‹ Les viveurs de Paris (volume 2)Chapitre 43 sur 53 · LU TIVBUR8 DB PARIS · texte numérisé non relu

LU TIVBUR8 DB PARIS

9 C'était une belle maison, vaste et commode, située au milieu d'un grand jardin qui dominait le lac. — Si vous vous approchiez de cette fenêtre, vous verriez, k une distance d*un quart de lieue à peine, ses terrasses et ses bosquets. — La propriétaire de cette charmante ha'bitation se nommait la baronne Hermann. Elle était veuve, elle n'avait pas d'enfants, et elle consacrait à des œuvres de charité les deux tiers de ses revenus, qui, sans être énormes, étaient cependant considérables. — Les paysans de tous les environs ne l'appelaient que de ce doux nom : la bonne dame. — Elle avait pour toutes les souffrances de l'âme et du corps des paroles consolantes et des remèdes efficaces.

« Madame Hermann, aussitôt que nous fûmes descendues de voiture, me prodigua les soins les plus efficaces. — Elle me fit quitter mes vêtements en lambeaux et m'en donna d'autres en échange. — Elle me présenta les aliments les plus restaurants. — Bref, elle se montra telle avec moi que serait une mëre avec sa fille bien-aimée.

» De tout le reste de la journée elle ne me fit aucune question, même indirecte, au sujet de la position dans laquelle je me trouvais.

» Une nuit de calme et de repos, après tant de fatigues et de douleurs, me rendit un peu de courage et de force. — Je me dis que, puisque Dieu était venu à mon aide en un moment où je ne devais plus, du moins selon toute apparence, compter sur aucun secours ni du ciel ni des hommes, sans doute il me soutiendrait encore dans l'avenir.

» Au milieu de l'immense découragement qui m*ob-

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sédait, un vague espoir se fit jour. — Je compris que je pouvais vivre encore. — Le lendemain matin, madame Hermann vint à moi.

» — Mon enfant, — me dit-elle en me prenant la main, — vous voyez que je m'intéresse à vous... — Prouvez-moi par votre confiance que vous êtes^ digne de cet intérêt., dites-moi qui vous êtes et ce que vous êtes, et n'oubliez pas que toute faute, si vous en avez commis quelqu'une — peut se racheter par un aveu sincère et le repentir. ..

» Certes, le mensonge était bien loin de ma pensée !.. — Mais, je vous l'affirme, ces bonnes et tendres paroles auraient touché la dissimulation elle-même. — Je fondis en larmes.

» — Courage, Marie, — reprit ma protectrice, — courage! . Songez que vous allez verser vos secrets dans un cœur rempli d'indulgence...

» Je repris courage en effet, et, voilant mon visage de mes deux mains afin de cacher ma rougeur, je racontai tout à madame Hermann.

» — Mon enfant, — me dit-elle quand j'eus achevé ce triste récit, — je vous plains de toute mon ftme...

— votre malheur est grand, il est irréparable, — acceptez-le avec résignation comme punition de la faute que vous avez commise... et surtout ne doutez pas du pardon de Dieu... — Quant à l'avenir, soyez sans inquiétude... — nous ne nous quitterons plus, si toutefois ce n'est pas vous qui désirez vous séparer de moi. . .

— Je n'ai point d'enfant. . — vous serez ma fille, et, en échange de ce titre, je ne vous demanderai qu'un peu de tendresse...

r 1^ fie? pai, dans ttm r^tûdntâSiÉûetft 4ûtf ^oe jer«f àttt genottt de msâaitfe âermantf et le» euibf ft^fter ea pleurant. — Mon action parnt TatteTldrif tJtfefWérrt. -— Elle me Meim, ^ «Hô me pré^ïsa eoAtfe â<m cœaf et j€ vis d^$ lafme!» dfans^ fies ^eint.

# — Chëi'ér Mtffic, — rtprtt-dï6, —je ftmA fôîre pëi^, jiè Irff piAetéï, et cjtri ^«rt sî, lui acss?, rte paféoùûetA pas?

4 Je* àecâroal teHîemetïi la tête.

■ Hélas !.. — je connaissais trép tUteA' fliod' pCfef. . . -« j« aoiinaissaid trop bien cette hifletibfe austérité !.. ^htie pôuvtfitf me be^e^ é« plus léger «sporr !. .

» Gèper^aiif ibaMMe Herittautf «e fini; pflns^. '- Dès le leudemain, elle alla à Lausanne^. '■-•Eller ehetékâ et trotff a mon père, ^ Mais le ^mbm f fdlhrrd ne toufot pM même retrteffdner. -^Dès les- pFemkr^ mois qu'elle prononça il l'imenroftipit- ett s^éerfMlt ;

i -^ lé ii*tfi plus (ie ftllê. ^ Ha ffie e^flldfle...

» £t tt ftjôHfa r

» — Sa tombe est là . . . ^ efit MeflMil 1« Maîtt m r M pMriife, à» reftdroii oé balfatt de» ettuf .

* Htf prateelricef retiAl dé90l^e.

» Trùi» fois elle renouvela s* ^ktiuim t^Mafire, ftiM ÉAM plflr» de iueeèê.

w Quelques MUMkrtfS s*écoulèfe0(.

> IttKdaflrm Hermann ne me parlait pluf ée mm fèK.

* Eftfinf^ «A jour, elle noedit :

é -^ Harki*.* pauvre Marie.. ^ il fiMt preoire fc

• -^ Ali ) an'écrial^je, — mm pèft e»t niorl h.

» Madame Hermann ne me répoudH fMI»^^ •— Sii

sjteaoe iia\i um r^poas^ Jagob»^'*-'^ ^et^ M#n fi^e tué par rnoil*. -*--Jilûr|;.saos m'a;9gu*,pardoanéL. »

Ca ftaaglat ioarlicalé s'éGha|>pa4^ lèyres de JWari^.. -- Elle se Uissa retowber ^ arriéra, et elle »fiïïii^ h MaKîme épouvanté »fïw itiosaplétemaot iikerdu lepm^i^rfiance.

Ge fut saaa jséeuliat4'^bor^ qu'il .essap de Jl» IM^ jWBttir à -elle-mèwe. *— Ses lèvr^ plUiss^ieut. ^ §m ccaurioetbatiartiplu^. ^âe3}jsuK.ou:^6rtsr^taieiUiifies et sans negard^^

— Ohl «lon SieuL. - -|)jeosa Mafl^ime, .-^ <est^Qe

.que œ ^rait fini !

Un iaible tmouvement de Marie Jui ût cpvpiepdn^ qu'un reste de MÎe aDiaiait,ad corps «expicwt.

ll,etttr'ouvrit,mïais oaQUr^ans^eine, lesiden|s,giççj:^s .de .la mourante. --Jll vieraa,da»3 6a,bQUQhe U v.ftlftur »d'^peu pcèSvtrQis .euillerées de la , potion, .et ^«iri.e, iomme gaUanis.ée, -se red«e^sa soudain i»ur sonJU.

— Marie... Marie..*— jnuBmura M^xiïPQ, — >»Q»ment vous trouvez vous maintenant?,.

— Bien.. . — répondit-elle d'unjB yqiiL.cqciii^ et pareille à celle des somnambules dans le sommeil majgnétifliie, — *ines forces cexiâunentet je.sçn3.|WPi3i je .revoirais ma ûUe, je secais^guédOn.*

Ces paroles déchiraient lejcœur^deil^^ilïi.e. — Cpj^endantjl fallait répondre.

^ Bicntût... —.dit-il, — .bientAt.vousia verre».. . -vous Ja vercez pourni^pbis .vaus »n réparer. . .JâHi^is.. . 4muÛs,„

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Un faible sourire vint errer sur la bouche décolorée de Tagonisaute. — Elle rêvait un bonheur prochain. — Puis ce sourire s'effaça et elle reprit son récit :

— Cependant ma grossesse avançait. — Madame Hermann , pour m'éviter des hontes incessantes , et aussi pour que je ne fusse pas dans sa maison un objet de scandale, m'avait donnée pour une jeune femme dont le mari venait^de périr victime d'un accident funeste, la laissant sans aucune ressource. — Personne dans ce pays n'a jamais su que notre enfant fût une enfant illégitime. — Ou m'appelait alors et l'on m'appelle encore aujourd'hui madame Muller. — J'accouchai. — Ha petite Marie vint au monde... — Quand j'entendis son premier cri , mon cœur s'ouvrit tout à coup aux joies immenses , aux saintes ivresses de la maternité. — J'oubliai les tortures du Cîorps et de Tâme que je venais d'avoir à subir... — Si votre nom fût en qe moment venu se présenter à ma pensée, Maxime, je crois que je vous aurais béni de m'avoir donné ce petit ange à aimer.. . — Je me dis que Dieu m'avait pardonné... — Je me dis que la malédiction de mon père n'avait pas attiré sur moi le malheur...

9 J'étais heureuse...

Apres un instant de silence, madame Muller reprit :

— Ma protectrice ne m'avait pas trompée en me disant qu'elle ferait de moi sa fille. . . — Elle me mit en effet sur un pied d'égalité complète avec elle... — Je n*étàis ni une subordonnée, ni une protégée, — j'étais une amie. . . — J'étais mieux encore que cela, — j'étais l'enfant de la maison. — Les domestiques jn'obéis-

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saient comme à leur maîtresse elle-même, et beaucoup de gens avaient la persuasion qne madame Hermann m'adopterait et me laisserait sa fortune. — Quant à moi, je puis le dire, jamais une seule fois une pensée semblable ne s*est présentée à mon esprit.,.

» J'eus des maîtres de toutes sortes, — madame Hermann voulait développer en moi de nombreux talents. — Et, quand je lui demandais quel motif la poussait à me donner une éducation si fort au-dessus de ma position sociale, elle me répondait :

» — Ne faut-il pas, mon enfant, que vous puissiez un jour élever votre fille?..

» J'embrassais madame Hermann et je l'appelais ma mère. — J'embrassais ma petite Marie , — et je travaillais avec ardeur.

— Pendaot quelques années,— poorsnivit Marie, — je fus heureuse... — Je l'aurais été du moins si jis n'avais été poursuivie par mes souvenirs...

■ Bieu souvent, au milieu de cette calme existence qu'aucun orage ne venait troaUer, je tressaillais subîitement et je me mettais à pleurer,.. — Madame Bermann , lorsqu'elle s'apercevait de ces soudaines tristesses, m'en demandait la cause. — Je lui répondais d'une façon évasive dont elle semblait se satisfaire^ —

Qu'aurais-je pu lui dire en effet?.. — Pouvais->je lui répondre que mon front devenait p&le et qiie mes larmes coulaient parce que je ne pouvais oublier un nom... — Ce nom, c'était le vdtre, Maxime...

■ Un jour, — )our de douleur !.. — ma protectrice dont Ut santé jusqu'alors ii'«vait pu donner aueu^

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