‹ Les viveurs de Paris (volume 2)Chapitre 51 sur 53 · IV · texte numérisé non relu

IV

MÉMMMMiCfll'm tKBp IdO»

-^ Ahl -^ répétâ«4tNil;poQr là*«econde fai8^.r-**'?«ii9 ne^ camprenes <p(is ?. .

— Non, — fit* René; -^ Écoutez donc...

Un sourire d*une expresakm 'vraknent. diabolique* erra sûr les lèvres du jeune homme.

— Monsieur le comte, — répiiqua«4-^il, — je- voua écoute avec toute rattention.d*un véritable coniideub de trajgédie !..

Les veines du front de Maxime ise< gonflèrent,! tant fut violent son nouvel effort pour commander à . sa fureur.

— Oui... — balbutia-t-)l,i mais s» bas queRéné ne put Tentendre, — oui, tragédie!;, et qui Ti*en est pas encore à son dernier acte !.. ^

Et, tout haut, il reprit d'uuevoix lea(e<et' dont le timbre paraissait enlièreoieiUxhafigé ;:

284 tns TiYBORS un paris.

— Monsieur le baron de Sairenay, cette Victime d*un misérable, — cette jeune morte dont vous venez de lire le suprême adieu... c'était... c'était Marie Mulier...

— Ah ! ah 1 — fit René, — en étes-vous bien sûr?

— Marie Mulier tuée par vous !.. — répéta Maxime, — et morte en vous pardonnant !«.'

Pendant quelques secondes la forfanterie de monsieur de Savenay sembla l'abandonner. — Il baissa les yeux et une légère pftleur envahit sou visage. — Mais, presque aussitôt, Todieux cynisme de sa nature reprit le dessus.

— Ah ça, — monsieur le comte, en admettant l'authenticité de ce prétendu suicide, — il est évident que je n'en pourrais pas plus être responsable que de la mort de toutes les grisettes qui jugeraient convenable de s'éprendre d'amour pour moi et de s'asphyxier dans leur mansarde à mon intention... '

— Monsieur, — répliqua Maxime, — on ne discute pas avec les assassins, — on les juge et on les punit... et vous êtes un assassin...

— Et, sans doute, monsieur le comte, vous comptez me juger et me punir?.. — demanda René en ricanant.

— Oui, Monsieur, j'y compte, — et, avec l'aide de Dieu, j'y parviendrai, et ce ne sera pas à coups de bftton que vous serez châtié, cette fois...

Kêaé devint écarlate.

Le misérable n'avait pas de cœur, — nous le sa* vous depuis bien longtemps, — les blei^sures faites à

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son amour-propre étaient les seules qui fussent pour lui saignantes et douloureuses.

— Ah I — cria-l-il avec un geste menaçant et en *• faisant deux pas vers Maxime, — vous étiez donc aussi Tamant de cette créature, que vous venez ici m'insuller en son nom ?..

— Misérable 1 — répondit le comte de Bracy en saissisant avec une force' irrésistible les deux poignets de René, et en le faisant se courber devant lui jusqu'à se mettre à genoux, — cette créature était ma mie!..

' — Tiens ! — répliqua René avec un rire sardonique et en dégageant ses poignets meurtris, — votre fille 1 .. — en vérité?.. — C'était donc un des résultats de cette petite anecdote pastorale et galante que vous m'avez racontée jadis !.. — Mes compliments, monsieur le comte !.. — seulement, je vous conseille, en ami, d'étiqueter vos bâtardes, à l'avenir, si vous désirez que personne n'y louche...

Maxune ne put en entendre davantage.

Le sang-froid qu'il était venu à bout de conserver jusque-là, l'abandonna complètement.

11 s'élança sur René comme un jaguar qui bondif sur sa proie, et, sans se rendre compte de ce qu'il faisait, — obéissant seulement à cet instinct naturel à l'homme qui le pousse à détruire par tous les moyens une bête venimeuse, il lui serra la gorge jusqu'à l'étrangler.

On entendit, à l'instant même, un râle sourd.'

Les deux femmes poussèrent les hauts cris et cachèrent leurs visages daus leurs mains.

986 LB5 TlT»Jft8 OB fiRIS.

Le vieomte 4e Biancy se précipUa ,eQtre les- deux adversaires en murmurant des paroles de conciliation.

Dès les premiers mots, iMaxiine desserra Tétau vivant de ses mains icrispées.

— Vous avez raison, Monsieur,. .^— dil-il/, — ce •n'est point ainsi que je dois venger ma fi^e...

Pendant ce temps, Rénê, libre enfin de la mortelle étreinte qui la suffoquait, balbutiait d'une voix à peine intelligible :

— Des épées... des épées...

Quelques minutes après ce moment, cinq personnes descendaient les marches du perron et s'enfonçaient ' • dans une des allées du parc.

Ces cinq personnes étaient Maxime, r— René, — le vicomte de Riancy et deux domestiques.

Le vicomte et monsieur de Saveuay marchaient en avant. — Maxime venait ensuite, à une distance de quelques pas. — Les deux domestiques suivaient.

Le vicomte de Riancy tenait des épées sous, son bras. • — Les valets portaient des lanternes.

Après un demi-quart d'heure de marche, les personnages qni nous occupent arrivèrent dans une allée large et parfaitement unie qui longeaijOune muraille de clôture dont elle n'était séparée que par de& massifs d'arbres et une rangée de sycomores,

A quelques pas plus loin, on entrevoyait une grille sombre, et, derrière cette grille, , la forme vague et

blaVibbe d'tfûe construction de» (|ttdqtie importance dont on tie- pouvait/ dams ^obscurité, deviner la natare.

René se retourna

— Arrètons-notts ici, — dit-il; -^ le Menme semble bien choisi...

— Soit, — répondit Maxime.

En même'temps, monsieuf'Hié Bracy entendit, non sans surprise, les domestiques qui se trouvaient derrière lui murmurer à demi-voix ces paroles :

— Se battre le long du mur du cimetière !.. Ah ! par exemple, en voilà une idée !.. — pour sûr; ça portera malheur à monsieur le baron !..

Certes, Maxime n'était point -accessible aux -idées superstitieuses, — cepehdant ce'pronosticle frappa.

Réné=app6la les domestiques* 'et' (it suspehdre les lanternes à des branches d*aYbres; à une certaine hauteur, de façon à ce qu'elles répandissent sur le lieu du combait une clarté faible^,- > mais suffisante.

— Quand vous voudfezV Mofiisfeur, — dit-i(*fnsuite à Maxime.

— Me voici,-— répliqua le comte.

— Choisissez une dé ces ôpées, ~ celle qui vous conviendra le mieux.

— Ohl petf m'importe, — • ce n'est pas 'dans une ^péè que je mets ma edUfiance; i;-èst dans la* main qui doit s'en sertir...

Maxime prit une arme au hasard et se mit en garde.

— Allez, Messieurs... — dit le vicomte de Riancy, Tunique témoin* de ce duel noeturne. — « Nous disons l'^iquéi car on saitquct^toas le» affaires de cegenre

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la présence des domestiqaes n'est jamais comptée. ^

Au moment où Maxime et Rénè engageaient le fer, quelques gouttes de pluie, larges et sonores, commençaient à tomber sur le sable blanc des allées.

Les premières passes étaient à peine échangées que cette pluie devint iprrentielle.

Les deux adversaires n'avaient conservé que leurs pantalons et leurs chemises^ — ils furent bientôt ruisselants d'eau, et la fine batiste, en se collant sur leurs bras et sur leurs poitrines, les dessinait comme ces ; linges mouillés dans lesquels Jes statuaires drapent leurs baigneuses.

Le combat fut long.

Maxime et René avaient tiré ensemble presque chaque jour pendant plus d'un an. — Ds étaient doue d'une force parfaitement égale, et chacun d'eux connaissait le jeu de son adversaire aussi bien que le sien propre.

Âpres dix minutes d^engagement sans résultat, l'un et l'autre, d'un commun accord, mirent bas les armes pendant un instant, afin de reprendre haleine.

La pluie redoublait de violence. — On eût dit que toutes les cataractes du ciel venaient de s'ouvrir.

Au bout de deux minutes, Maxime et René remirent l'épée à la main, et s'attaquèrent de nouveau avec cette froide impétuosité de gens qui veulent en finir et qui savent que le combat ne peut se terminer que par la mort.

Cette fois, l'engagement fut court. — René, se fendant à fond, traversa de part en part le bras gauche de Maxime. — Mais, à la même seconde, l'épée de ce

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dernier s'enfonçait jusqu'à la garde dans la poitrine de M. de Sairenay et ressortait entre les épaules <

René poussa un eri sourd et tomba en vomissant le sang.

Malgré toute l'infamie de celui qu'il venait de punk*, il sembla à Maxime, en ce moment, que son cœur se brisait dans sa poitrine.

Il s'agenouilla auprès du corps.

— Ab ! — murmura le vicomte de Riancy, — il est perdu I . . la blessure est mortelle I . .

— Peut-être... — répliqua Maxime , — seulement il faut se bâter de le reporter au cbfttcau et d'avoir un chirurgien... ^ Dn brancard !.. vite, un brancard !..

Les domestiques s'éloignèrent en courant poar obéir à cette injonction, dont ils comprenaient l'urgence.

Maxime et le vicomte restèrent seuls auprès du corps inanimé qui gisait sur le sable détrempé et boueux.

— Mon Dieu !.. — dit M. de Bracy, — il ne peut rester là plus longtemps

— Il me semble qu'il y a là, tout près, un abri.. .*— répliqua le vicomte.

— Où donc î

— Derrière nous.

Maxime se retourna.

Il entrevit la construction blanche dont nous avons' déjà parlé.

— C'est vrai, — fit-il, — portons-le jusque-là, — seulement je vous laisserai la plus forte part du fardeau, car mon bras gauche est hors de service.

Maxime souleva René par le haut du corps, tandis que le vicomte le prenait par les jambes.

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