I. L'Art de la peinture sur verre
4i LES VITRAUX.
des vitraux dits incolores. Ceux-là expriment l'idée la plus simple d'une clôture translucide ornée, puisque toute la décoration consiste dans le dessin du plomb sertissant et raccordant les morceaux de verre. Le coût n'en était pas élevé. L'usage s'en propagea quand les ressources manquèrent pour des vitres colorées, beaucoup plus dispendieuses. D'ailleurs, les fenêtres sans couleurs étaient obligatoires aux couvents de l'ordre de Cîteaux, on l'a dit ci-dessus, de par une délibération du Chapitre général, en 1134. Et puis, l'emploi en dut être adopté dans bien d'autres maisons monacales trop pauvres, malgré les champs de bruyères dont elles étaient dotées, pour se parer de plus riches ornements.
A l'abbé Texier, chanoine de Limoges, revient l'honneur d'avoir signalé, le premier, ce genre de vitrail. Il a raconté comment il découvrit, en 1843, des panneaux de verres blancs provenant de l'abbaye de Bonlieu (Creuse), en 1849, d'autres qui provenaient de l'abbaye d'Obazine (Corrèze), monastères de la grande famille cistercienne dont les églises furent consacrées en 1 141 et 1143. (Fig. i et 2.) Et l'abbé observa qu'en de certains endroits le plomb, au lieu de sertir les morceaux de verre, avait été appliqué et fixé dessus, simplement, pour compléter le dessin en évitant les tailles trop difficiles. L'expédient fut rarement employé, il est vrai '.
Mis sur la voie, M. Emile Amé sut reconnaître de son côté des verrières du même mode dans le département de l'Yonne, en particulier dans les églises de