‹ Les vitrauxChapitre 65 sur 67 · L F. VITRAIL · texte numérisé non relu

L F. VITRAIL

vaise. Outre ceux déjà mentionnés, la France, en 1849, comptait environ quarante ateliers de vitraux, disséminés à Strasbourg, à Bayeux, à Tonneins, à Troyes, à Bordeaux, à Toulouse, etc.; et cent cinquante en i863, dont vingt à EUwis, tous produisant des verrières plus ou moins estimables. On s^ montrait souvent adroit à réparer, à compléter même, les vieilles verrières. Didron fonda son établissement avec Ledoux, chargé des dessins et cartons, avec Thibaud, verrier de Clermont-Ferrand que recommandaient ses fenêtres de Dijon, de Beaune, de Lyon, de Clermont, de Bordeaux. 1870 trouva Part des verrières en pleine prospérité. Après Tannée funeste, les circonstances auraient pu Tentraver. Il en fut autrement. En France, plus de deux cents ateliers fonctionnent aujourd'hui, quatre-vingts à Paris sur ce nombre.

Au point où elle est parvenue, cette étude semblera arrivée à son terme. N'allant pas au delà, nous arrêtant à l'heure exacte où commencerait l'examen d'œuvres nées d'hier, achevées à peine, nous nous privons, c'est vrai, d'applaudir à de brillantes tentatives; en même temps, nous évitons le pénible ennui de relever maint impair, mainte déconvenue, disons, mainte radicale impuissance. Donc, ni hécatombes, ni fanfares. En face du moment présent, notre rôle est de ne pas sortir de termes généraux, de regarder les choses et de parler d'elles dans leur ensemble.

Cela dit, un fait s'impose : jamais verriers des précédentes époques n'ont été aussi richement pourvus de moyens d'exécution. Ceux de nos jours n'ont plus de difficultés matérielles à vaincre. Les ressources les plus

variées, les plus imprévues, les plus subtiles comme les plus décoratives, toutes connues désormais, pratiques et devenues usuelles, sont à leur portée. Aucune couleur, aucune nuance, n^a résisté aux investigations de la chimie, Brongniart pour une part, pour une plus grande, plus décisive, Dumas V, Chevreul -^ d'autres savants après ceux-ci, n'ayant laissé, il est permis de Taffirmer, pas une découverte à accomplir en ce sens. Ceci ne peut être contredit. Passons à une facilité d'un autre ordre, non moins importante, assurée aux verriers d'à présent.

La fabrication du verre a atteint une telle précision, ses procédés sont tellement certains et flexibles qu'elle se fait un jeu, aujourd'hui, de l'imitation des anciennes vitres, y compris les inégalités de niveau, d'épaisseur et de coloration, avec des bulles, des stries, des bossuages, avec leur dévitrification, laquelle se manifeste tantôt comme un voile nacré, tantôt en désagrégeant les surfaces jusqu'à altérer leur transparence. La froide pureté

Page 1