CHAUMONT-^UR-LOIRE
des verres avait été, pour ceux qui s'appliquèrent les premiers à la régénération du vitrail, un obstacle sur lequel leurs efforts et leur intelligence devaient échouer, ce qui arriva effectivement.
En plus de ces imitations d'une réussite courante et sûre, si commodes pour la réparation exacte des anciens vitrages, pour la confection de nouveaux dans les styles du moyen âge ou de la Renaissance, il s'en fabrique, ceux-là d'invention récente, de granulés, de givrés, de réticulés, d'ondes, de craquelés, en cabochons, obtenus par moulages ou autrement; d'autres où sont noyés des filigranes, des paillettes, des matières diverses; d'autres, enfin, qui sont opalins ou laiteux, ou dont la particularité est le dichroïsme; autrement dit, ces derniers ont la propriété curieuse de changer^de teinte suivant la quantité de lumière qu'ils reçoivent, même suivant la direction de la lumière qui les traverse et le point d'où on les regarde, vus par réflexion ou par réfraction ; si bien qu'ils paraîtront, par exemple^ jaunes ou bleus, placés au-dessous de l'œil, ou au-dessus ^. Dans les verrières d'ornement, aux fenêtres d'édifices religieux et civils, et dans les hôtels privés, — dès que le tapissier remis à son plan spécial et subalterne n'imposera pas ses banales opulences, évinçant l'architecte, — tous les verres desquels on
I. Sur les verres ondes, granulés, etc., et dichromatiques, M. Gaudin , verrier, a fait une conférence pleine d'intérêt, à l'Union syndicale des architectes; le conférencier a mis sous les yeux de l'auditoire quantité d'exemples de cette fabrication par des procédés nouveaux. La conférence de M. Gaudin figure au numéro du i'6 février 1891 de l'Encyclopédie d'architecture.
vient de parler, d'une variété singulière, inconnue des ancêtres, seront employés avec un succès certain, en quelque sorte. L'effet en est agréable, doux et vif, très accidenté, brillant, léger. Nous insistons. Les verrières d'appartement surtout, — nous voudrions en voir l'usage se beaucoup répandre, — y puiseront des ressources inattendues et multiples dont un homme de goût réglera aisément la fantaisie. Ceci est de la pure vitrerie, dira-t-on. Pas absolument. La peinture sur verre les utilisera, ces ressources, profitera de tant d'éléments pittoresques et nouveaux, et s'en accommodera comme adjuvants précieux à sa palette illimitée aujourd'hui.
Nous venons de laisser entendre que parmi les vitraux exécutés depuis la renaissance du décor translucide, plus d'un n'est digne d'aucune estime. Cette restriction un peu violente, équitable cependant^ demande qu'on l'explique.
Que des verrières des autres époques soient d'une médiocrité flagrante à côté de superbes du même temps, ce n'est douteux pour personne, parce que cela vous frappe, quand on les étudie, comme au xiii% au xiv^' siècles au xv® et au xvi*, leur qualité varia non seulement de région à région, aussi dans la même cité, dans la même église.
A Chartres, au Mans, à Bourges, partout où elles sont en nombre, on les voit de valeur inégale. A la Sainte-Chapelle de Paris, plusieurs accusent de la négligence. On fait son choix à Ecouen, à Montmorency, à Rouen, à Troyes. Quelqu'un a prétendu les vitraux de Montfort-l'Amaury « d'un artiste pay-
San ^ », juste appréciation des uns, très injuste des autres, deux ou trois, au moins, ayant certainement de la beauté'. On remplirait des pages de ces contrastes.
Fig. I2j. GARGANTUA ETUDIE l' ARBORICULTURE
(d'une suite sur l'enfance de Gargantua), carton par l.-o. merson.
C'est que, d'abord, les exécutants, faiseurs de cartons et metteurs sur verre, n'étaient pas tous munis d'éducation préparatoire. Ceux-ci étaient habiles, ceux-là