvre des peintres verriers. Galerie du château de Chantilly, iig. 7. Le maître au Dé, B. 4L
savante et large, autant l’exécution du vitrail de Gisors est sèche et inhabile. A Écouen les modelés sont faits dans la teinte au bout du pinceau. A Gisors les modelés sont exécutés péniblement par superpositions. Les vitraux de
Fin. 8. — Église de Gisors. — La Visitation.
Psyché sont une fantaisie d’artiste; le vitrail de Gisors esl l’œuvre d’un praticien1.
Il y a plus; si poursuivant nos recherches, nous comparons les vitraux de Psyché aux vitraux du bas-côté de l’église d’Écouen, nous trouvons alors, entre quelques figures d’égale
1. L'ajustement imparfait du torse sur les jambes d’un personnage de la Circoncision prouve bien l’interprétation défectueuse d’un dessin ou d'une gravure par un ouvrier inhabile.
valeur, l’identité de composition et d’exécution vainement cherchée à Gisors.
Fig. 9. — Château de Chantilly. — Psyché prête à se venger de ses sœurs.
Ainsi, dans la Visitation de l’église d’Écouen (Fig. 2), les deux suivantes de la Vierge sont les deux suivantes de
fil
Psyché1 (Fig. 12); sainte Elisabeth est l’une des femmes qui reçoit Pysché dans le palais où la conduit l’Amour 2 (Fig. 13). Enfin, dans l’Annonciation d’Écouen (Fig. 1) et dans l’apparition du Christ à sa mère, la Vierge agenouillée, ou
Fig. 10. — Psyché prête à se venger de ses sœurs. Gravure du Maître au Dé.
assise, n’est autre que la reine apprenant la réponse de l’oracle3 (Fig. 14).
Ces rapprochements suffisent à démontrer que le peintre verrier qui exécutait en 1542 les grisailles de Psyché est
1. L'Œuvre des peintres verriers. Église d’Écouen, fig. 2 et Galerie de Chantilly, fig. 6.
2. Id., Église d’Écouen, fig. 2 et Galerie de Chantilly, fig. 12.
3. Id., Église d’Écouen, fig. 2, Galerie de Chantilly, fig. 9.
fi “2
précisément celui qui exécutait en 1544 les vitraux colorés du bas-côté d’Écouen , et les qualités de ces œuvres sont telles, que, tout en y critiquant l’imitation des gravures par des tableaux transparents, on doit les attribuer à un artiste.
L'auteur de la Renaissance en France , auquel tous ces détails ont échappé, a édifié toute une théorie sur le rapprochement des vitraux d’Écouen et de Gisors. Au lieu d’y reconnaître des interprétations de gravures, les unes habiles, les autres maladroites, il a déclaré, sur la foi d’un historien de Beauvais (Tremblay), que « Jean le Pot entre tous les peintres verriers de Beauvais était renommé pour ses grisailles1 ». Il s’est rappelé « avoir vu à Gisors une immense fenêtre garnie de vitraux qui sont évidemment de la même main que ceux d’Écouen » et il affirme que ces œuvres ne sont que « l’une des nombreuses productions d’un genre tout particulier » dont « Jean le Pot est l’inventeur ».
Jean le Pot ne peut avoir inventé au xvie siècle la peinture en grisaille et jaune d’argent qui existait depuis un siècle et demi et dont les exemples au commencement du xvie siècle sont très nombreux, surtout en Champagne.
D’ailleurs Jean le Pot est un sculpteur et c’est probablement de Nicolas le Pot que l’auteur de la Renaissance en France a voulu parler.
Enfin la grisaille n’a jamais caractérisé l’œuvre d’un artiste. Je viens d’en donner la preuve en démontrant que les grisailles de Psyché et les vitraux colorés du has-côté d’Écouen sont de la même main.