‹ Les viveurs d'autrefois (volume 2)Chapitre 10 sur 21 · LE NŒUD D'UNE INTRIGUE · texte numérisé non relu

LE NŒUD D'UNE INTRIGUE

— SUITE

LE NŒUD DUNE INTRIGUE. {Sîilte.)

Hector avait fait vingt pas à peine dans la rue des Tournelles, quand un carrosse passa à côté de lui, au grand trot de deux chevaux gris pommelés et s'arrêta devant la porte de l'hôtel Lormois.

— Serait-ce Diane? se demanda le jeune homme.

Et pour avoir une réponse à cette question, il s'arrêta et se retourna.

Ce ne fut point la marquise, mais bien le

comte Roland de Villarcy, qui descendit du carrosse.

— Voilà qui est étonnant ! se dit Hector, j'ai vu le comte Roland hier au soir, et il ne m'a point parlé de ce projet de visite.

Et tout en réfléchissant à cette apparence de mystère, Hector se rapprocha quelque peu de l'hôtel.

— Au reste, ajoula-t-il presqu'à haute voix, puisque madame de Lormois n'est point chez elle, Roland va ressortir, et je lui parlerai.

Hector regarda sa montre.

d'autrefois. 45^

Elle marquait trois heures et demie.

— Je donne quatre minutes à Roland, se dit le marquis, le temps de monter, de parler à un valet de pied et de redescendre.

Et il se mit à se promener de long en large, nous ne dirons pas : sur le trottoir^ il n'y en avait pas à cette époque, mais au bord de la rue, dans un endroit ou le pavé était sec.

Quand il regarda de nouveau sa montre, elle marquait trois heures trente cinq.

— Diable! pensa Hector, ceci est bizarre! Le comte Roland aurait-il, comme moi, rencontré la cemériste de Diane !

Cinq minutes se passèrent encore...

Puis cinq autres...

Et Roland ne ressortait pas.

La patience d'Hector était à bout. 11 avait achevé la revue de tous les motifs plus ou moins probables qui pouvaient, selonlui, motiver le retard du comte de Yillarcy. La colère et la jalousie, ces deux terribles sœurs, s'éveillèrent à la fois dans son âme, y secouant tous leurs serpents, y distillant tous leurs venins.

Le marquis se cramponna de nouveau à la logique des raisonnements jaloux que nous avons numéroté pour nos lecteurs dans l'un des précédents chapitres, et il arriva à cette conclusion, que, puisque la marquise fermait pour lui la

d'autrefois. ici

porte qu'elle ouvrait à Roland, c'est que Roland et elle étaient d'intelligence, et qu'il était par conséquent trompé tout à la fois, dans son amour et dans son amitié.

— Mais, ajouta-t-il intérieurement, cela ne se passera point ainsi ! je me vengerai, je le jure ! Je me vengerai de tous les deux, ou j'y perdrai mon nonf !

Et il reprit avec une fureur croissante et convulsive, sa promenade devant l'hôtel.

La station fut longue.

Cinq heures sonnaient au moment où le comte Roland reparut.

Que l'on calcule, si l'on se sent capable de le faire, l'intensité que doit avoir atteint

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