‹ Les viveurs de Paris (volume 2)Chapitre 28 sur 53 · LB8 V1VB0II8 DB PARIS · texte numérisé non relu

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mettre mon testament. — Les dispositions en sont courtes. ^

» Vivant, je n'avais rien qni ne fût à vous. — Après moîy tout ce que je possédais doit vous appartenir...

» Je vous laisse donc ma fortune entière, bien certain d'avance que vous en ferez un noble et généreux usage.

» Et, maintenant, adieu!

> Adieu!,. Obi que ce mot est dur, quand on avait espéré de si longues années de bonbeur et d'amour...

» Ne m'oubliez pas tout à fait, et priez quelquefois pour celui qui n'a vécu que pour vous seule, pour celui dont l'âme s'exhalera pleine de votre image, et dont les lèvres mourantes prononceront votre nom!..

» Henrt. »

Bertbe avait lu, ou plutôt elle avait dévoré cette lettre.

A mesure qu'elle avançait dans sa lecture, ses pupilles se dilataient dans ses yeux agrandis ; — le tremblement de ses mains se communiquait à tout son corps, et sa poitrine se soulevait comme si son cœur avait. voulu briser la prison trop étroite qui le retenait captif.

Quand elle eut achevé, elle lâcha le papier qui s'envola à quelques pas de là, et tomba sur le tapis. — Alors, un sanglot convulsif parut monter du cœur de la jeune femme à sa gorge haletante. — Son corps se cambra dans une sorte de convulsion désespérée. — Ses cheveux, dénoués dans ce brusque mouvement, épandireut sur ses épaules leurs ondes magnifiques.

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Elle se précipita à genoax, à côté de son mari, et, Tenlaçant de ses deux bras, elle s'écria à travers ses pleurs et d'un accent sublime de désespoir et d'angoisse :

— Henry I . . Henry I . . c'est moi qui te lue ! ,. Monsieur de Croï, surpris ainsi à l'improviste au

milieu de son douloureux sommeil, s'éveilla en sursaut. — Il ne se rendit compte, tout d'abord, ni de la façon dont elle était arrivée jusque-là, ni de ce qui se passait. — Mais Berthe, saisissant les mains de son mari, et les couvrant de baisers et de pleurs, répéta sa phrase déchirante :

— Henry ! . . Henry I . . c'est moi qui te tue ! . . Monsieur de Groï, alors, promena autour de lui un

coup d'œil rapide.

Il vil la porte du cabinet entr'ouverte. — Il vit la lettre gisant à ses pieds sur le tapis et le testament sorti de son enveloppe. — U comprit tout.

•— Berthe, — murmura-t-il en désignant la lettre du doigt, — vous avez lu n'est-ce pas?..

— Oui, — murmura la jeune femme, — oui/ j'ai lu cette lettre fatale...

Puis elle ajouta avec éclat :

— Mais si vous ne voulez mourir que parce que vous me croyez coupable, vivez , Henry, vivez, car je suis innocente!..

FUI d'un riLS DB FAMILLE.

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