‹ Les vitrauxChapitre 13 sur 67 · CLE · texte numérisé non relu

CLE

peut voir ailleurs.

Le dessin n'y est pas toujours rudimentaire. Dans le médaillon où les idoles d'Egypte sont renversées par la seule approche du petit fugitif de Bethléem, — cela vaut la peine d'être noté, — on rencontre même une anatomie, non pas rigoureuse, certes, à peu près acceptable cependant.

L'A 7'bre de Jessé estexactement con-

Fig. 6.

BORDURE DU VITRAIL DE l' EN FAX CE DE JESUS (Chartres).

temporain de celui dont Suger dota son église de Saint-Denis. On dira plus : ils sont assez semblables pour qu'un seul carton paraisse avoir servi à Tun et à Pautre, ce qui ne serait pas pour surprendre, les verriers ne s'étant pas fait faute, alors et depuis, d'employer à plusieurs exemplaires du même sujet les mêmes travaux préparatoires. Trois zones perpendiculaires se partagent la fenêtre. La zone du milieu a pour base Jessé endormi sur son lit. De son corps surgit un arbre emprunté à une faune de fantaisie, dont la ramure vigoureuse porte, échelonnés, quatre rois de Juda, — la place ayant manqué pour en mettre davantage, — David, Salomon, Roboam, Abias ; au-dessus d'Abias, la Vierge couronnée comme une reine, et, plus haut, au sommet, le Christ environné de la septuple manifestation de Dieu, Sapientia. Intellectus, FortitudOj^ etc., figurée par sept colombes dans sept petits médaillons (fig. 7), les personnages assis de face, les bras écartés, tenant de chaque main une des branches latérales de Tarbre mystérieux. A droite et à gauche de cette zone principale, une autre plus étroite, en sept compartiments demi-sphériques occupés par autant de prophètes. Une bordure entoure ces trois zones, bordure particulièrement riche et puissante, où s'agence une succession d'entrelacs et de feuillages, bordée de perles à l'intérieur et extérieurement, et qui réunit par petits fragments toutes les nuances des figures et des fonds, c'est-à-dire : le bleu limpide du champ de la zone médiane, le blanc verdâtre du tronc et du branchage de l'arbre, des colombes, de la robe des prophètes, du lit de Jessé; le pourpre, le jaune

des vêtements royaux; le rouge du7ond des cartouches semi-circulaires, enfin les variétés tantôt sombres, tantôt éclaircies, de ces couleurs maîtresses. On ne saurait rêver fête plus harmonieuse au regard, ni un luxe plus merveilleux de colorations. Aussi est-il amplement justifié, l'enthousiasme qui fit dire à Lassus parlant de cette verrière et des deux autres voisines :

« Leur éclat est tel qu'elles fontpâlirtous les vitraux dont le xin° drale'. »

Fig. 7. JÉSUS-CHRIST DE l'a R :

(Chartres, )

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