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SI LB8 WrWOM U fAUS.
— Aimé el estimé dç toas ceux qui Yoas connaissent!..
— Recherché dans le meilleur monde !..
— L'enùmt chéri des hoadoirs de Paris !..
— Yoas ! le roi de la mode !..
— Vous!., notre maître à tons !..
. — Mes chers amis, — répliqua Maxime, — en admettant que tout cela soit vrai, c*est peut-éire à cause de tout cela que je m'ennuie!..
— Ah I çày mais vous êtes fou !••
— Soit I — un petit grain de folie explique hien des énigmes.
— Dites plutôl que vous êtes blasé.
— Peut-être bien ayez-vous raison, quoique le mot et la chose soient devenu ridicules depuis cette charmante comédie que jouait si bien Arnal au Vaudeville...
— Allons, mon cher comte, vous réfléchirez.. •
— le vous prie de croire que je ne prends jamais un parli avant d'avoir très-mûrement râOéchi et pesé le pour et le cooire. ..
— L'air de Paris vous est indispensable, — il vous faut le boulevard italifA, mr le hois de Bovlogna, — les dti^rs 4M ^^^ ^ P^U» '^ ^ balcon 4^ t'Opéra el les glaces de Tortoui...
— A la grande rigueur, mon très^l;^^, jç çrpif que je puis m'en passer.. .
— Mais, enfin, où diable voulez-vous donc alj^r?
— Je serais bien embarrassé de vous ri^ppre;;^dre, car je ne le sais pas moi-même. — J'irai tout droit (jievant moi, tant que la terre ou la mer me jportèrout,
taat qm la vapçiUi* des chemin» de fer ou tes çbevaux des nialles-posies me feront fendre l'espace; xmi que pour moi soufflera le veni: da«» les voiles dociles d'uji DJ^vire, Qtt que brûler* l4 houille dan» le flanc des steamers,
— Alors, c*est un voyage de plusieurs années que wm entreprenez là ?, . .
— Sans doute,
— De tels voyages, cher CiWte, sont choses bien chanceuses, — on «'en revient pas toujours..,
— ïlh ! pardien! je le sais bien-. -^ aussi, jie vous le répète, ee déjeuner est un repas d*«^ienx.. *
Chacun des huit convives de Maxime étendit vers M une main sympathique, — Une ré&lid énjotion »'étwt emparée de tous ces jeunes gen3 à Tannonce de ee départ inattendu. -.— Ainsi que nous Tavons entendu dire à l'un d*eux, il n'y a qu*un instant, Maxime était aimé.
— Ghers amis, — reprit^l, -^ vous comprenez que, quand on va partir, et qu'on se dit au départ : qui sait si je reviendrai jamais ? -^ on prend toutes ses précautions comme si, eu e£fet, on était certain de ne pas revenir... — Pardonnez-moi de vous assombrir en vous parlant de choses si graves, mais je ne le fais pas sans raison... — J'ai donc écrit mon tesr tament, et je l'ai déposé en mains sûres . . — De ce testament sont exceptés certains objets que je veux, dès aujourd'hui, vous prie? d'accepter à titre de souvenirs,
-^ Ah! — s'écria vivement nmi^sieur de Chamelles, — nous refusons, mon cher comte K. cette préoecu-
84 us TIYBIIRS Dl PABIi.
pation est lugubre et finirait par vous porter malhearl.. — Noas n*ayons pas besoin de souvenirs pour penser à vous pendant votre absence ; — tous êtes de ces gens qu'on n'oublie point, et nous ne voulons pas douter de votre retour qui sera prompt et beureux...
— Messieurs, ^ dit Maxime en secouant la tète,
— je suis d'une famille où' Ton croit aux pressentiments, — les miens sont tristes et me disent que nous ne nous verrous plus... — N'affligez donc pas mon départ en refusant d'accepter quelques bagatelles qui n'out de valeur que par l'intention de celui qui les oifre...
Un profond silence accueillit ces paroles. — Maxime prit ce silence pour un acquiescement.
— Vous savez, — poursuivit-il, — que je suis sans parents... — si je venais à mourir, ma fortune toute entière, dans un temps fixé par moi et en raison de circonstances qu'il est inutile de vous faire connaître, irait enrichir des élablissements de charité.
— Ce me sera donc une sonsolation de penser que tous ces objets que j'ai aimés, resteront entre vos mains au lieu d'être ignominieusement vendus à l'encan et dispersés en cent endroits...
Personne ne répondit un seul mot. — On devine que la gaieté des convives avait disparu comme par enchantement. — Maxime reprit :
-— A vous, mOâi cher Chazelles, l'argenterie et les cristaux de mop service de table, ainsi que les porcelaines de Sèvres, deSaxe et du Japon... — Mon ami d'Âudival voudra bien accepter mon attelage gris-
LE FIL D'ARIANB. 15
pommelé, mon coupé et mon tilbury ; — . les chevaux sont excellents, et je crois, mon très-cher, que vous en serez content ..
Maxime s'adressa ensuite à monsieur de Lesly, le grand amateur d*équitation.
— Je destine à vous, Lesly, — dit-il, — ma jument Titania. — Vous savez qu'elle est fille de JoAn- Bull et de Griselidis, — On vous remettra oes parchemins bien en règle, dans un sachet de velours grenat brodé d'or... — A vous, mon cher Beuzeville,
— poursuivit Maxime en se tournant vers l'arrière petit-fils de Nemrod,- — à vous mes fusils de Manton et de Devismes. --^ mes pistolets de Lepage et mes carabines Lefaucheux... — Ces nobles armes seront noblement placées entre vos mains... — Vous voudrez bien, n'est-ce pas, mon bon Lydéric, accepter mes bijoux et mes cannes, — personne au monde ne les porterait avec une plus incomparable élégance. — Parmi les bijoux, il en est qui viennent de famille et qui passent pour assez beaux...
Lydéric de Lansac était le neveu cinq fois ruiné et toujours réenrichi à l'improviste par des héritages inattendus.
Restaient le voytfgeur, 5- le romancier, — l'artiste célèbre.
Maxime se tourna vers le premier.
— Vous, Raoul de Précy, — poursuivit Maxime,
— vous, nomade gentilhomme, grand afi'ronteur d'aventures et de périls, citoyen de l'univers, vous accepterez des babioles qui auront du moins le mérite de rappeler à vos souvenirs quelques-uns de vos'
l6 LBâ VtVËtHS Afi PARIS.
Toyages : — je vods atffe flies idoles et «es pdticbes japonaises, mes stores et mes nâltes de la Chine, mes curiosités ÎDdiennes et mexicaines. — Auprès de tout ce que vous possédez déjà, c'est bien peu de c!iose, mais il y a un proverbe espagnol qui dit : — la goutte d'eau grossit la mer !
— - A vous ma bibliothèque, — continua le comte de Bracy en s*adressant au rdthancîéi», — vous y trouverez vos œuvres complètes, mon cher ***, — romans, drames, vaudevilles, rien n'y manque, pas même votre dernier feuilleton... — J'offre de perier, que, sous ce rapport, vous êtes nioins riche que moi, et que vous n'avez pas chez vous tout ce que votre plume a signé...
— Vous auriez gagné cent fois votre pari, — répondit le i*omancier, — bien sonvent, quand j'ai besoin de faire deâ recherches dans un livre de moi, je suis obligé de l'envoyer chercher au cabinet de lecture...
— Vous voyez donc bien que je vous rendra! service — Ma bibliothèque, d'ailleurs, est peu nombreuse, deux mille volumes tout au plus, mais ce sont des ouvrages choisis, et j'ai fait très-particulièrement soigner les reliures... — Restent mes tableaux, quelques statuetles origmales de Pradier, un groupe d'Antonin Moine, des animaux de Mène et de Barye... — Tout cela, cher artiste — (et c'est au peintre que JMaxime s'adressait alors), tout cela trouvera sa place dans votre atelier où vous êtes trop peu... — Je vous ai vu bien souvent admirer mjn petit saint J^an- Baptiste de l'Albane, mon Luca Jiordano, mon Coy-
Ll FIL d'aEIÂNB. si
pel, mes deux Boucher, mon Greaze et mes pastels dç Latour... — Cela vous appartient, songez à moi, quelquefois, en les regardant...
Maxime se tut. — Pendant deux ou trois secondes un silence profond régna parmi tons les convives, un instant auparavant si joyeux. — Ce silence fut rompu par monsieur d'Audival.
— £h bien I — dit-il, — soit, nous acceptons, mon cher comte, mais à une condition...
— Laquelle?
— C'est que nous serons purement et simplement les dépositaires de tout ce que vous nous otfrez, et que nous vous le rendrons à votre retour.
Maxime sembla réfléchir avant de répondre. — Mais cependant sa réponse ne se 'fit point attendre.
— Allons, — dit-il en souVianf , — que votre volonté sbit faite... — A mon retour je vous redemanderai chevaux, armes, tableaux et lé reste... — Vous ne m'aurez point oublié pendant mon absence et c'est tout ce que je désire...
Personne ne remarqua de quelle profonde amertume était empreint le sourire du comte de Bracy, tandis qu'il prononçait la dernière phrase que nous venoi)s de reproduire.
— Ainsi, — ' demanda Raoul de Précy, — c'e^t bien décidé, vous partez demain?..
— Irrévocablement.
— Avec qui?
— Seul.
— Au moins, vous emmenez un doiïiesiiqitet..
— Non, personne.
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dattt un tiistàtit» tiénè dé Savenay avait rattaché Maxime à la vie. — Le comte s^éiait pils d^une affection vfaimettt pàtét*hellé pour ce jeune homme dont les traits lut rappelaient le doux visage de Marguerite. '-^ Bref, Matiitie avait mis en René toutes ses espéranôes, et de l^oi'phelin il avait résolu de faire son fils. — Nous savons déjà comment le jeune viveur avait trompé ces espérances et découragé cette tendresse. — Maxime ne {louvait aimer encore celui qu'il bVstimait plus.
A partir du moMent où léâ fautes de Béné eurent dépassé la limite dé 6es charmantes folies qu*on pardonne si volontiers à la jeunesse, Maxime se sentit plus isolé et pltlà désespéré 4I1II ilô Pavait jamais été. — Il n'avait plU6 ia i*eâSoùk'6é dé ^'étourdir, coinme autrefois, parmi !es enivi*ements du fhoiide et les joies fnelatééS de la bohème àtnoureuse et galante. — Ces plaisbs sUr les(}Uels il était blasé depuis longtemps, ne faisaient plus naître en lui qUe Tennui et le dégoût. — C'est alors que, pour la pi^emière fois, naquit d&ns l'espfit de Matiihô une pensée de suicide.
Chose étrange I quand uue peti^ée semblable a jeté son germe, dans une âme, cé gerihe grandit lentement, mais sans relâche. — I)e jour en jour les racines devienitent plus profondes, plUs tenace^, plus envahissantes ; — l'idée vague se fait idée fixe, et le suicide, comme le vertige, rappi^he d*béUre en heure sort étreirtte mortelle. -^ Maxime en était là. — Il avait combattu successivement, et d'une façon qui lui semblait victorieuse, tons les raisonnements qui défendent à l'hônàttie dé disposer de sa vie. — Bref,
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sa décision était irrévocableroent prise. — L'exécation de son projet sinistre avait été par lui fixée au lendemain.
Pour une seule chose encore son esprit flottait irrésolu, et telle était la cause de Textrême préoccupation que nous avons signalée — Cétait le genre de mort auquel il aurait recours pour se débarrasser de la vie.
Le poison? — Maxime reculait devant ses souffrances atroces. — Un coup de couteau dans la gorge au dans le cœur? — Celte sanglante boucherie répugnait au comte qui, d'ailleurs, craignait que sa main ne fût point assez ferme au momeut suprême. — • Une balle de pistolet? ' — On se manque, — on se défigure. — D'ailleurs Maxime souhaitait que son suicide eût, autant que possible, toutes les allures d'un accident.
O'est afin de donner plus de vraisemblance à ce qui semblerait un malheureux hasard, qu'il avait rassemblé ses amis le matin même, et qu'il leur ^vait annoncé un long voyage.
Il s'était efiectivement muni de passeports et de lettres de recommandation. — Il avait fait préparer ses malles. — Seulement, il voulait mourir au lieu de partir. ^
Soudain son front se rasséné'*a. — Il venait de trouver enfin le moyen qu'il cherchait depuis plusieurs jours. — Ce moyen était des plus simples, ainsi que nos lecteurs vont pouvoir en juger, s'ils veulent bien se donner Ta peine de parcourir les pages suivantes.
Une pleine eaa.
Il s'agissait tout simplement d'aller, le lendemain matin, se baigner dans la Seine, un peu au dessous du pont d'Iéna.
Maxime était un excellent nageur, et bien connu pour tel. — On le citait pour la grâce de sa coupe et la vigueur de sa brassée. — Il traversait la Seine huit fois de suite, sans reprendre pied et sans se reposer un instant. — On comprend donc à merveille que, si on le retrouvait noyé, on devait croire à une crampq, à un étourdissement, à tout, enfin, plutôt qu'à un suicide.— Et c'est là précisément ce que voulait Maxime.
Une fois cette détermination prise et parfaitement arrêtée, le comte de Bracy reconquit toute sa tranquillité d'esprit et attendit le lendemain avec le plus grand calme.
Nous avons déjà dit que le testament de Maxime était fait. -* Ce testament renfermait^ avec tous ses
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détails, rhistoire de Marguerite et de Marie. — Le comte partageait sa fortune entre les enfants qui avaient dû nattre de ces infortunées jeunes filles.
Sif au bout de trente années révolues, rien ii*était veini mettre sur la trace de ces enfants l'exécuteur testamentaire, — les hospices devenaient les héritiers de Maxime.
Do ce côté-là encore, il avait donc- pensé à tout et tout prévu.
On était au milieu du mois de juillet. — Les nuits étaient courtes et les journées brûlantes. — A sept heures du matin, Maxime, prêt è sortir, sonna son valet de chambre.
— Vous savez que je pars aujourd'hui? — r lui dit-il.
— Oui, monsieur le comte.
— Je sors, je vais faire une pleine eau dans la Seine, mais Je serai probablemeut rentré 4*ici h deux heures.
— Monsieur le comte déjeunera-t-il ici?
— Oui.
— A quelle heure?
*- Tenez-moi. quelque chose de prêt pour dix heures une galantine, de la viande froide et du vin de Bordeaux, voilà tout.
— Ce sera fait.
— Voici mon passeport , — reprit Maxime , — vous irez à la poste et vous commanderez des chevaux, — je veux qu'ils soient à ma porte à midi soQr nant.
LB Fil l^'kjmh ^
— Oui, monsieur le cpoite*
Maxime ^luma yii çigarç çt sortil,. — J) Iqn^çja ]^S'qu*à la place de la Madeleine les t><)pleyar4s eriopre dé* seris. — Il prit la rue Royale, — p^is la rue dp Ri-? voli, — il traversa la pl^cç ïiOui^ XY et suivit les quais à partir du pçnt ^e 1^ Concorde.
A peu près en face des Invalides, il descendit syr la berge et cpntinua à niarc^er le long de U rivière» cberchant un endroit qui lui plût pour f^complir sa résolution fnnèbre. — Cet endroit quMl cherchait, il ne tarda ^ëre à le trouver. — Il atteigi^it W ppiQt où quelques touffes de gazon, émaillées de petites marguerites, croissaient sur la rive, t- l^e courant était rapide et l'eau trasparente. — Sur les bords, on voyait de jolis cailloux l)lancs répandus sur le sa^^le fin. — A quelques pas plus loin, Teau prenait une teinte bleuâtre, de plus en plus en plus sombre à mesure que la distance du rivage était plus grande. — '
— Celte teinte sombre indiquait la profondeur de h rivière en cet endroit.
— Bon ! — pensa Maxime, Je v^s me noyer d'upe façon vraiment charmante I
Et il se mit en mesure dé se déshabiller. — Il ôta d'abord son chapeau, qu'il posa à côté de lui, — puis sa redingote, — puis son gilet. — Ceci fait, il s'arrêta et se mit à regarder la Seine.
— N'est il pas bizarre de songer, — se disait-il,
— que dans trois minutes ces eaux qui coujent là, devant moi, avec une physionomie toute innocente et un petit murmure rempli de douceur, se seront refermées sur mon cadavre, — Où le porteront-elles? —Je vou-
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drais que ce fût là-bas dans cette anse sablonneuse, — on me trouverait une heure après. — Il me semblerait déplaisant, quoique mort, de rouler dans la vase jusqu'aux filets de Saint-Cloud. — La Morgue aussi me répugnerait étrangement. — Mais il n'y a pas le moindre danger. — J'ai là, dans les poches de ma redingote, dix fois plus de papiers qu'il n'en faut pour qu'on puisse, en cinq minutes, constater mon identité — On essaiera, pour la forme, de me faire revenir à moi-même, - - ce qui n'amènera pas le moindre résultat. — On me mettra sur une civière et on me transportera à mon domicile au milieu de l'étonnément et de la désolation universels. — Pendant deux ou trois jours, tout au moins, les journaux raconteront sur tous les tons ce déplorable accident. — Comme je serai mort et que, par conséquent, je ne porterai plus ombrage et ne ferai plus envie à personne, chacun s'accordera pour célébrer les vertus que j'avais, et même celles que je n'avais pas. — Mes amis eux-mêmes feront mon éloge. — Qui sait si quelques-uns n'iront pas jusqu'à se figurer qu'ils me regrettent?
Maxime en était là de son monologue philosophique et humoristique, quand son attention fut attirée sou* dain par un objet de la nature duquel, dans le premier moment, il lui parut difficile de se rendre compte.
Cet objet flottait, entraîné par le courant, à soixante ou quatre-vingts pas de la rive. — On eût dit un amas te vêtements gonflés par Veau, qui tantôt remontait à
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la surface, tantôt disparaissait presque entièrement.
Toat à coup cet objet indéfinissable fut attiré dans l'un de ces petits tourbillons formés par deux courants qui se croisent. — La force d'attraction le fit tourner sur lui-même, et Maxime vit distinctement un visage pâle apparaître entre deux eaux.
Le doute n'était plus permis. — A coup sûr il s'agissait d'une créature humaine, et, peut-être, seraitil encore possible de la sauver.
Nous connaissons le cœur de Maxime. — Il oublia à l'instant même qu'il était venu là lui-même pour mourir. — Il se débarrassa du reste de ses vêtements et, se jetant dans la rivière, il se mit à nager vigoureusement du côté de ce corps sans doute inanimé.
En moins de cinquante brasses, Maxime atteignait l'endroit où le corps lui était apparu, soulevé par le tourbillon. — Mais tout avait disparu. — La surface de la Seine était redevenue unie comme un vaste miroir.
Maxime nagea en avant. — Toujours rien. — Il plongea en avant une première fois sans résultat. — Il nagea encore et plongea de nouveau sans plus de succès.
Au moment où il reparaissait sur l'eau il se souleva presque à mi-corps afin de voir plus loin. — Mais rien.
— Allons, — se dit-il, — je vais plonger une dernière fois, puis , ensuite, j'aurai fait mon devoir et je laisserai la mort faire le sien.. .
Et il disparut de nouveau, pour explorer entre deux eaux un espace plus large qu'il ne l'avait fait jusqu'alors.