BORDURE D UN VITRAIL XII*^ SIÈCLE
(Saint-Denis.)
est faite, toute, des armoiries de France et de Castille, alternant, qui révèlent, il est vrai, le donateur, Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, frère de saint Louis. — La même bordure se rencontre à la Sainte-Chapelle de Paris, à Soissons, àTroyes, à Amiens, à Lyon, à Tours, à Chartres, à l'église des Moulineaux, village peu distant de Rouen ; elle apprend alors que le vitrail a été donné par Louis IX ou Blanche de Castille, fondateurs infatigables et enthousiastes de verrières. — Dans la verrière des Moulineaux, la reine Blanche, saint Louis, Marguerite de Provence sont à genoux devant Dieu le Père. — fig- 5°- La bordure subit de nouvelles simplifications. On en fit où des fleurs de lis et des crosses épiscopales alternent, avec une seule rangée de fleurs de lis, avec des carrés, des losanges, des disques, un fleuron en grisaille au milieu. C'en était fait à jamais
lORDURE D UN VITRAIL XI l' SIÈCLE.
(Angers.)
de son ampleur, de son énergie décorative. Ici, le lecteur a sous les yeux plusieurs spécimens de bordures.
(Fig. 49 à 56.) Il peut se reporter, en outre, ci-dessus, aux gravures 6, de 27 à 34, et à celles numérotées 40, 42, 43, 44. 4^ 46, qui sont aussi^des exemples concluants.
A ce qui a été dit déjà de la composition architectonique des roses, ajoutons que la peinture des verres qui ferment ces immenses baies circulaires développe habituellement un seul sujet. A la cathédrale de Chartres, la rose occidentale représente le Jugement dertîie?\. — et son harmonie légèrement verdâtre ne laisse pas d'un peu jurer avec les belles verrières du xii"" siècle, placées au-dessous, plus limpides et plus riches; le sujet de
Fig. SI-
BORDURE d'un vitrail.
(Keims )
la rose "du Nord, dite « rose de France », parce que c'est un don de Louis IX, est la Glorifîcatio?t de la Vierge ; celui de la rose en face, la Glorification de Jésus-Christ. Mêmes sujets, dans le même ordre, aux roses des transepts de Notre-Dame de Paris.
A Bourges, à Soissons, la Glorification de la Vierge se retrouve dans les roses septentrionales ; à Reims, dans la rose de la façade *, et dans la rose ouverte à Tabside rectangulaire de la cathédrale de Laon. A la cathédrale de Lyon, la rose du nord, fondée, comme Tapprend une inscription sur la verrière, par le doyen Arnoud de Golonges, lequel mourut en i25o, a pour thème les Bons et les Mauvais riches; celle du Midi, Chute et réhabilitation de l'homme.
Fig. s-i-
BORDOUE d'un vitrail.
(Bourges.)
I. A diverses reprises, la rose occidentale de Reims a subi des réparations malheureuses. Elle était déjà fort altérée quand un orage de grêle, en 1886, a failli tout détruire. Peu de personnages sont complets. Beaucoup ont disparu. M. Paul Simon en a préparé une restauration très intelligente qui semble devoir restituer à ce beau décor sa splendeur première. (Fig. b-j.
Mais en des ouvertures percées à une grande élévation, de minuscules personnages sont-ils bien utiles ? Par exemple, les seize prophètes, les trente-deux rois
de Juda, les trente-deux pontifes du peuple d'Israël rayonnant autour de Marie portant son fils, à une telle hauteur du sol, à une telle distance du regard, à quoi bon ? Les figures sont là pour leur coloration, rien de plus, et c'est l'ensemble de ces colorations, d'une harmonie bleutée, étincelante et tranquilleen même temps, semée de filets rouges, d'incidents verts, de touches jaunes, de baguettes blanches, qui met la rose du nord de Notre- Dame de Paris au-dessus de toute comparaison, sans que les rois et les autres figures bibliques puissent revendiquer quoi que ce soit dans cette supériorité.
Les réparations n'ont pas trop malmené l'admirable pièce.
On n'en dira pas autant de celle qui lui fait vis-àvis, au fond de l'autre transept. C'est, sans doute, à la restauration opérée au dernier siècle qu'elle perdit
FJg. 53-
BORDURE d'un VITRAH.
(Troycs.)
LE Xlir SIECLE.
rhomogénéité de son coloris.
Entre autres outrages, celui-ci : le cardinal-archevêque de Noailles fit remplacer au médaillon central, par les armoiries de sa famille, rimage de Jésus-Christ.
La rose occidentale, celle de la façade, a été plus durement éprouvée encore. Des parties détruites, beaucoup de verres dépareillés, mal assortis, en ont ravagé l'harmonie. Complète, on y voyait, dit-on. la Généalogie de la Vierge.
Une rose de la cathédrale de Soissons, moins vaste et plus simple que la rose septentrionale de Notre-Dame de Paris, en rappelle Pexcellente harmonie. Elle comporte douze médaillons seulement. Le champ bleu dans Tintervalle des rayons, bordé des châteaux de Blanche de Castille, est losange en rouge, un point blanc piqué au centre de la maille.
En définitive, l'assemblage symétrique de verres différemment teintés, ajustés en mosaïque, paraît suffire à l'effet décoratif d'une verrière de rose. La grande rose septentrionale
BORDDRE d'un VITRAIL,
(Reims.)
BORDURE d'un vitrail.
(Cologne.)
de la cathédrale d^Amiens, la plus re'putée de la célèbre basilique, d'un merveilleux rayonnement de couleurs, d'une rare puissance et d'un grand charme, est tout bonnement une mosaïque.
A la cathédrale de Séez, une rose, et fort belle, est aussi la justification du même principe. Les cinq roses absidales de la basilique de Bourges sont des chefs-d'œuvre de mosaïques polychromes.
Dans les petites roses ouvertes aux tympans des fenêtres basses, les personnages sont plutôt à leur place, attendu qu'ils complètent, là, et résument le sens des sujets répartis au-dessous.
(Fig. 58.) Aux roses, d'un plus large diamètre, des grandes fenêtres à plusieurs meneaux, on rencontre parfois des
compositions touffues; ainsi le Jugement dernier à Sainte-Radegonde de Poitiers. Il y a aussi de ces roses moyennes vitrées de grisailles, un sujet coloré dans le compartiment central, à Auxerre, par exemple, dans la claire-voie du chœur de la cathédrale. L'effet en est léger et agréable. (Fig. Sg.)
Avant d'en finir sur le vitrage des roses, il ne sera
Fig. s<î.
BORDURE d'un VITRAIL.
(Lyon.)
pas indifférent d'en faire l'observation, disons ailleurs qu'en France, à Cologne, à Fribourg, à bonne, à Cantorbéry et à Salisbury, à Bruxelles et à Liège, à Milan, à
que si Ratis-