l.tS VIVELllS
Mais au moment où Tàme brisait les liens charnels , au moment où l'œil de
l'esprit s'ouvrait sur l'autre monde
qu'avait-il entrevu? ?
Parle fait de cet héritage, dont l'importance était considérable, le marquis Hector se trouva tout d'un coup plus riche qu'il ne l'était avant d'avoir joué , perdu, compromis sa fortune et hypothéqué ses domaines.
Disons à sa louange que le premier usage qu'il fit de ces richesses nouvelles , fut de régler ses comptes avec Eléazar, l'usurier, et de retirer ses lettres de
D'AiîTijEtors. 22<
change en les soldant intégralement.
Il rentra par conséquent en possession des titres de propriété de la seigneurie de Cout-Kérieux, à sa grande satisfaction , et surtout à la joie profonde du bon Chrysostôme Peritus, qui s'écria en levant les mains vers le ciel , et en paraphrasant les paroles du vieillard Siméon :
— Maintenant je puis mourir , et je mourrai avec joie , puisqu'il m'a été donné de voir monsieur le marquis redevenu possesseur des domaines de ses ancêtres ! !
Sitôt après avoir réglé ses affaires d'intérêt, Hector qui avait pris le grand deuil, dût s'ab&teuir pendant un certain temps ,
Li S VIVi IT.S
non-seulement de paraître dans les lieux publics , mais encore de sortir de chez lui.
A cette époque l'étiquette était rigoureuse. La mort semblait chose grave , et on ne la traitait point, comme de nc.s jours, légèrement et en plaisantant.
Un soir, trois semaines environ après la mort du commandeur, le valet de chambre d'Hector lui remit deux billets qui venaient d'être apportés à l'hôtel, presqu'en même temps.
L'un d'eux était renfermé sous une enveloppe élégante et satinée , exhalant un parfum des plus aristocratiques.
Les pattes de mouches de sa suscription révélaient une main de femme.
d'autrefois. 225
Il avait été apporté par un valet de pied de madame la marquise de Lormois.
Hector brisa vivement le cachet de cire blanche, splendidement armorié , et lut les lignes suivantes avec un ravissement contenu :
a Nous partons demain , monsieur de Lormois et moi , pour notre terre de Tourraine.
« Ne viendreZ'Vous point bientôt nous y voir et passer quelque temps avec nous ?
« Nous vous désirons, et nous vous espérons tous deux.
« Diane. > Le second billet, écrit sur du papier
grisâtre, et fort grossièrement plié, avait été laissé chez le concierge du marquis par une femme qui semblait jeune , quoiqu'elle cachât sous un long mantelet à capuchon sa taille et sa figure.
Il ne contenait que ces deux mots, tracés par une main inconnue :
Prenez garde ! ! !