‹ Les viveurs d'autrefois (volume 5)Chapitre 3 sur 15 · II · texte numérisé non relu

II

eull'er dans une des rues latérales du côté du Marais , lorsqu'il fut arrêté un instant par un encombrement de charrettes et de voitures de place.

Hectorse pencha machinalement hors de la portière, et il vit tout près de lui, marchant à petits pas en retroussant gracieusement sa robe pour éviter la boue , une jeune femme qu'il reconnut aussitôt: c'était la même qu'il avait vainement poursuivie quelques jours auparavant.

Mais cette fois il voyait en plein son visage, dont un premier coup-d'œil lui révéla la merveilleuse beauté. Il remarqua une magnitique chevelure , une peau d'une blancheur éblouissante , de grands yeux bleus ardents et tendres , des traits fins et

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spirituels, une taillé enchanteresse; tout un ensemble enfin k tourner une tête plus solide que la sienne. Aussi allait-il ouvrir la portière et sauter hors du carrosse comme un fou, lorsque le cocher donnant un vigoureux coup de fouet à ses chevaux les fit repartir au grand trot ; puis la voiture tourna, et Ilector^ut beau mettre la moitié de son corps hors de la portière , il ne vit plus rien.

-— Oii''is-tu donc vu passer ? lui demanda son oncle un peu étonné de cette agitation.

— Un de mes amis qui ne me reconnaît pas.

Un instant après le carrosse s'arrêta devant l'hùtel de Loruiois. *

La marquise était sortie.

— Notre course est inutile pour toi, mon garçon, mais j'en profiterai pour mon compte, car j'ai d'autres visites à faire dans ce quartier. J'écrirai à la marquise pour lui dire que j'étais venu te présenter et je lui demanderai la permission de te mener à sa première soirée . Gomme sa réponse n'est pas douteuse, j'enverrai ma voiture te prendre à neuf heures après demain ; tu viendras me chercher chez madame de Contades où je passe l'avant-soirée, et nous irons ensemble chez la marquise. D'ici là, si tu as besoin de moi... tu sais,..

— Merci, mon bon oncle.

— A après demain?

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— C'est convenu.

— Neuf heures précises ?

— Je serai exact.

— Au revoir mon garçon.

Et la voiture du commandeur s'éloigna rapidement.

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