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croire benrease. — Mais, parmi ces enivrements pas* sagers, il est une chose qui ne manquait jamais de la blesser au cœur.
C'est quand, soit à l'Opéra, soit au bois de Boulogne, soit au Tbéfttre- Italien, elle reconnaissait quelqu'une de ses anciennes compagnes du couvent, — ricbe, entourée d'bommages respectueux, et d'un luxe dont la source n'était point immonde. — Oh! alors, sa position lui pesait comme pèse au front de Satan son diadème rougi au feu. — Elle se trouvait la plus misérable des créatures, — elle maudissait le hasard, si prodigue envers les unes, si avare pour les autres, et, volontiers, elle aurait poussé des cris de rage I.. — On devine ce qui- se passa dans son âme, le soir, où, à l'Opéra, elle vit René de Savenay, son amant, entrer dans la loge d'une jeune femme dont l'éclatante beauté attirait tous les regards, et lorsque, dans cette femme^ elle reconnut Berthe de Lespars devenue comtesse de Groï. — Sa haine d'autrefois pour son ancienne compagne se réveilla plus acre, plus ardente, plus vivace que jamais. — Elle se jura à elle-même de trouver un moyen quelconque d'assouvir cette haine d'une façon terrible !.. — Elle se jura de perdre son innocente ennemie et de lui ravir tout à la fois son honneur et son bonheur!..
Et, certes, on ne pouvait l'accuser d'avoir négligé quelque chose pour arriver à ce double résultat !.. — C'est afin d'atteindre ce but qu'elle avait prêté une coopération si active à tous les projets de René, ^ qu'elle avait machiné tant de trames odieuses, tant de ténébreuses intrigues; — c'est pour cela, enfin, qu'elle
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avait dieté cette dernière lettre, chef-d'œuvre de monstrueuse rouerie, qui accompagnait l'envoi du bracelet de rubis.
Camélia avait calculé qu'une lettre semblable rendrait la comtesse à demi-foUe, et elle comptait s^r la terreur vertigineuse qui ne manquerait point de s'emparer de la jeune femme pour la pousser à quelque démarche imprudente.
Le bracelet de saphirs, resté entre les mains de René, était aussi une arme dont elle se promettait bien de se servir.
Yraiuîent la pauvre Berthe était échappée par un miracle au piège tendu sous ses pas.
Puisque Camélia ne pouvait parvenir à rendre la jeune femme coupable avant de la déshonorer, elle s'était juré de la déshonorer innocente.
Rejoignons, s'il vous platt, René de Saveuay.
Vingt-quatre heures s'étaient écoulées depuis cet insuccès si complet, si honteux, depuis ce premier Waterloo que René, aigri par les acerbes railleries de Camélia, ne pouvait venir à bout de se pardonner à lui-même.
—Ah 1 — se dis24t-il en se promenant à grands pas dans sa chambre à coucher, tout en mordant sa moustache et en mâchant avec impatience le bout de son cigare, — si du moins quelque victoire venait me consoler de cette défaite !.. — Si quelque nouvelle intrigue