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coloris, notamment si Ton examine Fange à genoux, sa chevelure prolixe et crêpelée, revêtu d'une chape archaïque très ample, d'un grand luxe. En même temps, on dirait la figure noblement drapée de saint Jacques en
Fig. 7^. VITRAIL,
(Chapelle de Jacques Cœur, à Bourges.)
quelque avance sur le xvi« siècle. A vrai dire, les autres verrières de Bourges, contemporaines de celle-ci, ne lui sont pas comparables, et vainement en chercherait-on ailleurs, croyons-nous, qui lui soient supe'rieures *.
I. Sur ces vitraux, voyez le superbe ouvrage en cours de publication, les Vitraux de la cathédrale de Bourges postérieurs au xiii* siècle, texte et dessins par Albert des Meloizes.
Dans un précédent chapitre, on a loué avec raison Tentente, en tous points orthodoxe, des verrières de Saint-Ouen, à Rouen. Mais leur effet décoratif commande des réserves : il manque totalement de ressort.
Ainsi, les patriarches et les apôtres, les saints, les évêques et les abbés, ces derniers uniformément vêtus de robes d'un bleu tendre, quel que soit leur ordre, dont la théorie se poursuit sans interruption d'une lancette à Tautre des baies supérieures, déroulent un ensemble digne d'attention et d'estime. Assurément. Cependant, ces personnages de haute stature, d'un coloris assez faible, du reste, eussent gagné à ne pas s'enlever sur un fond blanc, d'autant que les fenêtres du triforium, au-dessous, en vitrerie blanche, toutes, contribuent à réduire leur rôle décoratif. Et puis, ceci a plus de gravité, ils aboutissent, à droite et à gauche, à la fenêtre centrale du chœur, où est le Calvaire^ qui met en scène, sans la moindre solennité, des figures beaucoup trop courtes et trop étroites, dévorées par l'excessive importance du champ, en verres incolores. Pour une fenêtre à cette place d'honneur exceptionnel, le verrier du xiii^ siècle a toujours donné à sa palette le plus riche essor. Le Calvaire de Saint-Ouen apparaît, lui, tout à fait mesquin et plat. Décorativement, il est nul.
En fait, l'abus des verres blancs est le tort de la vitrerie de Saint-Ouen. Par exemple, chacune des cinq lancettes des fenêtres absidales porte, généralement, un petit sujet contenu en un motif d'architecture couronné d'un pinacle; un fleuron coloré au centre, cinq
iS6 LES VITRAUX.
panneaux blancs au-dessus, et quatre dessous, le tout enfermé dans une maigre bordure en couleur. Même disposition aux transepts et aux fenêtres basses des collatéraux, lesquelles, toutefois, moins élevées, ont quatre panneaux blancs en haut au lieu de cinq, et trois en bas au lieu de quatre. D'un autre côté, avec leurs grands personnages, les baies hautes de la nef présentent des surfaces colorées bien plus vastes que les fenêtres inférieures. Cela renverse la progression si fort remarquée à Chartres et autre part, admirable de raison et de mystère, appuyant à la base les tons mâles, réservant les légers pour Télévation des voûtes.
En résumé, la vitrerie de Saint-Ouen est à étudier à cause de son orthodoxie, curieuse à cause de son étendue ; mais on ne saurait la donner ni la prendre comme un modèle à suivre quant à la forme et à la distribution du décor.