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ONZIÈME VISION APOCALYPTIQUE

(Sainte-Cliapelle de Vincennes,)

Ordre, qui avait son siège à Paris,

ip8 LES VITRAUX.

à l'église des Grands-Augustins, fut fondé en 1578 par Henri III, et, à ce moment, les vitraux de Vincennes étaient achevés et en place depuis une vingtaine d'années. La commande avait été faite par François I«^ Le i5 août i552, lors de la consécration de la chapelle en présence de Henri II et de la cour, ils occupaient certainement, presque tous, leurs lancettes respectives. Une date inscrite sur Tun des panneaux de la première fenêtre absidale à gauche, malheureusement disparue dans une restauration, autorise à penser que l'achèvement total de cette vitrerie ne se fit pas attendre au delà de i558.

A propos de l'exécution des verrières de Vincennes, très large, très simple, il y a une remarque à faire : elle est relevée par moments d'accents vifs et spirituels qu'on peut croire d'une autre main que le reste. Jean Cousin composait et dessinait les cartons que Levieil attribuait délibérément à Luca Penni, frère du « Fattore » ; des collaborateurs les interprétaient sur le verre, et, sans doute, lui-même donnait à l'occasion les touches suprêmes, d'un pinceau alerte et décisif. Sous ce rapport, la Septième vision, — sujet inférieur de la fenêtre centrale, — sera utile à examiner.

Les vitraux de Vincennes sont, à beaucoup d'égards, d'une qualité supérieure. Pleines, touffues, les compositions laissent entrevoir parfois de charmantes perspectives de paysages. Le coloris est robuste; il a de la profondeur, de l'éclat, de la souplesse, avec, il est vrai, des parties un peu obscures. Le dessin expressif et de mâle allure recèle aussi des lourdeurs. Cependant les anges accotés aux armoiries de France rappellent, par

LE XVie SIECLE.

leurs proportions sveltes et leur grâce, des figures de Germain Pilon. Ne'anmoins, la force domine ici. (Fig. 85.) Bien des personnages se distinguent par Texcès du geste, par la violence de Tattitude ; plus d'un, moins soucieux de plaire que d'effrayer, semble exagérer encore Paudace du Buanorotti. Ainsi, Tange de la Troisième vision^ — le tableau inférieur de la deuxième fenêtre à gauche, — se précipite de face, en plein raccourci, dans un élan plus impétueux qu'harmonieusement rythmé.

Mais les baies de la nef, trois de chaque côté, et la rose au-dessus du portail, n'ont point conservé leurs verres peints.

Vitrées en blanc, elles laissent une clarté irritante et dure envahir Tenceinte. En de pareilles conditions, l'effet décoratif de ce qui subsiste de l'œuvre

Fig. 8s.

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