‹ Les viveurs de Paris (volume 2)Chapitre 48 sur 53 · MARIE MULLER · texte numérisé non relu

MARIE MULLER

elle souffrit beaccoup en ce monbe

elle sera heureuse dans

l'autre.

Prie% pour elle.

Après s'être assuré par ses propres yeux que ses ordres à cet égard avaient été scrupuleusement exécutés, Maxime envoya chercher des chevaux de poste, monta en voiture et partit.

Il emportait avec lui deux lettres.

L'une, écrite par René à madame MuUer, sous le nom de Raoul Latour.

L'autre, adressée au baron de Savenay (poste restante) à*** {près Lausanne) j Suisse.

FIN DB LA TROISiImB PARTIE.

S56 us TIYBOIIS DB P4BIS.

Mais, hélas I — et c*est une vérité ynlgaire — les hommes ont deox poids et deux mesures quand il s'agit de peser dans la même balance leurs actions et celles des antres !

Maxime, en jugeant René, le plaçait plus bas que ces assassins qui peuplent les bagnes — et cependant son crime, àlni, avai4 été jadi^anssî grand, aussi digne de flétrissure et d*bofrenr .

Le hasard seul avait permis que les conséquences n*en fussent point immédiatement les mêmes.

Nous avons entendu Marie MuUer raconter ellemême qu'elle s'était, à moitié folle, précipitée dans le torrent pour y chercher cette mort que sa iiile, vingt ans plus tard, devait trouver dans les eaux de la Seine.

D'ailleurs, si Maxime n'avait point été le premier coupable, René ne serait point devenu criminel — au moins de cette façon.

Mais, on ne doit que trop le comprendre, monsieur de Bracy n'était plus un homme de sang-froid, discutant avec calme eà jugeant sans passion ^ c'était un père qui vient de retrouver sa fille, tuée par la lâcheté d'un misérable^ et qui veut la veng^r,

Maxime cherchait donc son ennemi> — Mais o& le trouver? — Peut-être René était-il retourné à Paris, ainsi que l'y engageait avee tant d'instances la lettre de son correspondant Louis de Riancy. — Peut-être, au contraire, était-il à sou château de Savenay.

Dans ce doute, et pour ne pas faire fausse route dans ses recherches^ Maxime s'en alla di*oit à Bracy.

De là il écrivit à monsieur de Chazelles, pour le prier

IB PIL D'ABIAHI. %Vt

de passer à Paris, me Saint-Lazare, et de s'informer si René n'était point reyenn.

La réponse arriva courrier par courrier.

René n'ayait point paru, et la nouvelle consigne donnée au coucierge était de faire adresser au château de Sayenay tout ce qui pourrait arriver pour le jeune homme. — Donc René était dans ses terres.

Maxime ne perdit pas une minute. — Il fit demander des chevaux. — Il jeta dans sa voiture une boite à pistolets et des épées, et il partit.

Le château de Savenay, nous Tavons dit au commencement de cette longue histoire, était située dans les environs de la petite ville de Ddle. — De Bracy à Savenay il n'y avait qu'une vingtaine de lieues.

Maxime, qui jetait à chaque relais cent sous de guides au postillon, marchait comme marchent les gens qui payent largement.

Sa chaise de poste bondissait, emportée ainsi que par un ouragan au milieu de la poussière des chemins.

A neuf heures du soir, l'attelage, haletant et blanc d'écume, atteignit le sommet d'une côte assez rapide d*où l'on dominait le village, but du voyage de Maxime.

Encore un demi-quart de lieue et on arrivait.

Le postillon mit pied à terre et se présenta à la portière.

— Qu'y a-t-il? — demanda Maxime.

— C'est sans doute au château que va Monsieur? — fit le postillon.

— Non, — répondit monsieur de Bracy.

— Où donc va Monsieur, alors ?

-— N'y a-t-il pas des auberges dans le village ? IV. «7

n$ IBS wvm$ M fàfds.

— Oui, mais c*e^ des auberge» & r^iers^ qoi ne sont pas faites pour loger de$ geos coouÂe M^siour...

— Pea importe — Ck)n<}iiiaez^i»oi dans Fane de ces auberges — faites seulement en sorte d'en choisir une qui ait une cour dans laquelle ma roiture puisse entrer...

Le postîUoQ fit un signe affirmatif et se remit en selle. — Au bout de cinq minutes, la ebaise de poste, ayec un grand bruit de grelots et de claquements de fouet, faisait son entrée dans la cour de Tauberge du liùm d'Or^ dont Tensieigne formulât ainsi ses promesses :

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